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09/09/2010

Violences faites aux femmes

 

 

 

Je ne sais pas si vous le savez, mais en cette année 2010, la lutte contre les violences faites aux femmes a été déclarée « grande cause nationale » avec pour objectifs de :

 

  • rendre visible les violences faites aux femmes en France,
  • s’attaquer aux inégalités femmes - hommes et donc aux rapports sociaux de sexe, aux relations filles / garçons,
  • assurer une meilleure visibilité de l’accompagnement des femmes,
  • renforcer le soutien aux associations engagées dans la lutte contre ces violences, en particulier celles qui exercent auprès des femmes sur l’ensemble du territoire français.

C’est pourquoi, il est choquant de constater le peu de réactions officielles et associatives suite à la déprogrammation par Arte du documentaire de Cathy Sanchez.

 

Rappelons les faits :

Le 31 août, juste avant la projection, Arte avait décidé de déprogrammer «La cité du mâle », de Cathy Sanchez, un documentaire sur les violences faites aux femmes de banlieue. La mort, le 4 octobre 2002 de Sohane Benziane, 17 ans, brûlée vive dans un local poubelle de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), par son ex-petit ami avait provoqué une onde de choc. Crime horrible, crime sexiste et, grâce à la mobilisation des associations de défense du droit des femmes, reconnu pour la première fois comme tel par la justice qui infligea vingt-cinq ans de prison au meurtrier.

Les raisons de cette déprogrammation ne sont pas très claires (menace ou bidonnage : voir l’article de Rue89 : http://www.rue89.com/2010/09/08/arte-reprogramme-la-cite-du-male-la-bataille-reste-entiere-165756) 

La barbarie machiste au quotidien

Triste constat. A Vitry-sur-Seine, rien n'a changé, comme l'a constaté Cathy Sanchez, dans ce fameux documentaire « La Cité du mâle ». De cette tragédie de la barbarie machiste, les jeunes des cités n'ont tiré aucun enseignement. Pis, ils s'acharnent à minimiser ce que l'un d'eux, Rachid, appelle « une connerie ». Et d'ajouter à propos du meurtrier qui a écopé de vingt-cinq ans de prison : « C'est pas un criminel, ça arrive à tout le monde ».

 

Mais c’est aussi l’occasion de rappeler que les violences faites aux femmes sont présentes partout dans le monde et que malheureusement les religions en souvent la cause ou la justification.

 

La lapidation, preuve extrême de la logique de violence de l'islam

La monstrueuse condamnation d'une femme à la lapidation par la République islamique d'Iran donne encore une fois de l'islam une image catastrophique, celle d'une religion archaïque, violente et totalitaire. N'essayons pas en effet de dédouaner la religion islamique du meurtre programmé de Sakineh Mohammadi-Ashtiani en soutenant qu'il s'agit d'une décision politique. Le pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad se fonde sur une idéologie reconnue comme celle d'un islam fondamentaliste.

 

Élections en Afghanistan : la dure campagne des candidates

Le nombre de femmes en campagne électorale est passé de 328 en 2005 à 406 en 2010 (sur près de 2 500 candidats officiellement déclarés pour les élections de septembre), soit une hausse de 22 %. Une évolution qui déplaît aux conservateurs les plus extrémistes, opposés à la tenue d'élections en général et à la présence de femmes parmi les candidats en particulier. Selon un rapport publié le 28 août par l'ONG Free and Fair Election Foundation of Afghanistan (FEFA, qui regroupe plusieurs associations de membres de la société civile afghane), une candidate de la province isolée de Ghor (Centre-Ouest) s'est vue contrainte, sous la menace, d'abandonner la campagne et de se réfugier dans la capitale. Une autre s'est plainte de recevoir plusieurs dizaines de coups de fil par jour, des insultes dans le moindre des cas, des menaces de mort dans le pire. "Neuf menaces sur dix sur des candidats aux élections visent des femmes", dénonce le rapport.

 

Et c’est aussi l’occasion de relire l’excellent billet de Yves Simon, paru le 20 juin 2010 dans Le Monde

 


 

« Où sont les femmes ?

Selon l'Indien Amartya Sen, Prix Nobel d'économie, manquent aujourd'hui à l'appel cent millions de femmes de par le monde ! Vous avez bien lu : cent millions de femmes manquantes parmi nous. Où sont-elles ? Disparues, mutilées, droguées à la méthamphétamine, mortes de malnutrition et de manque de soins avant d'avoir atteint l'âge d'un an, ou encore, adolescentes se résignant à mourir de mélancolie ou du sida plutôt que de survivre dans les bordels de la Chine et de l'Inde.

Cent millions, c'est plus d'une fois et demie la population française : des mères, des soeurs, des jeunes filles que nous ne tiendrons jamais dans nos bras afin qu'elles connaissent les mots de l'amour, du réconfort, de l'empathie. Cent millions de bouches et de lèvres qui n'effleureront ni nos joues ni nos fronts, qui n'embrasseront jamais les êtres qu'elles auraient pu aimer, ne chuchoteront à personne les mots de leur souffrance, de leurs rêves, de leurs idéaux : des bouches et des lèvres murées avant d'avoir appris à parler et qui garderont à jamais le silence des damnées.

Un...

Selon l'Indien Amartya Sen, Prix Nobel d'économie, manquent aujourd'hui à l'appel cent millions de femmes de par le monde ! Vous avez bien lu : cent millions de femmes manquantes parmi nous. Où sont-elles ? Disparues, mutilées, droguées à la méthamphétamine, mortes de malnutrition et de manque de soins avant d'avoir atteint l'âge d'un an, ou encore, adolescentes se résignant à mourir de mélancolie ou du sida plutôt que de survivre dans les bordels de la Chine et de l'Inde.

Cent millions, c'est plus d'une fois et demie la population française : des mères, des soeurs, des jeunes filles que nous ne tiendrons jamais dans nos bras afin qu'elles connaissent les mots de l'amour, du réconfort, de l'empathie. Cent millions de bouches et de lèvres qui n'effleureront ni nos joues ni nos fronts, qui n'embrasseront jamais les êtres qu'elles auraient pu aimer, ne chuchoteront à personne les mots de leur souffrance, de leurs rêves, de leurs idéaux : des bouches et des lèvres murées avant d'avoir appris à parler et qui garderont à jamais le silence des damnées.

Un proverbe indien dit : " Elever une fille, c'est comme arroser le jardin de son voisin. " Autrement dit, c'est une perte de temps et d'argent que de nourrir une fillette dans une famille déjà percluse de pauvreté. " Je ne veux pas avoir de fille pour qu'elle vive les mêmes souffrances que moi ", dit Indira, une Indienne de 25 ans d'une caste supérieure. " Trop de douleur tue, trop de violence au quotidien qui encourage les femmes à s'éliminer elles-mêmes ", écrit Manon Loizeau, prix Albert Londres, dans sa préface d'un livre devenu en quelques mois un best-seller mondial La Moitié du ciel (Les Arènes, 200 p., 22 euros). Cruauté du réel comme du ciel, le titre reprend une vieille sentence poétique chinoise : " La femme est l'autre moitié du ciel ", alors que c'est dans ce pays justement, et chez ses voisins de l'Asie orientale, que cette moitié céleste disparaît le plus sur la liste des états civils du monde !

Ce sont deux journalistes du New York Times, Nicholas Kristof et son épouse chinoise, Sheryl WuDunn, qui viennent de publier ce livre après dix ans d'enquête. Il faut l'avoir lu pour connaître l'ampleur d'une disparition cosmique se passant au vu et au su de l'ONU et de la planète médiatique comme si là était un trou noir de l'espace qu'aucune lumière ne peut pénétrer. Pourtant, lorsqu'un seul dissident chinois est arrêté à Shanghaï ou à Pékin, nous nous mobilisons, pétitionnons, à juste raison, au nom des droits de l'homme et de la liberté d'expression afin de le faire libérer. " Quand ce sont cent mille filles qui sont kidnappées et victimes des réseaux de prostitution, cela n'est même pas considéré comme une information ", répliquent les auteurs.

Depuis l'arrivée de l'échographie, des millions de femmes en Asie avortent lorsqu'elles savent qu'elles vont mettre au monde un enfant de sexe féminin. Eliminées par le seul fait chromosomique qu'elles possèdent un double X infamant, des millions de futures femmes ne verront pas le jour. Peut-on appeler cela un gynécide ?

Ce n'est pas un hasard si c'est Amartya Sen qui a lancé ce cri et ce chiffre alarmants de cent millions d'absentes. Dans ses livres et ses discours, il n'emploie que le féminin lorsqu'il parle d'une personne, qu'elle soit un homme ou une femme. Cet Indien bengali cherche à savoir comment procéder pour éliminer les " injustices réparables ". Ce n'est toujours pas un hasard si ce sont des femmes qui, en Inde et en Chine, cherchent à mettre fin à ces " injustices réparables ", elles se sont mises à rechercher les disparues, à convaincre les mères, les familles, les municipalités, les Etats, que l'avenir de notre planète passait par les femmes. Bref, que celles-ci ne sont pas des parasites sociaux. " Eduquer un homme, c'est éduquer un individu. Eduquer une femme, c'est éduquer une famille ", prophétisait Gandhi.

Mais les misères, intellectuelle et sociale, ne sont pas les seules causes de ces disparitions de masse, la religion qui discrimine les femmes depuis quatorze siècles dans le monde musulman cloue au pilori, lapide, brûle, chaque jour, des centaines de jeunes femmes. Dans le seul Pakistan, durant ces dix dernières années, dans les villes jumelles d'Islamabad et de Rawalpindi, ce sont cinq mille femmes et filles jugées coupables de désobéissance qui ont été aspergées de kérosène, d'acide, puis immolées par les membres de leur famille ou de leur belle-famille ! Benazir Bhutto y fut assassinée, Taslima Nasreen (Bangladesh) et Shirin Ebadi (Iran), Prix Nobel de la paix, vivent en exil. " La majorité des occupants de l'enfer seront des femmes, qui jurent trop et sont ingrates envers leurs époux ", a éructé Muhammad Imran, cité en exergue du livre de Manon Loizeau.

Elle est longue la liste des exactions commises envers l'autre moitié du ciel : esclavage moderne en Asie, au Moyen-Orient comme en Occident, femmes battues (une morte chaque deux jours en France), discrimination à l'embauche, absence coupable dans la plupart des parlements européens, des postes de décision économique... Un autre fléau les frappe, le sida devenu première cause de mortalité des femmes dans une majorité des pays d'Afrique, Même si elles occupent nombre de places visibles sur nos écrans télé, en Occident, les femmes ne meurent pas en premier lieu d'être femmes, elles souffrent, dans des mondes moins lumineux, de n'être que des ombres, des doublures, des êtres de second rang. " La femme est l'avenir de l'homme ", a chanté Aragon. Seule une longue marche de l'humanité pourra parvenir, un jour peut-être, à faire coïncider Réel et Poésie.

Yves Simon »

Romancier et auteur-compositeur. A reçu le prix Médicis pour " La Dérive des sentiments " et le Grand Prix Chanson de l'Académie française pour son oeuvre discographique. Dernier roman : " Je voudrais tant revenir " (Seuil, 2007). Dernier CD : " Rumeurs " (Barclay/Universal, 2007)

 

11/08/2010

Halte au travail des enfants !

CIMG6145.JPGLe travail des enfants en dessous de 2 ans devrait être strictement interdit !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19:04 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0)

31/05/2010

"Le crépuscule d'une idole" de Michel Onfray

"Le crépuscule d'une idole, l'affabulation freudienne"

 

285.jpgCe qui nous pousse à n'accorder aux Philosophes, dans leur ensemble, qu'un regard où se mêlent méfiance et raillerie, ce n'est pas tant de découvrir à tout bout de champ combien ils sont innocents, combien de fois et avec quelle facilité ils se trompent et s'égarent, bref, quelle puérilité est la leur, quel enfantillage; c'est de voir avec quel manque de sincérité ils élèvent un concert unanime de vertueuses et bruyants protestations dès que l'on touche, même de loin, au problème de leur sincérité. Ils font tous comme s'ils avaient découvert et conquis leurs opinions propres par l'exercice spontané d'une dialectique pure, froide et divinement impassible (à la différence des mystiques de toute classe, qui, plus honnêtes et plus balourds, parlent de leur « inspiration » ), alors que le plus souvent c'est une affirmation arbitraire, une lubie, une « intuition », et plus souvent encore un vœu très cher mais quintessencié et soigneusement passé au tamis, qu'ils défendent par des raisons inventées après coup. Tous sont, quoi qu'ils en aient, les avocats et souvent même les astucieux défenseurs de leurs préjugés, baptisés par eux « vérités ».

NIETZSCHE, Par-delà le bien et le mal, 1ere partie, § 5.

 

 

C’est par cette citation que Michel Onfray ouvre cet essai sur Freud. Fidèle à sa méthode, il déclare son projet de se livrer à une "psychobiographie nietzschéenne" de l’homme Freud, ce qui le conduit à trois types de critiques :

 

 

1. Critiques envers l’homme

Freud récuse la philosophie. Il se veut scientifique, dans la filiation de Copernic et de Darwin, mais sa méthode procède de la pensée magique. Tout au long de sa vie, il a expérimenté puis abandonné tout un capharnaüm de techniques : injection de cocaïne, traitement galvanique, électrothérapie, psychophore, hypnose, il s’est même intéressé aux sciences occultes, spiritisme, transmission de pensée.

 

Freud est obsédé par la célébrité à laquelle il aspire, il a passé sa vie à sculpter sa propre statue, à bâtir sa légende. "La consigne ontologique demeure la suivante : Freud découvre tout à partir de son seul génie, il dispose de la grâce, rien ni personne ne saurait l'influencer."

Freud a beaucoup critiqué, a usé de l’insulte, d’agressivité et de mépris. La liste est longue de ses amis qu’il a reniés, voire « excommuniés », après s’être servis d’eux.

 

Freud est un affabulateur, un menteur, un falsificateur, un manipulateur qui a beaucoup lu, beaucoup emprunté sans le reconnaître. Freud a détruit ses journaux intimes et sa correspondance, il a pratiqué le déni et la réécriture du passé.

 

Cocaïnomane dépressif, victime d’une histoire familiale chargée, Freud était en fait atteint d’une psychonévrose grave. Dans sa « découverte » de la psychanalyse, il a théorisé sa propre histoire.

 

Si la psychanalyse s'applique sans doute à Freud et à ses névroses, elle ne saurait prétendre à l'universalité. Freud a donc pris son cas... pour une généralité. Thérapeute touche-à-tout, il n’a jamais guéri que sur le papier.

Enfin, Freud n’est pas un progressiste, c’est un conservateur qui a même un penchant pour les régimes autoritaires.

 

Tout cela paraît excessif ? Et bien pas tellement au vu des références nombreuses, car Freud n’a pas pu détruire toute sa correspondance (dont ses lettres, terribles pour lui, envoyées à Wilhelm Fliess)[1]

Et ce que dénonce Michel Onfray est dans la droite ligne de nombreuses études critiques qui ont été produites par des auteurs aussi différents que Gaston Bachelard, Albert Béguin, Théodore Caplow, Robert Castel, Jean Château, Pierre Debray-Ritzen,Gilbert Durand, Henri Ey, H. J. Eysenck, Michel Foucault, Pierre-P. Grassé, Ludwig Klages, Arthur Koestler, Stéphane Lupasco, Karl Popper, Theodor Roszack, Jean-Paul Sartre, Jacques Van Rillaer, Ludwig Wittgenstein, Clara Zetkin.

On peut aussi citer "Le livre noir de la psychanalyse" publié en 2004, sous la direction de Catherine Meyer.

 

Il faut cependant reconnaître à Michel Onfray son hommage à Freud en tant que philosophe et  la gratitude qu’il lui porte pour ses écrits sur la sexualité qui ont « illuminé » son adolescence.

 

 

 

2. Critiques envers la théorie

Partant donc de cette psychobiographie, Michel Onfray s’attaque à la théorie psychanalytique elle-même. Il présente cinq thèses, bien argumentées et étayées, n’en déplaise à Elisabeth Roudinesco, sur une solide  bibliographie et de nombreuses références.

Thèse n° 1 : La psychanalyse dénie la philosophie, mais elle est elle-même une philosophie

Thèse n° 2 : La psychanalyse ne relève pas de la science, mais d’une autobiographie philosophique

Thèse n° 3 : La psychanalyse n’est pas un continuum scientifique, mais un capharnaüm existentiel

Thèse n° 4 : La technique psychanalytique relève de la pensée magique

Thèse n° 5 : La psychanalyse n’est pas libérale, mais conservatrice

 

Oui, mais reste la question essentielle : pourquoi cela a-t-il marché ? Pourquoi Freud a-t-il réussi à tromper son monde et la psychanalyse à influencer durablement le 20eme siècle ? Il y a deux types d’explications : celle d’Onfray et celle donné par Henri F. Ellenberger dans son ouvrage principal, A la découverte de l'inconscient[2]

 

Michel Onfray donne cinq raisons à la réussite de Freud :
1. Freud a fait entrer le sexe dans la pensée occidentale et ce discours était attendu

2. Freud a mis en place une organisation militante très hiérarchisée

3. Freud a créé une religion et une église

4. Le 20eme siècle a été celui de la pulsion de mort en adéquation avec le nihilisme freudien

5. Après 68, Marcuse et le freudo-marxisme ont remis Feud au goût du jour.

 

Henri F. Ellenberger, lui avance l’hypothèse de la « maladie créatrice de Freud » :

De toute évidence, l'atmosphère de légende, qui marque les origines de la psychanalyse selon Ellenberger, justifie davantage les critiques actuelles du freudisme qu'elle n’explique son succès passé. « La psychanalyse, dès ses origines, s'est développée dans une atmosphère de légende, si bien qu'une appréciation objective ne sera guère possible avant que l'on ait su dégager les données authentiquement historiques de cette brume de légendes. […] Malheureusement, l'étude scientifique des légendes, de leur structure thématique, de leur développement, de leurs causes reste une des provinces les moins explorées de la science. [...] Un coup d'œil rapide sur la légende freudienne révèle deux traits essentiels. Le premier est le thème du héros solitaire, en butte à une armée d'ennemis, subissant, comme Hamlet, ''les coups d'un destin outrageant'' mais finissant par en triompher. La légende exagère considérablement la portée et le rôle de l'antisémitisme, de l'hostilité des milieux universitaires et des prétendus préjugés victoriens. En second lieu, la légende freudienne passe à peu près complètement sous silence le milieu scientifique et culturel dans lequel s'est développée la psychanalyse, d'où le thème de l'originalité absolue de ce qu'elle a apporté: on attribue ainsi au héros le mérite des contributions de ses prédécesseurs, de ses associés, de ses disciples, de ses rivaux et de ses contemporains en général.»

 

«Mais c'est surtout, croyons-nous, de la maladie créatrice de Freud que procèdent les principes essentiels de la psychanalyse: les notions de sexualité infantile, de libido avec ses étapes successives, ses fixations et sa transformation possible en angoisse, la situation œdipienne, le roman familial, la théorie des rêves, des actes manqués et des souvenirs-écrans, la conception des symptômes comme substituts des désirs, l'idée que les phantasmes jouent un rôle essentiel dans les névroses et dans la création poétique, et que les tout premiers phantasmes, comme les premières expériences sexuelles authentiques, exercent une influence primordiale sur la destinée des individus.»

 

 

3. Critique envers la pratique

Reste enfin, et c’est sans doute l’essentiel, la critique de la pratique c'est-à-dire de la « cure psychanalytique », telle qu’elle a été pratiquée puis théorisée par Freud et telle qu’elle est encore pratiquée de nos jours par les orthodoxes freudiens.

 

La cure coûte cher et est réservée aux riches. L’acte de payer (en liquide) fait partie de la cure.

Freud n’aimait pas soigner les pauvres et ne s’en est pas caché. Il considérait même qu’il y avait contre-indication. « Le névrosé pauvre ne peut que très difficilement se débarrasser de sa névrose. Ne lui rend-elle pas en effet dans sa lutte pour la vie de signalés services ? Le profit secondaire qu’il en tire est très considérable.  La pitié que les hommes refusaient à sa misère matérielle, il la revendique maintenant au nom de sa névrose  et se libère de l’obligation de lutter par le travail contre sa pauvreté » Freud, Le début du traitement.

 

Il n’existe pas d’indication précise sur le type de trouble que peut soigner une cure. Nombre d’analystes prétendent soigner des troubles qui ne relèvent pas de la névrose.

 

Le psychanalyste, dans son déni du corps, vit dans un monde de fiction, de concepts et d’idées, qu’il se soucie peu d’expliquer à l’analysant : libido, pulsions, instincts, Œdipe, horde primitive, meurtre du père, refoulement, sublimation, Moïse, névrose, psychopathologie, …

 

Les règles édictées par Freud concernant la cure ont souvent été violées, et en premier par lui-même

 

La cure sacralise la relation analyste-analysant (où l’analyste est tout puissant), refusant toute médiation extérieure, même ponctuelle.

 

L’analyste peut n’avoir jamais fait d’étude de médecine. Le seul critère pour devenir analyste est d’avoir été analysé. Et encore Freud ne respectera pas toujours cette règle. Confronté à la question de savoir comment débusquer un charlatan en psychanalyse, Freud répond dans « La question de l’analyse » que ce n’est pas une question de diplômes mais que le charlatan est  « celui qui entreprend un traitement sans posséder les connaissances et les capacités requises ».

 

La cure n’est pas efficace. Elle peut être sans fin, car sans objectif précis. Il n’existe pas de critère clair pour décider de la fin d’une cure.

 

 

Le salon des cartes postales freudiennes

Et pour conclure avec plus de légèreté, pourquoi ne pas se promener dans le salon des cartes freudiennes que Michel Onfray nous invite à déconstruire à l’aide de ses contre-cartes postales.

 

« Qu’est-ce qu’une carte postale en philosophie ? Un cliché obtenu par simplification outrancière, une icône apparentée à une image pieuse, une photographie simple, efficace, qui se propose de dire la vérité d’un lieu ou d’un moment à partie d’une mise en scène, d’un découpage, d’un cadrage arbitrairement effectué dans une totalité vivante mutilée. Une carte postale, c’est le fragment sec d’une réalité humide, une performance scénographique qui dissimula les coulisses, un morceau du monde lyophilisé et présenté sous les meilleurs atours, un animal empaillé, un faux-semblant. »

 

 

 

 

 


Carte postale n° 1 :

Freud a découvert l'inconscient tout seul à l'aide d'une autoanalyse extrêmement audacieuse et courageuse.

Contre-carte postale n°1

Freud a formulé son hypothèse de l’inconscient dans un bain historique dix-neuviémiste, suite à de nombreuses lectures, notamment philosophique (Schopenhauer et Nietzsche pour les plus importantes), mais également scientifiques.

Carte postale n° 2 :

Le lapsus, l'acte manqué, le mot d'esprit, l'oubli des noms propres, la méprise témoignent d'une psychopathologie par laquelle on accède à l'inconscient.

Contre-carte postale n° 2 :

Les différents accidents de la psychopathologie de la vie quotidienne font effectivement sens, mais aucunement dans la perspective d'un refoulement strictement libidinal et encore moins œdipien

Carte postale n° 3 :

Le rêve est interprétable : en tant qu'expression travestie d'un désir refoulé, il est la voie royale qui mène à l'inconscient.

Contre-carte postale n° 3 :

Le rêve a bien un sens, mais dans la même perspective que dans la proposition précédente: nullement dans une configuration spécifiquement libidinale ou œdipienne.

Carte postale n° 4 :

La psychanalyse procède d'observations cliniques : elle relève de la science.

Contre-carte postale n° 4 :

La psychanalyse est une discipline qui relève de la psy­chologie littéraire, elle procède de l'autobiographique de son inventeur et fonctionne à ravir pour le comprendre, lui et lui seul.

Carte postale n° 5 :

Freud a découvert une technique qui, via la cure et le divan, permet de soigner et de guérir les psychopathologies.

Contre-carte postale n° 5 :

La thérapie analytique illustre une branche de la pensée magique: elle soigne dans la stricte limite de l'effet placebo.

Carte postale n° 6 :

La conscientisation d'un refoulement obtenue lors de l'analyse entraîne la disparition du symptôme.

Contre-carte postale n° 6 :

La conscientisation d'un refoulement n'a jamais causé mécaniquement la disparition des symptômes, encore moins la guérison.

Carte postale n° 7 :

Le complexe d'Oedipe, en vertu duquel l'enfant désire sexuellement le parent du sexe opposé et considère le parent du sexe opposé comme un rival à tuer symboliquement, est universel

Contre-carte postale n° 7 :

Loin d'être universel, le complexe d'Œdipe manifeste le souhait infantile du seul Sigmund Freud.

Carte postale n°8
La résistance à la psychanalyse prouve l’existence d’une névrose chez le sujet

Contre-carte postale n° 8 :

Le refus de la pensée magique n'oblige nullement à remettre son destin entre les mains du sorcier.

Carte postale n°9

La psychanalyse est une discipline émancipatrice

Contre-carte postale n° 9 :

Sous couvert d’émancipation, la psychanalyse a déplacé les interdits constitutifs du psychologisme, cette religion séculaire d’après la religion

 

Carte postale n°10

Freud incarne la permanence de la rationalité critique emblématique de la philosophie des lumières

Contre-carte postale n° 10 :

Freud incarne ce qui, à l’époque des Lumières historiques, se nommait l’antiphilosophie – une formule philosophique de la négation de la philosophie rationaliste.

 

 



[1] Il reste encore sans doute beaucoup à découvrir dans les archives Freud à la bibliothèque du Congrès Américain, “sous scellés”, jusqu’en l’année 2057.

[2] A la découverte de l'inconscient, SIMEP, 1974, (ISBN 285334097X), réédité sous le titre Histoire de l'inconscient, Fayard, 2001, 975 pages, (ISBN 2213610908)

28/05/2010

En finir avec la pauvreté : Une utopie ?


Hier soir projection à Cucuron du film : « La fin de la pauvreté ? » et débat avec Philippe Diaz.

 

Attention, démarche originale !

 

Faire du cinéma une arme de combat. Créer aux Etat-Unis une société de production indépendante   Libre cinéma studio destinée à promouvoir 'des films qui peuvent changer les choses'.

Cela ne paraît pas évident.  C’est pourtant ce qu’a fait Philippe Diaz, philosophe de formation, cinéphile et militant alter-mondialiste.

 

Voyez plutôt :

En 1999, il signe 'Nouvel ordre mondial, quelque part en Afrique', premier long métrage documentaire qui confronte famine et troubles politiques en Sierra Leone.

En 2006 il récidive avec 'The Empire in Africa', coproduit par l'ONG Action contre la faim et de nouveau centré sur la guerre civile en Sierra Leone'

Il revient aujourd'hui avec 'La Fin de la pauvreté'.

 

21280.jpg« A partir d’une question simple - “avec tant de richesses dans le monde, pourquoi y a-t-il encore tant de pauvreté ?” -, il dresse un réquisitoire percutant contre le neo-libéralisme . A la fois didactique et corrosif, le film déploie un argumentaire solide, essentiellement fondé sur une collecte rigoureuse de l’information. Historiens, économistes, professeurs et autres “tueurs économiques” repentis se succèdent et font écho aux témoignages de victimes de la pauvreté. En seulement trois chapitres - origines, conséquences et solutions au déséquilibre économique Nord/Sud - il dresse un raisonnement aussi original que convaincant. Selon la thèse de l’économiste Jeffrey David Sachs, à laquelle le film doit son titre, “le capitalisme ne peut fonctionner sans pauvreté”.  Si Philippe Diaz condamne en premier lieu l’esclavagisme et le colonialisme, responsables de l’asphyxie économique des pays en développement, il tire à boulets rouges sur ses acteurs contemporains, Fonds monétaire international et Banque mondiale en tête. Politiquement très incorrect, il déterre coups d’Etats géostratégiques et fustige logiques de privatisation exacerbées. Au même titre que ‘We Feed the World[1]’ en 2005, ‘La Fin de la pauvreté ?’ incite par exemple à repenser les ressources naturelles telles que l’eau en biens communs et non en produits marchands. A contre-courant du néolibéralisme actuel, Philippe Diaz invite chacun à faire marche arrière, plaidant la décroissance comme seule issue de secours. Un documentaire frontal, honnête et lucide, un puissant contre-pouvoir citoyen. »

 

Si le constat est bien étayé en ce qui concerne L’Afrique et l’Amérique de Sud on reste un peu sur sa faim concernant le mode de développement de l’Inde et surtout sur celui de la Chine.

 

Le documentaire conclut sur l’impossibilité d’en finir avec la pauvreté sans passer par la décroissance des pays riches dont l’emprunte écologique est démesurée et donc le modèle non généralisable.

 

Il faut donc saluer ce réquisitoire salutaire et le diffuser le plus possible comme élément de prise de conscience de l’absurdité du système économique qui met en coupe réglée notre planète.

 

On attend maintenant le prochain épisode qui pourrait aborder la question suivante : comment s’opposer efficacement au néolibéralisme et l’idéologie répandue par ses armées d’experts et d’économistes,  thuriféraires de tous poils qui ne croient que dans la religion de la croissance.  Et surtout comment mettre au pas le capitalisme financier et ses fameux marchés, qui spéculent sur tout et de plus en plus sur la pauvreté.

 

 

 

La fin de la pauvreté ?

Documentaire écrit et réalisé par Philippe Diaz

Avec la voix de:
Charles Berling (version française)
Martin Sheen (version internationale)

Participants : SUSAN GEORGE Présidente d’Honneur de ATTAC France ; Présidente du Conseil du Transnational Institute
JOHN PERKINS Auteur du best-seller « Confessions d’un tueur à gages économique »
AMARTYA SEN Prix Nobel d’Économie (1998)
JOSEPH STIGLITZ Prix Nobel d’Économie (2001) et ancien économiste en chef de la Banque Mondiale
ERIC TOUSSAINT Président du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde….

 

http://www.cinemalibrestudio.com/company.html



[1] We Feed the World - le marché de la faim, de Erwin Wagenhofer (2005)

25/05/2010

Prénoms : soyons créatifs !

Pompier St Nicolas

 

A Clément !

 

Il est de tradition, sur nos terres européennes, de choisir les prénoms dans la kyrielle des saints patrons d’origine chrétienne et autres héros nationaux. C’est une coutume bien ennuyeuse. Outre le fait que la plupart sont souvent de tristes modèles (guerriers, saints, martyrs, et autres ecclésiastiques …), il serait temps de choisir d’autres sources d’inspiration. En effet, au moins en France, l'article 57 du Code civil français prévoit qu'on peut donner n'importe quel prénom à son enfant, dans la mesure où il ne porte préjudice ni au droit des tiers ni à l'enfant

Nos compatriotes des Antilles avaient innové en choisissant des prénoms plus festifs, par exemple fetnat, armistice, fête du travail, premier mai.

Après la révolution française, on avait aussi fait preuve de beaucoup d’inventivité : Brutus, Désir de la paix, Jonquille, Floréal, Liberté, Égalité, Bourrache, Aristide, Catinette Victoire Ostende, Consoude selon la loi, Montagnard, Patriophile, Vertu Constance, David Défenseur, Nicolas Égalité.

 

Mais la palme de la créativité revient à mon avis à Clément (2 ans ½, Mons, Belgique) qui avait trouvé pour son petit frère, qui vient de naître, un prénom qui me paraissait concilier tradition et créativité : Pompier Saint Nicolas. Mais l’histoire ne s’est pas terminée comme il l’avait rêvée : écoutez plutôt ce qu’il en est advenu :


podcast

 

(Pour écouter la chanson cliquez sur la flèche).

18:00 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prénom, créativité

17/05/2010

Faut-il tuer le père (le jazz américain) ?

Café philo

 

Du 10 au 16 mai, a eu lieu à Apt, le 20eme festival LuberonJazz, et dans ce cadre, le café philo d’Apt avait décidé d’aborder le thème :

LE JAZZ EUROPEEN PEUT-IL TUER LE « PÈRE » ?


Café philo d’Apt animé par Philippe Mengue
Invités :
Armand Meignan - directeur-fondateur de l’Europajazz au Mans, président de l’Afijma (association des festivals innovants en jazz et musiques actuelles), directeur artistique des RDV de l’Erdre à Nantes
Jean-Alain Cayla - maire de Buoux
Philippe Porret – psychanalyste

« Il y a à peine vingt ans programmer du jazz européen dans un festival de jazz français paraissait d’une folle audace, en dehors des pionniers du genre (Europajazz Le Mans, Grenoble Jazz Festival puis Jazz à Mulhouse ou les Rencontres Internationales de Nevers…). Aujourd’hui c’est devenu presque banal, et la programmation des festivals hexagonaux (même les plus américanisés : Marciac, Vienne) s’enrichit de ces musiciens européens, nourris aux sources même de la musique afro-américaine, mais capables de produire un jazz créatif et métissé, très original, qui n’a plus de leçons à recevoir des Amériques ! Pourquoi ce changement majeur ? Est-ce que ce jazz européen, occupant désormais largement “les réseaux de diffusion” peut tuer le “Père” ? »

Armand Meignan ouvre le débat par une courte histoire du jazz, de ses origines (fin 19 eme) jusqu’à nos jours, en insistant sur quatre grandes phases : Classique, Be-bop, Free jazz et aujourd’hui Free music).

S’ensuit une discussion sur la nécessité de définir ce qu’est le jazz (thème du café philo de 2009) et à la conclusion que ce n’est pas évident de définir ce qu’est le jazz aujourd’hui.

Un accord se fait sur la définition suivante : le jazz se définit par
- Son origine
- son tempo : le swing
- un large recours à l’improvisation
- ses instruments et ses types de formation

django.jpgQuant à son histoire, elle est essentiellement américaine jusque dans les années 50. En Europe, à partir des années 30, c’est surtout Django Reinhardt et son alter ego, Stéphane Grapelli. Ce n’est qu’à partir des années 40 et l’après guerre que le jazz explose d’abord en France et les pays scandinaves puis dans toute l’Europe.

Plusieurs intervenants contestent l’idée d’opposer le jazz européens au « père » américain. Le jazz, dans ses diverses formes constitue une communauté où les musiciens se sont toujours rencontrés.

Jean-Alain Cayla insiste sur la richesse des variétés du jazz notamment dans la dernière période et il insiste sur ce qui fait vraiment le cœur du jazz : le swing.


Armand Meignan, en bon connaisseur du monde du jazz et de ses festivals a ensuite montré toute la richesse de son développement en Europe et la fait qu'il se développe aujourd'hui de façon autonome, le jazz américain étant devenu presque marginal dans la plupart des festivals.


Philippe Poret aborde alors la question de ce que signifie : Tuer le père ? Il dit avoir dans un premier temps rejeté cette formulation du thème du café philo, puis, dans un second temps l’avoir trouvée pertinente si on l’examine suivant ses deux modalités résumées à travers les deux exemples suivants :

1. Brutus tue César (son père adoptif) pour le renverser et prendre sa place. Mais il se substitue à lui dans son rôle sans rien y changer.

2. Dans Totem et Tabou, Freud, s'inspirant d'une conviction de Darwin, suppose à l'origine de l'humanité une horde primitive, groupement humain sous l'autorité d'un père tout-puissant qui possède seul l'accès aux femmes. Il présuppose alors que les fils du père, jaloux de ne pouvoir posséder les femmes, se rebellent un jour et le tue, pour le manger en un repas totémique. Ce meurtre du père est la base des liens sociaux et des nouvelles règles (interdiction de l’inceste et du parricide).

Un intervenant se demande si l’après-guerre n’a pas produit en Europe un stéréotype du jazz (symbole de libération festive, image du GI noir américain, …). Ce serait pour se libérer de ce stéréotype, que le jazz européen aurait remis en cause, à partir des années 60, la suprématie du jazz américain.

Armand Meignan précise que cette remise en cause a été contemporaine des mouvements de contestation plus politiques liés à la guerre du Vietnam et l'image dégradée des Etats-Unis en Europe dans les années 60.

Philippe Poret émet l'hypothèse que tout mouvement musical se développe sur un "capital douleur". Pour le jazz, ce fût le cri des esclaves noirs américains, (pour le rap c'est le cri des cités). Se poserait donc aujourd'hui la question du rapport du jazz moderne avec ses origines.

 

En conclusion, Philippe Mengue se pose la question de la pertinence du sujet compte tenu de la difficulté de cerner ce qu’est exactement le jazz. Mais que ce débat a en effet permis de progresser dans cette tentative.

Cela pouvait paraître singulier d'organiser un café-philo sur le Jazz, mais j'ai personnellement trouvé que c'était une bonne introduction à ce festival.

 

 

425px-Jazz-styles.svg.png

 

Quelques liens

Sur l’histoire du Jazz

http://www.ambfrance.fr/article.php?ida=265

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jazz

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_jazz


Sur LuberonJazz
www.luberonjazz.net

http://www.myspace.com/luberonjazz1


Sur le Café philo d’Apt
www.cafe-philo.fr

13/05/2010

Lancer un café philo

 

« C’est un phénomène récent que le débat philosophique se soit installé dans des  lieux publics qui n’étaient a priori nullement destinés à cet usage : cafés, brasseries… L’émergence de ce phénomène est liée au besoin ressenti dans la population - partout dans le monde - de poser, de nouveau au coeur des villes, des questions importantes sur le sens de la vie et l’actualité.

En 1992, à Paris, au Café des Phares, place de la Bastille, un débat prend corps autour de Marc Sautet, philosophe, et de quelques amis. La conversation gagne les consommateurs… Puis elle gagnera en temps, en régularité, en participants et en animateurs. Ce premier Café philo se réunit toujours à Paris, les dimanches à 11h, et il a essaimé partout en France et dans le monde. »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Caf%C3%A9_philosophique

 

« Ni cercle pour initiés ni groupe de thérapie sauvage, le débat du Café des Phares a trouvé son « créneau » au fil des semaines et des mois. Les deux tendances ont coexisté mais se sont neutralisées mutuellement. Leur conflit laisse désormais la voie libre à quelque chose de tout différent : on ne parle pas pour faire taire les autres mais pour réfléchir avec eux ; on ne parle pas de soi pour se raconter mais pour défendre une opinion et la soumettre à l'examen de tous. Naturellement, les nouveaux, ceux qui viennent pour « la première fois » (comme cette expression est désormais suspecte!), ont tendance à retomber dans un travers ou l'autre. Mais, assez vite, ils comprennent qu'ils font fausse route et s'adaptent ou disparaissent. »

Marc Sautet, Un café pour Socrate, Éditions Robert Laffont © 1995.

http://www.philo5.com/Mes%20lectures/SautetMarc_UnCafePou...

 

Pourquoi ne pas lancer un café-philo dans votre commune ?

Pour lancer un Café philo, il faut un lieu accueillant, des organisateurs et des animateurs compétents et un minimum de règles résumées dans une charte acceptée par tous.

Les animateurs
Un modérateur qui veille à  réguler les échanges, à faire respecter la liberté d’opinion et à  faire rebondir le débat, mais aussi à assigner à celui-ci une cohérence, afin d’orienter et approfondir la problématique

Un ou plusieurs présentateurs. C’est l’occasion d’ouvrir le cercle du café philo à de nouveaux intervenant, à l’occasion des évènements de la vie locale. Mais le café-philo étant avant tout un lieu de débat, on évitera tout cours professoral, tout one-man-show. Les présentations devront être courtes (30 mn maximum) et devront essentiellement expliciter les thèmes soumis au débat, ouvrir des problématiques et éviter l’exposition de convictions, sauf en cas de présentations contradictoires.

 

 

La charte

On l’aura compris, l’attrait et la spécificité du Café Philo tiennent aussi et avant tout à l’ouverture de ses débats et à son indépendance qui peut être l’objet d’une charte.

 

Voici quelques exemples de chartes :

 

http://alderan.association.perso.neuf.fr/cariboost_files/...

http://www.cafephilo.be/charte.php

http://www.crdp-montpellier.fr/ressources/agora/D010013A....

http://cafephiloweb.free.fr/cpwt/contrib/debat10.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Caf%C3%A9_philosophique

 

Un minimum de structure
Pour éviter que le café philo ne soit la chose de quelques-uns, voire l’objet d’accaparation ou de récupération, on mettra en place une structure démocratique de type association 1901. On peut faire plus léger, l’important c’est qu’il existe un noyau d’animation ouvert qui gère le pourquoi, le quoi et le comment.

Il se réunira entre chaque café-philo pour un bilan, la sélection des thèmes à venir et la préparation des prochains café-philos. Il sera ouvert à tous ceux qui veulent apporter leur contribution.

 

Une liste de cafés-philo sur Internet :

http://cafephiloweb.free.fr/cpwt/liens2.htm

10/05/2010

Aimez les en tout tranquillité

A Laetitia et à Thomas

 

Nos amies les bêtes


Voici ce que j'ai reçu dans ma boîte EMail :

Aimez les en tout tranquillité !


Numériser.jpgIl faut donc maintenant une assurance protection santé pour les chiens et les chats ... (jusqu'à 2500 € remboursés par an) !

http://www.assurance-internet.fr/chienchat/Devis.aspx



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