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12/07/2011

Un petit cours d'électricité pour Docteur Solex

Très schématiquement que trouve-t-on en matière l'électricité dans un solex :

 

1. Un volant magnétqiue accroché en bout d'arbre moteur

2. Une bobine (jaune sur le schéma ci-dessous) qui sert à produire l'électricité. Elle est située derrière le volant et transforme le champ magnétqiue du volant en un courant électrique alternatif.

3. Le système d'allumage : rupteur, condensateur, bobine HT (rouge ci-dessous), bougie

 

Bon, une petite image pour illustrer tout cela (merci Dr) :

P1070342.jpg

 

Bien, maintenant, pour l'allumage, c'est un petit peu plus compliqué, un schéma de pricipe s'impose :
ballumage.pdf

 

Ce qu'il faut retenir c'est que le circuit d’allumage se compose essentiellement des élements suivants : 

- la bougie : produit un arc électrique 

- la bobine HT : transforme un courant basse tension en courant haute tension 

- le rupteur : ouverture du circuit primaire 

- le condensateur : absorbe le courant d’extra-coupure (protection des ruptuers) 

schema principe.jpg

 

Analyse du fonctionnement

1/ Rupteur fermé :

Lorsque le rupteur est fermé, le courant venant du volant magnétique va directement à la masse en passant par le rupteur 

2/ Rupteur ouvert : 

Lorsque le rupteur est ouvert, le courant ne pouvant plus aller à la masse par le rupteur, va donc dans l’enroulement primaire. La forte élévation de tension dans le primaire auto induit un courant dans l’enroulement secondaire. La tension est très élevée (plusieur miller de volt et provoque l'éclatement de l'étincelle entre les électrode de la bougie.

 

Pour le réglage de l'avance à l'allumage, consulter bien sûr :

http://drsolex.over-blog.com/article-video-reglage-de-l-a...

 

Enfin pour les diverses réalisations, on ne peut que consulter :

http://www.tract-old-engines.com/allumage.html 

 

 

10/07/2011

Animaux domestiques et impact carbone : "Faut-il manger son chien quand on est écolo ?"

On peut être ecolo, on peut avoir des animaux domestiques, mais difficile de concilier les deux.

Lisez plutôt :

"Un chien de taille moyenne aurait une empreinte écologique deux fois supérieure à celle d’un véhicule 4X4 : c’est ce qu’affirment en effet Robert et Brenda Vale, deux architectes spécialisés dans le mode de vie durable à l’université Victoria de Wellington, en Nouvelle Zélande. Ils ont publié fin 2009 un livre intitulé Time to Eat the Dog : The real guide to sustainable living (Editions Thames and Hudson), un ouvrage dont il n’existe pas encore de version française, mais dont le titre pourrait être traduit par « Il est temps de manger le chien : le vrai guide du mode de vie durable.

Manger son chien, voilà une idée qui fait frémir en Europe ! Pourquoi un titre aussi provocateur ? Parce que les auteurs ont calculé et comparé l’empreinte écologique de nos animaux domestiques à celle d’autres choix de mode de vie, et qu’ils estiment que cette empreinte est tellement importante que si on veut vraiment un animal domestique, on devrait en choisir un qui ait un double emploi… Un animal qui pourrait être mangé par exemple. Voilà évidemment qui fait bondir ceux qui pensent que le chien est le meilleur ami de l’homme !

Comment le couple Vale a-t-il a mesuré l’ impact écologique de nos amis à poils, à pattes et à nageoires ?  En analysant les ingrédients des marques les plus célèbres de nourriture pour animaux. Par exemple, ils ont estimé qu’un chien de taille moyenne consomme 90 grammes de viande et 156 grammes de céréales par jour dans sa ration recommandée de 300 grammes de nourriture déshydratée pour chien. Or, avant dessèchement, cette quantité équivaut à 450 grammes de viande fraîche et à 260 grammes de céréales. Sur un an, notre gentil toutou mange donc environ 164 kilogrammes de viande et 95 kilogrammes de céréales. Robert et Brenda Vale ont ensuite calculé qu’il faut 43,3 mètres carrés de terre pour produire 1 kilo de poulet par an et 13,4 mètres carrés pour produire un kilo de céréales. Au final, ils évaluent l’empreinte écologique de ce chien à 0,84 hectares. Et cet impact est encore supérieur si la nourriture est faite à base de viande de bœuf ou d’agneau, ou s’il s’agit d’ un gros chien : pour un berger allemand, l’impact estimé est de plus d’un hectare.

 Est-ce vraiment plus que ce que consomme la fabrication et l’utilisation d’un gros véhicule 4X4 ? Selon les auteurs, oui. Ils ont comparé l’empreinte écologique d’un chien de taille moyenne avec celle d’un Toyota Land Cruiser avec moteur 4,6 litres qui parcourrait 10,000 kilomètres par an. Leurs calculs comprennent les consommations du véhicule et l’énergie nécessaire à le construire et à le ravitailler, soit 55,1 gigajoules. Étant donné qu’un hectare de terre peut produire approximativement 135 gigajoules d’énergie par an, l’impact écologique du véhicule serait d’environ 0,41 hectares – moins de la moitié de celle d’un chien de taille moyenne !

Voilà une comparaison inattendue, qui a dû faire bondir les adversaires des véhicules les plus polluants autant que les défenseurs des animaux… Les Vale ont estimé aussi l’impact écologique des chats à 0,15 hectares (soit légèrement moins qu’une Volkswagen Golf selon eux). Selon eux toujours, l’impact du hamster atteindrait 0,014 hectares, et en acheter deux équivaudrait à une télé plasma. Les canaris consommeraient  deux fois moins de ressources. Mais même un poisson rouge aurait besoin de 3,4 mètres carrés de terrain pour subsister, ce qui lui donnerait un impact équivalent à deux téléphones portables. Il suffit de faire un petit tour sur internet pour s’en rendre compte : ces affirmations ont suscité de nombreuses réactions. Sur la pertinence de ces comparaisons d’abord, et sur la façon dont ces calculs ont été élaborés aussi. Il est probable en effet que le couple Vale ait un peu forcé le trait pour jeter le pavé dans la mare : difficile en effet de comparer le bilan écologique d’êtres vivants avec celui d’objets. Ce bilan ne tient pas compte par exemple des métaux précieux nécessaires à l’électronique dont les nouvelles voitures sont truffées. Leur extraction est extrêmement polluante."

 

Mais ce n'est pas tout, parlons un peu bio-diversité :

"Certains scientifiques évoquent aussi l’impact des animaux domestiques sur la biodiversité… En 2007, Peter Banks et Jessica Bryant de l’université du New South Wales à Sydney, en Australie, ont démontré que la faune ailée des zones fréquentées par les chiens, même lorsqu’ils sont tenus en laisse, présentait 35% de diversité en moins et une diminution globale de 41 pour cent du nombre d’oiseaux. D’autres études menées au Royaume-Uni indiquent que les chiens jouent un rôle dans le déclin de certaines espèces rares d’oiseaux, comme l’engoulevent d’Europe. En 2002, on a découvert que les loutres de mer le long de la côte californienne mouraient d’une affection du cerveau causée par le Toxoplasma gondii, un parasite, que l’on trouve dans les déjections des chats… Bref, les scientifiques semblent d’accord pour le dire : il est temps de prendre conscience du fait qu’adopter un animal n’est pas un acte anodin…"

 

"On oublie parfois aussi que certaines mesures de savoir-vivre  peuvent avoir un impact écologique: voilà qui nous amène au délicat sujet des excréments ! Lorsque vous sortez Médor en ville, baladez-vous avec un sachet biodégradable pour jouer les démineurs si nécessaire. Vous pouvez jeter les déjections animales aux toilettes, pour éviter une contamination des eaux souterraines. Il n’est pas conseillé de mettre ces petits cadeaux au compost destiné au potager, pour éviter la transmission à l’homme de maladies comme la toxoplasmose… Enfin, pour sortir de cette partie malodorante du sujet, parlons promenade :  ne faites pas sortir votre chat la nuit, c’est un vrai prédateur nocturne pour la faune sauvage.  Et puis promenez votre chien en laisse, et évitez les zones où la faune sauvage est préservée. Laissez-vous guider, en conclusion, par la déclaration universelle des droits des animaux proclamée à l’Unesco en 1978, et selon laquelle « le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux »."

 

 

Il faut aussi garder en mémoire les chiffres suivants, extraits de la "Dépèche Vétérinaire (N° 991 du 31 mai au 6 juin 200)

 

chien,chat,animaux domestiques,impact carbone,manger son chien

 

 

 

 

 

Alors ce hot dog, quand est-ce qu'on se le fait ?

 

 

 

 

 

 

 


02/07/2011

Animalité - Humanité

 

Mise à jour du 2/7/2011

 

 

Nous avons à Cucuron un Café Philo qui se réunit tous les mois.

Notre thème de janvier 2010 était : "Animal - Etre humain : continuité ou rupture ?"


En guise d'introduction

Quelle meilleure introduction que le fameux livre de Vercors : « Les animaux dénaturés » ?

"En Nouvelle-Guinée, une équipe de savants auxquels s'est joint le journaliste Douglas Templemore cherche le fameux " chaînon manquant ", l’ancêtre commun au singe et à l'homme. En fait de fossile, ils trouvent une colonie, bien vivante, de quadrumanes, donc de singes, qu'ils nomment "Tropis". Mais a-t-on jamais vu des singes troglodytes et enterrant leurs morts ? Tandis que les hommes de science s'interrogent sur la nature de leurs " Tropis ", un homme d'affaires voit en eux une potentielle main-d'oeuvre à bon marché. La seule parade à ses noirs desseins est de prouver l'humanité des Tropis. Pour obtenir la preuve nécessaire, Doug risquera sa tête pour notre plus vif divertissement et notre édification. Sous le rire de cette satire allègre se pose la grave question de ce que nous sommes, nous les " personnes humaines ", animaux dénaturés.

Ni les anthropologues, ni les psychologues ni les autorités juridiques et religieuses ne parviennent à définir les critères qui permettraient de différencier de façon claire l'homme de l'animal."

La proposition de Vercors.

"Pour interroger, il faut être deux : celui qui interroge, celui qu'on interroge. Confondu avec la nature, l'animal ne peut interroger. (...) L'animal fait un avec la nature. L'homme fait deux. Pour passer de l'inconscience passive à la conscience interrogative, il a fallu ce schisme, ce divorce. N'est-ce pas la frontière, précisément? Animal avant l'arrachement, homme après lui? Des animaux dénaturés, voilà ce que nous sommes."
Or, une des conséquences de cette dénature, mise en évidence par Vercors, est la création de la surnature, son obsédante présence et ses manifestations : "L'animal n'a pas besoin de fables, ni d'amulettes : il ignore sa propre ignorance. Tandis que l'esprit de l'homme, arraché, isolé de la nature, comment ne serait-il pas à l'instant plongé dans la nuit et dans l'épouvante? (...) Comment n'inventerait-il pas aussitôt des mythes : des dieux ou des esprits en réponse à cette ignorance, des fétiches et des gris-gris en réponse à cette impuissance?"


Quelques questions

Qu’est-ce qui différencie l’humain de l’animal ? Le langage, la conscience, l’intelligence, l’âme, l’essence divine, la culture ?

Les animaux sont ils des machines, des objets à la disposition des hommes ?

Ou bien des êtres vivants sensibles, sujets à la souffrance ? Voire même conscients de leur souffrance?

Les animaux ont-ils une âme?

S’ils sont sensibles à ce qui leur fait du bien ou du mal, jusqu’où va leur capacité à remonter jusqu'aux idées de bien et de mal ?

Quelles sont les places respectives de l’humain et de l’animal dans le cosmos ? Quels sont leurs droits ? Sont-ils objets ou bien sujets de droit ? Quels sont leurs rapports avec la nature ?

Jusqu’où peut aller la domination de l’humain sur l’animal ?




Définitions, Etymologie

Animal :

Par opposition aux règnes végétal et minéral : Être vivant, organisé, élémentaire ou complexe, doué de sensibilité et de mobilité : l'homme est un animal.

Du lat. animal, animalis « être vivant »

Etym : « Le terme âme apparaît d'abord au Xe siècle, dérivé du latin anima qui définit la part immatérielle d'un individu, son principe spirituel de vie, son âme. Puis, deux siècles plus tard, se construit animal, celui qui est animé par ce souffle, cette âme. L'homme est un être animé, et il partage cette particularité lexicale avec tous les animaux."

Animisme : toute doctrine ou religion qui attribue aux choses une âme.


Ëtre humain : Le plus complexes des êtres vivants, appartenant à la famille des homini­dés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage »). Traditionnellement défini comme « animal doué de raison ».

Du lat. class. homĭnem, acc. de hŏmo « être humain »



Les religions et les philosophies

Le Boudhisme

Il faut respecter les animaux car se sont des êtres sensibles soumis aux mêmes lois que les humains. Le bouddhisme recommande d'être végétarien, mais sans en faire une obligation.

L’Hindouisme

Dans le védisme, la forme la plus ancienne de la religion hindoue, on sacrifiait parfois des animaux, mais ils passaient auparavant par un processus de divinisation et on considérait que leur âtman ("leur âme") rejoignait directement l'Absolu ou Brahman. Cela rejoint certains sacrifices pratiqués dans les religions animistes.

L'Hindouisme recommande la non-violence et le respect pour toute vie, humaine et animale, et même végétale.

D'après certaines estimations, 85 % de la population hindou suit un régime végétarien

La croyance en la métempsychose (réincarnation dans un autre corps, humain, aniamal ou végétal) est fondamentale dans le bouddhisme le jaïnisme et dans l'hindouisme : nous avons été, nous sommes et nous serons (peut-être) tous des animaux au cours de nos innombrables vies.


La Bible

Dieu dit : « faisons un adam à notre image comme notre ressemblance, pour commander au poisson de la mer, à l’oiseau du ciel, aux bêtes et à toute la terre, à toutes les petites bêtes ras du sol. »


Dieu dit à Noé et ses fils : « A vous d’être féconds et multiples, de remplir la terre. Vous êtes la peur, vous êtes l’épouvante, de tous les animaux de la terre, de tout ce qui vole dans le ciel, et de tout être animé sur le sol, de tous les poissons de la mer. Tout est entre vos mains.  La moindre petite bête vivante, comme le vert végétal, vous appartient pour vous nourrir. Je vous donne tout. »

Ainsi la Bible à la fois reflète et instaure ladomination de l’humain sur l’animal.


Aristote

« L’homme est le seul des animaux à se tenir droit car sa nature et son essence sont divines ».

L'homme est selon Aristote, un « animal politique ». Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage.

La conception d’Aristote, mais aussi des Stoïciens, a sa racine dans une conception de l’homme comme d’une âme unie à un corps ; l’âme étant supérieure, le corps lui doit obéissance. L’animal obéit à l’homme tout comme la partie animale de l’homme (ses instincts) doivent obéissance à sa partie rationnelle, l’intellect et l’âme. Puisque les animaux sont dépourvus de raison, c’est à la raison de l’homme qu’ils obéiront, qui supplante la raison qui leur manque.

La soumission de l’animal à l’homme est donc à la fois divine et naturelle, à la fois classique et judéo-chrétiene.


Les Cyniques

Le modèle du cynisme est l'animal. La société est perçue comme corruptrice et changeante, là où la nature est vertueuse et universelle.

Le terme « cynisme » provient du grec ancien κύων / kuôn, qui signifie « chien », en référence à l'attitude d'Antisthène, l'inspirateur du cynisme, puis de celle de Diogène de Sinope, qu'on peut considérer comme étant le premier véritable cynique et qui souhaitait être enterré « comme un chien »


Plutarque

Dans la tradition pythagoricienne, Plutarque prônait le végétarisme. Il a écrit quatre traités sur les animaux. Son oeuvre eut une influence considérable, de Montaigne (végétarien) à Rousseau (végétarien) et à la Révolution Française.

Plutarque reconnaît implicitement que les animaux sont dotés de raison. La différence entre l'homme et l'animal est seulement de degré, à savoir de quantité et non pas de qualité. La souffrance animale doit susciter des sentiments de bienveillance de notre part.

"Qui donc a le premier transformé en viande un animal, un être animé, vivant, et en a honteusement rajouté jusqu'à convertir son sang en jus, voire en sauce ?"


Les Epicuriens

Les animaux privés de la parole et les bêtes sauvages
Par des cris différents et variés signifient
La crainte ou la douleur ou le plaisir.

[Lucrèce, V, 1058-1060]


Montaigne

MONTAIGNE - Essais - Livre II, Chapitre XII, Apologie de Raimond Sebond

« C’est par la vanité de cette pensée que l’homme s’égale à Dieu, qu’il s’attribue des qualités divines, qu’il se considère lui-même comme distinct de la foule des autres créatures, et découpe les parts qui reviennent à ses confrères et compagnons, les animaux, leur attribuant comme bon lui semble telle portion de facultés ou de forces. Comment peut-il connaître, par le moyen de son intelligence, les mouvements intérieurs et secrets des animaux ? Par quelle comparaison entre eux et nous conclut-il à la stupidité qu’il leur attribue ? ».

« Ce défaut qui empêche la communication entre les animaux et nous, pourquoi ne viendrait-il pas aussi bien de nous que d’eux ? Reste à deviner à qui revient la faute de ne pas pouvoir nous comprendre : car nous ne les comprenons pas plus qu’ils ne nous comprennent. Et c’est pourquoi ils peuvent nous estimer bêtes, comme nous le faisons pour eux. »


Descartes

Il a créé la théorie de l'animal-machine : théorie réduisant l'être animé à un mécanisme matériel ; pour DESCARTES, le corps humain, comme celui des bêtes, est une machine, mais l'homme possède en outre une âme.

Privés d’âme, les animaux sont incapables de souffrance, de plaisir ou d’aucune pensée que ce soit.


Rousseau

« La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L'homme éprouve la même impression, mais il se reconnaît libre d'acquiescer, ou de résister; et c'est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme. »

Second discours


La Fontaine

L'animal est doué d'une forme d'âme, qui certes ne lui permet pas le raisonnement abstrait, l'argumentation, réservée à l'homme doté du langage ; mais il pourrait sentir, juger, dans une certaine mesure, inventer. Cette âme "animale" serait commune à tous les vivants, hommes et animaux. L'autre âme, immortelle celle-là et réservée aux hommes, n'apparaîtrait que par l'éducation.


Kant

Pour Kant, si la Nature prend soin de l’animal, elle laisse l’homme prendre soin de lui-même. Il n’y a pas de dualité réelle entre nature et culture. Le développement de la culture poursuit et achève celui de la Nature


Nietzsche

Les hommes, selon Nietzsche, sont d’abord des animaux et, comme tous les animaux, ils se distinguent entre eux entre forts et faibles, dominants et dominés, c’est là une loi de la vie et de la nature (sélection naturelle).

« L'homme, écrit Nietzsche dans la Deuxième considération intempestive, dit "Je me souviens" et il envie l'animal qui oublie aussitôt et voit chaque instant mourir véritablement, retomber dans la brume et dans la nuit, et s'éteindre à jamais. »

Nietzsche appelait l'âme la«bête divine»: « (l'homme moderne) a anéanti et perdu son instinct, il ne peut plus lâcher la bride à la «bête divine» avec confiance, quand sa raison vacille et que son chemin le mène à travers les déserts.»


Darwin

Darwin pense que l'homme n'est pas tant éloigné des animaux, et que la différence est surtout due à des différences d'avancées culturelles entre civilisations plutôt qu'à des différences d’espèces.

Darwin publie son dernier travail important, L'Expression des émotions chez l'homme et les animaux, consacré à l'évolution de la psychologie humaine et sa proximité avec le comportement des animaux. Il développe ses idées selon lesquelles chez l'homme l'esprit et les cultures sont élaborés par la sélection naturelle et sexuelle, conception qui a connu une nouvelle jeunesse au cours des trois dernières décennies avec l'émergence de la psychologie évolutionniste. Comme il conclue dans La Filiation de l'Homme, Darwin estime qu'en dépit de toutes les « qualités nobles » de l'humanité, et des « pouvoirs qu'elle avait développés », « L'homme porte toujours dans sa constitution physique le sceau ineffaçable de son humble origine »


L’utilitarisme

Ainsi, à partir du 18 eme siècle, l’éthique du monde occidental a évolué sous l’influence des théories de Darwin, mais aussi des philosophes utilitaristes.

L’ enseignement du juriste anglais Bentham et de son disciple John Stuart Mill stipule que tout être capable de souffrance et de plaisir a des intérêts et que la morale consiste à défendre ces intérêts de manière à toujours maximiser les plaisirs et minimiser la souffrance et cela de tous les êtres susceptibles d’en bénéficier. Autrement dit, une action est bonne quand elle tend à la plus grande somme de bonheur pour le plus grand nombre possible de personnes concernées par cette action.

Cette position a été reprise et développée par le philosophe australien Peter Singer à la défense des animaux. Un animal est capable d’expériences positives, il joue, il se baigne, il veut courir par-ci, par-là, faire son nid, avoir ses petits. Tout comme l’homme l’animal veut persévérer dans son être, se reproduire, éviter les dangers, trouver où se reposer. Autrement dit, il y a continuité entre l’expérience animale et l’expérience humaine, les deux cherchent –consciemment ou non – à maximiser les plaisirs et à minimiser les douleurs.


L’anti spécisme

Les différences spécifiques invoquées par Descartes, Aristote et toute une tradition de pensée judéo chrétienne pour valoriser l’humain au détriment de l’animal (raison, langage, conscience, ...) ne sont pas pertinentes.

En effet, d’un côté nous considérons comme moralement scandaleux de maltraiter un être humain auquel manquent justement ces facultés : le nourrisson, le vieillard sénile, la personne mentalement handicapée, et nous nous assurons que lois et institutions les protègent. De l’autre côté nous nous excluons les animaux de cette même protection sous prétexte que ces facultés leur manquent. Or si nous protégeons les humains démunis, n’est-ce pas précisément pour leur épargner la souffrance ? Singer appelle cette attitude le spécisme qui est défini comme une forme de discrimination concernant l'espèce.

Le mouvement anti-spéciste affirme que le critère de l'espèce à laquelle appartient un être n'est pas, en soi, moralement pertinent pour décider de la manière dont on doit le traiter, du respect qu'on lui doit, des droits qu'on doit lui accorder, etc. Il s'ensuit en pratique que l'antispécisme s'oppose à toute forme d'exploitation et de maltraitance des individus d'autres espèces animales de la part des humains.


Freud

Freud s’inscrit dans la pensée évolutionniste. Au cours de son évolution culturelle, l'homme s'érigea en maître de ses co-créatures animales. Mais non content de cette hégémonie, il se mit à creuser un fossé entre leur essence et la sienne. Il leur dénia la raison et s'attribua une âme immortelle, allégua une origine divine élevée, qui permit de rompre le lien de communauté avec le monde animal. Il est remarquable que cette outrecuidance soit encore étrangère au petit enfant de même qu'à l'homme primitif et préhistorique. Elle est le résultat d'une évolution ultérieure prétentieuse. Au stade du totémisme, le primitif ne trouvait pas choquant de faire descendre sa lignée d'un ancêtre animal. Le mythe, qui renferme la cristallisation de cet antique mode de pensée, fait endosser aux dieux la forme d'animaux, et l'art des premiers temps façonne les dieux avec des têtes d'animaux.


Le droit

La Déclaration Universelle des Droits de l'Animal a été proclamée solennellement à Paris, le 15 octobre 1978, à la Maison de l'Unesco. Son texte révisé par la Ligue Internationale des Droits de l'Animal en 1989, a été rendu public en 1990.

Ainsi notre attitude et approche aux animaux ont considérablement évolué en ce dernier quart de siècle et ce progrès n’a pas cessé. On pourrait parler de deux Occidents, un Occident traditionnel toujours sous l’influence de Descartes et des textes chrétiens ; un autre occident inspiré par le mouvement de la libération animale.


La détention d’animaux sauvages en captivité est régie par le code de l’environnement.

Toute personne détenant un animal d’espèce non domestique à titre individuel ou professionnel doit être en conformité avec la réglementation en vigueur.

Cette réglementation poursuit 4 objectifs  :

- préserver la biodiversité et prévenir les risques écologiques pour la faune et la flore,
- rendre compatible la détention d’animaux sauvages avec la sécurité et la santé des personnes,
- mener des actions de protection animale,
- promouvoir la qualité des établissements et la technicité des éleveurs.


Actualité de la question Animal - Humain

Ce sujet fait l’objet de nombreux colloques et séminaires. Le dossier de Philosophie Magazine de Décembre-Janvier 2010 y était consacré.

Suite aux découvertes de Lucy, Ardi, Orrorin et Toumaï, Paléontologues, Ethologues, Philosophes prennent en compte une nouvelle complication de l’Humain : l’Homme n’est plus cet être exceptionnel qui s’arrache à l’animalité en se dressant debout.

L’ancêtre commun des Grands Singes (Paninés) et des Homos (Homininés) serait beaucoup plus anciens (7MA) qu’on ne le pensait et il serait déjà bipède.

La bipédie reste une compétence décisive, car en se redressant les hominidés auraient vu se délier leur mains (outil), leur langue (langage) et grossir la taille de leur cerveau.

Pour les paléoanthropologues et les préhistoriens les frontières entre animalité et humanité sont plus floues que jamais et ils font appel au philosophe pour éclairer la question.


Les bouleversements récents :

1. Homo n’est pas une espèce mais un genre : une dizaine d’espèces lui ont appartenu.

2. La culture (Outils) n’est pas seulement un propre de l’espèce Sapiens, mais un propre de la famille Homo (2MA), voire d’espèces antérieurs (début d'une fabrication d'outils chez les australopithèques)

3. La parfaite bipédie d’un mammifère à deux mains n’entraîne pas nécessairement l’hominisation, c'est-à-dire la culture.

4. Non seulement la parfaite bipédie peut ne pas conduire vers l’apparition de la culture, mais elle pourrait être à l’origine d’une forme de quadrumanie.


arbre-hominidés.jpg

Animalité, Humanité

Revenons aux définitions : le terme « animal » s’emploie en un sens large, où il désigne tout ce qui dans l’ensemble du vivant s’oppose au règne végétal, et en un sens restreint, où il désigne tout ce qui appartient au règne animal à l’exception de l’espèce humaine.

Ce double sens est révélateur de l’ambiguïté qui caractérise les rapports de l’homme et de l’animal : l’homme peut être compris comme une sous-classe de la classe plus large « animal », ou comme un ensemble opposé à un autre ensemble constitué par les animaux.

« Rupture » peut donc signifier opposer l’humanité à l’animalité, et « Continuité » accorder à l’homme une place particulière au sein du monde animal.

De la manière dont on conçoit ce rapport dépend alors la conception et la définition de l’humanité. Qu’est ce qui peut rendre légitime que l’espèce humaine se définisse contre son appartenance au règne animal, que cette définition repose sur ce qui est le propre de l’homme à l’exclusion de toute autre espèce ? Cette démarche n’est-elle pas le fruit d’une prétention qui coupe l’homme de son origine et de son appartenance biologiques ?



 

Bibliographie

Vercors : « Les animaux dénaturés », Editeur : Le Livre de Poche, Publication : 1/5/1975

L. Ferry, Le nouvel ordre écologique (Le Livre de Poche) Présentation critique des mouvements de libération animale, et de l'écologie profonde

Georges Chapouthier et Jean-Claude Nouët, Les droits de l'animal aujourd'hui, Panoramiques Arléa-Corlet) Recueil de textes

Georges Chapouthier, Les droits de l'animal (Que sais-je ? n° 2670)

Peter Singer, La libération animale (Grasset, 1993) Ouvrage fondateur

Florence Burgat, La protection de l'animal (Que sais-je?)

Elisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité (Fayard 1999) La perception de l'animalité au cours des âges en Europe continentale (pose la question du statut ontologique de l'animal)

Alberto Bondolfi, L'homme et l'animal, Dimensions éthiques de leur relation (Ed. Universitaires de Fribourg, 1995) Recueil de textes consacré à l'animal en philosophie. Les documents présentés vont des grands penseurs historiques aux contributions les plus récentes (Aristote, Descartes, Kant, Bentham, Schopenhaueur, Singer, Regan, Frankena...)

Descartes, Discours de la méthode

Descartes, Lettre à Newcastle : pourquoi les animaux ne parlent pas

Montaigne, Les Essais, II, xii : les animaux ont un langage