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05/11/2012

De l’influence de la pleine lune sur les accouchements

L’autre jour en sortant du café philo de Cucuron, nous sommes allés terminer la soirée au resto.

Je ne me souviens plus pourquoi, mais la conversation est partie sur la divination, puis sur l’influence de la pleine lune sur les accouchements ...

 

Et le scénario habituel s’est reproduit : je me suis trouvé désarmé face à des amis que j’estime, mais qui affirmaient de façon véhémente, des faits incontestables pour eux :

-          la capacité d’une femme d’origine hindoue de prédire l’avenir

-          l’influence réelle des astres sur notre vie quotidienne et notamment l’influence de la pleine lune sur le déclenchement des accouchements (« tu ne peux pas le nier, en période de pleine lune,  les maternités sont pleines ! »)

 

Le scénario habituel, disais-je, s’est reproduit. Il s’est déjà déroulé de nombreuses fois, à propos de sujets aussi divers que les sourciers, les ovnis, les devins, les magnétiseurs, les marabouts, l’homéopathie et autres médecines parallèles.

 

 

Croyant et incroyant

Ce scénario fait intervenir deux personnages, le croyant et l’incroyant et  se déroule à peu près de la façon suivante :

Le croyant : « j’ai été le témoin d’une expérience incroyable, je n’y croyais d’ailleurs pas au début, mais j’ai été obligé d’admettre la réalité. Et d’ailleurs tout le monde reconnaît que c’est vrai, et même de grands scientifiques ... »

L’incroyant : « Tout cela est du domaine de l’irrationnel, du non rationnel. Il n’y a aucune preuve que cela marche ou que cela soit vrai. Ce sont des croyances populaires .Tout cela n’a aucune base scientifique. Et d’ailleurs regarde sur Internet, toutes les expériences en « double aveugle » ont montré que[1] ...  Je n’y crois pas et je crois même que c’est faux. »

En général, chacun reste sur sa position et la conversation devient un peu tendue, voire s’envenime. Cela peut se terminer sur des échanges du type :

« Tu nies l’évidence, la science ne peut tout expliquer. Il y a des phénomènes vrais qu’on ne peut expliquer.  Tu ne croies à rien. C’est du nihilisme »

« Bien sûr que je crois à quelque chose, je crois à la démarche scientifique, je crois à la raison. En l’absence de preuve, la seule position raisonnable est le doute. Croire sans preuve est au mieux de la naïveté, au pire de l’obscurantisme, voire de la superstition. »

 

Pour tenter d’éviter de tomber dans ce piège de la conversation bloquée, n’est-il pas utile d’introduire une réflexion sur ce qu’est la croyance et d’admettre que dans les domaines où l’être humain n’a pas de preuve, il ne peut que s’en remettre à son degré de croyance ?

Dans ces domaines, n’est-il pas préférable de jeter un regard conscient sur l’origine de ses opinions et de s’affirmer comme croyant ou incroyant. Avoir le courage de dire « Je crois .. » ou « je ne crois pas ».

A partir du moment où je dis «  je crois en la divination » ou bien « je ne crois pas en la divination », tout est dit, personne ne peut trouver à y redire, c’est du domaine de l’irrationnel, c’est ma croyance ou mon incroyance personnelle, je n’ai à apporter aucune preuve, mais je n’ai pas non plus à tenter d’imposer ma croyance ou mon incroyance aux autres ...

 

 

Croyance et niveau de preuves

On voit bien, dans cette confrontation, apparaître deux dimensions : d’une part le niveau de croyance, d’autre part le niveau de preuve.

 Mais définissons d ‘abord ces termes :

 La croyance est le fait de tenir quelque chose pour vrai, et ceci indépendamment des preuves éventuelles de son existence, réalité, ou possibilité.

Une preuve est un fait ou un raisonnement propre à établir solidement la vérité.
- Les preuves basées sur la déduction qui ont un caractère absolu ou certain pour autant que l'on respecte leurs  hypothèses de départ.
- Les preuves basées sur l'induction qui ne sont vraies qu'avec une certaine probabilité dont l'estimation dépend des connaissances disponibles

La vérité,  c'est la conformité de l'idée avec son objet, conformité de ce que l'on dit ou pense avec ce qui est réel.

La réalité désigne le caractère de ce qui existe effectivement, par opposition à ce qui est imaginé, rêvé ou fictif.

 

Ainsi on pourra sans doute clarifier les positions en introduisant le schéma suivant :

 

croyance,preuve,vérité,réalité,dénialisme,pseudosciences,vérités révélées,religions,idéologies,négationnisme,créationnisme

 

Vous pouvez cliquer sur le schéma pour l'agrandir

Schéma qu’on peut détailler en tentant de positionner sur ce quadrant les divers courants de la pensée humaine : sciences exactes, sciences expérimentales, sciences humaines, religions, idéologies, pseudosciences,  ...

 

croyance,preuve,vérité,réalité,dénialisme,pseudosciences,vérités révélées,religions,idéologies,négationnisme,créationnisme

 


Vous pouvez cliquer sur le schéma pour l'agrandir

Evidemment, ce classement peut paraître arbitraire. Sans doute, mais se poser la question du placement de tel ou tel courant de pensée dans ces quadrants introduit un débat qui ne manque pas d’intérêt.

 

Quadrant 1 (en haut à droite)

C’est le quadrant de la raison, de la méthode, de la science.

 

Quadrant 2 (en haut à gauche)

Le « dénialisme » - est le domaine du déni du savoir scientifique, de la négation des théories ou des faits établis. C’est le domaine des négationnismes, du refus de la théorie de l’évolution,  des multiples révisionnismes mais aussi de l’Index Librorum Prohibitorum (liste des livres interdits par l’église catholique depuis l’inquisition). C’est aussi celui la censure et des autodafés.

 

Quadrant 3 (en bas à gauche)

C’est le domaine du doute, du scepticisme, de l’agnosticisme et de la pensée critique.

On peut résumer cette position par la maxime : Plutôt douter que de se tromper !

 

Quadrant 4 (en bas à droite)

C’est celui des vérités révélées, des mythes, des croyances intuitives ou  « populaires », c’est aussi le domaine sans fin de la cosmogonie, de la métaphysique et du surnaturel, mais aussi des pseudosciences et des idéologies.

 

Quelques questions et réflexions sur ce schéma :

Science et croyance ne sont-ils pas antinomiques ?

La science vise notamment à produire des connaissances à partir d'une démarche méthodique et détachée des dogmes. Les connaissances scientifiques se différencient donc fondamentalement des croyances par leur mode de production. La science est une production collective bâtie sur l'expérimentation, l'épistémologie, et constitue une unité, grâce à une liaison et à une confrontation permanentes avec la « réalité » empirique. La science se doit de remettre régulièrement en doute son contenu et entretient un réseau cohérent de connaissances, par la publication des travaux de recherche. L'adhésion aux théories scientifiques, par les scientifiques compétents, est basée sur la possession de moyens de vérification et de réfutation fournis par les publications. Il s'agit donc d'un mécanisme totalement différent de celui de l'adhésion aux croyances, dans la mesure où la position, certes idéale, du scientifique, n'est pas de croire en sa théorie mais au contraire de l'admettre en recherchant en permanence ses possibilités de fausseté. 

Cependant, pour le commun des mortels, l’adhésion aux théories et aux faits scientifiques relève bien de la croyance car les preuves sont hors de portée de la plupart. Cette adhésion se fait sur la base d’un consensus qui relève de la croyance. J’accepte la théorie de l’atome parce qu’elle est enseignée dans les programmes scolaires, qu’elle semble admise par tout le monde et que les preuves théoriques et pratiques sont disponibles, même si je ne les consulte pas ou n’ai pas le niveau scientifique pour les comprendre.

En ce qui concerne les scientifiques eux-mêmes, il suffit de les placer devant des négationnistes pour constater qu’ils croient réellement en leur théories et quelquefois jusqu’au bûcher (Giordano Bruno) ...  Galilée, condamné, n’aurait-il pas dit : « Et pourtant, elle tourne ! »

 

Où placer l’athéisme ?

S'il paraît évident que "ne pas croire en Dieu" n'est pas une croyance, le problème peut se poser si l'on reformule la question en "croire que Dieu n'existe pas [...]".

Il est important de noter où on place la négation ... Ce n’est pas la même chose de dire

« Je ne crois pas en l’existence de Dieu »
et
« Je crois que Dieu n’existe pas »

 

Il ne faut pas confondre incroyant et athée ! L’athée est un croyant si il fait de l’affirmation de la non existence de Dieu une cause à défendre.

Mais il s'agirait d'une croyance un peu particulière, la croyance en la non existence de quelque chose ! Or, pour le dictionnaire Larousse "croire", c'est tenir pour certain l'existence de quelqu'un, de quelque chose. Derrière croire, il ne peut y avoir qu'une formulation positive. L'expression "croire en la non existence de quelque chose" n'aurait donc pas de sens, ce serait même absurde. Au mieux, elle serait équivalente à "ne pas croire en Dieu", qui n'est pas une croyance. Etre athée, ne peut donc être, au sens propre, une croyance, ou même une foi. Ce serait une adhésion, une confiance une loyauté envers la non existence de quelque chose.

 

Dénialisme et idéologies

Le dénialisme est la plupart du temps promu par idéologie, par l’impossibilité d’accepter les évidences contraires à ses croyances. 

Le négationnisme de la théorie de l'évolution vient en soutien du créationnisme.

Les révisionnismes ont été produits par les idéologies totalitaires.

L’index a été mis en place pour lutter contre les hérésies et pensées contraires aux dogmes et aux vérités révélées du christianisme.

 

Les axes de pensée complémentaires

Il est intéressant de noter les deux grands axes de pensée complémentaires.

Axe 1-3 :  Le scepticisme est complémentaire de la démarche méthodique. Ne pas affirmer sans preuve conduit à douter en l’absence de preuve.

Axe 2-4 : Au contraire, le dénialisme s’appuie sur la pensée non rationnelle,  sur l’acceptation de vérités révélées et vient en soutien des idéologies, des religions, et des pseudosciences.

 

Les quadrants adjacents  s’opposent :

  • Science <--> Dénialisme
  • Science <--> Vérités révélées ou intuitives
  • Scepticisme <--> Dénialisme
  • Scepticisme <--> Vérités révélées ou intuitives

 

 

Concluons par un exemple : l’âge de la Terre et son mouvement

Hubert Krivine, physicien, ancien enseignant-chercheur au laboratoire de Physique nucléaire et des hautes énergie vient de publier un livre qui illustre bien les propos du présent post :

« La Terre du mythe au savoir »

Extraits de la 4eme de couverture :

 "Cet ouvrage relève de la philosophie des sciences, mais son thème a des résonances actuelles puisqu'il aborde la résurgence des fondamentalismes religieux.

A notre époque, le rejet de la vérité scientifique a deux sources. L'une est la lecture littéraliste des textes sacrés, l'autre est un relativisme en vogue chez certains spécialistes des sciences humaines, pour qui « la science est un mythe au même titre que les autres ».

Le philosophe Jacques Bouveresse résume ainsi le propos de l'ouvrage :

Un des objectifs principaux de ce travail était, par conséquent, de « réhabiliter la notion réputée naïve de vérité scientifique contre l'idée que la science ne serait qu'une opinion socialement construite ». Sur l'exemple qui y est traité avec une maîtrise et une autorité impressionnantes, le lecteur qui aurait pu en douter se convaincra, je l'espère, qu'il peut y avoir et qu'il y a eu réellement, dans certains cas, un passage progressif du mythe au savoir, ou de la croyance mythique à la connaissance scientifique, qui a entraîné l'éviction de la première par la seconde, pour des raisons qui n'ont rien d'arbitraire et ne relèvent pas simplement de la compétition pour le pouvoir et l'influence entre des conceptions qui, intrinsèquement, ne sont ni plus ni moins vraies les unes que les autres.

Hubert Krivine veut donc expliquer sur un exemple précis : la datation de l'origine de la Terre, et la compréhension de son mouvement, comment, à la différence des vérités révélées, s'est construite une vérité scientifique.

Ce livre a comme public privilégié les enseignants du primaire au supérieur, que des pressions venant de divers côtés amènent parfois à douter de la validité et de l'intérêt du savoir qu'ils dispensent. Des notions élémentaires d'astronomie et de physique sont expliquées pour le lecteur sans formation scientifique".

Huber Krivine parle de sa démarche dans l’émission Continent Sciences du 24 octobre 2011 :

http://www.franceculture.fr/emission-continent-sciences-c...

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4331891

 

 



[1] Pour ceux que l’influence de la pleine lune sur les accouchements intéresse particulièrement, cliquer sur le lien suivant : Recherche Google

Commentaires

Très intéressant.
Mais, ayant étudié épistémologie, philosophie des sciences et sociologie des sciences, je ne serais pas aussi catégorique que toi sur le statut de la vérité, et spécifiquement de la vérité scientifique. Je serais plutôt en faveur de ce que tu nommes (un peu dédaigneusement) un "relativisme en vogue chez certains spécialistes des sciences humaines), sans développer.
La science est une activité humaine, un "champs" et donc soumise à des "lois" sociales spécifiques (par exemple compétition entre scientifiques, prestige de la publication, pouvoir de l'argent dans la recherche, etc.). Elle est aussi une activité humaine historique (voir Thomas Kuhn et sa théorie des paradigmes): ce qui était vrai dans un système de pensée (paradigme) ne l'est pas forcément dans un autre plus récent (ex: physique de newton, d'einstein, théorie des cordes).
Je crois que le débat est bien posé (certes sommairement) par les Grecs:
Platonismes = vérité absolue - plus ou moins divine (places-tu la vérité scientifique dans cette catégorie?)
Sophistes: vérité relative ("l'homme est la mesure de toute chose, de celles qui sont qu'elles sont, de celles qui ne sont pas qu'elles ne sont pas"...). J'aime assez cette idée une peu "oxymorique".
Le statut relatif de la vérité ne dénigre pas sa qualité. Si elle est communément admise, vérifiée, testée par expérience, elle est assez solide. Mais certainement pas absolue. La foi d'un individu est quelque part "sa" vérité. Pas très solide, donc.
Sur ton dernier exemple, je dirais donc plutôt qu'on passe d'un mythe non fondé à un mythe fondé.

Un texte simple mais en anglais de mon site de philo sur la relation entre savoir, vérité, croyance, réalité, expérience etc. :
http://philog.over-blog.com/article-2365893.html

Écrit par : Raf | 03/11/2011

Tout à fait d'accord avec ta remarque sur le statut de la vérité scientifique.

En fait la citation que tu as relevée :
« A notre époque, le rejet de la vérité scientifique a deux sources. L'une est la lecture littéraliste des textes sacrés, l'autre est un relativisme en vogue chez certains spécialistes des sciences humaines, pour qui "la science est un mythe au même titre que les autres" »,

n'est pas de moi. C'est un extrait de la 4eme de couverture du livre de Krivine, j'aurais du l'indiquer plus clairement.

Je pense personnellement que la vérité scientifique renvoie à la réalité qui elle-même n'est accessible qu'à travers nos perceptions et les modèles que nous construisons à partir de ces perceptions.

Donc effectivement cela renvoie à Protagoras.

C'est un sujet que j'aimerais creuser dans un prochain post : réalité, vérité, connaissance.

A propos de ton texte, sais-tu comment se positionne R. Creel par rapport à E. Gettier ( « Is Justified True Belief Knowledge? »1963) ?

PS: A propos, ce fameux R. E. Creel fait un usage assez particulier de la recherche de la vérité dans plusieurs de ses livres : voir http://www.gcwriters.org/creel.html

Écrit par : marto | 04/11/2011

JM,

Merci pour tes articles qui font fonctionner le cerveau! Bon, je rêve d'être à la retraite pour avoir le temps d'élaborer des com-munications ou -mentaires un peu plus riches, mais j'ai tellement aimé ton article que je poste ces quelques idées en vrac.

1- ce qu'on nomme vérité scientifique fait référence à une approche totalement humaine de la compréhension du monde. Même la mathématique qui trouve sa place dans le haut du quadrant de droite ne se réfère qu'à des concepts qui sont accessibles à l'intelligence humaine. Pourquoi réfuter a priori l'idée qu'une intelligence 'non-humaine' puisse expliquer les choses que nous considérons aujourd'hui 'paranormales'.

2- la répartition des concepts dans ces graphiques me semble extrèmement subjective: exemple le fait qu'on ne dispose pas de mesure statistique prouvant ou infirmant l'efficacité de certaines pratiques ne signifie pas qu'elles ne fonctionnent pas. L'astrologie en particulier est un domaine très mystérieux, mais qui mérite qu'on s'y attarde.

3-désolé, le devoir m'appelle... on reprendra cette discussion plus tard!

Écrit par : Gégé | 04/11/2011

Tu as raison de tiquer sur le terme de "vérité scientifique", mais comme je l'indiquais dans le commentaire précédent, ce terme n'est pas de moi.
En ce qui me concerne, je parlerais plutôt de théories ou de faits scientifiques prouvés ou validés par l'expérience.

Par contre pourrais-tu m'expliquer ce qu'est "une intelligence 'non humaine'" et comment l'intelligence humaine pourrait dire quoi que ce soit de ce type d'intelligence ?

A propos de l'astrologie, ...
on peut effectivement discuter du placement des différents courants de pensée dans ces quadrants, mais en ce qui concerne l'astrologie, sa position veut seulement dire : Croyance très forte - niveau de preuve très faible ... Libre à chacun d'y croire ou pas ...

Écrit par : marto | 04/11/2011

Bien répondu. Le terme de vérité scientifique n'a de sens que par rapport à la justification expérimentale des théories avancées. En ce sens, la science est digne de foi parce qu'elle est honnête. Le problème est que la capacité de l'espèce humaine à envisager de manière scientifique les questions "aux limites" est quand même beaucoup sujet à caution. En particulier, les découvertes les plus récentes sur la vitesse du neutrino ou l'expansion de l'univers me laissent penser que nous sommes à des années lumières d'avoir tout compris.
Reprenant l'image d'un philosophe du 18e, je dirais qu'il est impossible que cette magnifique horloge n'ait pas d'horloger. C'est pourquoi j'évoque la possibilité d'une intelligence "non-humaine". Mais évidemment, puisqu'elle n'est pas à ma portée, je ne peux rien en dire! Je pense que Dieu est la parfaite illustration dans l'imagerie populaire de cette intelligence. Dommage pour nous qu'Il ait tant de formes différentes...
Pour l'astrologie, j'acquiesse. La seule nuance que je voudrais apporter, c'est qu'une pratique sérieuse de l'astrologie peut conduire à des résultats tangibles, mais qu'à ma connaissance les expériences scientifiques le prouvant n'ont pas été menées. Un peu plus d'investigation serait souhaitable, mais comme je l'ai énoncé d'entrée de jeu, je crois que j'attendrais la retraite avant de me lancer dans ce genre de recherches!

Bien à toi...

Écrit par : Gégé | 04/11/2011

Salut Gérard,

Heureux d'avoir de tes nouvelles même par le détour de l'astrologie !

En ce qui concerne cette dernière, je suis loin d'être un spécialiste, mais je fais mienne la critique d'un astronome de l'IAP (Institut Astronomique de Paris) qui faisait l'observation suivante :
Les astrologues du 21e siècle sont quand même des ringards, ils en sont restés au système de Ptolémée. Ils analysent l'influence des astres en 2D. Or depuis un certain Copernic, j'ai l'impression qu'il faudrait passer en 3D.

Qu'en penses-tu ?

Écrit par : marto | 05/11/2011

Cher gégé,
sur la citation de Voltaire (puisqu'elle est de lui):
"L'univers m'embrasse, et je ne puis songer
Que cette horloge existe et n'ait pas d'horloger." (dans Satires)

il semble indiquer qu'il est impossible pour lui de concevoir un monde sans Dieu, et justifie cette assertion par la complexité et/ou la beauté de l'Univers. L'Univers ne pourrait pas ne pas avoir de concepteur.
Il me semble tout de même que c'est un bel exemple de syllogisme:
L'Univers est complexe/beau, donc il faut bien qu'il y ait quelqu'un/quelque chose qui l'ait conçu.

Le fait que nous ne comprenons pas cette complexité dans son ensemble n'est pas à mon sens la preuve ni même le signe d'une intelligence non-humaine (qu'on la nomme Dieu ou pas). Avant de comprendre la météorologie, les hommes ont accordé à la foudre toute sorte de significations : colère divine, "ciel qui tombe sur la tête", etc... de même avec les éclipses.
Aujourd'hui, certes il reste plein de mystères... mais il faut se dire qu'il y a une explication, mais qu'elle ne nous est pas encore à notre portée.

Écrit par : Raphaël | 05/11/2011

Raphaël,

Oui la citation est de Voltaire... (je fus un temps élève du Lycée éponyme à Paris).
Un syllogisme peut être vrai ou faux, donc on ne débattra pas de la forme. J'ai pris cette citation juste pour avoir l'air intelligent.

Sur le fond, je suis bien d'accord avec le fait que ce qu'on qualifie "d'intelligence humaine" est un sujet en évolution permanente. L'exemple de la météorologie est excellent.

Ce que je cherche à évoquer comme un champ de réflexion, c'est que la logique pure, qui est le fondement de ce que nous considérons être l'intelligence humaine et la validation de la vérité scientifique, peut être mise en défaut par des expériences "humaines" et non pas "scientifiques".

Je répondrai plus tard à Jean-Martin sur le sujet spécifique de l'astrologie, mais pour l'instant, me vient à l'esprit la notion de miracle, qui valut à Jean-Paul II sa béatification. Comment qualifier les critères qui -sous couvert d'une analyse sérieuse- on conduit à cette élévation?

Je pense aussi qu'un bon nombre de ces mystères qui restent à élucider pour notre humanité est en effet à notre portée... certes il faut que la science progresse. Mais je suis également convaincu que la quintessence de ce monde ne sera jamais à portée de l'intelligence humaine. En d'autres termes, l'homme n'est pas cablé pour avoir accès à tout.

Pour l'anecdote :o) j'ai passé une partie de la nuit dernière à réfléchir à ce fameux sujet de philo du bac: "pourquoi y-at'il l'étant et non pas plutôt rien?"... et j'ai fini par m'endormir plein du désespoir de ne jamais avoir de réponse à cette question!

Merci de faire vivre ce débat.

Écrit par : Gégé | 05/11/2011

Miracles, béatification, mystères, intelligence non humaine, quintessence, nous sommes bien dans le quadrant de la croyance sans preuve.

Et dans ce domaine à chacun de construire sa vérité, sa croyance ou son incroyance.

A partir du moment où je dis « je crois aux miracles » ou bien « je ne crois pas aux miracles », tout est dit, personne ne peut trouver à y redire, c’est du domaine du non rationnel, c’est ma croyance ou mon incroyance personnelle, je n’ai à apporter aucune preuve, mais je n’ai pas non plus à tenter d’imposer ma croyance ou mon incroyance aux autres.

En ce qui me concerne, en l'absence de preuve, je préfère douter que de me tromper.

Écrit par : marto | 05/11/2011

L'essentiel du débat réside dans la simple question: qu'est-ce qu'une preuve?

Si on parle de choses que la logique dite "cartésienne" peut expliquer, on peut en effet balayer d'un revers toutes sortes de croyances ou d'incroyances.

Mais dans la mesure ou l'intelligence humaine ne peut pas tout expliquer, je pense qu'il est sain de se fier à son intuition. Douter quand on n'a pas l'intime conviction que quelque chose a du sens, est certainement l'approche la plus raisonnable.

N'empêche que ce quadrant en bas à droite est truffé de disciplines dont on devrait une à une rechercher les preuves tangibles de leur efficience. Sinon Jean Paul 2 a été béatifié par erreur ;o)

Je reviendrais sur le débat à propos de l'astrologie :o)

Écrit par : Gégé | 05/11/2011

Une autre stratégie que le doute méthodique, ou la suspension de jugement ("j'arrête d'y penser puisque je ne peux trouver de réponse satisfaisante"):
on peut, un peu à la manière de Gérard (un peu seulement), recourir à son intuition et trancher la question. Mais dans ce cas, l'absence de preuve, d'objectivité, de faits et d'expérience, en gros l'absence de solidité de cette forme intuitive de savoir, nous oblige à en faire une théorie personnelle, subjective, qu'on ne peut que proposer aux autres plutôt qu'essayer de leur imposer. Il faut donc toujours commencer sa phrase par "je crois que", "j'aime à penser que". De plus c'est un savoir souvent très personnel (comme la foi, la conviction, le point de vue), et tenter de la partager est souvent impossible voire dangereux. On peut trouver des arguments, des explications, etc., mais la discussion reste un échange de point de vue, sans conclusion solide possible.
Une anecdote sur l'astrologie:
J'ai deux amis qui sont convaincus que les thèmes astrologiques (longs texte "basés" sur le signe astrologique et son ascendant) sont "vrais". L'un pour des raisons mystiques, l'autre plus pragmatique: a posteriori (soit après avoir lu son thème) il s'y est reconnu dedans. Pour ma part je constate que je me reconnais dans mon thème. On a toutes sortes de justifications:

_ mystiques: on ne peut tout connaître par la science donc il faut s'ouvrir au monde pour trouver un sens à des forces qui sont plus grandes que nous (je grossis le trait).
_ pragmatique : on se reconnait donc ça marche.
_ pseudo-scientifiques: comme le test est basé sur le moment de la naissance "à la minute près", c'est précis, donc ça peut expliquer que ça marche.
_ psychologiques: le texte est un texte ouvert, qui permet de jouer un rôle de miroir, et donc d'y voir ce qu'on est ou ce qu'on aimerait être, si tant est qu'on soit un peu ouvert à l'astrologie (en effet si on est fermé, on y verra que le fait que l'astrologie est une vaste fumisterie).

Aucune de ces "raisons" n'est a priori définitive, et il est impossible de conclure que l'astrologie est une faste fumisterie, qu'elle marche, que les étoiles les ascendants, ou que l'influence de vénus ou de Jupiter dictent nos comportements et personnalités.
La seule conclusion possible est que l'astrologie est du domaine de la croyance personnelle, qu'elle que soit la manière dont on la justifie.

Écrit par : Raf | 06/11/2011

A propos de la béatification, j'avais écrit en son temps 2 posts sur le sujet :

http://seulsdanslecosmos.hautetfort.com/archive/2010/03/08/rendons-aux-papes.html

http://seulsdanslecosmos.hautetfort.com/archive/2011/04/28/mais-pourquoi-tant-de-saints.html

Bonne lecture

Écrit par : marto | 05/11/2011

Certes... mais l'arbitraire de ces nominations pourrait aussi bien s'appliquer aux Nobel, Goncourt, Médicis, Femina etc. et aussi aux Oscars, Césars, Gérards...

tu vois ce que je veux dire: l'humain a besoin de reconnaissance. Toi et moi, qui sommes issues de grandes écoles du groupe A sommes mal placés pour nier ce fait, même si avec les années, nous avons appris la modestie.

Le fait qu'on mette au pinacle untel veut seulement dire qu'on reconnait qu'il a exprimé, mis en exergue des faits, des situations, des critères qui sont reconnus par ses pairs ou par ses adeptes comme une réussite supérieure.

Dans le cas du pape, cette reconnaissance repose sur l'évaluation de "miracles".
Dans le cas du Goncourt, ça repose sur quoi?

Écrit par : Gégé | 05/11/2011

Dans la droite ligne de l'analyse proposée par Marto et qui à suscité cette discussion, je vous engage à visiter le site de l'observatoire de la zététique:

http://www.zetetique.fr/

et si vous voulez vous marrer un peu, à parcourir en perticulier cet article-ci :

http://www.zetetique.fr/index.php/dossiers/98-linux-penis

Écrit par : Gégé | 06/11/2011

Je crois, mais je peux me tromper, que l'astrologie n'est rien de tout ça, et à la fois c'est un peu de tout ça:
Bien sur, il convient d'écarter les analyses à l'emporte-pièce, horoscope et autres conneries - - -
Je veux parler de l'astrologie pratiquée par des gens qui en ont l'expérience, et qui se focalisent sur un thème astral précis, calculé en fonction de l'heure et du lieu de naissance.
1- le concept de ringardisation 2D/3D ne tient pas, car l'analyse astrologique repose sur des savoirs ancestraux, dont la progression est infiniment plus lente que celle de la technologie. On pratiquait l'astrologie bien avant l'ère chrétienne. Certes aujourd'hui, on peut obtenir qu'un ordinateur trace une "carte du ciel", mais rien de plus... et ladite carte du ciel n'est rien d'autre qu'une représentation symbolique de la position des astres au moment de la naissance du sujet. On peut trouver toutes ces données dans des tables astronomiques. je comparerais ça (pour ceux qui ont fait des études supérieures en math) à l'usage des tables de logarithmes comparée à l'usage des calculatrices électroniques. Les vrais astrologues sont encore très attachés à leurs bouquins.
2- La règle de base de l'astrologie, c'est que le libre-arbitre donne au sujet toute liberté pour éclairer les options qui sont mises à jour dans son thème. C'est fondamental de comprendre, et pas seulement au regard de l'astrologie mais de toute science de l'humain, que le sujet décide, in fine, de ce qui doit se produire. Même en situation extrême (genre 'tu vas mourir dans un accident de la route'), le choix reste ouvert pour le sujet ( exemple d'options: écrasé par un train ou brulé dans sa voiture...) - je choisis volontairement un exemple déconnant, mais il faut assimiler ce fait: quelque soit l'écriture de notre destin (oui on parle de déterminisme), la liberté de l'expression de ce destin appartient à chacun. Pour autant, quelqu'un qui nait dans un signe profondément introverti (exemple Capricorne) aura du mal a exercer une profession largement exposée aux regards, comme artiste comique, ou présentateur TV. Mais s'il veut le faire, il y arrivera (peut-être).
3- la lecture d'un thème astral donne un aperçu de la personnalité d'un individu. En général, on s'y reconnait, sauf à être de mauvaise foi. Des quatre explications données par Raj, toutes sont valides, mais ce qui compte, c'est de voir que l'astrologie permet, en superposant un thème de naissance et une configuration astrale à un instant donné, d'anticiper des évènements à venir. On ne parle pas de divination, mais de mise en lumière de possibilités. Le libre arbitre donne à l'individu la possibilité d'interpréter la prédiction dans le sens "qui l'arrange". Exemple: on lit dans l'analyse de ton thème que dans l'année à venir tu risque de beaucoup te déplacer. Libre à toi de choisir entre prendre l'avion pour faire le tour du monde ou de t'entrainer intensément pour courir le marathon de Paris. Dans les deux cas, tus auras parcouru beaucoup de kilomètres.
4- Souvent, la divination astrologique est associée à d'autres types de divinations. On y croit ou pas, mais le mysticisme de ces prédictions peut viser juste. Il y a tant d'exemples médiatiques d'astrologues foireux, que je ne me risquerais pas à soutenir cette association entre astrologie et divination mystique (exemple Elisabeth T). Tout ce que je peux en dire, c'est que j'ai personnellement expérimenté la réalisation de prédictions astrologiques, dans un contexte ou rien ne laissait prévoir ce qui aller se passer. J'en suis resté (1)-convaincu et (2)-effrayé. A l'époque (c'était il y a plus de 30 ans) j'envisageait d'étudier sérieusement l'astrologie, pour en comprendre les arcanes. Cette expérience m'a tellement troublé que j'ai décidé de ne plus y toucher. A tort ou à raison, le fait qu'on puisse me dire avec un an d'avance comment ma vie allait évoluer m'a bouleversé. Au fond, je préfère ne pas savoir et prendre mes décisions au jour le jour.
Il n'empêche et ça nous ramène au début du topic: je crois à l'existence d'une intelligence "non humaine" qui exerce un contrôle plus ou moins serré sur chacun de nous, nos faits et gestes et notre destinée, tout en nous laissant de l'autonomie. Prenons un autre exemple trivial: si tu élèves un hamster (pour tes gosses j'espère, parce qu'un adulte élevant un hamster, bon...) - ton hamster, tu ne le laisses pas aller en dehors des limites fixées, parce qu'il peut se faire bouffer par le chat, il peut se noyer dans la baignoire, etc.
Dans le même ordre d'idée, je crois que l'espèce humaine est une sorte de hamster... bouh, c'est pitoyable comme conclusion ... merci quelqu'un de relever le niveau!

Écrit par : Gégé | 06/11/2011

test

Écrit par : Pascal | 07/11/2011

test confirmé!

Écrit par : Gégé | 07/11/2011

A propos de :
" J’accepte la théorie de l’atome parce qu’elle est enseignée dans les programmes scolaires, qu’elle semble admise par tout le monde et que les preuves théoriques et pratiques sont disponibles, même si je ne les consulte pas ou n’ai pas le niveau scientifique pour les comprendre."

Ceci, à mon avis, est au coeur du problème. Nous acceptons les "croyances populaires", même lorsque nous sommes sceptiques ou que nous nous doutons.

Par exemple, dans le cas des naissances par pleine lune, nous savons que la lune a des effets de gravité, et que l'accouchement a aussi à voir avec la gravité, donc, nous acceptons cette "croyance populaire", tout en admettant que quelqu'un de plus intelligent pourrait faire une étude et montrer que cela ne tient pas la route ...

de la même manière, dans le cas de l'homéopathie, que tu place dans le quadrant le moins crédible, il y a tous ceux qui se sentent mieux avec l'homéopathie et qui croient que c'est efficace. De plus, certains principes de l'homéopathie, comme celui de stimuler le système immunitaire du corps sont valides d'un point de vue scientifique.

Le problème est qu'aujourd'hui, avec toute la masse d'information disponible, nous souffrons d'une saturation informationnelle et même d'une surdose.

Donc, nous recevons de l'information , nous l'acceptons en mode ' tampon ', parce que nous n'avons ni le temps ni l'envie de la vérifier et sur la base :
a) est-ce important ?
b) est-ce important pour moi ?
et c) la vie est trop courte


La chose intéressante à creuser est - comment naissent les "croyances populaires" ? Comment et pourquoi sont-elles acceptées ? Quelle est la ligne de séparation entre un mythe et une vérité ?


Barry

Écrit par : Barry | 07/11/2011

Lu dans Le Monde du 12 novembre 2011 :

"L'Indien qui n'aime pas les gourous

Le 11 novembre 2011 fait souffler un petit vent de folie en Inde. En ce jour 11.11.11, numéro magique - la seule fois dans le siècle où une date égrène six chiffres identiques -, les quêteurs de providence s'embrasent. A Bombay, les salles de banquet sont prises d'assaut par des couples de jeunes mariés. La sortie d'un film de Bollywood a été prévue ce jour précis à dessein. Dans une autre ville, Hyderabad (Andhra Pradesh), un parti régional a tenu à organiser une soirée de collecte de fonds en espérant que la bonne fortune de la date videra les bourses. Et à New Delhi, un homme se gausse. " Que tout cela est ironique ! Qu'est-ce que le calendrier grégorien a à faire avec les traditions indiennes ? "

Cet homme, Sanal Edamaruku, ne se moque pas seulement de la crédulité de ses contemporains. Il est surtout un rationaliste militant, un traqueur d'impostures, provoquant les charlatans en de mémorables duels médiatiques. En cette terre baignée de mysticisme, le champ de manoeuvre de Sanal Edamaruku est vaste, presque infini. L'esprit de dévotion résiste même fort bien à l'émergence économique du pays. " La transformation de la société est si brutale, la vitesse du changement si rapide, que beaucoup de gens se sentent en état d'insécurité, explique M. Edamaruku. Les gourous fournissent cette ceinture de sécurité. "

C'est peu dire que le champion du rationalisme indien se méfie des gourous. Les plus aigrefins d'entre eux sont carrément ses adversaires. En 2008, M. Edamaruku s'était taillé un gros succès d'audience en affrontant sur un plateau de télévision un maître du tantrisme (culte ayant inspiré différentes branches de l'hindouisme et du bouddhisme) revendiquant des pouvoirs surnaturels. Quand le saint homme a proclamé qu'il pouvait tuer quiconque " en trois minutes " par la seule psalmodie de mantras (formules rituelles), M. Edamaruku l'a mis au défi d'exercer ses sortilèges contre lui, s'offrant au sacrifice. Le maître a eu beau réciter longuement ses " om lingalingalingalinga kilikilikili... ", M. Edamaruku a continué de se porter comme un charme, hilare devant les vains maléfices de son rival. L'épreuve fut humiliante pour l'officiant démasqué.

M. Edamaruku orchestre ses coups de son bureau, dans la banlieue de New Delhi, de l'Association des rationalistes indiens (IRA), dont il est le président. Rivé au plafond, un ventilateur caresse de son souffle une bibliothèque bourrée de vieux ouvrages. Barbe taillée court, voix grave et douce, le grand pourfendeur des superstitions se réclame des 7 % d'Indiens athées et veut protéger les autres des escroqueries.

Avec les volontaires de son mouvement, il se rend régulièrement dans les campagnes propager l'esprit critique. La dramaturgie est son arme de prédilection. Il envoie d'abord dans le village un faux sadhu (" renonçant ") - en fait un membre de l'association déguisé en ascète - qui commence à subjuguer les habitants à coups de petits miracles, tel celui consistant à faire jaillir de la cendre de ses mains. Puis surgit de la foule M. Edamaruku lui-même, interpellant le pseudosadhu, dénonçant sa supercherie, décryptant devant les villageois les tours de magie faisant illusion. Le renonçant jette alors le masque et, passé la stupeur collective, la scène se conclut par un cours de vulgarisation scientifique.

M. Edamaruku a confondu bien des tartufes. Sa première cible fut swami (" maître ") Sadachari, aussi appelé le " second Raspoutine indien ". Le premier " Raspoutine indien " était son oncle, Dhirendra Brahmachari, le maître de yoga de l'ancienne première ministre Indira Gandhi dont il devint le confident. Le neveu fut aussi adoubé par la " dame de fer " de New Delhi, qui lui demanda de purifier par des rituels le Parlement lors de la session inaugurale de 1980. Swami Sadachari prétendait - entre autres divines facultés - allumer un foyer de branches par la seule puissance de son regard.

Lors d'une épique conférence de presse en 1985, le rationaliste Edamaruku montra comment le " miracle " du swami se résumait en fait à une combustion chimiquement précipitée d'un mélange de permanganate de potassium et de glycérine, dissimulés sous le ballot de branches. " Là, j'ai achevé sa carrière ", sourit M. Edamaruku. Le faux maître n'en continua pas moins de sévir auprès de politiciens locaux crédules à Bombay jusqu'au jour où il fut arrêté pour proxénétisme.

Le héraut du rationalisme indien a bien des regrets. Il a échoué à prendre en défaut, avant le récent décès (avril) de celui-ci, Sathya Sai Baba qui trônait à la tête d'un véritable empire économique et caritatif dans son fief de l'Andhra Pradesh. Le gourou avait bâti sa gloire en faisant miraculeusement apparaître bagues, colliers et montres. Il sera mort sans que la controverse l'atteigne sérieusement.

Le démystificateur continue toutefois de poursuivre de son examen critique Baba Ramdev, qui clame soigner jusqu'au cancer grâce aux séances de yoga et aux produits ayurvédiques - dont il a fait sa fortune personnelle. Il a également dans son viseur le " racket " de Sri Sri Ravi Shankar, prophète de l'" art de vivre " vendant cher ses techniques de respiration (brevetées). Le rationaliste prend tout de même garde. " Je fais un métier dangereux ", concède-t-il. Depuis qu'un inconnu a sectionné un jour les freins de sa voiture, il en change régulièrement."

Frédéric Bobin

Écrit par : Marto | 15/11/2011

Et dans libé du 11/11/11

WASHINGTON (AFP) - Les numérologues sont dans tous leurs états à l'occasion du vendredi 11 novembre 2011, le 11/11/11, un alignement rare de ce nombre qui, pour les adeptes des sciences occultes, pourrait signaler la survenue d'événements hors du commun.

Alors que, pour la plupart des gens, cette concordance chiffrée de la pendule et du calendrier, qui se produit une fois par siècle, passera totalement inaperçue, les numérologues et autres ésotéristes y chercheront tout un ensemble de signes.

Certains évoquent le début d'un renouveau humaniste, d'une nouvelle harmonie dans le monde voire même de l'ouverture d'une porte dans une nouvelle dimension ou encore "un bouleversement de la conscience".

Des milliers d'adeptes prévoient de se retrouver ce jour-là pour des cérémonies ou des danses. Plusieurs pages consacrées à cette date ont fait leur apparition sur Facebook.

L'organisation espagnole pour les aveugles Once organisera une loterie spéciale dotée d'un prix de onze millions d'euro.

Les médiums et grands prêtres du paranormal les plus connus saluent tous l'importance selon eux de "la synchronicité" du 11/11/11, comme l'Israélien Uri Geller, l'Américaine Solara, "experte en numérologie" et auteur d'un livre sur la signification du nombre onze, ou encore les fans de "Spinal Tap".

Il s'agit d'un film de 1984, décrivant un groupe de hard rock, basé sur des faits réels ou imaginaires et dans lequel le nombre onze revêt une signification toute particulière.

"Avoir un triple nombre clé sur le calendrier a certainement une grande signification", a dit Solara, interrogée par l'AFP. "Je vois un grand changement dans la conscience de la planète et cela coïncide avec cette date", a ajouté ce médium.

Solara, qui vit au Pérou, garde le secret sur ses projets pour le 11/11/11, révélant seulement que des groupes dans plus de cinquante pays marqueront cet événement en s'asseyant en silence pour méditer.

Les numérologues attribuent au nombre onze des pouvoirs paranormaux qui offrent un canal de communication avec le subconscient. Pour d'autres, comme Solara, onze représente la dualité du bien et du mal dans l'humanité.

Internet est aussi rempli de blogueurs qui insistent sur le caractère mystique de ce nombre régulièrement lié à des catastrophes, selon eux, comme les attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Certains insistent aussi sur le fait que les deux tours du World Trade Center à New York rappelaient par leur forme le chiffre onze. De plus, le premier avion de passagers à s'écraser sur les tours était le vol numéro 11.

D'autres citent la prophétie de Saint Malachie, qui au XIe siècle prédisait qu'il y aurait 112 papes avant une apocalypse biblique. Benoît XVI est le 111e pontife.

La date du 11 est historiquement chargée. L'armistice de la 1ère Guerre Mondiale a été signé à 11H00 du matin le 11 novembre 1918.

"Il y a une synchronicité intéressante dans le fait qu'un grand nombre d'événements sont associés au nombre 11", observe Ellie Crystal, blogueuse qui se présente comme une "exploratrice du monde métaphysique".

Pour John Hoopes, professeur de pensée critique à l'Université du Kansas, toutes ces théories pseudo-scientifiques sont un parfait exemple du "biais de confirmation d'hypothèse". Il s'agit de la tendance à privilégier des informations qui confirment des idées préconçues sans tenir compte de celles qui les démentent, explique-t-il.

© 2011 AFP

Écrit par : Marto | 15/11/2011

Voir mon blog(fermaton.over-blog.com),No-15, - THÉORÈME DE L'ATHÉE. - ATHÉISME ET MATHÉMATIQUES ?

Écrit par : clovis simard | 29/02/2012

blog(fermaton.over-blog.com),No-30. - THÉORÈME QUINTESSENCE. - temps réel-temps imaginaire.

Écrit par : clovis simardc | 21/05/2012

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