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28/02/2012

Identité, Appartenance et Exclusion

Café philo de Cucuron, 1er avril 2011
Quelques pistes pour un débat sur Identité, Appartenance et Exclusion.

 

1. En guise d'introduction

Ce texte fort de Michel Serres, dans Libération du 19/11/2009.

Michel Serres est un auteur atypique, ancien élève de l'école navale, officier de la Marine française, agrégé de philosophie, docteur es Lettres, membre de l'académie française et professeur à Standford.

  "Serres est marqué sur ma carte d’identité. Voilà un nom de montagne, comme Sierra en espagnol ou Serra en portugais ; mille personnes s’appellent ainsi, au moins dans trois pays.

Quant à Michel, une population plus nombreuse porte ce prénom. Je connais pas mal de Michel Serres : j’appartiens à ce groupe, comme à celui des gens qui sont nés en Lot-et-Garonne. 
Bref, sur ma carte d’identité, rien ne dit mon identité, mais plusieurs appartenances. Deux autres y figurent : les gens qui mesurent 1,80 m, et ceux de la nation française. 

Confondre l’identité et l’appartenance est une faute de logique, réglée par les mathématiciens. Ou vous dites a est a, je suis je, et voilà l’identité ; ou vous dites a appartient à telle collection, et voilà l’appartenance. 

Cette erreur expose à dire n’importe quoi. Mais elle se double d’un crime politique : le racisme. Dire, en effet, de tel ou tel qu’il est noir ou juif ou femme est une phrase raciste parce qu’elle confond l’appartenance et l’identité. 

Je ne suis pas français ou gascon, mais j’appartiens aux groupes de ceux qui portent dans leur poche une carte rédigée dans la même langue que la mienne et de ceux qui, parfois, rêvent en occitan. 

Réduire quelqu’un à une seule de ses appartenances peut le condamner à la persécution. Or cette erreur, or cette injure nous les commettons quand nous disons : identité religieuse, culturelle, nationale… Non, il s’agit d’appartenances. 

Qui suis-je, alors ? Je suis je, voilà tout ; je suis aussi la somme de mes appartenances que je ne connaîtrai qu’à ma mort, car tout progrès consiste à entrer dans un nouveau groupe : ceux qui parlent turc, si j’apprends cette langue, ceux qui savent réparer une mobylette ou cuire les oeufs durs, etc.  Identité nationale : erreur et délit." 

 

2. Définitions

 

Identité

Etymologie : du latin idem, le même. 

1. Ce qui fait qu'une chose est la même qu'une autre. Caractère de deux ou plusieurs êtres identiques 

2. Qualité d'une chose qui demeure toujours la même. Caractère de ce qui, sous des dénominations ou des aspects divers, ne fait qu'un ou ne représente qu'une seule et même réalité.

3. Permanence de la conscience de soi. PSYCHOL. ,Conscience de la persistance du moi

4. Fait qu'une personne est bien celle en cause.  Ensemble des traits ou caractéristiques qui, au regard de l'état civil, permettent de reconnaître une personne et d'établir son individualité au regard de la loi.

5. L'identité est ce qui permet de différencier,de discriminer,  sans confusion possible, une personne, un animal ou une chose des autres.

L'identité des objets immobilisé dans une entreprsie est l'objet d'un inventaire annuel. Les objets sont tracés à l'aide de numéro (code bare). 

Lorsque l’on passe des objets aux être vivants, l’identité prend plus de corps. Elle est le support de la notion d’individu. Et lorsque l’on passe aux êtres humains, s’y ajoute la notion de conscience de son identité. L’identité n’est plus construite de l’extérieur mais aussi de l’intérieur

 

Appartenance

1. Faire partie d'un groupe, d'un ensemble, d'une classe, en être un élément. L’appartenance peut être volontaire ou subie.

2. Sentiment d’appartenance : Capacité de se considérer et de se sentir comme faisant partie intégrante d'un groupe, d'une famille ou d'un ensemble.

3. En logique, relation de l'individu à l’ensemble ou la classe dont il fait partie.
En théorie de l'information, les langages Objet ont été créés pour mieux représenter le monde ; on peut créer des objets qui héritent des propriétés des classes auxquelles on les fait appartenir. Les classes sont définies par un certains de nombre de propriétés.

 

Exclusion

1. Etymologie : du latin exclusio, exclusion, issu de excludere, ne pas laisser entrer, ne pas admettre, mettre dehors, exclure. 

2. L'exclusion sociale est la marginalisation, la mise à l'écart d'une personne ou d'un groupe en raison d'un trop grand éloignement avec le mode de vie dominant dans la société. Ce processus peut être volontaire ou subi.

L'exclusion sociale est souvent consécutive à une perte d'emploi, au surendettement, à la perte d'un logement… et se traduit par une grande pauvreté, par une rupture plus ou moins brutale avec les réseaux sociaux, avec la vie sociale en général. Elle est vécue comme une perte d'identité. 

Bien que l'exclusion sociale soit un phénomène très ancien et commun à de nombreuses sociétés, l'expression exclusion sociale est apparue dans les années 1980 pour rendre compte de ce phénomène dans les sociétés post-industrielles.  

3. Fracture sociale. L'expression a été créée en 1985 par le philosophe et sociologue Marcel Gauchet, dans "Le désenchantement du monde" (Gallimard) pour exprimer l'idée du mur qui se dresse "entre les élites et les populations" 


4. Ségrégation : du latin segregatio, de se, à part, et gregis, troupeau. La ségrégation est l'action de séparer des éléments d'un tout, d'un ensemble, de les mettre à part. Appliquée l'être humain, la ségrégation désigne la situation vécue par une personne qui est volontairement mise à l'écart par les autres et isolée de son réseau social habituel.

Appliquée à un groupe, la ségrégation consiste à lui faire subir des discriminations fondées sur des critères comme l'origine ethnique, la couleur de la peau (voir ci-dessous), l'âge, le sexe, le niveau de fortune, les moeurs, la religion, etc

5. Discrimination : du latin discriminare, de crimen, point de séparation. Dans le domaine social, la discrimination est la distinction, l'isolement, la ségrégation de personnes ou d'un groupe de personnes par rapport à un ensemble plus large. Elle consiste à restreindre les droits de certains en leur appliquant un traitement spécifique défavorable sans relation objective avec ce qui permet de déterminer l'ensemble plus large.

Qu'elle soit volontaire ou inconsciente, la discrimination porte atteinte, à l'égalité des droits, à l'égalité des chances, mais aussi à l'égalité des devoirs de chacun. 

6. Stigmatisation
Marquer avec un fer rouge (ou une étoile jaune).
Infliger à quelqu'un un blâme sévère et public.
Jeter le blâme sur.


Communautarisme

Le communautarisme est un mouvement de pensée qui fait de la communauté (ethnique, religieuse, culturelle, sociale, politique, mystique, sportive…) une valeur aussi importante, sinon plus, que les valeurs universelles de liberté, d'égalité, souvent en réaction au libéralisme et à l'individualisme.

Pour ses défenseurs, aucune perspective n'existe en dehors de la communauté et il est impossible de se détacher de son histoire et de sa culture. La communauté précède alors l'individu et rend la recherche de l'idéal partagé plus importante que la défense de la liberté individuelle. Pour les communautaristes, l'Etat - ou l'autorité, ne peut être neutre ou laïc en matière de choix culturels, religieux ou de morale. Les valeurs qui servent de référence sont essentiellement traditionnelles, construites sur un passé mythique ou idéalisé.

Le communautarisme cronstruit des fontières fortes ce qui conduit à une logique Dedans/Dehors.

 

Multiculturalisme

Du latin multus, nombreux, abondant, en grande quantité et cultura, culture, agriculture.

Le multiculturalisme désigne la coexistence de plusieurs cultures (ethniques, religieuses…) dans une mêmesociété, dans un même pays. Le multiculturalisme est aussi une doctrine ou un mouvement qui met en avant la diversité culturelle comme source d'enrichissement de la société. Il peut se manifester par des politiques volontaristes :

  • de lutte contre la discrimination,
  • identitaires, favorisant l'expression de particularités culturelles,
  • communautaristes, visant à la reconnaissance de statuts légaux ou administratifs propres aux membres de certaines communautés.

 

 

 3. Le langage, opérateur d'exclusion?

 

Nommer au lieu de qualifier

 " Mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde ", Albert Camus, 1944, "Sur une philosophie de l’expression"

 "La logique du révolté est […] de s'efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel." "L'homme révolté"

 

Déplacer le sens, renvoyer à des stéréotypes

Le racisme, la xénophobie se manifestent par des attitudes, des actions, voire des violences, mais avant tout à travers le langage. La terminologie raciste et xénophobe opère tout d’abord par déplacement : elle remplace un mot par un autre, tout en soulignant cette substitution.

Parlons des figures de style, qui supportent ce déplacement de sens :

Métonymie : elle remplace un terme par un autre qui a un rapport logique mais qui n'a aucun élément matériel commun. Elle peut substituer le contenant au contenu, le symbole à la chose, l'objet à l'utilisateur, l'auteur à son œuvre, l'effet à la cause ...

Synecdoque : c'est une variété de métonymie, parfois confondue avec elle ; elle est fondée sur le principe de l'inclusion. Elle permet d'exprimer la partie pour le tout ou la matière pour l'objet

 

Le langage, support de nos représentations

N’est-il pas important d’identifier ces figures de style ? Le langage n’est-il pas le support des représentations, souvent non conscientes ? ("l'inconscient est structuré comme un langage" Lacan).

Donnons quelques exemples dans le domaine des nationalités.

Quand on utilise le terme "américains" pour désigner les "Etats-Uniens", on confond partie : Etats-Unis et le tout : les Amériques. Les confusions à l'origine même du terme "Ameriques" sont pleines d'enseignements : (cf: http://fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9rique), ainsi bien sûr que les termes "Indiens, Amérindiens".

A quelle représentation renvoie le mot "rebeu", résultat d'un double verlan : arabe -->beur --> rebeu, pour désigner les descendants d’immigrants maghrébins dans la France des banlieues ?

De nouveau dans l'utilisation du mot "arabe", on confond le tout et la partie (le tout : "culture arabe" et la partie "un maghrébin",  de langue arabe, de religion musulmane... il y a aussi des berbères chrétiens.

Berbère : barbares, mot utilisé par les anciens Grecs pour désigner d’autres peuples n’appartenant pas à leur civilisation, dont ils ne parvenaient pas à comprendre la langue

Un franco-musulman : confusion nationalité/religion

Un juif : conformément aux conventions typographiques de la langue française, qui imposent une majuscule aux noms de peuples et une minuscule aux noms de croyances, « Juif » s'écrit avec une initiale majuscule quand il désigne les Juifs en tant que membres du peuple juif (et signale ainsi leur judéité), mais il s'orthographie avec une initiale minuscule lorsqu'il désigne les juifs en tant que croyants qui pratiquent le judaïsme (et insiste en ce cas sur leur judaïté).

 

 

4. Construction de l’identité

 

Qui suis-je?

 Qu’est-ce que le « je » ? Le moi, le ça le surmoi ?  Comment se construit le je ?

 « Je pense donc je suis »  a écrit Descartes dans la seconde méditation

Jouons un peu avec le je :
J’appartiens, donc je suis
Je suis beau, donc je suis
Je suis connu et (re)connu, donc je suis
Je suis sur Facebook, donc je suis
Je suis riche, donc  je suis
Je consomme, donc je suis
Je te hais donc je suis

 

L'identité personnelle

L'identité – Laurent Mucchielli - Puf, 1986. Sociologue, spécialisé dans l’étude des questions de délinquance et de violence autour des populations immigrées.

 "L’identité est un ensemble de critères, de définitions d’un sujet et un sentiment interne. Ce sentiment d’identité est composé de différents sentiments : sentiment d’unité, de cohérence, d’appartenance, de valeur, d’autonomie et de confiance organisés autour d’une volonté d’existence". Les dimensions de l'identité sont intimement mêlées : individuelle (sentiment d'être unique), groupale (sentiment d'appartenir à un groupe) et culturelle (sentiment d'avoir une culture d'appartenance).

 La conscience de notre propre identité est une donnée première de notre rapport à l'existence et au monde. Elle résulte d'un processus complexe qui lie étroitement la relation à soi et la relation à autrui, l'individuel et le social. C'est aussi un phénomène dynamique qui évolue tout au long de l'existence, marqué par des ruptures et des crises.

 "L'identité personnelle renvoie au sentiment d'individualité ("je suis moi"), au sentiment de singularité ("je suis différent des autres et j'ai telles ou telles caractéristiques") et d'une continuité dans l'espace et le temps ("je suis toujours la même personne").

 

La construction du « Je » : le sujet

« Je pense donc je suis » a écrit Descartes dans la seconde méditation,  je suis un sujet libre et responsable.

 A l’opposé, se situent Arthur Rimbaud et Nietzsche 

« Je est un autre » A. Rimbaud, Lettre à Georges Izambard (13 mai 1871)

Rien n'est plus illusoire que ce "monde interne" que nous observons à l'aide de ce fameux "sens interne".  Nietzsche, La Volonté de Puissance, Livre I, $95, 1888

L'unité est chimère, le moi un leurre, et c'est ainsi que Nietzsche s'attaque à l'ego cogito, pilier des philosophies du sujet. Nietzche critique l'attribution de la pensée au sujet

"Je" suis un corps. Il y a en l’homme autant de consciences qu’il y a de forces plurielles (Freud dira de pulsions)  qui constituent et qui animent ce corps.

 « On a considéré l’homme comme un sujet libre à seule fin qu’il puisse être jugé et condamné comme coupable ».

 

Le sentiment d’appartenance à un groupe

Comme l'a expliqué Michel Serres, la notion d'identité collective est un contre-sens pour désigner le sentiment d'appartenance à un groupe.

Comment se déterminent ou se construisent les sentiments d’appartenance ?

Pas si simple : 

En France les fameux débats sur « l’Identité nationale », puis celui sur la « Laïcité » ne montrent-ils pas toute la difficulté de progresser vers une meilleure  compréhension des principes d’universalisme sur lesquels est fondé le modèle d’intégration à la française.

 En Allemagne, mi octobre, Angela Merkel, déclarait que le modèle d'une Allemagne multiculturelle, où cohabiteraient harmonieusement différentes cultures, avait "totalement échoué".

 En Grande Bretagne, début février, David Cameron déclarait « En vertu de la doctrine du multiculturalisme, nous avons encouragé différentes cultures à vivre séparées, séparées les uns des autres et séparées de la culture dominante. Nous avons échoué à produire une vision de la société à laquelle elles puissent avoir envie d’adhérer. Nous avons même toléré que ces communautés séparées adoptent des conduites complètement contraires à nos valeurs. »

 Si Merkel et Cameron visaient plus ou moins directement l’immigration de culture musulmane, l’exemple de l’Italie ne montre-t-il pas que la construction d’un sentiment national est un projet beaucoup plus général.

L'Italie encore en quête d'une histoire partagée, Editorial du Monde, 18 mars 2011

" Il y a 150 ans, le 17 mars 1861, la naissance du royaume d'Italie était proclamée à Turin. Après de vives polémiques, c'est cette date qui a été choisie pour commémorer l'unité de la Péninsule et tenter d'engager les Italiens dans une histoire commune. Un siècle et demi, c'est bien peu pour construire une nation. Il a fallu une dizaine de siècles à la France - des carolingiens aux révolutionnaires de 1789 - pour y parvenir et imposer des mythes, des figures, des repères qui ne sont plus, ou presque plus, objets de controverse.

 Pour l'heure, cet anniversaire aura permis aux Transalpins de mesurer davantage ce qui continue de les séparer que ce qui les rapproche. Si la langue a été unifiée, si l'identité italienne (attachement à la famille et au territoire) s'est construite des Alpes à la Sicile, si la démocratie s'est imposée malgré le " Ventennio " fasciste (de 1925 à 1945) et les violences terroristes des " années de plomb ", l'Italie reste à bien des égards, selon le mot de l'historien Manlio Graziano, un Etat sans nation. .../...

 Le fossé économique entre le Nord, riche et prospère, et le Sud, pauvre et assisté ; les plaies encore ouvertes entre fascistes et communistes, entre partisans et adversaires du Risorgimento (la période d'unification du pays, 1848-1870) ; la modeste qualité de la classe politique, éclaboussée de scandales permanents : tout entrave la construction d'une mythologie partagée, propice à la création d'un sentiment national. Cent cinquante ans après sa naissance, l'Italie apparaît encore comme un pays inachevé où la culture du débat et de la controverse alimente un doute permanent sur ce qui le fonde : le Risorgimento, la Résistance, la République. .../...

 A la merci des uns et des autres, de leurs caprices et surenchères, le président du conseil, Silvio Berlusconi, s'est bien gardé de trancher ce débat. Indifférence ? Calcul politique à court terme ? Empêtré dans ses scandales sexuels, otage de sa majorité, obsédé par les procès qui le guettent, il a manqué l'occasion de se montrer à la hauteur du rôle qui devrait être le sien en invitant les Italiens - ne serait-ce que pour 24 heures - à être tout simplement ensemble."

 

 5. Appartenances déterminées ou construites?

Les appartenances sont déterminées ou construites en fonction de référents matériels et physiques, référents historiques,  référents psychoculturels, référents psychosociaux, notamment :

Le langage
Le territoire
Les patronymes
La religion et les croyances
La culture, l'histoire
Apparences physiques
L’âge, le style de vie, le sexe
Formation, patrimoine, revenus
Le lieu de résidence
Caste, ordre, classe sociale
Club, parti 

L'appartenance à un groupe fonde-t-elle ou altère-t-elle l'identité individuelle ?

Lorsque l’on essaie de définir sa propre identité, l’identité de son groupe d’appartenance ou l’identité d’un autre individu ou groupe, on choisit quelques éléments de définition dans cet ensemble de catégories. Rares sont les définitions identitaires complètes qui utiliseraient tous les déterminants ci-dessus. Ceci est dû au fait que nous disposons rarement de l’ensemble des informations nécessaires. Mais, plus certainement, la définition d’une identité se fait à partir de quelques-uns de ces critères parce que la structure schématique ainsi tracée suffit pour identifier différentiellement le groupe ou l’individu à un autre groupe ou individu. Dans l’identification on retient en effet, d’une part les caractéristiques essentielles et, d’autre part, les caractéristiques marquant la dissemblance.

 On remarquera bien sûr que certains éléments spécifiques de référence de l’identité  exemple la possession d’une voiture de telle marque —renvoient à plusieurs catégories de ces classifications, somme toute, arbitraires. La voiture, en effet, est une possession (avoir-objet), elle est un signe extérieur renvoyant à une place dans la hiérarchie sociale; elle est un outil qui montre un certain nombre de potentialités de déplacement; sa marque renvoie à un stéréotype de ses utilisateurs qui retentît sur l’idée des caractéristiques psychologiques de son propriétaire. 

 

La plupart de nos appartenances (ce qu'on désigne généralement par nos racines ou nos origines) sont déterminées par notre filiation, par notre éducation, et par la culture qui nous a été transmise.

Et cela renvoie de nouveau à Nietzsche :

"Je" suis un corps.  Chacun de nous est un destin.

 

Mais, reprenant la maxime de Pindare, Nietzsche ouvre aussi la possibilité d'un projet pour l'homme :

«   Deviens ce que tu es » « Sois  confiant dans ta singularité ; actualise tous tes possibles sans concession pour la « morale du troupeau »; restaure en toi la pleine force de tes instincts créateurs, n’accepte pas de caricature de ce que tu es. Deviens ce que tu es. Conçois ta vie comme une œuvre d’art… »

 

Sur cette question de l'appartenance subie, voir aussi mon article sur les castes.

 http://seulsdanslecosmos.hautetfort.com/archive/2011/04/0...

 

Commentaires

Intéressant... J'aime bien la relation entre la définition mathématique de l'identité: définition stricte et claire, de l'identité comme le même; et la définition "humaine", floue et facilement détournée: d'identité comme support de personnalité...

Bizarre, tu ne parles pas d'âme (toi un matérialiste!), qui est surement, selon moi en tout cas, l'origine philosophique, de cette notion d'"identité personnelle". Je reste le même, je suis moi, qu'importe le temps qui passe et autres, qu'importe que mon corps et mon environnement changent, mon âme, elle, reste inchangée, identique...

Sur le "deviens ce que tu es", j'aime assez l'idée que c'est une invitation à passer du mode de l'être (identité fixe, âme, structures etc...) au mode du devenir (dépassement de l'identité, amour du changement, etc...).

Quelques idées perso sur le sujet :
http://philog.over-blog.com/article-4896862-6.html#anchorComment

Écrit par : Docteur solex | 03/04/2011

Intéressant en effet, ton post.

Tu parles beaucoup du "moi", tandis que j'ai évoqué plutôt le "je". Quant à l'âme, n' y croyant pas, je suis mal placé pour en parler. je ne suis ni "animiste" ni "transcendantaliste", mais tu as raison, cela aurait pu être une autre piste pour le débat.

Que devient Docteur Solex ? Il semble manquer de solexine ...

Écrit par : marto | 03/04/2011

Bonjour,

Ce sujet est très intéressant, quelle est la personne qui a écrit tout cela?

Écrit par : Virginie | 09/02/2013

Ben , c'est moi ; évidemment, je me suis inspiré de quelques sources, mais mon apport a été de faire une connexion entre ces divers points de vue.

Comme toujours, dans la progression des idées, chacun apporte sa petite contribution.

Nous ne sommes jamais que "des nains sur les épaules des géants" ....

http://fr.wikipedia.org/wiki/Des_nains_sur_des_%C3%A9paules_de_g%C3%A9ants

Écrit par : Marto | 09/02/2013

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