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17/01/2011

Rendons aux papes ce qui leur appartient

Mise à jour du 17 janvier 2011

 

Réjouissons-nous !, c'est fait, Benoît XVI a décrété la béatification de Jean-Paul II, ... et poursuit activement l'instruction de celle de Pie XII.

 

"Une forme d'autojustification de la papauté" titre Le Monde du 16-17 janvier 2011.

 Sur les dix derniers papes, seuls trois, Léon XIII, Benoît XV et Pie XI demeurent étrangers, pour des raisons essentiellement politiques à ce concours de glorification. Ralliement au régime républicain pour l'un, opposition à la 1ere guerre mondiale pour le second et signature des accords de Latran avec Mussolini pour le troisième.

 

Et dans Le Point du 4/11/2010, 

 

"Un nouveau pas a été franchi en faveur de la béatification de Pie XII. Après la proclamation par Benoît XVI des "vertus héroïques" d'Eugenio Pacelli en décembre dernier, le Vatican a rendu publique la prière de béatification du souverain pontife décédé en 1958. Rédigé par Don Nicola Bux, membre de Congrégation pour le culte divin, le texte a reçu l'imprimatur du cardinal Bagnasco, président de la Conférence épiscopale italienne. Un petit morceau d'une soutane blanche ayant appartenu à Pie XII a été inséré dans mille exemplaires du document qui ont ainsi valeur de relique. Désormais, il ne manque que la confirmation du miracle attribué à Pie XII - la guérison inexpliquée d'une femme atteinte d'une tumeur maligne - pour qu'il soit déclaré "bienheureux".

Mais un passage de la prière ne va pas manquer d'alimenter les polémiques : "Il a ouvert les bras de Pierre, sans distinction, à toutes les victimes de l'épouvantable tragédie de la Seconde Guerre mondiale." Cette phrase est une provocation pour ceux qui reprochent à Eugenio Pacelli de n'avoir pas protesté lors de la rafle du ghetto de Rome, qui a conduit à la déportation de 1.022 juifs, et de ne pas avoir dénoncé après-guerre la Shoah."

 

Pourquoi les béatifications ?

Une béatification est la déclaration, par décret pontifical, qu'une personne de foi chrétienne a pratiqué les vertus naturelles et chrétiennes de façon exemplaire. La vénération publique de celui ou celle qui est alors appelé Bienheureux(se) est par la suite autorisée, localement ou universellement.

A cette occasion, il n’est pas inutile de revenir sur les décisions et les actions les plus controversées d’un certain nombre de papes et pères de l'église dont la plupart ont été béatifiés ou canonisés.

 

Benoît XVI

Joseph Ratzinger (1927-) élu pape le 19 avril 2005

A levé l'excommunication de l’évêque Williamson, négationniste confirmé de la Shoah.

A relancé le processus de béatification de Pie XII, malgré la controverse sur le silence de ce dernier devant la Shoah, pendant et après la 2eme guerre mondiale. N'a toujours pas ouvert les archives du Vatican concernant cette période

 

Pie IX

Giovanni Maria Mastali Ferretti, évêque d'Imola, né en 1792, élu pape le 16 Juin 1846, décédé le 7 Février 1878.
Béatifié le 3 septembre 2000 par le pape Jean-Paul II

C’est  le Pape du Dogme de l’Immaculée Conception (1854), du Syllabus (1864) et du Concile Vatican I (1869-1870).

En 1866, a signé une instruction du Saint-Office justifiant l'esclavage :« L'esclavage, en lui même, est dans sa nature essentielle pas du tout contraire au droit naturel et divin, et il peut y avoir plusieurs raisons justes d'esclavage, et celles-ci se réfèrent à des théologiens approuvés... Il n'est pas contraire au droit naturel et divin pour un esclave, qu'il soit vendu, acheté, échangé ou donné. »

En 1867, a convoqué le concile Vatican I, qui a proclamé l'infaillibilité du pape.

Le 8 décembre 1854, Pie IX a proclamé, dans sa bulle Ineffabilis Deus, le dogme de l'Immaculée Conception, qui proclame que la bienheureuse Vierge Marie a été exempte du péché originel. (A ne pas confondre avec le dogme de la virginité de Marie). Ce dernier dogme a été proclamé par le 2e concile de Constantinople en 553, par le pape Innocent III lors du 4e concile de Latran en 1215 et par le pape Grégoire X lors du 2e concile de Lyon en 1274.

 

Paul III, Jules III, Marcel II, Paul IV et Pie IV

Concile de Trente (1542-1560)

En réaction à la Réforme protestante, tous ces papes ont convoqué une série de conciles pour confirmer la doctrine du péché originel, que l'on doit à Saint Augustin,  de l’autorité de la Bible spécifique au catholicisme romain et confirmer les sept sacrements, le culte des saints et des reliques ainsi que le dogme de la transsubstantiation.

En 1563, le Saint Siège, sous la conduite de Paul IV, décrète que la lecture de certains livres doit être interdite. Cette interdiction concerne les livres hérétiques, obscènes et de sorcellerie. Ils sont alors répertoriés dans un catalogue appelé " Index Librorum Prohibitorum".

En 1948, la 32e et dernière édition contenait quatre mille titres censurés pour des raisons diverses : hérésie, immoralité, licence sexuelle, politiquement incorrect, etc. On y trouvait des écrivains et des philosophes connus tels que Diderot, Pascal, Rousseau, Descartes, Laurence Sterne, Voltaire, Daniel Defoe, Balzac, Larousse pour son dictionnaire du XIXe siècle.

 

Clément VIII

Le 20 janvier 1600, Clément VIII ordonna au tribunal de l'Inquisition de juger Giordano Bruno qui le déclara hérétique et qui, « devant son extrême et résolue défense », le condamna à être brûlé sur le bûcher au Campo de' Fiori.

Clément VIII prit également des mesures hostiles aux Juifs, leur interdisant les activités commerciales dans l'enclave papale d'Avignon, et renouvelant l'interdiction pour les Juifs de s'installer en dehors du ghetto de Rome.

 

Innocent III, Grégoire IX, Benoît XII, Jean XXII

L'Inquisition médiévale est introduite devant les tribunaux ecclésiastiques par le pape Innocent III en 1199. En février 1231, Grégoire IX publie la constitution Excommunicamus, qui prescrit la détention à vie pour les hérétiques repentis et la peine de mort pour les hérétiques obstinés

De 1250 à 1257, l'Inquisition met fin à l'hérésie cathare, non sans douleur : elle brûle 21 personnes et en condamne 239 au « mur étroit » (détention avec port d'entraves, au pain et à l'eau). Le dernier éclat de violence a lieu dans la cité-État de Sirmione, en Lombardie, accusée en 1273 de cacher un évêque cathare : deux cents de ses habitants sont envoyés au bûcher par les autorités civiles. Un des derniers bûchers pour hérésie est celui de Pierre Autier, brûlé en 1310. Les derniers croyants, comme le berger Peire Maury de Montaillou, seront mis au « mur étroit » en 1318 par l'évêque inquisiteur cistercien Jacques Fournier, futur pape Benoît XII.

Un peu plus tard, les prérogatives de l'Inquisition s'élargissent. Outre les cathares et les vaudois, elle est appelée à combattre des éléments de plus en plus divers : l'apostasie de juifs et musulmans convertis ou encore la sorcellerie, laquelle leur est assignée formellement en 1261 par Jean XXII.

 

 

Grégoire VII

C'est lui qui a imposé le célibat des prêtres. Suite à un concile tenu à Rome en 1074, une bulle papale de Grégoire VII oblige les prêtres au célibat. Le pape veut imposer le célibat au clergé pour des raisons politiques et économiques., dans le cadre de sa lutte contre la simonie (l’achat et la vente de biens spirituels, et des charges ecclésiastiques)

Les prêtres mariés étaient, en effet, tentés de s'enrichir et de constituer une rente au profit de leurs descendants, privant ainsi l'Église de moyens matériels considérables.

 

 

 

Pierre Chrysologue, Eusèbe de Césarée, Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse, Jean Chrysostome, Astérios d'Amasée et Méliton de Sardes

Le peuple déicide est une expression polémique désignant autrefois le peuple juif, en opposition avec le peuple de Dieu, qui est le nom donné à l'Église chrétienne. Le terme « déicide », dont le premier utilisateur paraît être Pierre Chrysologue, signifie le meurtre de Dieu, c'est-à-dire la crucifixion du Christ selon le point de vue chrétien.

Cette expression constitue l'un des fondements historiques de l'antisémitisme chrétien.

Elle s'appuie sur plusieurs passages du Nouveau Testament, notamment dans les Épîtres de Paul, et reprend l'accusation lancée par Méliton de Sardes dans son Sermon de Pâques ainsi que par Grégoire de Nazianze et Jean Chrysostome, entre autres : les Juifs seraient les « meurtriers de Dieu » et porteraient la culpabilité de la crucifixion

Jules Isaac, dans "L'Enseignement du mépris" (1962) déclare « il y a un antisémitisme chrétien. Toujours vivace et virulent. En étendue, en profondeur. Conscient ou subconscient. [...] Dans leur grande majorité les chrétiens – ou reconnus comme tels – sont antisémites. Car même chez les meilleurs [chrétiens], ceux-là même qui ont engagé contre l'antisémitisme nazi le plus généreux combat, il est aisé de relever les traces d'un antisémitisme en quelque sorte subconscient. »

Il cite l' Epitre dite de Barnabé (Ier siècle), le Dialogue avec Tryphon de Justin Martyr (IIe siècle), ou encore l'un des plus anciens évangiles apocryphes, l' Evangile de Pierre, qui ne met en oeuvre que les juifs dans la crucifixion. Jules Isaac va encore citer le pape Eusèbe, Saint Grégoire de Nysse, Saint Jean Chrysostome, et Saint Augustin qui portent tous, dès le début de l'ère chrétienne, la culpabilité de la crucifixion sur le peuple juif.



Urbain II (béatifié), Jean VIII, Calixte II, Grégoire VIII, Innocent III, Pélage Galvani, Grégoire IX, Innocent IV

Les croisades du Moyen Âge sont des pèlerinages armés prêchés par les papes. De 1095 à 1229, les papes cités ci-dessus ont été à l'origine de 6 croisades.

Bernard de Clairvaux, un des grands personnages de l'Occident chrétien et un conseiller écouté des papes, a prêché la seconde croisade (1146-1149). Canonisé le 18 janvier 1174 par Alexandre III, Bernard de Clairvaux a été déclaré docteur de l'Église par Pie VIII en 1830.

 

 

Augustin d’Hippone (canonisé)

Né à Thagaste (actuelle Souk-Ahras, Algérie) le 13 novembre 354 et mort le 28 août 430 à Hippone (actuelle Annaba, Algérie).

Absente dans la Bible, la notion de péché originel apparaît en fait sous la plume de saint Augustin.

Pour saint Augustin, chaque être humain est foncièrement à l'état de nature, pécheur. C'est pour cela que le baptême est indispensable dès le commencement de la vie. De ce fait, seule une personne baptisée peut espérer la rédemption, car le baptême marque l'adhésion à la foi chrétienne mais également l'acceptation par l'homme qu'il est pécheur, et par là le passage de son état naturel corrompu à la vie surnaturelle. Saint Augustin reprend les idées de saint Paul sur ce point, et d'ailleurs si le principe de l'esclavage ne fut pas remis en question dans l' Empire romain chrétien, saint Augustin considéra que les hommes étaient de toute façon moralement esclaves envers Dieu, à cause de leurs péchés.

 

 

Paul de Tharse (canonisé)

Né v. 10 à Tarse, en Cilicie (auj. İçe, en Turquie) – mort v. 65 à Rome.

C’est Paul de Tarse (Saint Paul) qui a lancé l’idée que le Christ s’est incarné et a subi le supplice de la croix, pour que Dieu le Père pardonne le péché commis par Adam et Ève, un péché qui a scellé le sort de l’Humanité entière : l’expulsion de l’Éden, la transmission de ce péché à tous les hommes, la condition d’être mortel, les souffrances de l’accouchement, la domination de la femme par l’homme, l’obligation de travailler, la honte de la nudité.

La personnalité et le rôle de Paul de Tarse seront déterminants dans le positionnement de la chrétienté envers la sexualité, le rôle de la femme, du couple et l’organisation familiale. Repris par l’empire romain, ce système de valeurs fut utile à son unité et à son expansion. Le monothéisme avait des vertus d’ordre, d’unité et de reconnaissance de l’autorité.

« Que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler; mais qu'elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi. Si elles veulent s'instruire sur quelque chose, qu'elles interrogent leur mari à la maison ; car il est malséant à une femme de parler dans l'Église » (1 Co 14, 34) ; « Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ » (1 Co 11, 2-16). « Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari » (1 Co 7, 3).

 


Commentaires

Une belle série de criminels et d'hommes ineptes... Enfin bon, pas étonnant qu'ils se béatifient les uns les autres...

Écrit par : docteur solex | 17/01/2011

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