Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/12/2010

L'Hoax de la Nasa : la bactérie shootée à l'arsenic sent le soufre

A Thomas

 

Le 2 décembre 2010 tombait sur Internet un communiqué de la Nasa : «une découverte en astrobiologie qui aura un impact sur la recherche de preuve d'une vie extraterrestre». Une conférence de presse doit suivre.

http://www.nasa.gov/topics/universe/features/astrobiology_toxic_chemical.html

La blogosphère s'enflamme, les Ufologues (les croyants du monde des ovnis) exultent ...

Le Nouvel Obs titre : "La Nasa découvre une nouvelle forme de vie extra-terrestre "

« L'agence spatiale américaine aurait découvert "une bactérie dont l'ADN est complètement étranger à ce que l'on connait aujourd'hui", avance le site spécialisé Gizmodo »

 

Où en sommes-nous 15 jours après ? La baudruche s'est largement dégonflée :

« En effet, aucun petit homme vert n'était au rendez-vous fixé aux journalistes, jeudi 2 décembre, au siège de la NASA, à Washington. Mais un microbe californien, tiré des boues saumâtres du lac Mono. Une bactérie baptisée GFAJ-1, dont les caractéristiques pourraient tout de même conduire à une révision fondamentale des règles du vivant, où qu'il soit.

La vie sur Terre repose en effet sur six éléments : oxygène, carbone, hydrogène, azote, soufre et phosphore. La particularité de GFAJ-1, c'est qu'elle peut croître dans un milieu où le phosphore est remplacé par l'arsenic, son plus proche voisin dans le tableau périodique des éléments. »

La Nasa est tombée bien bas. Confrontée à une triste réalité budgétaire, elle a tenté de s’en sortir par une opération Marketing à la limite de la désinformation.

La réalité de la Nasa, c‘est la fin du rêve américain de domination de l’espace, dont l’apogée a été marquée il y a quarante ans par les missions Apollo et les premiers pas de l’homme sur la lune.

La triste réalité c’est la fin de la navette spatiale, qui fût globalement un échec et une impasse : plus chère, moins fiable (explosions de Columbia et Challenger, 14 morts) et moins disponible que les lanceurs classiques, la navette américaine a logiquement été abandonnée laissant la Nasa sans lanceur pour des vols habités. Le programme Constellation et son lanceur Orion lancé par Crazy Bush, ont été abandonné faute de financement.

Dans ce domaine, comme d’autres, Obama a été obligé de nettoyer les écuries d’Augias. Pour la Nasa ce fût l’atterrissage brutal. L’opération retour sur la lune est « enterrée ».

Dans le même temps, Soyouz retrouve une nouvelle jeunesse, après cinquante ans de bons et loyaux services. Ce sera, en 2012, le seul lanceur pour rejoindre l’ISS, la Station Spatiale Internationale.

Et la Chine et le Japon affichent leurs ambitions spatiales, bientôt suivis par l’Inde.

C’est dans ce contexte que la Nasa lutte pour préserver ses budgets colossaux et pour cela, elle doit continuer de faire rêver les états-uniens de base … Les faire rêver avec un programme réorienté vers la recherche de la vie extra-terrestre.

Vie extra-terrestre sur des planètes comme Mars, avec un programme d’envoi de robots dès 2011. Mais le retour d’échantillons sur terre n’est prévu qu’après 2020.

Donc en attendant, il faut se contenter d’étudier la vie ici et maintenant sur terre, avec des projets d’astrobiologie, c’est à dire de recherche sur l’origine de la vie, éventuellement extra-terrestre.

C’est dans ce cadre que la Nasa a recruté en 2010 une chercheuse du joli nom de Felisa, pressée de se faire un nom dans le monde scientifique. Elle avait en effet découvert en 2009 une souche de bactérie bizarre dans le lac Mono (Californie), quelle avait prénommée GFAJ. GFAJ, oui bien sûr comme " Get Felisa a Job ".

mono_lake01-09.jpgFelisa Wolfe-Simon (NASA-USGS) a eu l'idée de shooter cette bactérie à l’arsenic, pour voir comment elle réagissait. Et aurait elle-même été surprise de constater que le poison s'intégrait sans dommage au coeur même de la machinerie microbienne, y compris dans l'ADN et dans le carburant cellulaire, l'ATP. D’où le communiqué du 2 décembre…

 

 

 

 

La Nasa n’en est pas à son premier Hoax. L'exemple le plus célèbre de ses dérapages médiatiques remonte à 1996. Le 16 août de cette année-là est publié dans Science un article annonçant la découverte de traces biologiques fossiles au sein d'une météorite martienne, ALH84001, retrouvée en Antarctique douze ans plus tôt. Il s’avère peu de temps après qu’il s’agit probablement d’une contamination terrestre.

 

"Outre-Atlantique, le doute à l'égard de l'annonce mise en scène par la NASA s'est diffusé via des scientifiques bloggeurs. Rosie Redfield, de l'université de Colombie-Britannique, dont le site a attiré rapidement des milliers de visiteurs, a décidé d'adresser ses critiques, saignantes, à la revue Science, qu'elle accuse de ne pas avoir correctement évalué le travail soumis par Felisa Wolfe-Simon. Cette dernière a vite compris que la politique choisie par la NASA - ne pas répondre à des objections émanant de la blogosphère - n'était pas tenable. Elle devrait aussi rapidement diffuser GFAJ auprès des laboratoires qui souhaiteraient vérifier ses conclusions. Ou les invalider."

 A suivre ...

Prochaines étapes des découvertes de Felisa :

GFAN : Get Felisa A Name

GFAP : Get Felisa A Price


 

Les commentaires sont fermés.