09/06/2014

Métaphysique et Religion

Présentation faite au café-philo d'Apt en février 2014

 

Le sujet proposé "Métaphysique et Religion" étant très vaste, je me contenterai de développer la conception Schopenhauerienne de la Métaphysique, puis de présenter les réponses des principales religions à la question du mal et de la souffrance.

 

1. La métaphysique selon Sophie (Le Monde de Sophie, Jostein Gaarder)

Qui es-tu ?

 

D’où vient le monde ?

-          D’où vient  l’univers ?

-          Y a-t-il eu un commencement ?

-          Le monde a-t-il été créé ou est-il hors du temps ?

-          Existe-t-il un principe premier dont tout découlerait ?

 

Pourquoi es-tu ?

-          Pourquoi y a-t-il quelque-chose plutôt que rien ?

-          Pourquoi le monde a-t-il été créé ?

-          Quelle est la place de l’homme dans l’univers ?

-          Que se passe-t-il  après la mort ?

-          Avons-nous une âme immortelle ?

 

Où vas-tu ?

-          Crois-tu au destin ? Quelles forces gouvernent le cours de l’histoire ? L’homme est-il libre ?

-          D’où viennent le mal et la souffrance ? La maladie est-elle une punition des dieux ?

 

 

2. Métaphysique et religion selon Schopenhauer

Philosophe très original, disciple de Kant, Il préfère la première version de la Critique de la raison pure, car il réprouve, entre autres, le « théisme » dont Kant aurait fait preuve lors de ses corrections postérieures à la première édition.

Il intègre des sources liées à l’hindouisme (les uphanishad et bouddhisme)

 

A trente ans, il écrit sa Grande Œuvre : Le monde comme volonté et comme représentationdont le chapitre XVII s’intitule SUR LE BESOIN MÉTAPHYSIQUE DE L’HUMANITÉ

 

Pour Arthur Schopenhauer, le monde, - ou encore, l'Univers -, est à envisager, d'abord, comme étant une représentation (Vorstellung, la traduction la plus exacte serait « présentation », ce qui se présente devant) du sujet connaissant, et, toute « représentation » suppose une division originaire et donc une distinction entre un « sujet » et un « objet ».

 

Le "sujet connaissant" ne se connait pas réflexivement comme tel; il ne se connait que comme volonté qui, elle, ne peut se connaître qu'à travers ce qu'elle produit comme son autre, à savoir le "sujet connaissant". "Sujet connaissant" et Volonté constituent donc une sorte de "dyade" qui n'existe véritablement que dans leur relation dialectique. "sujet" et d'"objet" ne sont pas des "absolus" qui pourraient exister et être conçus en dehors de leur différence conflictuelle mais néanmoins complémentaire.

 

Citations :

Toutes les citations suivantes sont extraites de l’ouvrage

« Le monde comme volonté et comme représentation », chapitre XVII, intitulé « SUR LE BESOIN MÉTAPHYSIQUE DE L’HUMANITÉ »

 

La conscience et la réflexivité

« Excepté l'homme, aucun être ne s'étonne de sa propre existence.

C'est chez l’homme, avec l'apparition de la raison, que l'essence intime de la nature s'éveille pour la première fois à la réflexion ; elle s'étonne de ses propres œuvres et se demande à elle-même ce qu'elle est.

De cette réflexion et de cet étonnement naît le besoin métaphysique qui est propre à l'homme seul. L'homme est un animal métaphysique. »

 

La mort , la douleur, la misère, l’immortalité

« Sans aucun doute, c'est la connaissance des choses de la mort et la considération de la douleur et de la misère de la vie, qui donnent la plus forte impulsion à la pensée philosophique et à l'explication métaphysique du monde. 

Si notre vie était infinie et sans douleur, il n'arriverait à personne de se demander pourquoi le monde existe, et pourquoi il a précisément telle nature particulière, mais toutes choses se comprendraient d'elles-mêmes. Aussi voyons-nous que l'intérêt irrésistible des systèmes philosophiques ou religieux réside tout entier dans le dogme d'une existence quelconque, qui se continue après la mort. Certes, les religions ont l'air de considérer l'existence de leurs dieux comme la chose capitale, et elles la défendent avec beaucoup de zèle; mais au fond, c'est parce qu'elles ont rattaché à cette existence leur dogme de l'immortalité, et qu'elles regardent celle-ci comme inséparable de celle-là : c'est l'immortalité qui est proprement leur grande affaire. »

 

Le besoin métaphysique de l’homme

« Les temples et les églises, les pagodes et les mosquées, dans tous les pays, à toutes les époques, dans leur magnificence et leur grandeur, témoignent de ce besoin métaphysique de l'homme, qui, tout puissant et indélébile, vient aussitôt après le besoin physique.

 

Il paraît pourtant que pendant les premiers âges de notre globe, il n'en était pas ainsi. Les premiers hommes, qui étaient beaucoup plus près que nous des origines de l'espèce humaine et des commencements de la nature organique, avaient aussi, soit une puissance intuitive beaucoup plus énergique, soit une disposition d'esprit plus juste, qui les rendait plus capables de saisir immédiatement l'essence de la nature, et qui par conséquent leur permettait de satisfaire en eux le besoin métaphysique d'une façon plus complète : ainsi naquirent chez les ancêtres des Brahmanes les Richis, et ces conceptions presque surhumaines, qui furent déposées plus tard dans les Oupanishads des Védas. (découverte de l’ordre cosmique) »

 

Les prêtres et les philosophes

« En revanche, on n'a jamais manqué de gens qui se sont efforcés de tirer leur subsistance de ce besoin métaphysique, et qui l'ont exploité autant qu'ils ont pu : chez tous les peuples, il s'est rencontré des personnages pour s'en faire un monopole, et pour l'affermir: ce sont les prêtres.

 

Une seconde, quoique moins nombreuse, catégorie d'individus qui tirent leur subsistance de ce besoin métaphysique de l'humanité, ce sont ceux qui vivent de la philosophie. Chez les Grecs, on les appelait sophistes, et chez les modernes, professeurs de philosophie.

 

Voyons maintenant d'un coup d'œil général les différentes façons de satisfaire ce besoin métaphysique si impérieux. »

 

Les 2 métaphysiques

« Par métaphysique, j'entends tout ce qui a la prétention d'être une connaissance dépassant l'expérience, c'est-à-dire les phénomènes donnés, et qui tend à expliquer par quoi la nature est conditionnée dans un sens ou dans l'autre, ou, pour parler vulgairement, à montrer ce qu'il y a derrière la nature et qui la rend possible.

 

Aussi, chez les peuples civilisés, trouvons-nous en gros deux espèces de métaphysiques, qui se distinguent l'une de l'autre, en ce que l'une porte en elle-même sa confirmation, et que l'autre la cherche en dehors d'elle.

 

1.  La réflexion, la culture, les loisirs et le jugement, telles sont les conditions qu'exigent les systèmes métaphysiques, de la première espèce, pour contrôler la confirmation qu'ils se donnent à eux-mêmes; aussi ne sont-ils accessibles qu'à un très petit nombre d'hommes, et ne peuvent-ils se produire et se conserver que dans les civilisations avancées. (et les café-philo !)

 

2. C'est pour la multitude au contraire, pour des gens incapables de penser, que sont faits exclusivement les systèmes de la seconde espèce. La foule ne peut que croire et s'incliner devant une autorité, le raisonnement n'ayant pas de prise sur elle. Nous appellerons ces systèmes des métaphysiques populaires, par analogie avec la poésie et la sagesse populaire (sous ce dernier nom on entend les proverbes). Cependant ils sont appelés communément Religion et se trouvent chez tous les peuples, excepté les plus anciens.

 

Ces deux sortes de métaphysiques, dont les différences se résument en deux appellations : Doctrines de Foi et Doctrines de Raison, ont cela de commun, que de part et d'autre les systèmes particuliers de chaque espèce sont en guerre ensemble. Entre ceux de la première, la lutte se réduit à la discussion ou au pamphlet; mais entre ceux de la seconde, c'est avec le feu et le glaive que l'on se combat. »

 

 

Religion et philosophie

« Est-ce qu'une religion a besoin des suffrages de la philosophie ? Elle a tout pour elle : révélation, écritures, miracles, prophéties, appui des gouvernements, l'adhésion et le respect de tout le monde, des milliers de temples où elle est prêchée et où l'on célèbre ses cérémonies, des corps sacerdotaux assermentés, et, ce qui vaut mieux que tout cela, le privilège inappréciable de pouvoir inculquer ses doctrines aux enfants dès l'âge le plus tendre, et d'en faire pour ainsi dire, dans leurs cerveaux, des idées innées. Quand on est ainsi armé, on n'a pas besoin de l'adhésion des pauvres philosophes. »

 

« Le besoin d'une métaphysique s'impose irrésistiblement à tout homme, et, sur les points essentiels, les religions tiennent justement lieu de métaphysique à la grande masse qui est incapable de penser. Elles la remplacent même fort bien : car d'une part elles dirigent l'action, en tenant toujours déployé, suivant la belle expression de Kant, le drapeau de l'honnêteté et de la vertu, et d'autre part elles sont une consolation indispensable au milieu des épreuves douloureuses de la vie; dans les moments de souffrance, elles jouent absolument le rôle d'une métaphysique objectivement vraie, car elles détachent l'homme de lui-même et le transportent par delà l'existence temporelle. »

 

« C'est ici qu'éclate la valeur profonde des religions, je dirai plus, leur caractère indispensable. Platon déjà disait avec raison (De Rep. IV, p. 89, Dip.) : φιλόσοφον πλῆθος ἁδύνατον εἶναι [Il est impossible que la foule soit formée aux choses de l’esprit.] Mais voici la pierre d'achoppement : c'est que les religions ne peuvent jamais avouer leur nature allégorique ; elles sont obligées de se présenter comme vraies, au sens propre. Par là elles empiètent sur le domaine de la métaphysique proprement dite et provoquent l'antagonisme de celle-ci, antagonisme qui s'est manifesté à toutes les époques où la pensée philosophique n'était pas asservie et mise en tutelle. »

 

« Le peuple a besoin d'une religion, elle est pour lui un bienfait inestimable. Mais si les religions prétendent faire obstacle aux progrès de l'esprit humain dans la connaissance de la vérité, on doit les écarter — avec beaucoup de ménagements, bien entendu. Demander qu'un grand esprit même, un Shakespeare ou un Gœthe, se convainque impliciter, bona fide et sensu proprio des dogmes d'une religion quelconque, ce serait demander à un géant d'entrer dans la chaussure d'un nain. »

 

« Or, il semble presque qu'il en soit des religions comme des langues : les plus vieilles sont les plus parfaites; si je voulais voir dans les résultats de ma philosophie la mesure de la vérité, je devrais mettre le Bouddhisme au-dessus de toutes les autres religions. En tout cas, je me réjouis de constater un accord si profond entre ma doctrine et une religion qui, sur terre, a la majorité pour elle, puisqu'elle compte plus d'adeptes qu'aucune autre. »

 

« Je ne puis établir, comme on le fait généralement, une différence fondamentale entre les religions, selon qu'elles sont monothéistes, polythéistes, panthéistes ou athées. Ce qui selon moi les différencie, c’est leur manière de voir optimiste ou pessimiste. »

 

« Si le christianisme a eu la force de triompher du judaïsme d'abord, puis du paganisme gréco-romain, il en est redevable uniquement à son pessimisme, à cet aveu, directement contraire à l'optimisme juif et païen, que notre état est fort misérable et même qu'il est un état de péché. Quand cette vérité profondément et douloureusement sentie de tous se fit jour, elle amena à sa suite le besoin d'une rédemption. »

 

 

3. Le mal et la souffrance dans les religions

Mal moral : atteinte à la morale, aux dix commandements, conséquence de l’actions des sujets

Mal physique : dont aucun humain n’est responsable

 

Le mal et la souffrance dans l’hindouisme

L'un des concepts clef de la pensée indienne est sans aucun doute celui de souffrance. Les trois principales religions originaires de l'Inde — l'Hindouisme, le Bouddhisme et le Jainisme — ont fait de la souffrance le thème central de leur pensée religieuse et philosophique en faisant de la libération le but ultime de l'existence humaine ; cette libération signifie avant tout la délivrance totale et définitive de toute souffrance

 

Pour l'hindouisme, l'apparition (comme la disparition) de la souffrance est soumise à une loi immuable de causalité, dite loi du Karma, dont Dieu, (Brahma, Vishnu, Shiva) ne peut que surveiller l'exécution : chacun subit les conséquences de sa vie antérieure.

 

Dans la vision hindoue de la souffrance, toute souffrance est punition méritée pour le mal accompli dans les vies passées, et donc il y a dans ce monde une stricte justice.

 

Le mot « Karma » désigne l'ensemble des mérites et des démérites d'une personne à un moment donné de son existence. On suppose que les mérites et les démérites sont attachés à l'âme de quelqu'un comme le sont ses qualités, ou encore à un corps subtil qui accompagne l'âme tout au long des réincarnations jusqu'à la délivrance du cycle des vies trans-migratoires, la Moksha.

 

Le mal et la souffrance dans le bouddhisme

Ce qui différencie profondément le nirvana bouddhiste de la moksha hindoue, c’est la question de Soi, du Référent Absolu. Le Soi disparaît chez les bouddhistes, pour qui il devient un nouveau leurre, une autre tentative de saisie de l’insaisissable, un nouveau piège sur le chemin de la délivrance. Cette conviction fonde la doctrine de l’ anatman, le non-soi, le non-permanent…. Toute intervention de la divinité est exclue dans le bouddhisme…

 

Si donc une forme de souffrance est inhérente au fait d’exister pour les hindous comme pour les bouddhistes, parce qu’elle est la conséquence de la loi du karman produisant l’enfermement dans le cycle des transmigration (samsara) son dépassement ne s’inscrit pas dans des cadres de références identiques.

A la question hindouiste : « Pourquoi ne sommes nous plus comme des dieux ? », la pensée bouddhiste substituerait  « Pouvoir venir à l’existence ? 

 

 

Le problème du mal dans les monothéismes

Les théodicées

Ce qui est insupportable, ce n’est pas la souffrance mais le fait que la souffrance n’ait pas de sens, remarquait Nietzsche. Le mal devient donc un problème très difficile pour les théismes.

 

En effet, il y a une contradiction entre les trois thèses suivantes :

 (1) Dieu est tout-puissant.

(2) Dieu est suprêmement bon.

(3) Le mal existe.

 

C’est là le problème du mal, lequel est à l’origine des théodicées (du grec théos, dieu, et dikê, justice), c’est-à-dire les tentatives de justification d’un Dieu qui régit l’univers (au sens des théismes). Puisque ces trois thèses ne peuvent être maintenues ensemble, il faut renoncer à l’une ou l’autre. Puisqu’on ne peut guère renoncer à la bonté divine, les deux grandes manières principales de défendre Dieu sont les suivantes : (1) dire que le mal n’existe pas (ou n’existe pas vraiment) (2) dire que Dieu n’est pas (vraiment) tout-puissant

 

1. Le mal n’existe pas

a. Le mal n’existe pas

Le mal n’existe pas, ou plus exactement le mal n’est rien de positif : il n’est qu’une privation, un manque, une absence, une faiblesse, une ignorance (Platon, saint Augustin, saint Thomas, Spinoza). Nul n’est méchant volontairement (Platon). Le mal n’est rien de positif, il est une passion, il procède de l’erreur, il est un manque, une impuissance (Spinoza).

Critique : ces arguments ne portent que sur le mal moral, et laissent le mal physique de côté. Or la souffrance n’est pas une simple absence de bien-être.

 

b. Le mal est la condition du bien

Le mal moral

Selon les Stoïciens (et aussi, sans doute, selon le taoïsme), le mal moral est la condition du bien moral : sans vices, pas de vertu. Il n’y aurait pas de vertu si la faute était impossible. Le mal est nécessaire au bien. Il faut des difficultés pour révéler la force : « A vaincre sans péril on triomphe sans gloire ».

Le mal physique

Une autre manière de justifier le mal est de souligner la valeur biologique de la douleur, comme le faisait déjà Aristote. C’est ce que fait aussi Descartes, dans la VIe méditation métaphysique : « rien [d’autre que la douleur] n’eût si bien contribué à la conservation du corps ». Dieu est donc disculpé du mal physique.

 

2. Dieu n’est pas tout-puissant

Pourquoi ne pouvait-il pas éviter le mal (dans ce monde) alors qu’il doit pouvoir le faire cesser (dans un autre monde) ? Trois réponses peuvent être proposées :

a. Le mal vient de la matière

Platon introduit l’idée que le mal vient de la matière. Dans le Timée il suppose qu’il existe d’une part la matière, une masse originelle informe, et d’autre part une forme idéale, une intelligence qui vient la mettre en ordre. La matière serait l’origine du mal, tandis que tout ce qui vient de l’idée, de la forme, de Dieu, est bon. Cette théorie s’adapte bien au christianisme, qui voit dans la chair le lieu et l’origine du mal. Chez Platon comme dans la religion chrétienne, le salut de l’âme doit être cherché par l’ascèse et le détachement d’avec le corps.

b. Le mal vient des créatures (libre arbitre)

La théodicée la plus moderne tente de résoudre le problème par le libre arbitre. Pour innocenter totalement Dieu, il faut pouvoir inculper totalement l’homme. Il faut donc supposer une liberté absolue de la volonté humaine : le libre arbitre. On trouve déjà l’idée chez Platon, qui disculpe les dieux par les âmes dans le mythe d’Er. C’est ensuite saint Augustin (354-430) qui invente le concept de volonté. Il est intéressant de voir que la volonté et le libre arbitre ont été inventés à des fins théologiques, c’est-à-dire au fond à des fins morales. Le mal moral est donc expliqué : il vient de l’homme (péché). Le mal physique vient de la justice divine qui punit le coupable (punition du péché).

c. Dieu n’est pas cause des détails

Selon les Stoïciens et Leibniz, le monde considéré comme un tout est bon, ou du moins le meilleur possible, même si dans le détail il comporte des maux. Les hommes qui se plaignent sont myopes. Le meilleur monde n’est pas celui qui est sans mal : un monde sans mal serait moins riche et donc moins parfait. Le meilleur monde est celui dans lequel un peu de mal permet le maximum de bien. Il faut des ombres pour que le tableau, dans son ensemble, soit plus beau. Bref, Dieu n’est pas la cause des détails – or, c’est bien connu, le diable est dans les détails.

 

Le mal et la souffrance dans la bible

Le livre de la genèse (gen 2 et 3)

En créant Adam et Eve, Dieu leur donne la liberté de rester attachés a leur Créateur ou de se détourner de lui. Pour qu'ils puissent exercer cette liberté, Dieu place dans le jardin d'Eden l'arbre de la connaissance du bien et du mal (Gen 2.8-9). Dieu leur donne également la capacité de choisir en leur donnant une connaissance des choses et en les avertissant des conséquences de leur choix (Gen 2.17). Jouissant de ces deux qualités, Adam et Eve sont responsables de leur décision.

Le choix d'Adam et Eve ne porte pas seulement sur le fait de manger ou non un fruit, mais avant tout sur celui de obéir ou désobéir rester attachés à Dieu ou de se détourner de lui.

 

Il n'y a, en fait, aucune mention de « péché originel » dans le texte de la Genèse. La doctrine du « péché originel », est rejetée par le judaïsme, doctrine considérée comme un dévoiement de sa mythologie hébraïque par les docteurs chrétiens. (Esentiellement St Augustin d’Hippone au 4e siècle)

Dans l'islam, le péché d'Adam est décrit explicitement dans le Coran à maintes reprises. Satan incite Adam à manger de l'arbre interdit, ce qui lui attire la colère de Dieu. Adam se repent aussitôt et Dieu lui pardonne, mais il doit quitter le paradis avec sa femme et vivre sur terre avec leur descendance. Contrairement à la doctrine chrétienne du péché originel, le péché d'Adam a été pardonné par Dieu et l'humanité ne porte pas en elle ce péché.

 

Le livre de job

Dieu met Job à l’épreuve pour savoir s’il a vraiment la foi. Malgré toutes les épreuves qu’il subit, le pauvre Job reste fidèle à Dieu, aussi celui-ci finit-il par le couvrir de bienfaits. Le mal serait donc une épreuve à laquelle Dieu nous soumet pour tester notre foi, notre fidélité.

Reconnu par les trois monothéismes, Le livre explique que ce n'est pas parce que l'on a des afflictions que l'on a nécessairement péché. Dieu peut utiliser l'affliction pour donner de l'expérience, de la discipline et un enseignement aussi bien que pour punir. Pour l’homme, le pourquoi des souffrances est inconnaissable.

 

Noé

Depuis Adam, les hommes sont devenus mauvais, et Dieu projette d'exterminer toute forme de vie animale. Il décide d'épargner toutefois Noé, le seul homme juste. Il lui ordonne de fabriquer une arche, et de s'y réfugier avec sa femme, ses fils et leurs femmes, ainsi que des couples de chaque espèce animale. Puis Dieu déclenche le Déluge.

 

Le mal et la souffrance dans le judaïsme

Pour le judaïsme, ce qui suscite le mal et la souffrance, c'est une désorganisation à l'intérieur de l'ordre voulu et créé par Dieu. Pour comprendre comment apparaît ce pouvoir désorganisateur, il faut savoir que, pour le Judaïsme biblique, Dieu crée le monde non pas « ex nihilo »  mais à partir d'un « tohu bohu »  primitif. Et la tâche de Dieu est tout autant de contenir le désordre maléfique produit par ce tohu-bohu que de créer et de maintenir l'ordre de notre univers lui-même, Adam et Eve, les lieux-tenants de Dieu ont pour vocation de susciter la vie, de fertiliser le monde et de dominer le Serpent (cf Gen 3) et ceci ne peut se faire que dans la souffrance du fait de la résistance de matière première de ce monde à ce travail. Ainsi, comme pour Plotin, « le mal est comme l'ombre portée de la matière » [6]. Mais à la fin des temps, ce tohu bohu primitif sera aboli dans « les nouveaux cieux et la nouvelle terre » que Dieu créera.

 Dans la pensée biblique, la souffrance peut être aussi considérée comme une mise à l'épreuve des fidèles, pour tester leur foi et leur confiance en Dieu. Celui qui sort vainqueur en est « épuré », c'est-à-dire plus fort. La souffrance a ainsi une valeur formatrice.

 

Le mal et la souffrance dans le Christianisme

Le plus souvent, à la différence des religions asiatiques, le christianisme a pensé la souffrance comme la conséquence du péché de l'homme et non pas comme la manifestation d'un mal qui serait inhérent au fonctionnement du cosmos et aux manifestations de la vie en général. Cette position peut surprendre puisque les animaux, les plantes et la Terre elle-même souffrent aussi, chacun à leur manière, sans pourtant être soumis au péché originel.

 

Contre les manichéens, saint Augustin nie que l' homme soit essentiellement mauvais; mais il affirme, à rencontre des Pélagiens, que sa nature est pervertie par le péché originel et requiert guérison. Nous pouvons faire bon usage de la peine que constitue pour nous la concupiscence, tandis que la loi sainte en soi ne produit, sans la grâce, que des pécheurs et non des justes. Tout péché naît du libre arbitre, mais celui-ci ne peut suffire à nous justifier.

 

 On pourra rester perplexe devant ces explication du mal et de la souffrance. Mais, en fait, le message du christianisme n'est pas que là. A la différence de l'hindouisme, le christianisme n'est pas d'abord une théorie théologique tentant de rendre compte du monde tel qu'il est. Il donne peu d’explication au mal et à la souffrance. Il est d'abord la promesse d'une rédemption hors du mal et de la souffrance.

 

Le mal et la souffrance dans l’Islam

Le Coran nous dit que le bien, le mal et tout ce qui peut arriver dans ce monde arrivent par la Volonté de Dieu. Seul Dieu connaît entièrement Sa Volonté. En tant qu’êtres finis, nous sommes incapables de cerner Son infinie Volonté et Sagesse. Il régit Son univers comme bon Lui semble. Le Coran nous informe que Dieu est le Très-Sage et que tout ce qu’Il fait est bon et juste. Nous devons nous soumettre et nous rendre à Sa Volonté. Le Coran ne nous a pas livré tous les détails concernant la Volonté de Dieu, mais il nous a éclairé par des règles utiles et suffisantes pour nos besoins. Il y a plusieurs points que nous devons garder à l’esprit pour comprendre cette question :

1. Tout d’abord, Dieu n’a pas fait de ce monde un monde permanent. Ceux qui réussissent l’épreuve de notre passage sur terre trouveront un monde éternel, parfait et permanent. Ceux qui y échoueront auront à faire face aux conséquences de leurs méfaits et corruption.

2. Dieu a disposé des lois matérielles et morales dans cet univers. Dieu permet à la souffrance d’avoir lieu lorsque une ou plusieurs de ces lois sont violées. Les lois matérielles sont basées sur le principe de causalité.

3. La souffrance peut aussi constituer une épreuve pour certaines personnes. Dieu permet que certaines personnes souffrent afin de tester leur patience et leur endurance.

4. Parfois, Dieu permet que certaines personnes souffrent pour mettre les autres à l’épreuve, pour voir comment ils se comportent avec eux.

 

Conclusion

Finalement, si on accepte l’idée de Dieu, c’est peut-être le livre de Job (de l’Ancien Testament) qui offre la théodicée la plus cohérente. Dieu met Job à l’épreuve pour savoir s’il a vraiment la foi.

 

Cette conception des choses est logiquement très solide : tout le caractère incohérent et absurde du monde et de la religion s’explique comme un test suprême : Dieu a arrangé le monde de telle sorte que notre raison nous écarte sans cesse de la religion, et ainsi il est certain que ceux qui sont croyants malgré tout font preuve d’une véritable foi, une foi parfaite qui défie toute logique : une foi absolument pure. 

10/05/2014

Qu'est-ce que la science ?

Présentation faite au Café-sciences du Sud Luberon en février 2014.

 

Pour accéder à la présentation, cliquer sur le lien suivant : Qu'est-ce que la science ?

 

 

10/04/2014

Darwin, de l’Origine des espèces à la question de l’Homme

Présentation faite au Café-Sciences du Sud Luberon en décembre 2012.

 

Pour accéder à la présentation cliquer sur :

https://docs.google.com/open?id=0B6b53iRTjxdEaFBSM1VIZGxO...


Quelques références bibliographiques :
https://docs.google.com/open?id=0B6b53iRTjxdEd2pCS181aFky...

27/05/2013

Premiers pas en Philosophie

Si vous souhaitez vous initier à la philosophie, je vous recommande ce manuel dont l'un des auteurs est Pierre-Jean Dessertine, que je connais bien puisqu'il anime le café-philo d'Apt

 

Premiers pas en Philosophie

Auteur : Solal Philippe, Dessertine Pierre-Jean

ISBN :   9782729878917

 
 

 

 

Faire accéder des lecteurs non spécialistes à vingt-cinq siècles de philosophie, tel est l’ambition de cet ouvrage. Il s’agit ici d’aider le lecteur à s’orienter dans les cheminements de pensée qui ont marqué, à travers de grandes oeuvres et de grands auteurs, l’histoire de la philosophie.

Un effort tout particulier a été porté pour clarifier le vocabulaire des philosophes, et pour restituer le mouvement d’ensemble de leurs pensées, sans les appauvrir ni les dénaturer. Les différentes rubriques qui scandent les chapitres doivent répondre à cette fonction, celle qui permet de comprendre qu’une grande philosophie n’est pas un système d’idées éloignées du monde et de ses préoccupations, mais concerne la vie de tout un chacun, à travers ses aspects les plus essentiels.
Enfin, pour les lecteurs déjà habitués à fréquenter les textes philosophiques, comme pour les étudiants qui veulent consolider leur culture générale, cet ouvrage constituera un guide précieux : il leur permettra d’affiner leurs connaissances en les inscrivant dans la suite des débats qui leur donne sens et constitue la trame de l’histoire de la philosophie, de l’Antiquité à nos jours.

 

Pour en savoir plus :

 

 Lire un Extrait du livre  
 Consulter la Table des Matières

 

 

12/04/2013

Faut-il tout déconstruire ?

Café-philo d'Apt, le 12 avril 2013

 

Que reste-t-il de l'humanisme et des droits de l'homme après les philosophies  de la déconstruction, qui ont proclamé la fin de la métaphysique ?


  1. « Etre et temps » et Heidegger
  2. Qu’est-ce que la déconstruction ? La métaphysique ? L’humanisme ?
  3. L’homme, fruit du hasard et de la nécessité
  4. Peut-on encore penser aujourd’hui l’homme comme une valeur absolue ?
  5. Une tentative de reconstruction d’un humanisme athée

 

 

1. Etre et temps

« Un jour qu'il traversait le fleuve, le «souci » vit de la terre glaise : il en prit, en songeant, un morceau et se mit à le modeler. Tandis qu'il est tout à la pensée de ce qu'il avait créé, survient Jupiter. Le «souci» le prie d'insuffler l'esprit au morceau d’argile façonné: il y consent volontiers. Mais lorsque le « Souci » voulut imposer à la créature son propre nom, Jupiter le lui interdit, exigeant que son nom à lui, lui fût donné. Tandis qu’ils disputaient de ce nom, la Terre surgit à son tour, désirant que l’image reçût son propre nom, puisqu’elle lui avait prêté une parcelle de son corps. Les querelleurs prirent Saturne pour arbitre, qui leur signifia cette décision apparemment équitable : « Toi, Jupiter, qui lui as donné l’esprit, tu dois à sa mort recevoir son esprit; toi, Terre, qui lui as offert le corps, tu dois recevoir son corps. Mais comme c’est le "Souci" qui a le premier formé cet être, alors, tant qu’il vit, que le "Souci" le possède. Comme cependant il y a litige sur son nom, qu’il se nomme homo, puisqu’il est fait d’humus (de terre). »

 

Heidegger, Etre et Temps (1929), § 42 « Confirmation de l’interprétation existentiale du Dasein comme souci, à partir d’une auto-explicitation pré-ontologique du Dasein »

 

A partir de cette fable du poète romain  Hygin, de cette parabole, Heidegger cherche un  « témoignage » ante scientifique et s’oppose à la définition philosophique de l’homme comme « animal rationnel », comme un être composé (animal + raison).

 L’homme est l’animal qu’il n’est plus. L’homme est un être de relation. Un existant et non un vivant.

 L’homme est souci de soi et des autres. Le souci c’est notre capacité à nous préoccuper du monde.

 

  

Pourquoi démarrer avec Heidegger ?

 C’est que le grand projet de Heidegger a été d’abord, jusqu’à « Etre et Temps »(1929), la refondation de la métaphysique. Puis, cette tentative ayant échoué, le renversement, voire l’abandon complet de la métaphysique.

 Mais aussi parce que l’auteur de « Sein un Zeit », ce « chef d’œuvre du 20e siècle », a soutenu le nazisme. Il a voté pour Hitler en 1932, a adhéré au NSDAP en 1933 et a été recteur de l’université de Fribourg-en-Brisgau de 1933 à 1934 (démission).

 Peut-on séparer l’homme du philosophe ? Et quel regard porter sur l’œuvre d’un homme qui a été au mieux un annonciateur puis un suiveur de l’idéologie nazi, au pire un partisan enthousiaste puis honteux de Hitler et de son régime. Qu'y avait-il dans le nazisme de si fort, de si entraînant, pour faire croire, même à un admirateur des Grecs, qu'il y avait de ce côté quelque solution à la crise gravissime qui affectait le monde à ce moment ? 

  « Mais encore, vu la place qu'occupe Heidegger dans l'histoire de la philosophie, et l'importance qui lui a été accordée par certains, son engagement nazi exige qu'on aille voir dans sa philosophie même ce qui permet pareil accord avec celui-ci : quelle philosophie, quelles idées et positions cherche à récuser Heidegger quand il engage sa propre philosophie au service de ce mouvement destructeur et barbare dans lequel il voit la renaissance de la civilisation ? »

 Wikipedia « Heidegger et le nazisme »

  

«Certains voient dans ses propos les traces d'un nationalisme (incontestable) mettant par conséquent en cause, philosophiquement, l'universalisme. Rien cependant dans l'analytique du Dasein de Être et Temps n'existe, qui permettrait de dire que ces existentiaux dégagés par Heidegger ne sont pas universels. Mais si la question se pose à partir du moment de l'engagement en faveur du nazisme et tout ce qui va être formulé sur le « destin historial du peuple », et le « Dasein d'un peuple », là, les discours politiques que Heidegger prononce s'écrivent dans la langue de sa philosophie. Et là est le plus grand reproche qui peut lui être fait : avoir mis sa philosophie, sa pensée, son vocabulaire, au service de ce mouvement sur la voie de la destruction barbare. Il a compromis sa philosophie, avant de se reprendre et se réfugier dans le silence (dont il a fait la théorie). Il a, ce faisant, compromis la philosophie en l'engageant du mauvais côté de l'histoire, incontestablement… /..  Son style, obscur et de plus en plus sophistiqué, lui permet aussi de ne pas se laisser situer aisément, ni politiquement, ni philosophiquement, et ainsi d'en jouer non sans habileté jusqu'à être insaisissable, insituable. »        

 Wikipedia « Heidegger et le nazisme »

 

2. Qu’est-ce que la déconstruction, qu’est-ce que la métaphysique, qu’est-ce que l’humanisme  ?

 Questionnons d’abord la question :  Qu’est-ce que la déconstruction ?  Qu’est-ce que la métaphysique et qu’est-ce que l’humanisme ? Et pourquoi ce questions sont-elles importantes aujourd’hui ?

   

2.1 « La déconstruction est une méthode, voire une école, de la philosophie contemporaine. Cette pratique d'analyse textuelle s'exerce sur de nombreux types d'écrits (philosophie, littérature, journaux), pour révéler les décalages et confusions de sens qu'ils font apparaître par une lecture centrée sur les postulats sous-entendus et les omissions dévoilés par le texte lui-même.

 Ce concept, participant à la fois de la philosophie et de la littérature, a eu un grand écho aux États-Unis, où il est assimilé à la philosophie postmoderne, et plus globalement à l'approche divergente de la philosophie continentale d'Europe. Si le terme « déconstruction » a d'abord été utilisé par Heidegger, c'est l'œuvre de Derrida qui en a systématisé l'usage et théorisé la pratique. »

 Wikipedia « Heidegger et le nazisme »

 

  

2.2  « La métaphysique est une branche de la philosophie et de la théologie qui porte sur la recherche des causes, des premiers principes. Elle a aussi pour objet la connaissance de l'être absolu comme première cause, des causes de l'univers et de la nature de la matière. Elle s'attache aussi à étudier les problèmes de l’origine de l’homme, de la connaissance, de la vérité et de la liberté» 

 Wikipedia, métaphysique

 La métaphysique est le savoir de l'agencement sous-jacent qu'il y a en-deçà des manifestations de la nature et en fait l'unité. L'ontologie est la partie de la métaphysique qui s'occupe de l'être en tant qu'être. La doctrine des Idées de Platon est une métaphysique. L'atomisme de Démocrite est une ontologie (et aussi une métaphysique matérialiste).


La déconstruction semble s'attaquer de manière privilégiée à la métaphysique qui justifie une place éminente de l'homme dans la nature : l'homme seul être qui se définit lui-même doit parachever l’œuvre de Dieu (Pic de la Mirandole) ; l'homme, le seul être raisonnable est la finalité de la nature (Kant). Ce sont des formulation de l'humanisme.

  

2.3. L’humanisme

 L'humanisme classique

 L'humanisme est un mouvement de pensée qui s'est développé en Italie pendant la Renaissance, en réaction au dogmatisme rigide du Moyen Age. Il propose de renouer avec les valeurs, la philosophie, la littérature et l'art de l'Antiquité classique qu'il considère comme le fondement de la connaissance. 


L'humanisme propose de nouvelles valeurs fondées sur la raison et le libre-arbitre.

 Quelques humanistes :

Pétrarque (1304-1374), Boccace (1313-1375), Léonard de Vinci (1452- 1519), Jean Pic de la Mirandole (1463-1494), Erasme (v. 1466-1536), Guillaume Budé (1467-1540), Thomas More (1478-1535)...


 L'humanisme moderne

 Par extension, dans son sens moderne, l'humanisme désigne tout mouvement de pensée idéaliste et optimiste qui place l'homme au-dessus de tout, qui a pour objectif son épanouissement et qui a confiance dans sa capacité à évoluer de manière positive. L'homme doit se protéger de tout asservissement et de tout ce qui fait obstacle au développement de l'esprit. Il doit se construire indépendamment de toute référence surnaturelle.

Philosophies parfois antagonistes pouvant êtres qualifiées d'humanistes : la philosophie des Lumières, l'existentialisme, le libéralisme, le marxisme...

 L’humanisme débouche sur les « droits de l’homme », considérés comme universaux.

 

 La déconstruction de la métaphysique et ses conséquences

 La déconstruction de la métaphysique, incluant une mise en question radicale de toute pensée du propre de l’homme, des droits, de l’autonomie et de la subjectivité démocratique ne débouche-t-elle pas sur la négation de l’humanisme et des droits de l’homme ?

 Heidegger était sur ce point cohérent sa critique de l’humanisme l’ayant conduit vers le nazisme et non vers la démocratie.

 Dans les années 60, l’intelligentsia universitaire française était dominé par la philosophie de la déconstruction, dans le sillage de Nietzsche et de Heidegger, laquelle dénonçait l’illusion d’un sujet libre, soutenu sur ce point par les courants marxiste et freudo-lacanienne.

 L’humanisme bêlant (Foucault contre Sartre) était considéré soit comme une idéologie petite-bourgeoise, soit comme l’illusion suprême de la métaphysique occidentale.

 

 

 

3. Le hasard et la nécessité

 Avant la théorie de Darwin, la science et la religion n'était pas en opposition : les savants, et notamment les biologistes, admiraient le Créateur dans l'harmonie des lois qui président l'univers ; chaque nouvelle découverte scientifique était présentée comme un preuve de l'existence de Dieu.

La première source de conflit entre les scientifiques et les religieux fut à propos des données géologiques. Celles-ci nécessitaient un âge pour la Terre, de plusieurs millions d'années, qui ne s'accordaient pas avec le récit biblique de la genèse. Quelques années plus tard, la théorie de Darwin allait entraîner une rupture nette entre science et religion ; des disputes emportées et virulentes éclatèrent entre religieux et scientifiques, ces derniers devenant encore plus matérialistes et anti-religieux sous l'effet des attaques de l'Eglise.

 Quels désaccords opposaient les religieux aux partisans de la théorie de Darwin ? Celle-ci, affirmant que toutes les espèces descendent d'un ancêtre commun, était en contradiction avec le récit de la création écrit dans la genèse. Mais ce n'est pas là que portait le principal point de dissension qui allait provoquer le divorce entre science et religion ; on peut, en effet, rester croyant et voir, dans le récit de la genèse, une image qui n'est pas à prendre à la lettre. Si Dieu est tout-puissant, il a tout aussi bien pu créer la vie en 7 jours comme en plusieurs milliards d'années par le biais de l'évolution. Le véritable sujet de discorde portait sur le processus de l'évolution.

 Selon la théorie de Darwin, les modifications précédant la sélection naturelle, sont le fruit d'un processus aléatoire entièrement aveugle. Le hasard, et le hasard seul est à l'origine de l'évolution. Celle-ci ne peut pas avoir de but, et il ne peut pas exister de plan divin. Aucune intelligence surnaturelle n'agit sur le mécanisme de l'évolution, et l'homme ne serait plus l'aboutissement d'une volonté créatrice, mais le résultat d'une immense loterie. « L'homme est le résultat d'un processus naturel et sans but, qui ne l'avait pas prévu. » écrira George Gaylord Simpson, darwiniste convaincu.

 L'évolution darwinienne, exclusivement matérialiste, est inconciliable avec l'idée d'un Créateur qui aurait dirigé l'évolution. La diversité de la vie n'est due qu'à la sélection des formes de vie les mieux adaptées à leur environnement, par suite de modifications accidentelles. Il n'y aurait donc ni créateur, ni révélation. Le prix Nobel Jacques Monod  a écrit dans son livre le hasard et la nécessité : « L'ancienne alliance est rompue ; l'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'univers dont il a émergé par hasard. »

 La découverte de l'ADN et des gènes au 20e siècle expliqua comment pouvait s'opérer les modifications des caractères, on ne parla plus alors de modifications mais de mutations ; la génétique fut alors intégrée au darwinisme sous le nom de théorie synthétique de l'évolution ou néo-darwinisme.

 Le triomphe du darwinisme, et du matérialisme sous-jacent, fut alors éclatant. Le zoologiste d'Oxford, Richard Dawkins, écrira dans son livre l'horloger aveugle, véritable apologie de l'athéisme : « Darwin nous donne les moyens d'être des athées intellectuellement comblés. »

  

 

4. Peut-on encore penser aujourd’hui l’homme comme une valeur absolue ?

 Luc Ferry dresse dans plusieurs de ses livres un tableau synthétique de l’histoire de la philosophie pour tenter de comprendre où nous en sommes.

 Luc Ferry commence son histoire par les sagesses antiques reposant sur un cosmos ordonné et où le but de chacun est de trouver sa place dans ce cosmos en développant ses vertus naturelles.

Ce programme de sagesse est remis en cause par le christianisme qui offre à chacun un espoir immense à savoir la résurrection des corps. La sagesse antique ne peut lutter contre un tel programme et s’efface.

Le Christianisme va lui-même être remis en cause par le mouvement des sciences en particulier à partir du XVIIème siècle. L’objectif des philosophes est alors de maintenir les valeurs chrétiennes mais en les fondant sur la raison et non plus sur la foi. Kant est le plus grand représentant de ce mouvement. Les lumières viennent parachever ce programme en mettant l’homme au centre du système et le progrès et le bonheur comme objectifs et valeurs suprêmes. Nul besoin de Dieu pour fonder ces valeurs.

Ce mouvement va lui-même s’épuiser avec l’arrivée des philosophes du soupçon : Nietzche, Marx, Freud, Heidegger. Leur objectif est de faire tomber la raison de son socle et aussi toutes les valeurs issues des lumières. C’est le processus de déconstruction très bien décrit par Luc Ferry : les valeurs chrétiennes/bourgeoises sont remises en cause, l’inconscient vient obscurcir le royaume de la raison, le progrès fait place à un « process sans sujet » (l’histoire n’a pas de sens et ne va nulle part), le monde de la technique nous domine loin de l’être.

L’homme n’est plus au centre du monde, il est déterminé de toute part, par sa classe sociale (marxisme), son histoire familiale (freudisme) voir ses déterminants biologiques (neurosciences).

Luc Ferry souhaite offrir une alternative à cette situation en proposant un nouvel humanisme fondé sur des valeurs comme l’amour, la place de la famille, le souci d’autrui.

Pour ma part, j’ai du mal adhérer à cette approche en tout cas d’un point de vue théorique et c’est pourquoi je parle d’antihumanisme théorique.

Si l’homme est la valeur ultime de nos sociétés, alors comment expliquer la violence, le meurtre voir la torture d’un innocent du fait de sa religion. Comment expliquer que la politique ne soit fondée que sur les seuls rapports de force et que l’homme puisse être souvent sacrifié face à la nécessaire adaptation à la mondialisation par exemple ?

 

5. Tentative de reconstruire un humanisme athée

  En octobre 1945, Sartre tient une conférence , « l’existentialisme est un humanisme », sorte de condensé des thèses présentées dans L'Etre et le néant, pour répondre aux critiques que l'on adressait à la philosophie existentialiste. Les uns disaient  qu'elle plongeait les hommes dans le désespoir car elle enlevait tout sens au monde et à l'existence individuelle. Les autres disaient qu'en niant Dieu et les valeurs supérieures, elle conduisait à l'immoralité et à l'anarchie.

 Sartre lui, montre qu'il n'en est rien. L'existentialisme met avant tout l'accent sur la liberté humaine. Il ne dit pas que la vie n'a pas de sens, mais que l'individu seul peut lui en donner un. Ainsi, l'homme n'est plus soumis à des normes qui viennent de l'extérieur. Il peut s'inventer librement, en laissant les choix que la vie lui propose à chaque instant.

 

 [L'existence précède l'essence] [L'existentialisme athée]

 Cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après. Ainsi, il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir.

 

[L'homme est ce qu'il se fait] [L'homme est pleinement responsable]

 L'homme est non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence, l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait.

 Et, quand nous disons que l'homme est responsable de lui-même, nous ne voulons pas dire que l'homme est responsable de sa stricte individualité, mais qu'il est responsable de tous les hommes.

  

[L'angoisse] L'existentialiste déclare volontiers que l'homme est angoisse. Cela signifie ceci: l'homme qui s'engage et qui se rend compte qu'il est non seulement celui qu'il choisit d'être, mais encore un législateur choisissant en même temps que soi l'humanité entière, ne saurait échapper au sentiment de sa totale et profonde responsabilité.

 Tout se passe comme si, pour tout homme, toute l'humanité avait les yeux fixés sur ce qu'il fait et se réglait sur ce qu'il fait.

 

  [La morale laïque] L'existentialiste est très opposé à un certain type de morale laïque qui voudrait supprimer Dieu avec le moins de frais possible. Dieu est une hypothèse inutile et coûteuse, nous la supprimons, mais il est nécessaire cependant, pour qu'il y ait une morale, une société, un monde policé, que certaines valeurs soient prises au sérieux et considérées comme existant a priori;

 L'existentialiste, au contraire, pense qu'il est très gênant que Dieu n'existe pas, car avec lui disparaît toute possibilité de trouver des valeurs dans un ciel intelligible; il ne peut plus y avoir de bien a priori, puisqu'il n'y a pas de conscience infinie et parfaite pour le penser; il n'est écrit nulle part que le bien existe, qu'il faut être honnête, qu'il ne faut pas mentir, puisque précisément nous sommes sur un plan où il y a seulement des hommes.

 Dostoïevsky avait écrit: «Si Dieu n'existait pas, tout serait permis.»

 

 [L'homme est liberté] Si, en effet, l'existence précède l'essence, on ne pourra jamais expliquer par référence à une nature humaine donnée et figée; autrement dit, il n'y a pas de déterminisme, l'homme est libre, l'homme est liberté.

 Nous sommes seuls, sans excuses. C'est ce que j'exprimerai en disant que l'homme est condamné à être libre. Condamné, parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu'une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu'il fait.

 

[L'homme invente l'homme] Il pense donc que l'homme, sans aucun appui et sans aucun secours, est condamné à chaque instant à inventer l'homme.

  

 [Il n'y a pas de morale générale] Aucune morale générale ne peut vous indiquer ce qu'il y a à faire; il n'y a pas de signe dans le monde. Les catholiques répondront: mais il y a des signes. Admettons-le; c'est moi-même en tout cas qui choisis le sens qu'ils ont.

 

  [L'homme est ce qu'il fait] [L'homme n'est rien d'autre que sa vie]

 Or, en réalité, pour l'existentialiste, il n'y a pas d'amour autre que celui qui se construit, il n'y a pas de possibilité d'amour autre que celle qui se manifeste dans un amour; il n'y a pas de génie autre que celui qui s'exprime dans des œuvres d'art: le génie de Proust c'est la totalité des œuvres de Proust.

  Un homme s'engage dans sa vie, dessine sa figure, et en dehors de cette figure il n'y a rien.

  

[La condition humaine] En outre, s'il est impossible de trouver en chaque homme une essence universelle qui serait la nature humaine, il existe pourtant une universalité humaine de condition.

 

[Universalité de l'homme] En ce sens nous pouvons dire qu'il y a une universalité de l'homme; mais elle n'est pas donnée, elle est perpétuellement construite. Je construis l'universel en me choisissant; je le construis en comprenant le projet de tout autre homme, de quelque époque qu'il soit. Cet absolu du choix ne supprime pas la relativité de chaque époque. 

  

 [L'homme choisit sa morale] L'homme se fait; il n'est pas tout fait d'abord, il se fait en choisissant sa morale, et la pression de circonstances est telle qu'il ne peut pas ne pas en choisir une. 

 [Le choix n'est pas gratuit] Nous ne définissons l'homme que par rapport à un engagement. 

  

[Les valeurs] Avant que vous ne viviez, la vie, elle, n'est rien, mais c'est à vous de lui donner un sens, et la valeur n'est pas autre chose que ce sens que vous choisissez. Par là vous voyez qu'il y a possibilité de créer une communauté humaine.

 

[L'humanisme classique] Cet humanisme est absurde, car seul le chien ou le cheval pourraient porter un jugement d'ensemble sur l'homme et déclarer que l'homme est épatant, ce qu'ils n'ont garde de faire, à ma connaissance tout au moins. Mais on ne peut admettre qu'un homme puisse porter un jugement sur l'homme. L'existentialisme le dispense de tout jugement de ce genre: l'existentialiste ne prendra jamais l'homme comme fin, car il est toujours à faire. Et nous ne devons pas croire qu'il y a une humanité à laquelle nous puissions rendre un culte, à la manière d'Auguste Comte. Le culte de l'humanité aboutit à l'humanisme fermé sur soi de Comte, et, il faut le dire, au fascisme. C'est un humanisme dont nous ne voulons pas.

 

[L'humanisme existentialiste] Mais il y a un autre sens de l'humanisme,  qui signifie au fond ceci: l'homme est constamment hors de lui-même, c'est en se projetant et en se perdant hors de lui qu'il fait exister l'homme et, d'autre part, c'est en poursuivant des buts transcendants qu'il peut exister; l'homme étant ce dépassement et ne saisissant les objets que par rapport à ce dépassement, est au cœur, au centre de ce dépassement. Il n'y a pas d'autre univers qu'un univers humain, l'univers de la subjectivité humaine. 

 [La transcendance] Cette liaison de la transcendance, comme constitutive de l'homme - non pas au sens où Dieu est transcendant, mais au sens de dépassement -, et de la subjectivité, au sens où l'homme n'est pas enfermé en lui-même mais présent toujours dans un univers humain, c'est ce que nous appelons l'humanisme existentialiste. 

 

[Conclusions] L'existentialisme n'est pas tellement un athéisme au sens où il s'épuiserait à démontrer que Dieu n'existe pas. Il déclare plutôt: même si Dieu existait, ça ne changerait rien; voilà notre point de vue. Non pas que nous croyions que Dieu existe, mais nous pensons que le problème n'est pas celui de son existence; il faut que l'homme se retrouve lui-même et se persuade que rien ne peut le sauver de lui-même, fût-ce une preuve valable de l'existence de Dieu. En ce sens, l'existentialisme est un optimisme, une doctrine d'action, et c'est seulement par mauvaise foi que, confondant leur propre désespoir avec le nôtre, les chrétiens peuvent nous appeler désespérés.

 

06/04/2013

L'atelier Corduant, conception, création, sculpture

Voici un lieu intéressant à visiter : un lieu virtuel, certes, puisque c'est un site Web, mais un lieu fort intéressant, où l'on peut faire des rencontres singulières entre sculpture classique et sculpture animalière, entre décors de théâtre et décors de cinéma.

Où l'on peut aussi mieux comprendre comment les formes surgissent de la matière, quelles sont les savoir-faire pour modeler, mouler, sculpter des objets de toutes dimensions.

Quelles sont aussi les matières, de la terre au bronze en passant par le staff, le plâtre, mais aussi le polystyrène et la résine.

De ma rencontre avec Benoît Corduant est né ce site web que je vous invite à parcourir et à faire visiter :

http://ateliercorduant.fr/

 

Et si le coeur vous en dit, pourquoi ne pas commander un lion monumental, un dinosaure, ou bien votre buste ou bien encore un chapiteau ionique ou un coussin d'armoirie ?

23/01/2013

Le référencement Web pour les nuls (avec des outils gratuits)

 Il ne faut pas l’oublier, l’objectif principal du référencement n’est pas d’obtenir je ne sais quel classement de je ne sais quel outil, l’objectif c’est de faire venir des visiteurs sur votre site et pas n’importe quel visiteurs, les visiteurs que vous avez ciblés et qui vont parcourir votre site avec suffisamment d’attention pour retenir les messages que vous souhaitez leur transmettre.

 Ne pas oublier non plus qu’avant tout, c’est la qualité de votre site qui, au bout du compte, fera la différence, qualité des contenus, esthétique, ergonomie, pertinence des titres et des mots clé et cohérence technique.

 

1. Comment faire venir des visiteurs sur votre site ?

Il  y a trois moyens principaux :

 

1.1 Les liens sur d’autres sites, pointant vers votre site (backlinks) : annuaires, sites partenaires, réseaux sociaux.

Il ne suffit pas d’avoir des liens sur des sites, ce qui compte c’est  la qualité des liens et des textes associés, et le ciblage des sites en terme de contenu et de fréquentation. L’important c’est que ce soit les bons visiteurs qui parviennent jusqu’à votre site.

 

Comment créer ces liens ?

-          en vous inscrivant dans les annuaires pertinents (avec des critères de sélection très pointus : lieu, profession, technique, centre d’intérêt

-          en faisant des campagnes d’échange de liens par Email

-          en proposant des échanges de lien sur vote site

 

 

1.2 les moteurs de recherche via des mots clé

Le plus difficile est sans doute de choisir les bons mots clé : comme d’habitude en marketing, il faut cibler pas trop large mais pas trop spécifique.

 

Positionnement dans les moteurs

Pour que les moteurs de recherche associe (en bonne place) votre site à un mot-clé, il faut bien sûr le lui faire connaître.

 

Comment ?

-          en utilisant les champs Meta (title, description, subject, keywords (qui n’est plus utilisée par google), voir http://www.webrankinfo.com/dossiers/techniques/guide-bali...

-          en plaçant ces mots-clés dans le nom des pages html

-          en plaçant les mots clé dans les titres de vos paragraphes

 

1.3 Les liens dans les Emails (campagnes ciblées)

Et bien sûr, n’omettez pas de faire figurer dans la signature de vos Email, sur vos cartes de visite, sur vos affiches et tout votre matériel de promotion l’adresse de votre site ainsi que votre adresse Email.

  

 

 

2. Comment mesurer la qualité et la progression de votre site ?

 

2.1 la qualité de votre site

Qualité technique, qualité ergonomique, qualité de contenu.

 

Il s’agit d’éviter les erreurs de code, les liens brisés, les problèmes de chargement, les informations erronées ou périmées, …

 

L’ergonomie doit être simple, claire et intuitive, les menus faciles à exploiter (après tout, un site web ce n’est qu’une poignée de pages dans lesquelles on navigue grâce à un menu).

 

Le contenu doit être accessible via des titres de menu bien explicites. Un fil d’Ariane s’avère vite nécessaire si les menus sont à plusieurs niveaux.

  

2.2 le nombre de visiteurs

C’est finalement le premier critère qui vous intéresse :  nb total, par mois, par jour, …

temps de visite, pages les plus visitées, etc..

 

2.3 le rang dans les moteurs par mots clé

Important ! C’est sans doute de sur quoi il faut le plus investir.

 

Quand on tape une recherche sur Google, c’est via des mots-clés qu’il va chercher des pages (des sites) et vous les proposer. Bien sûr, il y a les liens commerciaux, mais il y a tout le reste et il est important que votre site figure dans la première page des résultats affichés par Google, donc dans les 10 à 15 premiers résultats de la recherche. Il est donc important que vous connaissiez le rang de votre site pour les principaux mots clé de votre activité. Et que vous fassiez progresser ce rang !

 

2.4 le nombre et la qualité des backlinks

Il ya trois problématiques : 

-          Acquérir des liens (voir 1.1)

-          Chercher et afficher la liste de ses liens. Si, si, si votre site est attractif, vous aurez des « afficionados » qui publierons spontanément des liens sur leur site.

-          Vérifier qu’on a pas perdu de liens, il est bien utile de vérifier de temps en temps que les des « partenaires «  d’échange de liens n’ont pas poubellisé les liens vers votre site

  

2.5 Le Page Rank

De moins en moins significatif mais utilisé par tous les outils pour donner le poids de votre site. L’algorithme du Page Rank Google inconnu et changeant quand l’envie leur en prend , il est de moins en moins significatif, à part pour les grands sites.

 

 

 

 

3. Quels outils (gratuit) utiliser ?

Je ne cite ci-dessous que des outils gratuits et non bridés.

Beaucoup d’éditeurs proposent des versions « gratuites » de leurs outils, mais c’est la plupart du temps de l’arnaque qui conduit à une perte de temps, car dès que les fonctionnalités deviennent intéressantes, il faut payer.

 

3.1 Outils de gestion de la qualité de votre site

Xenu :  ***** vérifie à fond la cohérence des liens internes et sortant de votre site et fournit un rapport détaillé permettant de débusquer/corriger ces erreurs très facilement. Permet aussi de générer un sitemap.

http://www.commentcamarche.net/download/telecharger-36735...

 

Sitemap : ***

Générateur de sitemap à charger sur le serveur de votre site, indispensable pour que les robots des moteurs de recherche scannent correctement toutes les pages de votre site

http://www.xml-sitemaps.com/

 

Google : Outils pour les webmasters : ***

Permet de déclarer correctement votre site pour le moteur de recherche Google. Fournit quelques outils de statistique, mais comme souvent une ergonomie googleesque très foireuse

https://www.google.com/webmasters/tools/

 

 

 

3.2 le nombre de visiteurs

StatCounter *****

Ne cherchez plus : c’est l’outil qu’il vous faut. Moyennant le chargement d’un petit bout de code sur la page d’accueil de votre site (qui peut aussi afficher un compteur de visite), statcounter vous fournira toutes les statistiques dont vous pouvez rêver sur les visites et les visiteurs de votre site.

http://statcounter.com/

 

 

3.3 le rang dans les moteurs par mots clé

Seosoft : ****

Très bien pour suivre la progression de vos sites sur une liste de mots clé. Mais ne fournit pas d’information sur les liens de vos concurrents.

http://www.commentcamarche.net/download/telecharger-34058...

 

Free Monitor for Google ****

Complémentaire de Seosoft, fournit les listes de liens de vos concurrents sur un mot clé mais pas d’historique d’évolution de votre positionnement.

http://www.commentcamarche.net/download/telecharger-34083...

 

 

 

3.4 le nombre et la qualité des backlinks

Google : Outils pour les webmasters *****

https://www.google.com/webmasters/tools/

 

GnoZtiK ****

Outil très pratique pour chercher les sites et leur classement sur un mot clé. Très utile pour chercher des sites pertinents pour échanger des liens.

http://www.gnoztik.com/

 

Backlink watch ***

Parmi les nombreux outils en ligne, quelques-uns non bridés, par exemple :

 http://www.backlinkwatch.com/index.php#

 

 

3.5 Le Page Rank

PaRaMeter  ****

L’intérêt principal de  PaRaMeter est de fournir en une seule analyse, les Page Ranks de tous vos sites, mais aussi des pages de vos sites, ce qui très intéressant pour les blogs, pour lesquels il peut être intéressant de connaître la notoriété d’un article particulier.

http://www.cleverstat.com/en/?from=PaRaMeter

 

 

En conclusion

Ne pas oublier que l’essentiel c’est la qualité du contenu de votre site !

 

Pour les commentaire, n’hésitez pas, surtout si vous avez d’autres outils/méthodes à proposer.

 

11/01/2013

La fin du monde, croyance ou déraison ?

En introduction au thème de la fin du monde, ce texte de Kant, qui reste d’une actualité étonnante !

 

La fin de toutes choses, Emmanuel KANT, 1794

« Pourquoi les hommes s’attendent-ils au juste, à une fin du Monde ?Et, celle-ci étant admise, pourquoi, précisément, à une fin dans la terreur, pour la plus grande partie de l’humanité ?

La première de ces attente semble s’expliquer par le fait que la raison leur dit que le monde ne mérite de durer, que dans la mesure où les êtres raisonnables qui le peuplent, sont conformes au but final de leur existence.

 

Dès l’instant que ce but risque de ne pas être atteint, la création elle-même leur paraît sans objet, comme une pièce de théâtre dépourvue de tout dénouement et qui ne permet pas de reconnaître une intention rationnelle.

 

La seconde se fonde sur l’idée de la corruption de l’espèce humaine, trop profonde pour laisser place à l’espoir, si bien que la seule mesure digne de la sagesse et de la justice suprême, à l’égard de la plus grande partie de l’humanité, serait d’y mettre fin, et une fin qui fût terrible. C’est pourquoi les signes annonciateurs du dernier jour, …, sont tous du genre terrifiant.

 

Certains les reconnaissent dans le triomphe de l’injustice, dans l’oppression des pauvres, sous la débauche insolente des riches et dans la disparition générale de la loyauté et de la confiance, ou encore dans les guerres sanglantes déchaînées, à tous les coins du monde, et cætera , bref, … dans la dissolution morale et la montée rapide de tous les vices avec leur cortège de calamités, choses inconnues, à ce qui leur semble, des époques précédentes.

 

D’autres les voient dans les changements inhabituels de la nature, comme des tremblements de terre, des tempêtes, des inondations, des comètes et des météores. »

 

 

Le mythe de la fin du Monde

Pour Kant, la notion de fin du monde est inhérente au rapport de l’homme au monde.

Explorer le mythe de la fin du Monde, c’est se questionner sur les grands mystères de la vie, sur le sens de l’Histoire, la direction du temps, le mystère de la mort et les rapports de l’Homme avec Dieu. La fin du monde est annoncée depuis la nuit des temps, c’est l’annonce de la fin du temps.

 

Dans « Monde », il y a les choses et il y a l’Homme. Le monde est plus que la nature, un monde c’est au moins la nature + l’homme.  Le Monde = réel + sens.

 

Crainte et Espoir. Ce mythe est inhérent à l’histoire de l’Humanité. Prévoir le cataclysme final est lié à l’angoisse latente face aux tourments du temps présent. Loin de le craindre, les devins, les voyants, le souhaitent. La fin du Monde est ici envisagée libératrice et salvatrice.

 D’après Michael Foëssel, la fin du monde est la version fantasmatique d’expériences quotidiennes de «pertes en monde». Expérience psychiques ou sociales de « Perte en Monde », moments sensibles où s’impose l’idée que rien n’est possible, que le réel ne répond plus à aucune de nos attentes - et que nous sommes dépossédés du réel. A l’image des troubles de Claire dans le film Melancholia de Lars von Trier.

La fin du Monde est aussi pour certains, liée au Jugement dernier, lequel est le préambule à l’avènement d’un monde meilleur.

Cette fin, pour Kant, n’a de sens que dans le cadre de la morale. Mal, péché, souffrance.

 

Mais aussi l’extinction de l’Humanité présuppose l’existence d’un dieu transcendant au dessus du Monde. Créateur de l’Univers, il en serait aussi le destructeur.

 

L’apocalypse finale est un thème récurrent des religions monothéistes, elle est inextricablement liée au châtiment divin. À chaque fléau ou à chaque guerre, des voix s’élèvent pour dénoncer la folie et le péché des hommes en annonçant que la colère de Dieu va bientôt s’abattre sur le Monde … Il s’agit de démolir un monde impie et souillé par le péché des hommes pour mieux le reconstruire sur des bases plus saines. C’est l’annonce de l’avenue du royaume de Dieu, le devenir de l’Humanité.

 

Mais tous les prophètes ne croient pas en la fin du monde

"Certains faux gourous en répandant ce genre de prophétie cataclysmique ont envie de manipuler les foules en maintenant les gens dans la peur. Le fait que les Mayas aient arrêté leur calendrier au 21 décembre 2012 n’annonce pas l’apocalypse, mais l’entrée dans une nouvelle ère.
Cette nouvelle période est pleine d’espoir. J’espère qu’elle nous permettra d'accéder à des facultés nouvelles, de répondre à des questions que nous nous posons depuis longtemps et à progresser dans nos relations avec les autres. J'encourage chacun à co-créer un monde meilleur où nous pourront marcher main dans la main. Au contraire des faux gourous, je préfère libérer les gens, leur montrer qu'ils peuvent construire ensemble leur vie et leur liberté."

On peut bien sûr considérer au nom de la raison, que ces 2 discours sont exotiques, délirants voire absurdes.

 

Les Croyances sont-elles déraison ?
Analysés du seul point de vue de la rationalité, les croyances sont fondées sur la crédulité et la naïveté, exploitant des facteurs psychologiques reposant sur l’affectif, le désir, la peur, et non sur la raison. Elle peuvent conduire à la superstition et au fanatisme qu’il soit politique, moral ou religieux.

Selon cette approche, les opinions et croyances populaires, voire même les religions seraient la marque de l’archaïque, de l’ancestral et qu’après le siècle des lumières,  l’heure serait venue de la raison et des sciences.

« La religion serait l’opium du peuple » et ce serait l’homme qui aurait créé Dieu et non l’inverse.

 

 Ecoutons Gustave Lebon (anthropologue, sociologie du début du 20e) dans , « Les Opinions et les Croyances »

« Les lois régissant la psychologie de la croyance ne s'appliquent pas seulement aux grandes convictions fondamentales laissant une marque indélébile sur la trame de l'histoire. Elles sont applicables aussi à la plupart de nos opinions journalières sur les êtres et les choses qui nous entourent.

L'observation montre facilement que la majorité de ces opinions n'ont pas pour soutien des éléments rationnels, mais des éléments affectifs ou mystiques, généralement d'origine inconsciente.»

 

 Nietzsche : Le Gai savoir, III, 108

« Après que Bouddha fut mort, on montra encore des siècles durant son ombre dans une caverne - ombre formidable et effrayante. Dieu est mort : mais telle est la nature des hommes que des millénaires durant peut-être, il y aura des cavernes où l’on montrera encore son ombre. Et quant à nous - il nous faut vaincre son ombre aussi ! »

Son Ombre, ce sont les raisons de croire …

 

Gustave Lebon , « Les Opinions et les Croyances »

« Ce serait donc une erreur de croire qu'on sort du champ de la croyance en renonçant à des convictions ancestrales. »

« Sans doute, la foi en un dogme quelconque n'est généralement qu'une illusion. Il ne faut pas la dédaigner pourtant. Grâce à sa magique puissance, l'irréel devient plus fort que le réel. Une croyance acceptée donne à un peuple une communauté de pensée génératrice de son unité et de sa force. »

 

Parlons donc des croyances, au pluriel d’abord
Vu de l’extérieur ce sont des « croyances populaires, ancestrales » avec un jugement péjoratif.

Mais vu par le croyant, c’est la réalité même.

 

Le sens premier du mot lui est donc conféré par le jugement condescendant de la raison critique ou du point de vue descriptif, de l’ethnologie. Les croyances sont des représentations qui habitent l’imaginaire individuel et collectif. Leur rôle social est réel : elles scellent le lien communautaire, elles organisent les rites, rythment le temps, structurent l’espace. Mais  leur visée cognitive est quasi-nulle ; elles apparaissent le plus souvent exotiques, voire absurdes à ceux qui les examinent hors contexte

 

Si l’on veut sauver les croyances du point de vue rationnel, il est possible de leur attribuer une fonction herméneutique : elles permettent de donner un sens au donné.

 Toutefois, même sous l’angle de l’interprétation, les croyances ont un caractère primitif ou archaïque : pour donner sens à un donné quelconque, il n’est pas nécessaire de croire au principe par lequel le sens advient. Le mythe, par exemple, qui joue ce rôle herméneutique, peut parfaitement ordonner, par la narration, le fait brut sans qu’il soit nécessaire de croire à la réalité de ce qu’il raconte.

 En résumé, les croyances, c’est ce qui permet de donner un sens à notre présence dans ce monde, qui sans elles, serait incompréhensible, voire insupportable.

 

 Au singulier, la croyance : le « Tenir pour vrai »

1 : le tenir- pour-vrai. C’est ce qui constitue le noyau de la croyance. Croire, c’est toujours pour l’esprit donner son adhésion, accorder sa confiance à une proposition ou à un énoncé qui revêt pour lui valeur de vérité.

 2 : le tenir pour vrai sans raisons contraignantes. L’absence de preuves constitue un critère de différenciation capital permettant de distinguer la croyance d’autres attitudes mentales.  Voilà pourquoi la croyance a quelque chose d’incantatoire.

 3 : L’acte mental que constitue la croyance est indissociable d’un acte de langage. Il est lié à une certaine forme de représentation du monde partagée entre les sujets qui partagent la même croyance. Il se structure comme un  langage, comme une représentation du monde.

 

Croyance – Vérité

Difficile de définir la vérité !

« Ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle. La vérité ne se possède pas, elle se cherche. »

Albert Jacquard

 

Vérité

Est vrai ce qui est conforme à la réalité = Théorie de la vérité-correspondance.

La vérité,  c'est la conformité de l'idée avec son objet, conformité de ce que l'on dit ou pense avec ce qui est réel.  L’autorité est la nature.

 

Est vrai ce qui est la conclusion d'une inférence valide = Théorie de la vérité-cohérence

Critère de la vérité = la non contradiction (vérité formelle). L’autorité est la logique.

 

Est vrai ce qui est efficace = Théorie pragmatiste de la vérité. Une théorie est vraie si elle est féconde sur le plan pratique. L’autorité est la pratique.

 

 Est vrai ce que tout le monde croit = Théorie conformiste de la vérité

Critère de vérité = unanimité ou majorité. L’autorité est la société humaine.

 

 Croyance- Raison

Faut-il oppose croyance et connaissance ?

La Connaissance est une croyance, réfutable mais non réfutée, justifiée par suffisamment de preuves.

 

On aurait une croyance rationnelle (la connaissance) et une croyance non rationnelle (Le tenir pour vrai)

 

Gustave Lebon , « Les Opinions et les Croyances »

« Dégagée de plus en plus de la croyance, la science en demeure cependant très imprégnée encore. Elle lui est soumise dans tous les sujets mal connus, les mystères de la vie ou de l'origine des espèces par exemple. Les théories qu'on y accepte sont de simples articles de foi, n'ayant pour eux que l'autorité des maîtres qui les formulèrent. »

 

La croyance rationnelle s’adresse aux objets. Le savoir, les sciences impliquent une croyance en l’intelligence de l’homme en vue d’une action sur les objets.


La croyance non rationnelle, le tenir pour vrai, implique une croyance de type spirituelle, (Croyance dans les Esprits, croyance en Dieu, croyance dans les Idées et les Mythes), en vue d’une action sur les sujets.

 

 

Croyance – Désir

Désir : de la passion à l’idéal en passant par l’intérêt, la croyance est toujours liée à la tension vers un manque : elle est un moyen essentiel de satisfaction ; elle est ce par quoi la vie s’éprouve et se donne les moyens de surmonter ce qui s’oppose à elle.

 

Le « tenir pour vrai » est donc pris dans le jeu du désir  : il est suscité par le désir ; il est capable de le susciter en retour. Il est inscrit aussi dans les méandres de la crainte : produit par l’ignorance des causes, il substitue l’effroi à la raison.

 

Croyance –Action

Les degrés de la croyance concernent aussi bien son aspect subjectif que son aspect objectif. L’aspect subjectif concerne les degrés d’engagement du sujet dans sa croyance, de même que les degrés de certitude de la conscience. L’aspect objectif concerne le degré de réalité s’attachant à l’objet de la croyance,

 

D’une certaine manière, la croyance est la vie en acte. Il faut agir, et pour cela il faut croire, faire confiance.

« On ne peut croire en soi que si on croit en l’homme » écrit Alain. Sartre lui-même, qui critique pourtant avec sévérité l’humanisme classique, revendiquera fermement dans sa conférence L’existentialisme est un humanisme une telle croyance en l’homme,


Conclusion

L’homme ne peut se passe de Croyance, du « Tenir pour vrai ».

C’est sur la Croyance que se construisent le sens et le ciment des sociétés humaines.

 

Mais les croyances du 21eme siècle ne peuvent être celles du passé. L’Humanité a vécu 4 ruptures (Copernic, Darwin, Freud, Physique quantique) qui ont profondément changé sa représentation du monde. Sa Croyance, ses croyances doivent se renouveler.

 

Gustave Lebon , « Les Opinions et les Croyances »

« Les seules vraies révolutions sont celles qui renouvellent les croyances fondamentales d'un peuple. Elles ont toujours été fort rares. Seul, ordinairement, le nom des convictions se transforme. La foi change d'objet, mais ne meurt jamais. 

Elle ne pourrait mourir, car le besoin de croire constitue un élément psychologique aussi irréductible que le plaisir ou la douleur. L'âme humaine a horreur du doute et de l’incertitude. L'homme traverse parfois des phases de scepticisme, mais n'y séjourne jamais. Il a besoin d'être guidé par un credo religieux, politique ou moral qui le domine et lui évite l'effort de penser. Les dogmes détruits sont toujours remplacés. Sur ces nécessités indestructibles, la raison est sans prise.»

Mais afin d’éviter de retomber dans l’esclavage des dogmes et dans l'illusion de l'ésotérisme, ce renouvellement du sens par les croyances ne doit-il pas se faire que sous l’œil critique de la raison, sous la critique de la philosophie ?