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13/03/2010

"La schizophrénie en bandoulière"

Très décapant, ce billet de Michel Onfray dans Le Monde du 20.02.10

http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offr...

"Notre époque est réjouissante ! Nous avons un PCF qui ne défend plus la dictature du prolétariat, un PS qui célèbre le marché, des chrétiens qui ne croient pas dans la résurrection de la chair, des philosophes qui occupent le devant de la scène en commentant des livres qu'ils n'ont pas lus, un président de la République fasciné par Georges Bush qui ne voit que par Jaurès et Guy Môquet, quand ça n'est pas Albert Camus, un gouvernement de droite avec des ministres de gauche, des journalistes qui citent à tout bout de champ Guy Debord, des sportifs transformés en intellectuels, et autres joyeusetés de nos temps nihilistes !

A ce défilé de mode digne d'une cour des miracles, il nous faut désormais ajouter des féministes qui estiment que la maternité est le destin de toute femme, que la prostitution relève de l'exercice libre, sinon libéral, de son propre corps, que l'allaitement procure des sensations qui dispensent d'en chercher ailleurs - merci, chère Elisabeth Badinter, de résister à ce « féminisme »-là !

Désormais, il nous faudra également compter avec une femme voilée, laïque et féministe, qui défend l'avortement et la cause homosexuelle ! Cherchez l'erreur... Car le voile signifie la soumission à une religion dont la première qualité n'est pas la séparation du théologique et du politique, mais leur confusion."


Au delà de la dénonciation des contorsions du Nouveau Parti Anticapitaliste à propos de sa candidate portant le foulard dans le Vaucluse, ce qui intéressant dans l'article de Michel Onfray, c'est son analyse de l'utilisation des symboles en "régime médiatique".


A rappocher des critiques de Régis Debray sur la "télécratie" dans son dernier essai "Dégagements".

Ses flèches, Régis Debray les réserve à la société de fric et de frime où nous évoluons, et qu'il déteste. Après l'ère de la parole, puis celle de l'écrit, nous vivons dans celle de l'image. "En vidéosphère, le bougisme est un must, et l'urgentiste, notre héros préféré." La méritocratie y a été remplacée par la télécratie. Le dessus du panier, la véritable élite, ce sont "les people", ceux qu'on voit à la télé et dans les magazines. Leur prestige, ils ne le tiennent ni de leur naissance ni de leurs diplômes, mais de leur audience. "Vous voulez devenir quelque chose ? Faites-vous d'abord une gueule, le nom suivra." Si vous avez réussi dans la chanson, on viendra vous interroger sur l'Afghanistan ou la peine de mort. "Je suis, donc je pense."


Et pour en revenir au NPA, n'est-ce pas sous cet angle qu'il faut comprendre le passage de relai de Krivine à Besancenot et le remplacement de la faucille et du marteau par le mégaphone ?

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Commentaires

Alors tu te remets à Onfray?
Si tu veux une bonne analyse du système-télé ou de la télécratie comme dit Debray, je te conseille, en anglais, Amusing ourselves to death de Neil Postman. Un mélange théorique et empirique, très amusant à lire, et surtout édifiant sur la télé américaine.

Écrit par : raf | 22/03/2010

Là ce n'était qu'un article de Michel Onfray dans le Monde.
Mais comme je fréquente des café philo souvent animés par des spiritualistes (i.e. cathos pas trop réacs), je me suis effectivement remis à l'écoute du Génie de l'hédonisme. J'ai bien aimé aussi sa controverse avec Miller sur Freud.
A suivre ...

Écrit par : Marto | 22/03/2010

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