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03/05/2011

Nucléaire : le patronat japonais sans pudeur

LEMONDE.FR avec AFP | 02.05.11 | 20h35 • Mis à jour le 02.05.11 | 21h26

Fukushima : le patronat japonais souhaite que l'Etat indemnise les riverains

Selon M. Hiromasa, "le gouvernement doit continuer à aider Tepco et doit aussi indemniser ces habitants".AFP/ERIC PIERMONT

Se montrant extrêmement critique vis-à-vis de son gouvernement, le chef du patronat japonais, Yonekura Hiromasa, a estimé, lundi 2 mai, qu'il revenait à l'Etat, et non à l'opérateur de Fukushima, d'indemniser les riverains de la centrale nucléaire accidentée lors du séisme et du tsunami du 11 mars.

"Le gouvernement se défausse pour n'assumer aucune responsabilité", a dénoncé le président de la fédération Keidanren dans un entretien accordé à l'AFP, prenant la défense de la société Tokyo Electric Power (Tepco), critiquée pour sa gestion de l'accident nucléaire. "Je critique ouvertement le gouvernement au sujet des indemnisations", a-t-il ajouté.
Selon M. Hiromasa, "le gouvernement doit continuer à aider Tepco et doit aussi indemniser ces habitants". "Ils ont toujours dit que Tepco était responsable de ces indemnisations, mais ce n'est pas vrai au regard de la loi", a-t-il insisté."

Le patronat japonais a le mérite de parler clair, à savoir que les salaires mirobolants et les profits sont pour les patrons et les détenteurs du capital, tandis que les risques, les coûts non prévus doivent être supportés par "le gouvernement", doux euphémisme pour désigner le contribuable, c'est à dire le peuple japonais et les salariés exploités par ces mêmes patrons.

Et dans le même temps les conséquences de Tchernobyl sont aussi assumées dans leurs corps par les peuples ukrainines, russes et bielorusses. Cela n'empêche pas de dormir les experts du Forum Tchernobyl

qui nient toutes conséquences sur la santé de ces populations. 

Et c'est autour d'autres contribuables de payer pour financer le deuxième "sarcophage" qui doit permettre (pour combien de temps ?) de refermer la boite de pandore.

Donc, après la crise financière et maintenant les catastrophes nucléaires,  c'est devenu la règle : le sauvetage des entreprises privées ou publiques ou bien le nettoyage des écuries d'Augias, sont du domaine public et leur coût doit être assuré par le contribuable.

Conseillons à l'Institut Montaigne (le machin de BéBéar, ancien patron d'AXA qui déshonore le nom de Montaigne) d'intégrer cette nouvelle donne dans leur croisade contre l'éolien (et pour le nucléaire), dont l'argument principal est le faible coût du nucléaire par rapport aux énergie renouvelables.

http://www.institutmontaigne.org/eoliennes-2885.html

 

Marx et Keynes, au secours, revenez vite, ils sont devenus fous !

 

05/04/2011

Calcul de probabilité d'accident en fonction de risques indépendants


Un enfant de cinq ans comprendrait cela !
Allez donc me chercher un enfant de cinq ans ! 

Groucho Marx

 

 

Problème du conducteur et de l'accident

On suppose connues, et indépendantes, les probabilités d’avoir un accident : 
• Si l’on roule sans permis = p1 
• Si l’on roule sur verglas = p2 
• Si l’on roule ayant trop bu = p3 

Toto, qui n’a pas son permis, ayant bu, emprunte la voiture de Papa un jour de verglas. 

Existe-t-il une formule donnant la probabilité P pour Toto d’avoir un accident en fonction de p1, p2, p3? 

 

Pour effectuer ce calcul, il faut se ramener à une situation de probabilités conditionnelles et indépendantes, ce qui permettra ensuite de multiplier les probabilités.

Ici on va raisonner sur les probabilité de ne pas avoir d'accident.
Proba de 0 accident si l’on roule sans permis : (1- p1)
Proba de 0 accident si l’on roule sur verglas : (1-p2)
P
roba de 0 accident si l’on roule ayant trop bu : (1-p3)

Pour obtenir la probabilité de 0 accident si l’on roule sans permis et sur verglas et ayant trop bu, il faut multiplier les proba liés à la conjonction des 3 situations :

(1-p1)(1-p2)(1-p3)

D'où la probabilité d'avoir au moins un accident en cumulant les 3 conditions :

P= 1-(1-p1)(1-p2)(1-p3)

 

 

 

Problème du nucléaire et de l'accident

Appliquée au calcul de risques d'accident nucléaire, il suffit de remplacer 

- risques si l’on roule sans permis par risques liés à la technique
-risques si l’on roule ayant trop bu par risques liés aux facteurs humains
-risques si l’on roule sur verglas par risques liés au catastrophe naturelles

 

Ce qui donne donc

Si 

·         Ptech = probabilité d’accident d’origine technique sur une année pour un réacteur

·         Phum = probabilité d’accident d’origine humaine sur une année pour un réacteur

·         Pnat = probabilité d’accident d’origine catastrophe naturelle sur une année pour un réacteur

 

Probabilité d'avoir au moins 1 accident sur 1 réacteur sur une période d' 1 an.

R(1,1) = 1 - (1 – Ptech)(1 – Phum)(1 – Pnat)

et

R(n, a) = probabilité d’au moins un accident majeur pour n réacteurs durant a années

R(n, a) = 1 - [(1 – Ptech)(1 – Phum)(1 – Pnat)]na

 

 

 

n = 430 réacteurs

 

a = 10 (on cherche le risque sur 10 ans)

 

Ptech = 5.10-5 
Pour un réacteur nucléaire à eau pressurisée, tels ceux exploités en Europe de l’Ouest, le risque de fusion du cœur est estimé à 5.10-5 par centrale et par an. Cf : wikipedia

 

Phum = 10-4 : 
Il y a eu 1 catastrophe majeure d'origine humaine sur un parc d'environ 500 réacteurs pendant 20 ans (évaluation un peu pifométrique sur la base d’accidents survenus jusqu’ à ce jour), ce qui donne une probabilité de : 1/500x20 = 10-4 accident par an et par réacteur

 

Pnat = 10-4 
Il y a eu 1 catastrophe d'origine naturelle  sur un parc d'environ  500 réacteurs pendant 20 ans (évaluation un peu pifométrique sur la base d’accidents survenus jusqu’ à ce jour), ce qui donne une probabilité de : 1/500x20 = 10-4 accident par an et par réacteur

 

 

 

R(430, 10) = 1 - (1 – 5. 10-5)4300. (1 – 10-4)4300. (1 – 10-4)4300 = 65,9%

 

 

 

Ce qui veut dire qu’il y a 2 « chances » sur 3 qu’il y ait un accident majeur dans les 10 ans qui viennent.

 

Cela fait réfléchir, non ?

04/04/2011

La radioactivité pour les nuls

 

Depuis la catastrophe de Fukushima fleurissent dans les journaux des termes mystérieux :

Becquerel, Gray, Sievert ou milli-Sievert, …

 Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'avoue que je ne comprenais rien aux mesures d'irradiations et de contaminations nucléaires.  Comment mesurer  la radioactivité des rejets des réacteurs ou des déchets radioactifs et les impacts sur les êtres vivants ? A l’aide de quels appareils et dans quelles unités ?

  Avant d’écrire cet article, c’était pour moi un mystère. C’est pourtant important. En préparation du débat national qui aura forcément lieu, de façon officielle ou officieuse, et dans la perspective d’un éventuel referendum, il va bien falloir se faire une idée.

 Or, force est de constater que  la désinformation règne.

 D‘un côté, les gouvernements et le lobby pro-nucléaire pratiquent la langue de bois, de l’autre côté les associations anti-nucléaires manquent de pédagogie et de réalisme en minimisant les nuisances ou les difficultés de mise en œuvre des autres formes d’énergie. De plus la cacophonie s’est amplifiée ces dernières années, avec les risques climatiques  liés à l’émission de gaz à effet de serre ; il y a même des écolos pro-nucléaires.

 

Les media, quant à eux,  disent un peu n’importe quoi, par manque de compétence, par manque de recul  ou bien du fait des contraintes de l’information en temps réel.

 

J’avoue que j’ai dû pas mal batailler pour trouver et des réponses claires et tenter de les exprimer simplement. A vous de juger si j'y suis parvenu. Vous trouverez en fin d’article les sources que j’ai utilisées (dont paradoxalement, pas mal de sites officiels). Mais vous pouvez- vous contenter du résumé qui suit :

 


1. Qu'est-ce que la radioactivité ?

 

Les atomes radioactifs

Dans la nature, la plupart des noyaux des atomes (constituant la matière) sont stables.  Les autres, ont des noyaux instables : ils présentent un excès de particules (protons, neutrons, ou les deux) qui les conduit à se transformer (par désintégration) en d’autres noyaux (stables ou non). On dit alors qu’ils sont radioactifs car en se transformant ils émettent des rayonnements ionisants.

La radioactivité est également produite de manière artificielle. En France, les trois quarts de la production d’électricité sont d’origine nucléaire. La radioactivité est aussi utilisée en chimie, biologie (étude des cellules), géologie, archéologie (datation au carbone 14), agriculture, et en médecine (diagnostic et traitement des cancers). Enfin, les utilisations sont multiples dans l’industrie, pour la conservation des aliments (ionisation), le contrôle des soudures en métallurgie, la stérilisation du matériel médical ou la détection des incendies. 

 

Les rayonnements ionisants

Emis ou non par une source radioactive, les rayonnements sont dits ionisants lorsque leur énergie est suffisante pour éjecter un ou plusieurs électrons des atomes de la matière qu’ils rencontrent. Ce phénomène est à l’origine de leurs effets biologiques sur les cellules vivantes dont ils peuvent altérer les structures moléculaires.

 Les rayonnements ionisants se distinguent par leur nature, leur origine et leur énergie. Ils se présentent, soit sous forme de particules tels les rayonnements alpha (α), les rayonnements bêta (β), des neutrons (n) ou des protons (p),  soit sous forme d’ondes électromagnétiques tels les rayons X et gamma (γ) (3).

 Ils se distinguent enfin par leur gamme d’énergie. Par ordre croissant d’énergie, on les classe ainsi : X, γ, β, p, n, α. Leur caractéristique commune est de posséder une énergie suffisante pour arracher des électrons aux  atomes de la matière qu’ils rencontrent. Ces atomes, qui ont perdu ainsi leur neutralité électrique, sont alors qualifiés d’ions. Lorsque ces rayonnements ionisent les atomes des molécules constituant les cellules vivantes, ils y provoquent des altérations pouvant conduire soit à leur destruction soit à des modifications de leur fonctionnement. Ils sont totalement imperceptibles à nos sens.

 

 

2. Comment mesure-t-on la radioactivité ?

 

Les unités de mesures de la radioactivité

Le Becquerel, le Gray, le Sievert sont les trois unités qui mesurent la radioactivité, son énergie et ses effets.

 Le Becquerel (Bq)

Il permet de mesurer le niveau de radioactivité, également appelé activité. Il correspond au nombre d’atomes qui se désintègrent par unité de temps (seconde).

 La dangerosité des rejets ou déchets radioactifs est  mesurée fonction de la masse en Bq /g ou en Bq/kg.

 

Le Gray (Gy)

Il permet de mesurer la quantité d’énergie absorbée (dose absorbée) par de la matière (organisme ou objet) exposée à des rayonnements ionisants. 1 Gray correspond à une énergie absorbée de 1 joule par kilo de matière.

 

Le Sievert (Sv)

Il permet d’évaluer les effets biologiques des rayonnements d’origine naturelle ou artificielle sur l’homme, en fonction du type de rayonnement.

 Pour la relation entre le Sievert et le Gray, voir en fin d'article.

 

Les appareils de mesure

On mesure les Becquerels et les Gray, mais on calcule les Sievert.

 Toutes les méthodes de détection sont fondées sur le fait qu’un rayonnement crée des ionisations (arrachements d’électrons aux atomes) et des excitations (transmission d’une quantité d’énergie aux atomes qui passent ainsi d’un état fondamental à un état excité), et donc laisse une trace au sein même de la matière.

Quel que soit le mode de fonctionnement d’un détecteur et donc le principe sur lequel s’appuie la détection des rayonnements, il est toujours constitué des mêmes éléments : 

·         un capteur au niveau duquel le rayonnement interagit avec la matière ;

·         un système d’amplification qui met en forme et amplifie le signal produit par la sonde ;

·         éventuellement un système de traitement du signal

·         un système d’affichage qui indique :

-  l’intensité du flux de particules : le compteur ;

-  l’énergie des particules : le spectromètre ;

-  la dose absorbée ou le débit de dose absorbée : le dosimètre ou le débitmètre.

 

 

Relations entre les trois unités

Très schématiquement, il est possible de mieux symboliser la relation entre ces trois unités avec l’image suivante : un enfant lance des balles en direction d’un camarade :

BeqGraySiev.jpg

 

Le nombre de balles envoyées par seconde peut se comparer au nombre de particules de rayonnement émises par une source radioactive, c’est-à-dire son activité(Becquerel) ;

Le nombre de balles reçues par son camarade et leur force représentent l'énergie absorbée par Kg (Gray) ;

Les marques laissées sur son corps, selon que les balles sont plus ou moins lourdes et véloces et que les points touchés sont plus ou moins sensibles, sont l’effet produit, et peuvent se comparer à la dose efficace (Sievert).

 

Ce qu'il faut retenir :
1- Les rayonnements radioactifs ou radiations se mesurent en Becquerels
2- La dangerosité des produits radioactifs, des rejets, déchets et autres pollutions se mesurent en rapport avec leur masse en Becqurels par g ou par Kg (par extension on peut aussi le faire par volume : litre ou M3)
3-  Les irradiations (radiations reçues) se mesurent en Gray, qui représente l'énergie reçue par unité de masse Joule par Kg. Mais cette mesure n'est pas significative des effets sur les êtres vivants. Ces effets dépendent en effet de la nature des rayonnements et des organes qui ont été irradiés.
4-  Les effets sur les dellules vivantes se calculent au moyen des doses équivalentes et doses efficaces en fonction des 
Facteurs de nocivité des différents rayonnements et du Facteur de sensibilité à l´irradiation des différents organes.

 


 

Sources

 ·         Le dossier de l’Andra sur les déchets nucléaires
http://www.andra.fr/pages/fr/menu1/les-dechets-radioactifs/la-radioactivite-7.html


 ·         Le dossier du Réseau national de mesures de la radioactivité de l’environnement
http://www.mesure-radioactivite.fr/public/spip.php?rubrique62

http://www.mesure-radioactivite.fr/public/IMG/pdf/plq_asn_grandeurs.pdf

 

·         Pour l’effet sur l’organisme, l’excellent site sur Hiroshima

http://hiroshimabomb.free.fr/effetsorg.html#bq

 

·         Enfin sur les émissions radioactives à Fukushima, cette video de Roland Desbordes, président de la Criirad

http://www.universcience.tv/media/3000/les-emissions-radioactives-de-fukushima.html

 

 

 

Bonus 1 : Niveau d'activité et durée de vie

 

Certains éléments sont très radioactifs (milliards de milliards de becquerels), d'autre ont une faible activité (qui se mesure en milliers de becquerels).

 Par ailleurs, la durée de vie de ces éléments (durée pendant laquelle ils émettent des rayonnements), est très variable, d'un radionucléide à l'autre. On appelle période radioactive le temps au bout duquel une matière radioactive perd naturellement la moitié de sa radioactivité. Ainsi au bout de 10 périodes radioactives, la radioactivité d'un produit est divisée par 1 000.

 Cette période peut aller par exemple d'une fraction de seconde pour le polonium 214 à 4,5 milliards d'années pour l'uranium 238.  

Période.jpg

Courbe de décroissance de la radioactivité : la radioactivité est divisée par quatre après deux périodes, par huit après trois périodes…

 

Quelques exemples d'activités

La période radioactive d'un élément est systématiquement reliée par une fonction inverse de l'activité : plus la période est longue, plus l'activité est faible. Le tableau suivant donne des exemples d'activités pour 1 gramme de matière (Iode 131, Césium 137, Plutonium 239 et Uranium 238).

 

RADIOELEMENT

PERIODE  

ACTIVITE MASSIQUE  

 Iode 131

 8 jours

 4,6 millions de milliards de Bq/g

 Césium 137

 30 ans

 3 200 milliards de Bq/g

 Plutonium 239

 24 000 ans

 23 milliards de Bq/g

 Uranium 238

 4,5 milliards d'années

 12 300 Bq/g  

 

 

Bonus 2 : Les relations entre Gray et Sievert

Pour obtenir la relation entre Gray et Sievert, il est indispensable d'établir la notion de dose : une dose est une grandeur caractérisant l'effet biologique d'une irradiation sur les personnes qui y sont exposées.

 

La dose équivalente

 

Tous les rayonnements n´ont pas les mêmes effets sur l´organisme. La dose équivalente(Ht) traduit le fait que pour un même rayonnement (même nature et même intensité), l'effet sur un organe sera le même. Elle se calcule grâce à la relation :
Ht (Sv) = somme( Wr X Dtr )

Wr est un facteur tenant compte de la nocivité des différents rayons et Dtr est l'énergie déposée par kg de tissu par le rayonnement R (Gray).

Type et gamme d´énergie

Facteurs de pondérations radiologiques Wr

Photons, toutes énergies

1

Electrons et muons, toutes énergies

1

Neutrons, énergie de :       - moins de 10 keV

5

         - plus de 10 à 100 keV

10

                - plus de 100 keV à 2 MeV

20

               - plus de 2 MeV à 20 MeV

10

- plus de 20 MeV

5

Protons, autres que les protons de recul, énergie supérieur à 2 MeV

5

Particules α, fragments de fission, noyaux lourds

20

 Facteur de nocivité des différents rayonnements


Prenons l´exemple d´une victime ayant reçu 0.3 gray de l´explosion d´Hiroshima sous forme de fragment de fission et de neutron de faible énergie (-de 10 KeV). La dose équivalente reçue serai alors égale à 7.5 Sv :
Ht = somme ( Wr X Dtr )
     = 0.3 X 20 + 0.3 X 5
     = 7.5 

 

La dose efficace

   La dose efficace(E) tient compte des différences de sensibilité à l'irradiation des organes par le biais du facteur Wt :
Pour l´organisme, E(Sv) = somme(Wt X Ht) = Ht

car somme Wt est l´ensemble des organes contenus dans un organisme.
Pour calculer l´irradiation subie par un seul organe, on utilise la relation : E(Sv) = Wt X Ht.

Tissu ou organe

Facteurs de ponderations tissulaires Wt

Gonades

0.20

Moelle rouge

0.12

Colon

0.12

Poumons

0.12

Estomac

0.12

Vessie

0.5

Seins

0.5

Foie

0.5

Oesophage

0.5

Thyroïde

0.5

Peau

0.1

Surface des os

0.1

Autres

0.5

 Facteur de sensibilité à l´irradiation des différents organes


Par nature, la dose efficace ne se mesure pas, elle s’obtient par le calcul. Les doses efficaces sont évaluées sur la base de l’activité mesurée dans l’environnement et les effluents liquides et gazeux rejetés par les installations nucléaires en fonctionnement normal.

 En situation accidentelle, les doses sont calculées de la même façon. Lors des rejets, les doses sont évaluées en déterminant la quantité de radioactivité rejetée puis en calculant sa dispersion dans l’atmosphère, à l’aide de modèles mathématiques. Cela permet d’estimer ensuite la quantité de radioactivité inhalé par les personnes en fonction de leur situation géographique. De la quantité de radioactivité inhalée, il est alors possible de déterminer la dose efficace reçue par les personnes, fournissant des "coefficients de dose" par inhalation. En phase accidentelle, il faudra ajouter la dose efficace due à l’exposition externe provenant du panache radioactif et des dépôts de radioactivité dans l’environnement.

En routine ou en phase post-accidentelle, les doses reçues sont également évaluées en considérant l’ingestion éventuelle de produits contaminés. Le calcul des doses doit tenir compte :

- des dépôts sur les denrées consommables,

- des quantités de radioactivité transférées des sols aux plantes ou aux animaux.

Ce calcul nécessite de faire des hypothèses basées sur des enquêtes générales ou spécifiques sur les habitudes alimentaires des populations.  

 

03/01/2011

Pour bien commencer 2011


 exo.jpg
En 2010, on a découvert :
 - 80 exo-planètes supplémentaires
 - que certaines bactéries pouvaient remplacer le phospore par l'arsenic (à confirmer)
 - que des galaxies sont situées à 14 milliards d'années-lumière
  - que nous n'étions toujours pas le centre de l'univers.
...
...


 
terre.jpg
Mais on a aussi compris
- qu'aller sur la lune était trop coûteux
 - qu'il n' y a, à ce jour, qu'une planète habitable connue
- que nous ne sommes pas près d'en découvrir une autre vers laquelle nous pourrions nous échapper
 - et donc qu'il nous faut conciler nos rêves et les moyens de les réaliser. 
 ...
 ...
 
 
Je vous souhaite une excellente année 2011, beaucoup de rêves et la forte envie d'en réaliser quelques uns.
 
Et pourquoi ne pas débuter cette année en calculant notre empreinte écologique ?
.
A ce propos en parcourant ces tests d'empreinte écologique, j'ai trouvé qu'ils étaient souvent très naïfs et approximatifs et visaient plus à une prise de conscience qu'à la réelle mesure de notre empreinte. Par exemple, la consommation des ampoules électriques est quand même relativement négligeable par rapport au chauffage ou à la climatisation d'une maison mal isolée.

Il me semble qu'il serait plus facile de calculer une telle empreinte annuelle par foyer en mesurant
- la consommation en Kwh électrique, en m3 de gaz, en litres de gasoil, en stères de bois
- le nombre de km parcouru en auto (et par type de véhicule), en train et en avion
- le poids des consommations les plus coûteuses en protéine (viande rouge, viande blanche, charcuterie, poisson, ...).
En divisant par le nombre moyen de personne dans le foyer, on aurait l'empreinte par personne.
Pour en savoir plus sur l'empreinte écologique :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Empreinte_%C3%A9cologique#Em...

30/08/2010

Construire un mur en pierres sèches

Dans le fond de notre jardin, au Marais Salé (l'île d'Yeu), il y avait un no mans land constitué d'une butte en pierres provenant probablement d'un ancien mur en pierres sèches, de quatre énormes souches de cupressus que j'avais abattus il y a cinq ou six ans et d'un chaos d'une dizaine de lauriers et d'ormeaux plusieurs fois coupés et répoussés.

 

Voilà en gros à quoi cela ressemblait :

CIMG5261.JPGCIMG5263.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Impossible bien sûr d'entretenir cette jungle où prospéraient les ronces et les rejets d'ormeaux et de lauriers.

En septembre dernier, j'ai abattu les lauriers et les ormeaux. J'avais l'intention de brûler les souches, notamment les ouches de cupressus. J'ai cherché longtemps le produit miracle. Cet hiver, je pensais l'avoir touvé : Elimin'souches acheté chez Shopix.

elimin_souches.jpg

Descriptif

Elimin'souches

Destructeur de souches
très efficace. Il active aussi la décomposition des végétaux.

Vous appliquez, vous faites brûler et vous oubliez…

Informations techniques

Elimin'souches

Mode d'emploi :
- creuser dans la surface de la souche environ 4 à 7 trous.
- creuser également des trous de 8 cm de profondeur latéralement tout au tour du tronc de façon oblique en faisant un angle de 30° vers le bas.
- mélanger ensuite la poudre avec un peu d'eau et verser celle-ci dans les trous.
- quand l'eau s'évapore, verser du pétrole dans les trous et y mettre le feu
En suivant ce procédé, la souche se retrouve alors réduite en cendres.

Contient du nitrate de soude.
Poids : 250 g

 

CIMG5266.JPG

Grosse déception pour ne pas dire arnaque complète : après avoir perçé de nombreux trous dans les souches (pas si simple !) et versé le produit miracle + une quantité non négligeable de pétrole, les souches de cupressus n'ont brûlé que très superficiellement. Impossible donc de les éliminer par combustion.

Plusieurs autres interventions de "spécialistes" se sont révélées tout aussi inéfiicaces :

- construire un four en pierre et tenter pendant plusieurs jours de "rôtir" les souches (merci Fred, Raf, Seb et Thomas)

- verser du lait pour accélérer le pourrissement des souches (merci Jacques pour cette recette de nos grand'mères, mais qui n'a pas donné plus de succès, du fait sans doute du fait de mon incroyance massive).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En désespoir de cause, je me suis adressé à un spécialiste du désouchage, qui en deux jours, à l'aide d'une mini-pelle m'a débarrassé des maudites souches et dégagé le restant des pierres de la butte.

 

 

J'ai donc pu reprendre la contruction du mur. J'ai pris exemple sur un mur bornant le jardin côté Sud.

CIMG6437.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Constuire un mur de pierres sèches, c'est d'abord transporter des pierres, beaucoup de pierres, les trier, les ranger, puis les placer astucieusement afin qu'elles s'empilent en équilibre stable. Il faut bien sur au préalabale avoir creusé des fondations.

 

CIMG5256.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les dimensions du mur :
- longueur du mur : 15 m
- fondations : 15 à 20 cm
- épaisseur du mur : 50 cm
- hauteur du mur sans chaoeau : 50 cm
- hauteur du mur avec chapeau :80 cm à 1m

 

Et voici le résultat :

 

CIMG6459.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10/05/2010

Aimez les en tout tranquillité

A Laetitia et à Thomas

 

Nos amies les bêtes


Voici ce que j'ai reçu dans ma boîte EMail :

Aimez les en tout tranquillité !


Numériser.jpgIl faut donc maintenant une assurance protection santé pour les chiens et les chats ... (jusqu'à 2500 € remboursés par an) !

http://www.assurance-internet.fr/chienchat/Devis.aspx



Sans Commentaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

06/05/2010

Animaux domestiques, animaux dénaturés?

Garçonnet tué par son chien :
la mère dressait l'animal dans un club canin

AFP | 06.05.10 | 00h35

"La mère dont l'enfant d'un an et demi a été attaqué mortellement par son berger malinois, mardi dans l'appartement familial à Lucé (Eure-et-Loir), est membre d'un club d'éducation canine, a indiqué la direction du club, dans un entretien à paraître jeudi dans l'Echo républicain.


La jeune femme entraînait son chien, notamment au mordant, dans ce club du Loir-et-Cher, selon la même source. "La mère venait régulièrement au club avec son chien de onze mois qui était très sociable. Je suis très surpris de cet accident. Le chien était en phase d'apprentissage", a expliqué Pascal Connan, le président du club.


L'entraînement au mordant consiste à apprendre à un chien à attaquer une cible au commandement de son maître, et à lâcher cette même cible dès que le maître l'ordonne, selon un dresseur parisien, qui affirme que cette technique est assez controversée dans le milieu canin. Certains éleveurs estiment que cette méthode rend docile les chiens, tandis que d'autres affirment que cela les rend agressifs.


Le garçonnet, couvert de morsures, a succombé aux graves blessures infligées par le chien, en dépit de l'intervention rapide des pompiers et du Samu. Le drame s'est déroulé mardi entre 08H30 et 9H00 dans l'appartement familial, alors que la maman était partie accompagner son fils aîné à l'école, à quelques pas de là. Le petit garçon était alors seul avec son jeune frère, un bébé de quatre mois, qui n'a pas été blessé par le chien.


Il s'agit 5e décès survenu à la suite de morsures de chiens depuis juin 2008, date de la loi instituant le permis "de détention" des chiens dangereux.


En juin 2008 en Alsace, un homme de 77 ans avait été tué par son chien de chasse. Cinq mois plus tard, une quinquagénaire était mortellement blessée par deux chiens errants près de Montpellier.


En mars 2009, une fillette de six ans a été tuée par les deux dogues allemands de la famille dans la Marne. En juin, une éleveuse de bull terrier de 44 ans a été tuée par l'une de ses chiennes qui venait d'avoir des chiots."



Pourquoi posséder des animaux domestiques ?

Cela me rappelle la polémique ouverte en septembre 2005 dans « La décroissance, le journal de la joie de vivre[1] » N° 28 au sujet de la possession des chiens par les Français.

(Pour agrandir les images, appuyer sur la touche Ctr et tourner la molette de votre souris)




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Transcription du billet :

 

"La saloperie que nous n'achèterons pas ce mois-ci : Le chien"

"II fut un temps où pour trouver sa place dans la société humaine, le chien devait être utile. Les chiens gardaient les troupeaux en France ou tiraient les traîneaux chez Les Esquimaux. Aujourd'hui, il est devenu un des objets de la panoplie de la société de consommation.

Il ya environ 9 mi­llions de chiens en France, qui passent la moitié de leur vie à lécher toutes les merdes qu'ils trouvent et l'autre moitié à lécher le visage de leur maître.

En France, le marché des animaux de com­pagnie représente 4.4 milliards d'eu­ros[1], soit le double du Produit national brut du Niger, pays de 11 millions d'ha­bitants en proie à une grave famine.

D'un côté, on nourrit une affection déplacée et maladive pour les animaux domestiques, de l'autre, la souffrance des animaux livrés au système indus­triel pour nous alimenter nous laisse indifférents.

Le chien sert pour étan­cher notre soif de domination : le « debout-assis-couché, Médor» adressé au par le maître, venge les humiliations quotidiennes subies par le sous-chef du chef, quand le sous-chef n'a personne d'autre (sa femme, ses enfants ou un sous-sous-chef à humi­lier.

Pourquoi les humains tiennent-ils à ce point à détenir prisonnier des ani­maux?

On n'est jamais plus mal accueilli que dans une maison ou un appartement dotés d'un chien. Dring ! ouah ! ouah ! ouah ! C’est l'assurance, dans le meilleur des l'as, d'un grand coup de langue (voir plus haut), au pire, d’être mordu jusqu'à l'os. On enregistre chaque année en France plus de 600 000 morsures de chiens : l’âge moyen des victimes est de 5 ans[2].

Car le chien sert aussi à protéger toutes les saIoperies de la société de consomma­tion (téléviseur, lecteur de DVD, auto­mobile...) qu'on a accumulées chez soi. Mais les cambrioleurs, pas bêtes, n'emportent jamais le chien.

Le 4 x 4 du chien, c'est le pit-bull : le rêve de tous ceux qui ne peuvent plus se sentir exister que grâce à la terreur qu'ils lisent dans le regard du piéton croisé.

En France, les chiens « errants» font 300 000 victimes  parmi les animaux[3].

Deux choses dégoûtent les étrangers quand ils viennent en France : premièrement les  panneaux publicitaires qui défigurent nos paysages, deuxième­ment les crottes de chiens sur les trottoirs, dans les parcs et les bacs à sable pour enfants. « C’est vraiment immonde ! ». C’est vrai, mais nos politiques ont démissionné et ne  veulent plus remplir leur fonction, celle de poser des limites, par  clientélisme face à l’électorat des possesseurs de toutous.

Je suis allé – en train -  dans la ville de Fès, au Maroc, et me suis promené dans la Medina. Il n'y a là-bas ni alcool ni automobile ni chiens. Un début de civilisation ?"

Raoul Anvélaut

 



[1] Syndicat professionnel des fabricants et distributeurs de produits et animaux familiers, chiffre 1998

[2] - En France, 15 enfants sont tués chaque année par des chiens, et 15 jeunes garçons sont émasculés. Une fois sur deux, l'enfant est mordu au visage ou au cou. Une morsure sur cinq nécessite une intervention chirurgicale et est à l’origine de séquelles inesthétiques et parfois invalidantes. Dans 70 % des cas, l’animal vit au domicile de l’enfant ou dans son entourage proche. Seules 10 % des morsures sont le fait de chiens errants.

Source : Institut de préventions des accidents domestiques


[3] Programme Life-Loup, Commission de Bruxelles et ministère de l’Ecologie


Ce billet assez provocateur avait d’ailleurs suscité des réactions très vives des lecteurs de ce journal dont de larges extraits avaient été publiés dans le n° suivant. Par exemple :


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Cependant, au-delà de son aspect polémique ce billet avait l’intérêt de rappeler un certain nombre de vérités aux sujets du rapport entre l'homme et l'animal domestique :

- ambiguïté de la relation maître – animal domestique (possession ou dépendance ?)

- dangerosité de certains animaux domestiques

- budget effarant dépensé par des foyers parfois modestes[2] et qui pose question quand on en fait le bilan national (4,5 milliards d’euros en moyenne par an, dont 1,5 pour le coût d’achat).

- nuisances liées (les fameuses crottes de chien mais aussi de chats, les aboiements, les miaulements nocturnes, les allergies et autres problèmes sanitaires)

- et bien sûr le problème des mauvais traitements, abandons saisonniers et trafics de tout genre

Alors, pourquoi possède-t-on un animal domestique ?

Parmi les arguments cités, les principaux sont :

- L’animal tient lieu de compagnie, notamment pour lutter contre la solitude. L`animal remplace le contact humain normal, dans nos sociétés individualistes et anonymes.

- l`animal est joli, amusant et intéressant,

- l’animal est symbole de prestige,

- l’animal est un passe-temps

Combien d’animaux domestiques en France ?

En 2008, la FACCO a réalisé avec TNS Sofres sa 14ème étude sur la place des animaux de compagnie en France. Les résultats de cette étude, effectuée tous les deux ans, permettent d’actualiser les données sur la population d’animaux familiers et sur leurs possesseurs.

L’enquête a été menée sur le terrain en octobre/novembre 2008 à l’aide d’un questionnaire adressé à 14.000 foyers français, issus de la base de sondage TNS Postal Access Panel, représentatifs en terme de taille du foyer, âge, catégorie socio-professionnelle, taille d’agglomération et région d’habitat.

Les points-clés sont les suivants :

- Près de 73% des foyers français aiment les animaux de compagnie,

- Ils sont 51.2% à posséder au moins un animal familier, chiffre en légère hausse par rapport à l’enquête de 2006,

- 61.6 millions d’animaux partagent la vie des familles françaises (chiens, chats, poissons, oiseaux et petits mammifères),

- Toujours moins de chiens (-270.000 en deux ans, -696.000 en quatre ans) mais davantage de chats (+650.000 en deux ans, +750.000 en quatre ans),

- Une population de poissons et de petits mammifères en hausse, accompagnée d’une légère augmentation de la possession,

- Une population d’oiseaux qui régresse avec une possession stable, population qui n’a donc pas retrouvé le niveau antérieur à la crise de l’influenza aviaire et des contraintes alors imposées.

Mais où est l’intérêt de l’animal dans la domesticité ?

L’homme est à l’évidence au centre de la relation de domesticité. La domestication est une relation anthropocentrique. Les animaux de compagnie ont été depuis des siècles sélectionnés, transformés par la proximité de l’homme. Ils ont été coupés de leur milieu naturel, ce sont des animaux dénaturés. Ils sont de plus en plus traités comme des objets de consommation que l’on crée, commercialise et jette au rebus en fonction du seul désir de leurs propriétaires consommateurs.[3]

Dans son rapport avec l'animal domestique qu'il "possède" ou qu'il"détient", l'homme ne cherche-t-il pas à combler son déficit d'affection ou de domination ? Aime-t-il l'animal ou bien s'aime-t-il à travers l'animal ?

Il est intéressant de noter que les civilisations les plus respecteuses du monde animal (hindouisme, boudhisme) n'ont quasiment pas d'animaux domestiques. A contrario, ils proliférent dans nos civilisations judeo chrétiennes, où la soumission de l’animal à l’homme est considérée à la fois comme divine et naturelle. (cf: Animalité - Humanité, dans la rubrique Café philo).




[1] http://www.ladecroissance.net/?chemin=accueil

[2] Etant donné les tendances actuelles, il s'avère que le coût de la nourriture, les jouets et les frais vétérinaires de notre cher Médor avoisinent les 1700 euros par an, soit 500 euros de plus que pour Minou. (source : http://www.waliboo.com/chiens/le-budget-consacre-aux-animaux-de-compagnie-double-en-une-decennie/22558)

[3] Voir à ce propos le site http://www.animalfreedom.org/francais/opinion/pets/animal_domestique.html

21/03/2010

Darwin, le singe et l'homme

 

Faisant référence à la théorie de l’évolution, à Darwin et à "L’Origine des espèces" il était courant jusqu’à ces derniers temps d’affirmer :

L’homme descend du singe !


Or ne voilà-t-il pas que depuis fin 2009, on voit fleurir l’affirmation contraire : dans son n° 35 de décembre 2010, PHILOSOPHIE MAGAZINE en faisait même sa une de façon un peu racoleuse :

Le singe descend de l'homme !

« Scoop ! La découverte de notre ancêtre Ardi est venue confirmer ce que nombre de paléontologues pressentaient : le redressement des hominidés sur leurs deux jambes a précédé l'apparition des grands singes. Rendu public, cet automne, par la revue américaine Science, ce constat bouleverse la vision de nos origines. Et ouvre un chantier philosophique nouveau. Car si la station debout ne nous caractérise pas, pas plus que les outils ou la taille du cerveau, qu'est-ce qui fait le propre de l'homme ? Les préhistoriens Yves Coppens et Marc Groenen, les éthologues Frans de Waal et Dominique Lestel, et les philosophes Robert Legros, Peter Singer, Étienne Bimbenet et Pascal Engel s'engagent dans ce débat crucial et passionnant. »

 

Evidemment les deux affirmations sont fausses. Et la réalité est beaucoup plus simple mais moins médiatique :

L’homme et le singe ont un ancêtre commun

Je ne ferai pas l’injure à ces préhistoriens, éthologues et philosophes de croire qu’ils ignorent cette évidence. Alors se pose la question : pourquoi se laissent-ils enfermer dans ces formules réductrices et inexactes ? Essayons de creuser un peu cette controverse, car derrière ces querelles de formules, n’y a-t-il pas la question de la place de l’homme dans le monde du vivant et du rôle que certains voudraient faire jouer à Dieu dans l’évolution ?



1. Ce qu’a écrit Darwin

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Dans L'Origine des espèces[1] , Darwin ne parle pas des origines de l'homme, ni de l’évolution. Ces thèses lui paraissaient trop sujettes à controverse pour être abordées. Ce sont ses adversaires qui ont caricaturé le débat en s’opposant bec et ongle aux thèses de Darwin et à leurs conséquences non exprimées, comme le fait que les hommes descendent d’un ancêtre quadrumane proche des Grands Singes.

Ce n’est que dans un autre ouvrage bien plus tardif, « La filiation de l’homme et la sélection lié au sexe[2] » que Darwin, pressé de prendre parti, a abordé la question des origines de l’homme. Laissons donc parler Darwin :

« L’homme, dit-il, descend d’un quadrupède velu, ayant une queue et des oreilles pointues, vraisemblablement grimpeur (arboreal) en ses habitudes, et appartenant au vieux continent. Cette créature, si un naturaliste avait pu en examiner la structure, eût été classée parmi les quadrumanes aussi sûrement que l’aurait été l’ancêtre commun, et encore plus ancien, des singes du vieux et du Nouveau-Monde. Les quadrumanes et tous les mammifères supérieurs dérivent probablement d’un marsupial ancien, et celui-ci, par une longue filière de formes variées, soit d’une espèce de reptile, soit d’un animal amphibie, lequel à son tour a pour souche un poisson. Dans les brumes du passé, nous pouvons voir distinctement que l’ancêtre de tous les vertébrés a dû être un animal aquatique, à branchies, réunissant les deux sexes dans le même individu, et chez lequel les organes principaux, tels que le cerveau et le cœur, n’étaient développés que d’une manière imparfaite. Cet animal a dû, semble-t-il, se rapprocher des larves de nos ascidiacés marins plus que de toute autre forme connue. »


« L’homme est excusable, dit en terminant M. Darwin, d’éprouver quelque orgueil à se voir au sommet de l’échelle organique, et, puisqu’il y est arrivé lentement, il peut espérer de monter plus haut encore ; mais nous ne cherchons pas ce qu’il faut espérer ou craindre, il nous suffit d’envisager la réalité. J’ai exposé les faits aussi fidèlement que j’ai pu, et voici, je crois, ce qu’il nous faut reconnaître : l’homme, avec toutes ses nobles qualités, avec sa sympathie pour les êtres les plus dégradés, avec sa charité qui s’étend non-seulement à ses pareils, mais aux plus humbles créatures, avec sa divine intelligence qui pénètre les mystères de la mécanique céleste, ― l’homme enfin avec toutes ses admirables facultés porte encore dans la structure de son corps le sceau indélébile de sa basse origine. »


En résumé sur l’origine de l’homme, Darwin dit trois choses :
- L’homme et le singe ont un ancêtre commun, plus proche du singe que de l’homme

- L’homme est au sommet de l’échelle organique
- L’homme garde les traces de son origine animale.



2. Les anthropocentriques : L’homme descend du singe !

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Darwin avait bien compris le côté révolutionnaire de sa théorie qui remet en cause le dogme d’un monde créé par Dieu.

« Je ne puis me dissimuler, dit à ce propos M. Darwin, que les conclusions de mon livre seront dénoncées par certaines gens comme profondément irréligieuses. Que celui qui les dénoncera ainsi prouve donc qu’il est plus irréligieux d’expliquer l’origine de l’espèce humaine en la faisant descendre par variation progressive de quelque forme inférieure que d’expliquer la naissance de l’individu par les lois de la reproduction ordinaire. La naissance de l’individu et celle de l’espèce sont au même titre des anneaux de cette chaîne d’événemens que l’esprit se refuse à considérer comme le résultat d’un aveugle hasard. La raison se révolte contre une telle conclusion, qu’il nous soit possible ou non de croire que la moindre variation de structure, l’union de chaque couple d’êtres animés, la production de chaque germe, aient été ordonnées en vue d’un but spécial. »

En simplifiant le message de Darwin, l’affirmation « l’homme descend du singe » est alors proposée par les évolutionnistes pour faire passer le discours darwinien. Si l’on a fini par accepter que l’homme avait des origines animales, c’est en partie parce que le discours darwinien, tel qu’il était vulgarisé par certains évolutionnistes, portait en lui une notion de complexification, menant des formes les plus simples aux plus abouties - l’homme étant au sommet.

Ainsi on est passé d’un « homme créé par Dieu à son image » à un homme placé par l’évolution au sommet du processus de complexification. Et cette place privilégiée a aussi permis la récupération de la théorie de l'évolution par les tenants du créationnisme sous la forme de la fameuse thèse de « L’Intelligent Design », selon laquelle l’homme est au sommet d’une évolution dont le dessein est guidé par Dieu.



3. Les théocentriques : Le singe descend de l’homme !

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Donnons donc la parole au créationniste, heureusement peu connu, Jean-François Péroteau, qui a publié en 1995 un livre dont le titre est justement : LE SINGE DESCEND DE L’HOMME, OU LA CRÉATION PROGRESSIVE ET L’ÉVOLUTION REGRESSIVE

L’auteur déclare dans son introduction :

« Bien sûr, ce livre n’a pas la prétention de prouver scientifiquement la descendance d’anthropoïdes à partir d’un homme parfait mais représente une invitation à travailler différemment, à chercher dans une autre direction, celle de la perfection originelle et de l’évolution régressive qui lui fait suite. Tout ce que Dieu crée est parfait, donc toutes les imperfections constatées dans le cosmos et la biosphère n’ont pu apparaître qu’après l’œuvre des six jours. Les imperfections physiques et biologiques ne sont pas les accidents fatals d’un processus tâtonnant vers un état plus perfectionné, car cela ne ressemble pas à Dieu dont les œuvres sont d’emblée parfaites, mais les étapes successives d’une dégénérescence universelle, d’une évolution régressive généralisée »

La thèse « Le singe descend de l’homme » est donc pain béni pour les créationnistes de tous poils et ceci a été souligné par Philosophie magazine dans son fameux dossier du n° de décembre.



4. Pourquoi cette controverse aujourd’hui ?

Dès les années 1920 la communauté scientifique a commencé, même à propos de l’homme, à concevoir que l’arbre de l’évolution est buissonnant, plein de branches qui se ramifient et poussent en parallèle. L’homme et les différents singes sont des ramures qui ont divergé à partir d’un ancêtre commun. Et nous partageons avec nos plus proches parents, les chimpanzés, des traits communs hérités de l’ancêtre à partir duquel nous avons divergé en Afrique, il y a 6 ou 7 millions d’années. Peut importe à quoi ressemblait cet ancêtre commun, qui était probablement aussi différent de l’homme que des Grands Singes actuels.

Depuis les années 1990, suite aux découvertes de Lucy, Ardi, Orrorin et Toumaï, paléontologues, éthologues, préhistoriens et philosophes ont pris en compte une nouvelle complication de l’humain : l’homme n’est plus cet être exceptionnel qui s’arrache à l’animalité en se dressant debout.

L’ancêtre commun des Grands Singes (Paninés) et des Homo (Homininés) serait beaucoup plus ancien (7MA) qu’on ne le pensait et il serait déjà bipède. La bipédie reste une compétence décisive, car en se redressant les hominidés auraient vu se délier leur mains (outil), leur langue (langage) et grossir la taille de leur cerveau.

Pour les paléoanthropologues et les préhistoriens les frontières entre animalité et humanité sont plus floues que jamais et ils font appel au philosophe pour éclairer la question.

 

 

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5. Que peut-on en conclure ?


Cette controverse doit nous incite à repenser la place de l’homme dans le monde du vivant. L’homme n’est pas la référence et il n’est au centre de rien. Cela est vrai pour sa place dans l’espace, mais aussi pour sa place dans l’évolution. Il n’a aucune place privilégiée dans l’univers.

Et c'est l'occasion de relire ce qu'a écrit Jacques Monod en conclusion de son essai « Le Hasard et la Nécessité. Essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne [3]» paru en 1970.

« L'ancienne alliance est rompue ; l'Homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'Univers d'où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est écrit nulle part. À lui de choisir entre le Royaume et les ténèbres. »



[1] Sur l'Origine des Espèces au moyen de la Sélection Naturelle, ou la Préservation des Races les meilleures dans la Lutte pour la Vie, Londres, John Murray, 1859

[2] The Descent of Man, and Selection in Relation to Sex, Londres, John Murray, 2 volumes, 1871.

[3] Essai dont le titre est tiré d’une citation attribuée à Démocrite, philosophe grec né en 460 av. J.-C

« Tout ce qui existe dans l'Univers est le fruit du hasard et de la nécessité »