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05/11/2012

De l’influence de la pleine lune sur les accouchements

L’autre jour en sortant du café philo de Cucuron, nous sommes allés terminer la soirée au resto.

Je ne me souviens plus pourquoi, mais la conversation est partie sur la divination, puis sur l’influence de la pleine lune sur les accouchements ...

 

Et le scénario habituel s’est reproduit : je me suis trouvé désarmé face à des amis que j’estime, mais qui affirmaient de façon véhémente, des faits incontestables pour eux :

-          la capacité d’une femme d’origine hindoue de prédire l’avenir

-          l’influence réelle des astres sur notre vie quotidienne et notamment l’influence de la pleine lune sur le déclenchement des accouchements (« tu ne peux pas le nier, en période de pleine lune,  les maternités sont pleines ! »)

 

Le scénario habituel, disais-je, s’est reproduit. Il s’est déjà déroulé de nombreuses fois, à propos de sujets aussi divers que les sourciers, les ovnis, les devins, les magnétiseurs, les marabouts, l’homéopathie et autres médecines parallèles.

 

 

Croyant et incroyant

Ce scénario fait intervenir deux personnages, le croyant et l’incroyant et  se déroule à peu près de la façon suivante :

Le croyant : « j’ai été le témoin d’une expérience incroyable, je n’y croyais d’ailleurs pas au début, mais j’ai été obligé d’admettre la réalité. Et d’ailleurs tout le monde reconnaît que c’est vrai, et même de grands scientifiques ... »

L’incroyant : « Tout cela est du domaine de l’irrationnel, du non rationnel. Il n’y a aucune preuve que cela marche ou que cela soit vrai. Ce sont des croyances populaires .Tout cela n’a aucune base scientifique. Et d’ailleurs regarde sur Internet, toutes les expériences en « double aveugle » ont montré que[1] ...  Je n’y crois pas et je crois même que c’est faux. »

En général, chacun reste sur sa position et la conversation devient un peu tendue, voire s’envenime. Cela peut se terminer sur des échanges du type :

« Tu nies l’évidence, la science ne peut tout expliquer. Il y a des phénomènes vrais qu’on ne peut expliquer.  Tu ne croies à rien. C’est du nihilisme »

« Bien sûr que je crois à quelque chose, je crois à la démarche scientifique, je crois à la raison. En l’absence de preuve, la seule position raisonnable est le doute. Croire sans preuve est au mieux de la naïveté, au pire de l’obscurantisme, voire de la superstition. »

 

Pour tenter d’éviter de tomber dans ce piège de la conversation bloquée, n’est-il pas utile d’introduire une réflexion sur ce qu’est la croyance et d’admettre que dans les domaines où l’être humain n’a pas de preuve, il ne peut que s’en remettre à son degré de croyance ?

Dans ces domaines, n’est-il pas préférable de jeter un regard conscient sur l’origine de ses opinions et de s’affirmer comme croyant ou incroyant. Avoir le courage de dire « Je crois .. » ou « je ne crois pas ».

A partir du moment où je dis «  je crois en la divination » ou bien « je ne crois pas en la divination », tout est dit, personne ne peut trouver à y redire, c’est du domaine de l’irrationnel, c’est ma croyance ou mon incroyance personnelle, je n’ai à apporter aucune preuve, mais je n’ai pas non plus à tenter d’imposer ma croyance ou mon incroyance aux autres ...

 

 

Croyance et niveau de preuves

On voit bien, dans cette confrontation, apparaître deux dimensions : d’une part le niveau de croyance, d’autre part le niveau de preuve.

 Mais définissons d ‘abord ces termes :

 La croyance est le fait de tenir quelque chose pour vrai, et ceci indépendamment des preuves éventuelles de son existence, réalité, ou possibilité.

Une preuve est un fait ou un raisonnement propre à établir solidement la vérité.
- Les preuves basées sur la déduction qui ont un caractère absolu ou certain pour autant que l'on respecte leurs  hypothèses de départ.
- Les preuves basées sur l'induction qui ne sont vraies qu'avec une certaine probabilité dont l'estimation dépend des connaissances disponibles

La vérité,  c'est la conformité de l'idée avec son objet, conformité de ce que l'on dit ou pense avec ce qui est réel.

La réalité désigne le caractère de ce qui existe effectivement, par opposition à ce qui est imaginé, rêvé ou fictif.

 

Ainsi on pourra sans doute clarifier les positions en introduisant le schéma suivant :

 

croyance,preuve,vérité,réalité,dénialisme,pseudosciences,vérités révélées,religions,idéologies,négationnisme,créationnisme

 

Vous pouvez cliquer sur le schéma pour l'agrandir

Schéma qu’on peut détailler en tentant de positionner sur ce quadrant les divers courants de la pensée humaine : sciences exactes, sciences expérimentales, sciences humaines, religions, idéologies, pseudosciences,  ...

 

croyance,preuve,vérité,réalité,dénialisme,pseudosciences,vérités révélées,religions,idéologies,négationnisme,créationnisme

 


Vous pouvez cliquer sur le schéma pour l'agrandir

Evidemment, ce classement peut paraître arbitraire. Sans doute, mais se poser la question du placement de tel ou tel courant de pensée dans ces quadrants introduit un débat qui ne manque pas d’intérêt.

 

Quadrant 1 (en haut à droite)

C’est le quadrant de la raison, de la méthode, de la science.

 

Quadrant 2 (en haut à gauche)

Le « dénialisme » - est le domaine du déni du savoir scientifique, de la négation des théories ou des faits établis. C’est le domaine des négationnismes, du refus de la théorie de l’évolution,  des multiples révisionnismes mais aussi de l’Index Librorum Prohibitorum (liste des livres interdits par l’église catholique depuis l’inquisition). C’est aussi celui la censure et des autodafés.

 

Quadrant 3 (en bas à gauche)

C’est le domaine du doute, du scepticisme, de l’agnosticisme et de la pensée critique.

On peut résumer cette position par la maxime : Plutôt douter que de se tromper !

 

Quadrant 4 (en bas à droite)

C’est celui des vérités révélées, des mythes, des croyances intuitives ou  « populaires », c’est aussi le domaine sans fin de la cosmogonie, de la métaphysique et du surnaturel, mais aussi des pseudosciences et des idéologies.

 

Quelques questions et réflexions sur ce schéma :

Science et croyance ne sont-ils pas antinomiques ?

La science vise notamment à produire des connaissances à partir d'une démarche méthodique et détachée des dogmes. Les connaissances scientifiques se différencient donc fondamentalement des croyances par leur mode de production. La science est une production collective bâtie sur l'expérimentation, l'épistémologie, et constitue une unité, grâce à une liaison et à une confrontation permanentes avec la « réalité » empirique. La science se doit de remettre régulièrement en doute son contenu et entretient un réseau cohérent de connaissances, par la publication des travaux de recherche. L'adhésion aux théories scientifiques, par les scientifiques compétents, est basée sur la possession de moyens de vérification et de réfutation fournis par les publications. Il s'agit donc d'un mécanisme totalement différent de celui de l'adhésion aux croyances, dans la mesure où la position, certes idéale, du scientifique, n'est pas de croire en sa théorie mais au contraire de l'admettre en recherchant en permanence ses possibilités de fausseté. 

Cependant, pour le commun des mortels, l’adhésion aux théories et aux faits scientifiques relève bien de la croyance car les preuves sont hors de portée de la plupart. Cette adhésion se fait sur la base d’un consensus qui relève de la croyance. J’accepte la théorie de l’atome parce qu’elle est enseignée dans les programmes scolaires, qu’elle semble admise par tout le monde et que les preuves théoriques et pratiques sont disponibles, même si je ne les consulte pas ou n’ai pas le niveau scientifique pour les comprendre.

En ce qui concerne les scientifiques eux-mêmes, il suffit de les placer devant des négationnistes pour constater qu’ils croient réellement en leur théories et quelquefois jusqu’au bûcher (Giordano Bruno) ...  Galilée, condamné, n’aurait-il pas dit : « Et pourtant, elle tourne ! »

 

Où placer l’athéisme ?

S'il paraît évident que "ne pas croire en Dieu" n'est pas une croyance, le problème peut se poser si l'on reformule la question en "croire que Dieu n'existe pas [...]".

Il est important de noter où on place la négation ... Ce n’est pas la même chose de dire

« Je ne crois pas en l’existence de Dieu »
et
« Je crois que Dieu n’existe pas »

 

Il ne faut pas confondre incroyant et athée ! L’athée est un croyant si il fait de l’affirmation de la non existence de Dieu une cause à défendre.

Mais il s'agirait d'une croyance un peu particulière, la croyance en la non existence de quelque chose ! Or, pour le dictionnaire Larousse "croire", c'est tenir pour certain l'existence de quelqu'un, de quelque chose. Derrière croire, il ne peut y avoir qu'une formulation positive. L'expression "croire en la non existence de quelque chose" n'aurait donc pas de sens, ce serait même absurde. Au mieux, elle serait équivalente à "ne pas croire en Dieu", qui n'est pas une croyance. Etre athée, ne peut donc être, au sens propre, une croyance, ou même une foi. Ce serait une adhésion, une confiance une loyauté envers la non existence de quelque chose.

 

Dénialisme et idéologies

Le dénialisme est la plupart du temps promu par idéologie, par l’impossibilité d’accepter les évidences contraires à ses croyances. 

Le négationnisme de la théorie de l'évolution vient en soutien du créationnisme.

Les révisionnismes ont été produits par les idéologies totalitaires.

L’index a été mis en place pour lutter contre les hérésies et pensées contraires aux dogmes et aux vérités révélées du christianisme.

 

Les axes de pensée complémentaires

Il est intéressant de noter les deux grands axes de pensée complémentaires.

Axe 1-3 :  Le scepticisme est complémentaire de la démarche méthodique. Ne pas affirmer sans preuve conduit à douter en l’absence de preuve.

Axe 2-4 : Au contraire, le dénialisme s’appuie sur la pensée non rationnelle,  sur l’acceptation de vérités révélées et vient en soutien des idéologies, des religions, et des pseudosciences.

 

Les quadrants adjacents  s’opposent :

  • Science <--> Dénialisme
  • Science <--> Vérités révélées ou intuitives
  • Scepticisme <--> Dénialisme
  • Scepticisme <--> Vérités révélées ou intuitives

 

 

Concluons par un exemple : l’âge de la Terre et son mouvement

Hubert Krivine, physicien, ancien enseignant-chercheur au laboratoire de Physique nucléaire et des hautes énergie vient de publier un livre qui illustre bien les propos du présent post :

« La Terre du mythe au savoir »

Extraits de la 4eme de couverture :

 "Cet ouvrage relève de la philosophie des sciences, mais son thème a des résonances actuelles puisqu'il aborde la résurgence des fondamentalismes religieux.

A notre époque, le rejet de la vérité scientifique a deux sources. L'une est la lecture littéraliste des textes sacrés, l'autre est un relativisme en vogue chez certains spécialistes des sciences humaines, pour qui « la science est un mythe au même titre que les autres ».

Le philosophe Jacques Bouveresse résume ainsi le propos de l'ouvrage :

Un des objectifs principaux de ce travail était, par conséquent, de « réhabiliter la notion réputée naïve de vérité scientifique contre l'idée que la science ne serait qu'une opinion socialement construite ». Sur l'exemple qui y est traité avec une maîtrise et une autorité impressionnantes, le lecteur qui aurait pu en douter se convaincra, je l'espère, qu'il peut y avoir et qu'il y a eu réellement, dans certains cas, un passage progressif du mythe au savoir, ou de la croyance mythique à la connaissance scientifique, qui a entraîné l'éviction de la première par la seconde, pour des raisons qui n'ont rien d'arbitraire et ne relèvent pas simplement de la compétition pour le pouvoir et l'influence entre des conceptions qui, intrinsèquement, ne sont ni plus ni moins vraies les unes que les autres.

Hubert Krivine veut donc expliquer sur un exemple précis : la datation de l'origine de la Terre, et la compréhension de son mouvement, comment, à la différence des vérités révélées, s'est construite une vérité scientifique.

Ce livre a comme public privilégié les enseignants du primaire au supérieur, que des pressions venant de divers côtés amènent parfois à douter de la validité et de l'intérêt du savoir qu'ils dispensent. Des notions élémentaires d'astronomie et de physique sont expliquées pour le lecteur sans formation scientifique".

Huber Krivine parle de sa démarche dans l’émission Continent Sciences du 24 octobre 2011 :

http://www.franceculture.fr/emission-continent-sciences-c...

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4331891

 

 



[1] Pour ceux que l’influence de la pleine lune sur les accouchements intéresse particulièrement, cliquer sur le lien suivant : Recherche Google

05/02/2012

Nasa : la bactérie shootée à l'arsenic a du plomb dans l'aile !

Rappelez-vous, le 2 décembre 2010 tombait sur Internet un communiqué de la Nasa :

"Une découverte en astrobiologie qui aura un impact sur la recherche de preuve d'une vie extraterrestre. ne conférence de presse doit suivre."
http://www.nasa.gov/topics/universe/features/astrobiology...

 

La blogosphère s'enflammait, les Ufologues et autres fanas des ovnis exultaient ..., le Nouvel Obs titrait : "La Nasa découvre une nouvelle forme de vie extra-terrestre ".

 

Une certaine Felisa Wolfe-Simon, chercheuse en "astro-biologie", recrutée en 2010 par la NASA et pressée de se faire un nom avait en effet découvert en 2009 une souche de bactérie bizarre dans le lac Mono (Californie), quelle avait prénommée GFAJ. GFAJ, oui bien sûr comme " Get Felisa a Job ".

 

mono_lake01-09.jpg

 

Felisa avait ensuite eu l'idée de shooter cette bactérie à l’arsenic, pour voir comment elle réagissait. Et Felisa prétendait constater que le poison s'intégrait sans dommage au coeur même de la machinerie microbienne, y compris dans l'ADN et dans le carburant cellulaire, l'ATP. D’où le communiqué du 2 décembre 2010.

Après ce premier coup médiatique réussi, Felisa et son équipe réussisaient à faire publier un article dans la revue Science du mois de juin 2011 :

"Science 3 June 2011, Vol. 332 no. 6034 pp. 1163-1166
RESEARCH ARTICLE : A Bacterium That Can Grow by Using Arsenic Instead of Phosphorus

AUTHORS : Felisa Wolfe-Simon, Jodi Switzer Blum, Thomas R. Kulp, Gwyneth W. Gordon, Shelley E. Hoeft,Jennifer Pett-Ridge, John F. Stolz, Samuel M. Webb, Peter K. Weber, Paul C. W. Davies, Ariel D. Anbar, and Ronald S. Oremland

ABSTRACT : Life is mostly composed of the elements carbon, hydrogen, nitrogen, oxygen, sulfur, and phosphorus. Although these six elements make up nucleic acids, proteins, and lipids and thus the bulk of living matter, it is theoretically possible that some other elements in the periodic table could serve the same functions. Here, we describe a bacterium, strain GFAJ-1 of the Halomonadaceae, isolated from Mono Lake, California, that is able to substitute arsenic for phosphorus to sustain its growth. Our data show evidence for arsenate in macromolecules that normally contain phosphate, most notably nucleic acids and proteins. Exchange of one of the major bio-elements may have profound evolutionary and geochemical importance."

 

Où en sommes-nous un peu plus d'un an après ?

Comme pour l'affaire des "neutrinos qui vont plus vite que la lumière", le soufflé est retombé, au point que la quasi totalité de la presse, y compris scientifique n'en fait plus mention. Pourtant, très vite après le communiqué de la NASA, les spécialistes du domaine avaient pointé des insuffisances méthodologiques dans la démonstration de Felisa Wolfe-Simon et de son équipe.

"Rosie Redfield, microbiologiste à l'université de Colombie-Britannique, a vite pris la tête de la contestation. Sur son blog, elle a reproché à Science de n'avoir pas exigé ces vérifications avant de publier des résultats aussi spectaculaires. Comme d'autres sceptiques, elle a adressé à la revue un "commentaire" critique, qui a donné lieu comme il se doit à une réponse de l'équipe de Felisa Wolfe-Simon : celle-ci maintenait ses conclusions initiales.

La suite logique consistait donc à tenter de reproduire ses résultats, de façon indépendante. C'est une démarche en principe classique : elle permet de vérifier que les observations sont solides. Mais ce n'est pas toujours fait, car le temps passé risque de n'être guère productif, en termes de publications : les revues scientifiques veulent de l'inédit, pas la copie conforme de résultats publiés auparavant.

S'il existe une chance que le résultat initial soit invalidé, le risque mérite cependant d'être couru. Rosie Redfield a donc demandé des échantillons de GFAJ à Felisa Wolfe-Simon et s'est lancée dans la réplication de l'expérience. Mais elle l'a fait sous une forme inédite : elle a utilisé son blog pour faire partager au public et à la communauté des microbiologistes toutes les étapes de ce "remake".

Rosie Redfield est en effet une adepte de la "science ouverte", un mouvement qui souhaite, dans la lignée de l'open source en informatique, faire partager au plus grand nombre le processus de la production scientifique. Dans cette mouvance, certains vont jusqu'à mettre en ligne leur cahier de laboratoire, avec toutes les données brutes. Ce n'est pas le cas de Rosie Redfield, mais la lecture de son blog a offert pendant des mois un aperçu fascinant de la science en train de se faire.
http://rrresearch.fieldofscience.com/

Où en est-on ? Les ultimes vérifications menées par un étudiant de Princeton, en collaboration avec la chercheuse canadienne, ne montrent aucune trace d'arsenic dans l'ADN de GFAJ. La messe est-elle dite ? Interrogée par Nature, la rivale de Science, Felisa a répondu qu'elle "ne (comprenait) pas entièrement les résultats et les conditions d'expérience du site Web", et a dit espérer que ceux-ci seront publiés dans une revue à comité de lecture, "car c'est ainsi que la science progresse le mieux". Rosie a donc soumis, le 30 janvier, un manuscrit à Science. Celle-ci relèvera-t-elle le gant ?"

"La bactérie "Give Felisa a Job" sur le gril d'un blog", LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 03.02.12 |  

 

"La critique la plus brillante, extrêmement bien documentée et solide a été de Dr Rosie Redfield, microbiologiste à l’Université de British Columbia. Elle a dressé une longue liste de problèmes dans le papier et l’a qualifié de « beaucoup de charlataneries, mais très peu d’informations fiables ». Parmi les problèmes cités, remarquons  le phosphore présent dans des concentrations très élevées dans le milieu de culture des bactéries ainsi que le manque total de vérification que les bactéries ne l’absorbent pas, et une analyse incorrecte de l’ADN censé être composé d’arsenic.

Le même jour, Alex Bradley, un géochimiste et microbiologiste à l’Université de Harvard,soulevait une autre préoccupation, à savoir l’instabilité dans l’eau des composés contenant de l’arsenic. Il a également mentionné la mauvaise analyse de l’ADN et a rappelé que la spectrométrie de masse aurait dû être utilisée afin de clore le débat étant donné que cette technique est une façon très précise de déterminer quels sont les éléments contenus dans une molécule."

http://owni.fr/2011/01/12/intoxication-mediatique-a-larse...

 

La connaissance : "une croyance vraie justifiée par suffisamment de preuves"

Toute cette affaire pose le problème de la validité et de l'intégrité des publications scientifiques. Comme dans les domaines de la santé ou du climat, les enjeux financiers et le poids des lobbies sont tellement forts qu'ils aboutissent au non respect des principes de l'éthique scientifique en matière de publication.

Ces règles, après un débat approfondi au sein de la communauté scientifique ont fait l'objet d'une publication : La Déclaration de Singapour sur l'Intégrité en recherche

La Déclaration de Singapour résulte des travaux de la seconde conférence mondiale sur l'intégrité en recherche. Cette déclaration, qui énonce 4 principes et 14 responsabilités que les chercheurs du monde entier devraient suivre, concerne particulièrement les institutions de recherche alors que le public attend de plus en plus une conduite responsable des activités de recherche.

 

De Lyssenko à Jacques Benveniste, en passant par Fleischmann et Pons, la liste des promoteurs de pseudo-sciences est trop longue pour rester indifférent.

Il faut saluer les initiatives comme celle d'Alan Sokal en 1997 (Publication avec Jean Bricmont, du livre Impostures intellectuellesOdile Jacob(ISBN 2-253-94276-6)) et l'ouverture de blogs comme celui de Rosie Redfield aujourd'hui.

 

15/10/2011

La pomme, Steve JOBS et Alan TURING

steve jobs,apple,alan turing

La pomme à demi croquée, tout le monde connait, les pubs déjantées d'Apple, ... Symbole de jeunesse, de vitalité, créativité, musique, dance, mais au delà de cette image d'où vient donc cette pomme ? Quel en est le symbole et la signification ?

De quoi la pomme est elle le nom ?

 

 

 

 

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Steve Jobs, bien sûr, qui vient de nous tirer sa révérence, très élégamment, après avoir, le plus tard possible passé les rênes d’Apple. Steve Jobs à l’origine de la création d’Apple avec Steve Woniak et acteur de sa re-création.

  

Apple II, années 1980

J’ai une dette envers Steve Jobs, pour avoir construit aux débuts des années 1980 deux Apple II, dont les plans et le logiciel avaient été piratés ...

L’écran avait 40 colonnes, (j’ai dû acheter fort cher à l’époque une carte 80 colonnes), il y avait 48 K de RAM, pas de disque dur, un seul lecteur de disquette 5’’ ¼ (les grandes disquettes souples) et bien sûr pas de souris. Langage de commande et programmation en basic, Snakebyte, ... Premier programme développé : simulation des probabilté de gagner au Loto ...

Mais ce fut le support de la découverte de « l’informatique » par mes deux fils Thomas et Sébastien, qui sont devenus des cracks de la programmation, exercée sans relâche sur Apple II puis sur Atari et maintenant chez sur Catia (Dassault Systèmes).

 

steve jobs,apple,alan turingAtari ST, fin des années 1980

Mais, bien vite, en 1985, nous avons abandonné l’Apple pour l’Atari, plus ouvert grâce à son interface MIDI et plus orienté vers les jeux. A noter aussi le fameux Basic GFA avec son éditeur intégré et son compilateur ...

 

 

 

 

 

 

Mais j’ai un autre attachement vis à vis de Steve Jobs, c’est mon utilisation quotidienne de la chaîne Podcast/Itunes/Ipod qui me permet de m’abonner et d’écouter en toute tranquillité des Podcast gratuits, nombreux et variés (Ciel et espace, mes émissions préférées de France culture, politique, sciences, philosophie, cinéma, littérature).

Apple II, MacIntosh, puis dans la 2eme période iMac, iPod, iTunes, iPhone, iPad, et encore bien d’autres produits qui ont marqué leur époque ! Le modèle Apple, c’est celui de l’innovation continue dans des produits complets qui arrivent en avance sur tous les concurrents et qui crèe un nouveau marché. C’est aussi la qualité, le design, l’esthétique et une vraie valeur offerte aux utilisateurs.

Mais le prix à payer, c’est celui de la fermeture, de la non compatibilité.

Apple livre le Hardware et l’OS et les applications. Tout cela est très bien intégré, mais ne laisse que peu de place à des partenaires. Il faut « vivre Apple ».

Atari c’était le monde du jeu, de la musique, du graphique, des ados et des crackers, mais des bourses peu solvables qui n’achetaient que le minimum de hard et qui crackait un maximum de logiciel.

Windows et les PCs, c’est un autre modèle, « ouvert à sa manière». ce n'est pas bien sûr Posix ou l'OSF mais un OS portable sur tous les matériels au standard PC. Et un OS ouvert à tous les développeurs d’applications. Bill Gates, un autre génie du marketing, avait compris tout le potentiel stratégique de ce modèle qui fit de lui bientôt l’homme le plus riche du monde.

 

Les déboires de Steve Jobs

Steve Jobs n’était pas un technicien, mais un homme de marketing, comme Bill Gates. Mais il avait aussi le génie de la découverte des innovations capable de trouver un public, voire de créer un public. (Les vrais inventeurs étaient par exemple Steve Wosniak pour l’Apple II, les développeurs de Xerox Park pour Lisa et le macintosh).

Ce modèle a cependant trouvé ses limites au milieu des années 1980, face à une concurrence croissante sur le marché des entreprises, notamment de la part des PCs/Windows, qui en 1986,  représenteront déjà plus de la moitié des ordinateurs personnels vendus dans le monde

Le succès de l’Apple II ne faiblit pas mais cette machine se voit cantonnée au marché des particuliers et de l’éductaion.

Steve Jobs subit un premier échec personnel sur l’Apple III (1980-1984)  pour des raisons de mauvaise conception  technique puis un second avec Lisa (1983-1985), qui apporte pourtant souris et interface graphique mais qui est trop cher. C’est enfin la sortie du Macintosh, mais les ventes tardent à décoller alors que cellse d’Apple II se maintiennent à un niveau élevé.

Confronté à ces difficultés et pour gagner le marché des entreprises, Stece Jobs avait appelé à la rescousse, en 1983, John Sculley, ancien patron de Pepsi-Cola. Comme si les pommes se gérait comme des bulles ... Et ce fût ensuite la triste dégringolade : marginalisation de Steve Jobs causant son départ d’Apple en 1985, ventes en chute libre jusqu’au départ du même John Sculley en 1993.

Steve Jobs, lui, a fondé une nouvelle entreprise NeXt avec l'objectif de concevoir des ordinateurs pour les établissements scolaires et universitaires. Mais les ventes restent confidentielles et la fabrication du matériel est bientôt arrêtée, en 1993. Mais  l’OS NeXTstep et l’environnement Open step intéressent de nombreuses entreprises, Canon, Ross Perrot, mais aussi ... Apple.

 

Steve Jobs, le retour

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NeXT est finalement rachetée en 1996 pour 429 millions de dollars par Apple qui recherchait un nouveau système d’exploitation pour ses ordinateurs Macintosh, marquant le retour de Steve Jobs à la tête d’Apple.

En parallèle avec la création de NeXT, c’est dans un autre domaine, la création de films d’animation que Stev Jobs manifeste son génie de découvreur et d’accoucheur de nouvelles technologies. Il achète en effet Pixar en 1986,en devient le PDG et la repositionne[1] dans l’animation, pour la revendre à Walt Disney en 2006 à Disney avec de substantiels bénéfices.

Redevenu Patron d’Apple (pour un salaire de 1 dollar par an[2]), Steve Jobs y règne sans partage, en autocrate, impose l’équipe de NeXT aux postes clé et redresse rapidement l’entreprise. C’est le retour de l’innovation, le règne des designers, et la renaissance fulgurante d’Apple. Steve Jobs ne se pose plus trop de questions sue le marché qu'il vise : c'est le grand public, ce sont les jeunes, autour de produits qui favorisent le graphique, la facilité d'emploi, l'accès à la musique, au ludique. Le design  est plus que jamais soigné, la commercialisation se fait autour de communautés rassemblées dans les Applestores. Tout été dit sur cette saga et sur le caractère très controversé de Steve Jobs, donc je ne m’y attarderai pas. 

 

 Alan Turing

Mais la pomme ce n’est pas seulement Stev Jobs, c’est aussi Alan Turing.

Qui se souvient encore d'Alain Turing ?

steve jobs,apple,alan turing« Alan Mathison Turing, (23 juin 1912 - 7 juin 1954) est un mathématicien britannique, auteur de l'article fondateur de la science informatique1[3] qui allait donner le coup d'envoi à la création des calculateurs universels programmables (ordinateurs). Il y présente sa machine de Turing et les concepts modernes de programmation et de programme[4].

Il est également à l'origine de la formalisation des concepts d'algorithme et de calculabilité qui ont profondément marqué cette discipline. Son modèle a contribué à établir définitivement la thèse Church-Turing qui donne une définition mathématique au concept intuitif de fonction calculable.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il a dirigé les recherches sur les codes secrets générés par la machine Enigma utilisée par les nazis.

Après la guerre, il a travaillé sur un des tout premiers ordinateurs, puis a contribué de manière provocatrice au débat déjà houleux à cette période sur la capacité des machines à penser en établissant le test de Turing4[5].

Vers la fin de sa vie, il s'est intéressé à des modèles de morphogenèse du vivant conduisant aux « structures de Turing ».

Il a été persécuté pour son homosexualité. Pour éviter la prison, il est condamné à la castration chimique par prise d'œstrogènes, ce qui a pour effet secondaire de développer sa poitrine. Il meurt le 7 juin 1954 d'un empoisonnement au cyanure, un suicide selon l'enquête qui s'ensuivit, quoique sa mère ait défendu la thèse d'un empoisonnement accidentel.

L'homosexualité de Turing lui valut d'être persécuté et brisa sa carrière. En 1952, son compagnon aide un complice à cambrioler la maison de Turing, qui porte plainte auprès de la police. L'enquête de police finit par l'accuser d'« indécence manifeste et de perversion sexuelle » (d'après la loi britannique sur la sodomie). Il décide d'assumer son orientation et ne présente pas de défense, ce qui le fait inculper.

S'ensuit un procès très médiatisé, où lui est donné le choix entre l'incarcération et une castration chimique, réduisant sa libido. Il choisit ce dernier, d'une durée d'un an, avec des effets secondaires comme le grossissement de ses seins. Alors qu'il avait été consacré, en 1951, en devenant membre de la Royal Society, à partir de 1952, il sera écarté des plus grands projets scientifiques.

En 1954, il meurt d'un empoisonnement au cyanure. L'enquête qui s'ensuivit conclut au suicide, même si sa mère tenta d'écarter cette thèse pour soutenir celle de l'accident : elle affirma vigoureusement que l'ingestion du poison était accidentelle en raison de la propension de son fils à entreposer des produits chimiques de laboratoire sans aucune précaution. Il est vrai que le moyen d'ingestion du poison aurait été une pomme partiellement mangée retrouvée près du corps de Turing et qui aurait été imbibée de cyanure (même s'il n'existe pas de certitude à cet égard, la pomme n'ayant pas été analysée). Le biographe de Turing, Andrew Hodges, a émis l'hypothèse que Turing ait pu choisir ce mode d'ingestion précisément pour laisser à sa mère la possibilité de croire à un accident. Nombreux sont ceux qui ont souligné le lien entre sa méthode de suicide et le film Blanche-Neige et les Sept Nains, duquel il avait particulièrement apprécié la scène où la sorcière crée la pomme empoisonnée, au point de régulièrement chantonner les vers prononcés par la sorcière : « Plongeons la pomme dans le chaudron, pour qu'elle s'imprègne de poison »

Selon wikipedia

 

Certaines rumeurs disent qu’Apple aurait choisi son logo en souvenir d’Alan Turing. C’est probablement faux, mais rien ne nous interdit d’y croire pour célébrer la mémoire de cet autre génie, autrement plus humain, que fût Alan Turing.



[1] Pixar était à l’origine un fabricant de matériel informatique haut de gamme « Pixar Image computer », très peu vendu.

[2] Rassurez-vous Steve Jobs n’est pas à la rue : « Depuis 1997, date de son retour à la tête de la marque à la pomme, Steve Jobs se verse à titre de salaire un dollar symbolique. A côté d'autres dirigeants, comme Bill Gates, Steve Jobs fait bonne figure. Le fondateur de Microsoft a touché près d'un million de dollars de rémunération pour l'exercice 2005. Pour autant, Steve Jobs ne travaille pas gratuitement. Sa principale source de revenu provient des 120 000 stock options, attribuées en tant que directeur de la société. Le PDG d'Apple mène également un grand train de vie au frais de la société. Pour l'exercice 2006, il a été remboursé de ses déplacements d'affaires qu'il effectue avec son avion personnel, à hauteur de 202 000 dollars. Sa fortune estimée à 5,7 milliards de dollars d'après le magazine Forbes, ferait de lui le 132ème homme le plus riche au monde. Ce salaire d'un dollar s'apparente donc plus à une opération de communication en faveur d'Apple. » Selon un papier du Figaro du 15 oct 2007

 

[4]John C. Mitchell ,Concepts in programming languages, Cambridge University Press, 2003, p.14 [archive] «The fact that all standard programming languages express precisely the class of partial recursive functions is often summarized by the statement that all programming languages are Turing complete.»

Bruce J.MacLennan, Principles of Programming Languages, Introduction : What is a programming language?, Oxford University Press, 1999. «A programming language is a language that is intended for the expression of computer programs and that is capable of expressing any computer program. This is not a vague notion. There is a precice theorical way of determining whether a computer language can be used to express any program, namely, by showing that is equivalent to a universal Turing machine.»

[5] Ces questions sont discutées dans l'article « philosophie de la technique ».

13/09/2011

Le populisme débarque sur France Culture !

Que pensez-vous de cette chronique de François Rollin sur France Culture, "Pain de campagne", datée de ce jour?

 

Vous pouvez l'écouter (3mn) en cliquant sur :podcast

ou via le lien : http://www.franceculture.com/emission-pain-de-campagne-pa...

 

Bien sûr François Rollin, "le professeur Rollin" est un humoriste, et qui a plutôt un parcours intéressant

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Rollin

 

Mais à quel degré faut-il prendre ce type de chronique ? Est-elle drôle ? Quel jeu politique fait-elle? Et pourquoi France Cutlure s'en fait-elle le relais ?

 

Mais la question essentielle à mon avis est : ce type de chronique alimente-t-il le racisme ou l'antiraciisme ? J'aimerais avoir votre avis.

(vous pouvez le faire en cliquer sur commentaire)

 

 

Extrait des derniers commentaires :

 "Le racisme, qu'il provienne d'un blanc, d'un jaune, d'un noir ou d'un bleu ne doit jamais être excusé."


Or que fait François Rollin ?
1. Il raconte une anecdote dans laquelle un individu "de type arabe" se comporte de façon inacceptable et grossière et en plus le traite de raciste.
2. Au lieu de nous demander si nous sommes d'accord pour condamner ce comportement (à mon avis 99.9% seraient d'accord), il généralise en déclarant que ce type d'incident n'est pas isolé et même de plus en plus fréquent
3. il compare alors cet incident ou plutôt cette agression (car c'en est une) avec l'hypothèse inversée où Rollin ferait le même type d'agression vis à vis d'un noir, SUR UN PLATEAU DE TELEVISION. Et de s'indigner contre les condamnations diverses et suites pénales qui en résulteraient. Et il en conclue "deux poids, deux mesures"
4. Rollin se pose ensuite en "innocente victime" qui ne serait pas soutenue par une grande majorité de ses concitoyens, les professeurs de tolérance et autres politiquement corrects qui font le jeu du FN.
5. Je passe sur les brevets d'anti-racisme que Rollin s'attribue au passage (il ne remarque le "type arabe" qu'après avoir été traité de raciste, il est avec une femme noire, très très noire, en plus d'être belle" (je suis avec les noires contre les arabes ...))
6. Mais la comparaison qu'il fait est complètement fausse. Toute agression raciste sur un plateau de télévision, qu'elle provienne d'un noir, d'un blanc, d'un maghrébin aurait fait l'objet du même jugement. Toute agression sur la voie publique est condamnable, d'où qu'elle vienne. Qui peut prétendre que les individus "de type arabe" comme les nomme Rollin ne sont pas aussi victimes d'agressions racistes ? Et qu'il n'y a pas de délit de faciès ?

Maintenant, si on essaie de décrypter ce que nous dit Rollin réellement, sur la base de cette comparaison malhonnête:
- les individus de type arabes sont agressifs et racistes vis à vis des blancs
- les blancs se font systématiquement agresser
- les blancs agressés sont d'innocentes victimes qui ne sont pas soutenus par la majorité bien-pensante
- tout cela fait le jeu du front national.

Mais le seul problème, c'est que le discours de Rollin est exactement le discours du Front National et que Rollin, qui est payé sur nos deniers pour être drôle, ne l'est pas du tout et profite de l'antenne pour véhiculer ses propos nauséabonds.



 


 




10/07/2011

Animaux domestiques et impact carbone : "Faut-il manger son chien quand on est écolo ?"

On peut être ecolo, on peut avoir des animaux domestiques, mais difficile de concilier les deux.

Lisez plutôt :

"Un chien de taille moyenne aurait une empreinte écologique deux fois supérieure à celle d’un véhicule 4X4 : c’est ce qu’affirment en effet Robert et Brenda Vale, deux architectes spécialisés dans le mode de vie durable à l’université Victoria de Wellington, en Nouvelle Zélande. Ils ont publié fin 2009 un livre intitulé Time to Eat the Dog : The real guide to sustainable living (Editions Thames and Hudson), un ouvrage dont il n’existe pas encore de version française, mais dont le titre pourrait être traduit par « Il est temps de manger le chien : le vrai guide du mode de vie durable.

Manger son chien, voilà une idée qui fait frémir en Europe ! Pourquoi un titre aussi provocateur ? Parce que les auteurs ont calculé et comparé l’empreinte écologique de nos animaux domestiques à celle d’autres choix de mode de vie, et qu’ils estiment que cette empreinte est tellement importante que si on veut vraiment un animal domestique, on devrait en choisir un qui ait un double emploi… Un animal qui pourrait être mangé par exemple. Voilà évidemment qui fait bondir ceux qui pensent que le chien est le meilleur ami de l’homme !

Comment le couple Vale a-t-il a mesuré l’ impact écologique de nos amis à poils, à pattes et à nageoires ?  En analysant les ingrédients des marques les plus célèbres de nourriture pour animaux. Par exemple, ils ont estimé qu’un chien de taille moyenne consomme 90 grammes de viande et 156 grammes de céréales par jour dans sa ration recommandée de 300 grammes de nourriture déshydratée pour chien. Or, avant dessèchement, cette quantité équivaut à 450 grammes de viande fraîche et à 260 grammes de céréales. Sur un an, notre gentil toutou mange donc environ 164 kilogrammes de viande et 95 kilogrammes de céréales. Robert et Brenda Vale ont ensuite calculé qu’il faut 43,3 mètres carrés de terre pour produire 1 kilo de poulet par an et 13,4 mètres carrés pour produire un kilo de céréales. Au final, ils évaluent l’empreinte écologique de ce chien à 0,84 hectares. Et cet impact est encore supérieur si la nourriture est faite à base de viande de bœuf ou d’agneau, ou s’il s’agit d’ un gros chien : pour un berger allemand, l’impact estimé est de plus d’un hectare.

 Est-ce vraiment plus que ce que consomme la fabrication et l’utilisation d’un gros véhicule 4X4 ? Selon les auteurs, oui. Ils ont comparé l’empreinte écologique d’un chien de taille moyenne avec celle d’un Toyota Land Cruiser avec moteur 4,6 litres qui parcourrait 10,000 kilomètres par an. Leurs calculs comprennent les consommations du véhicule et l’énergie nécessaire à le construire et à le ravitailler, soit 55,1 gigajoules. Étant donné qu’un hectare de terre peut produire approximativement 135 gigajoules d’énergie par an, l’impact écologique du véhicule serait d’environ 0,41 hectares – moins de la moitié de celle d’un chien de taille moyenne !

Voilà une comparaison inattendue, qui a dû faire bondir les adversaires des véhicules les plus polluants autant que les défenseurs des animaux… Les Vale ont estimé aussi l’impact écologique des chats à 0,15 hectares (soit légèrement moins qu’une Volkswagen Golf selon eux). Selon eux toujours, l’impact du hamster atteindrait 0,014 hectares, et en acheter deux équivaudrait à une télé plasma. Les canaris consommeraient  deux fois moins de ressources. Mais même un poisson rouge aurait besoin de 3,4 mètres carrés de terrain pour subsister, ce qui lui donnerait un impact équivalent à deux téléphones portables. Il suffit de faire un petit tour sur internet pour s’en rendre compte : ces affirmations ont suscité de nombreuses réactions. Sur la pertinence de ces comparaisons d’abord, et sur la façon dont ces calculs ont été élaborés aussi. Il est probable en effet que le couple Vale ait un peu forcé le trait pour jeter le pavé dans la mare : difficile en effet de comparer le bilan écologique d’êtres vivants avec celui d’objets. Ce bilan ne tient pas compte par exemple des métaux précieux nécessaires à l’électronique dont les nouvelles voitures sont truffées. Leur extraction est extrêmement polluante."

 

Mais ce n'est pas tout, parlons un peu bio-diversité :

"Certains scientifiques évoquent aussi l’impact des animaux domestiques sur la biodiversité… En 2007, Peter Banks et Jessica Bryant de l’université du New South Wales à Sydney, en Australie, ont démontré que la faune ailée des zones fréquentées par les chiens, même lorsqu’ils sont tenus en laisse, présentait 35% de diversité en moins et une diminution globale de 41 pour cent du nombre d’oiseaux. D’autres études menées au Royaume-Uni indiquent que les chiens jouent un rôle dans le déclin de certaines espèces rares d’oiseaux, comme l’engoulevent d’Europe. En 2002, on a découvert que les loutres de mer le long de la côte californienne mouraient d’une affection du cerveau causée par le Toxoplasma gondii, un parasite, que l’on trouve dans les déjections des chats… Bref, les scientifiques semblent d’accord pour le dire : il est temps de prendre conscience du fait qu’adopter un animal n’est pas un acte anodin…"

 

"On oublie parfois aussi que certaines mesures de savoir-vivre  peuvent avoir un impact écologique: voilà qui nous amène au délicat sujet des excréments ! Lorsque vous sortez Médor en ville, baladez-vous avec un sachet biodégradable pour jouer les démineurs si nécessaire. Vous pouvez jeter les déjections animales aux toilettes, pour éviter une contamination des eaux souterraines. Il n’est pas conseillé de mettre ces petits cadeaux au compost destiné au potager, pour éviter la transmission à l’homme de maladies comme la toxoplasmose… Enfin, pour sortir de cette partie malodorante du sujet, parlons promenade :  ne faites pas sortir votre chat la nuit, c’est un vrai prédateur nocturne pour la faune sauvage.  Et puis promenez votre chien en laisse, et évitez les zones où la faune sauvage est préservée. Laissez-vous guider, en conclusion, par la déclaration universelle des droits des animaux proclamée à l’Unesco en 1978, et selon laquelle « le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux »."

 

 

Il faut aussi garder en mémoire les chiffres suivants, extraits de la "Dépèche Vétérinaire (N° 991 du 31 mai au 6 juin 200)

 

chien,chat,animaux domestiques,impact carbone,manger son chien

 

 

 

 

 

Alors ce hot dog, quand est-ce qu'on se le fait ?

 

 

 

 

 

 

 


23/06/2011

A Vaucuron, nous avons des chasseurs, des écolos et des blaireaux

 

A Vaucuron (Petit village du Luberon, que vous pouvez découvrir dans La chronique de Vaucuron), nous avons des chasseurs, des écolos et des blaireaux.

 

Mais d’abord, comme le débat peut susciter des controverses, voire des polémiques, commençons avec méthode par la définition des termes :

1.     Qu’est-ce qu’un chasseur, un mauvais chasseur, un bon chasseur ? Bon, là c’est facile, la référence s’impose à nous en toute clarté : http://www.youtube.com/watch?v=Gef9wvuA2Wo


2.     Plus difficile qu’est-ce qu’un écolo, un écolo pessimiste, un écolo optimiste ?
http://www.curiosphere.tv/video-documentaire/0-toutes-les...

3.     Et qu’est-ce qu’un écolo benêt ? http://www.passerellesud.org/Qu-est-ce-qu-un-ecologiste-b...

4.     Et un blaireau, qu’est-ce que c’est ? Et quel rapport avec les questions précédentes ? Vaste question …Voici quelques pistes :
http://blaireau.canalblog.com/archives/2006/08/22/2516827...

http://ligueantiblaireau.blogspot.com/2007/09/mais-quest-...

http://home.nordnet.fr/~mvanseveren/bitume/blaireaux.htm


 

La suite de ce post tente modestement de contribuer à cette étude difficile.
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Norbert, paysan de Vaucuron a des soucis …

 

En effet, comme c'est un perfectionniste, il aime avoir un jardin bien propre, un gazon bien net, des plantes bien soignées, tout bien en ordre, quoi.

 

Or ne voilà-t-il pas que des hôtes indélicats viennent semer le Bronx dans cette oasis de tranquillité.

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D’abord les taupes ont envahi son jardin. Mais après une lutte acharnée, Norbert en est sorti vainqueur. On peut estimer qu’une taupe ne peut séjourner plus d’une demi-journée dans ce terrain de chasse avant d’être impitoyablement éliminée par des méthodes barbares les moyens les plus appropriés et tout à fait écolo !

 

 

 

 Voyez plutôt :

 taupe_europe[1].jpg 

 

Avant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 IMG_4750.JPG

 

 

 

 

Après

 

 

 

 

 

 

  

 

 Norbert est donc devenu un expert dans les pièges les plus divers. Il excelle dans la traque, la capture et l’élimination de nos amies les bêtes, des rongeurs nuisibles et autres mammifères insectivores, ennemis de nos jardins et des vers de terre qu’il entend protéger.

 

D’ailleurs Norbert aime les bêtes, enfin certaines bêtes, il faut bien faire un choix. Norbert a un chat. Cette  saloperie de chat  adorable petite bête  pisse dans tous les coins est très bien élevée, très propre. Le seul petit problème est son instinct de chasse (qui a écrit ce post immonde « Animaux domestique, animaux dénaturés ») ?

Donc cette saloperie de chat  adorable petite bête  a pris l’habitude cruelle bien utile de chasser de gentils petits lapereaux de vilains rongeurs particulièrement nuisibles, qu’il rapporte et cache dans la maison jusqu’à ce que l’odeur en signale la présence. Mais quand on aime les bêtes …

  

 

Mais il y a plus gros : dernièrement Norbert a découvert un beau matin sa pelouse dévastée, voyez plutôt :

IMG_5603.JPGIMG_5604.JPG

 

 

 

 

 

 

 

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Quel était ce nouvel intrus ? N’écoutant que son courage et sa créativité bricolistique, Norbert a aussitôt fabriqué un piège redoutable : un collet auto-coinceur en câble renforcé. Et quelle n’a pas été sa surprise de constater quelques jours plus tard qu’il avait pris du gros : voyez plutôt :

 

IMG_5702.JPGIMG_5704.JPGIMG_5706.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

396249919.jpgQuelques mots sur les blaireaux

- Taille du corps : 70 cm.
- Poids : 10 à 20 kg.
- Classification : mammifère.
- Famille : mustélidés.
- Comportement : nocturne.
- Longévité : 4 ans en moyenne. Jusqu'à 15 ans.
- Nourriture : essentiellement des vers et végétaux (fruits, céréales, tubercules, champignons). Taupes, petits rongeurs et insectes. Parfois œufs et oisillons.
- Habitation : dans un terrier.

 

 

C’est surtout la nuit qu’il est possible d’observer le blaireau émerger de son terrier. Le blaireau fait partie de la famille des Mustélidés (Mustelidae) au même titre que le putois, la loutre, le ratel, le glouton ou la belette.

Les blaireaux sont puissamment bâtis. Le corps est robuste et ramassé, porté par de courtes pattes griffues, ce qui confère à l’animal un dandinement caractéristique dans sa démarche et des mouvements parfois gauches.

Néanmoins, quand il le faut, le blaireau est capable de réelles performances. Il peut galoper à  25 km/h.

Les premiers accouplements s’effectuent en avril mais parfois dès février. En principe, le mâle dominant est prioritaire maispour éviter toute consanguinité, femelles et mâles indépendants s’accouplent.

Les accouplements déclenchent l’ovulation mais la gestation proprement dite ne débute qu’en décembre. L’ovule fécondé reste dans l’utérus sans s’implanter dans la paroi utérine pour entamer sa croissance.


Si la gestation ne dure que 7 semaines, elle est différée de 7 à 8 mois et les naissances ont lieu au mois de février.

 

 397555119.jpg

 

Et cette dernière photo d'un jeune blaireau ne fait-elle pas réfléchir ? Quand on pense que c'est cette jolie petite bête  cet animal cruel vis à vis des insectes que Norbert  a massacré éliminé. C'est vraiment brute sanguinaire  un bon chasseur !

 

 

 

 

 

La morale de cette histoire ? Vous vous posez encore la question ? Mais elle est très simple …

Norbert  aime les bêtes, mais il a fait un choix : il défend les petits contre les gros. Ses amis préférés sont les lombrics et autres vers de terre. C’est pourquoi il vient de créer la LPDVT : la ligue de protection des vers de terre.

Ses ennemis sont donc tous les prédateurs des vers de terre et en premier lieu :
- la taupe qui mange entre 10 et 15 kg de vers par an !
- mais surtout le blaireau qui en mange près de 100 kg

 

Sale temps pour les blaireaux !

 

PS1 : Norbert s’intéresse aussi à la protection du moucheron et réfléchit aux moyens d’éliminer les hirondelles et autres martinets grands prédateurs de ces derniers. Si vous avez des idées, n'hésitez pas ...

PS2 : Ce post est au moins au 2eme degré. Merci d’en tenir compte dans vos commentaires …

PS3 : Sur l'écologie , vous pouvez aussi consulter http://seulsdanslecosmos.hautetfort.com/archive/2010/03/0...

PS4 : Sur le rapport de l'être humain avec l'animal : http://seulsdanslecosmos.hautetfort.com/archive/2010/03/0...

et http://seulsdanslecosmos.hautetfort.com/archive/2010/05/0...

 

 

12/05/2011

Violences faites aux femmes en République Démocratique du Congo

Mise à jour du 12 mai 2011

 

Malheureusement rien ne semble avoir changé en République Démocratique du Congo concernant le viol des femmes. C'est à désespérer car la situation tend à se banaliser.

Loin du printemps arabe, la situation des femmes dans une bonne partie de l'Afrique est oubliée de tous, ou presque. Toute réforme du code de la famille, toute loi permettant aux femmes de faire valoir un minimum de droit est renvoyée aux calendes grecques, l'ONU et L'unesco restent silencieuses, ... Circulez, il n'y a rien à voir.

Seule voix dans ce désert médiatique, le journal américain de la santé publique, relayé par RFI, rapelle que plus de 1 100 femmes sont victimes de viol chaque jour en République démocratique du Congo ...

http://www.rfi.fr/afrique/20110512-1-100-victimes-viol-ch...

 

Post du 19/09/ 2010

Une fois de plus, malheureusement, ce sujet revient au devant de l’actualité. Il s’agit cette fois des innombrables viols en RDC (ex Congo Belge), dans la région de Goma et Bukavu (Est RDC). J’allais écrire à la une de l’actualité mais ce n’est décidément pas à la une mais souvent en nième page, sans grande visibilité).

 

RDC.jpgL’ONU estime à 200 000 le nombre d’agressions sexuelles perpétrées en 15 ans dans la région. Ce fut d’abord le fait des « bandes armées rebelles » et de « l’armée officielle » de la RDC, c’est maintenant une pratique qui se répand dans la société civile.

 

 

La société gangrenée par le viol, c’est le jugement de nombreuses ONG, qui tentent de réagir dans cet état de non droit qu’est l’Est de la RDC depuis une vingtaine d’années pour ne pas dire depuis l’indépendance du Zaïre (ex-congo belge).

 

 

 

 

Ces ONG tentent de venir en aide aux femmes et aux filles des villages agressés et à leurs familles quand elles résistent à cette épreuve insupportable.  « Les viols se produisent souvent sous les yeux des maris. Le but, c’est de détruire mentalement la population » (Safiatou Kané Unicef Goma).

 

MAL_RDC_Goma_Affiche_2010_20.jpgMAL_RDC_Goma_Affiche_2010_26.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soutien psychologique aux filles et aux femmes traumatisées, prise en charge des femmes abandonnées pour éviter qu’elles ne tombent dans la prostitution, mais surtout lutte contre l’impunité, ce sont les actions que mènent ces ONG (168 procès 30 jugements obtenus). Mais la guerre contre le viol ne fait que commencer dans un pays où l’état de droit n’existe pas et où règne la loi du plus fort ou du plus malin.

 

Il faut ajouter que, constatant la très forte augmentation en ce moment des viols commis par les civils (on parle d'épidémie !), le ministre provincial de la Justice du Nord-Kivu, François Tuyihimbaze Rucogoza, avait récemment insisté sur le fait que le problème ne pouvait pas être résolu seulement par le système judiciaire : « Nous devons voir comment éduquer nos populations. Il ne s’agit pas seulement d’un problème judiciaire mais d’un problème social. Nous devons faire savoir à nos populations que le viol est un crime ». Oui mais avec quels moyens ? Le temps presse, il est urgent de prendre des mesures efficaces et de développer des campagnes dans cette direction.

 

 

L’ONU est présente dans cette région depuis des années d'abord à travers la MONUC renommée MONUSCO en jun 2010.
Pour rappel, la MONUSCO dont le mandat s’étend du 1er juillet 2010 au 30 juin 2011, a comme mandat principalement la protection des civils, la stabilisation et la consolidation de la paix. La MONUSCO est l’une des plus importantes missions de l’Onu dans le monde, avec un budget annuel de 1,35 milliard USD

 

Alors que pouvons nous faire ?

 

S’informer, informer, dénoncer chaque fois que c’est possible. Demander une prise de position claire de nos élus et de notre diplomatie et des faiseurs d’opinions (presse, partis politiques, églises, …)

 

Mais surtout soutenir l’action des ONG qui se battent sur le terrain, Notamment :

 

Human Right Watch, qui a dénoncé cette situation depuis des années,

http://www.hrw.org/fr

 

Marche Mondiale des Femmes qui organise justement à Bukavu, en RDC, entre le 13 et le 17 octobre 2010, une marche de 1000 femmes à l’occasion de la clôture de sa Troisième Action Internationale

http://www.mmm2010.info/

 

 

CHILDREN'S VOICE, Goma (Rd Congo)

http://children-voice.org/

 

Solidarités International

http://www.solidarites.org/missions/RDC/action-humanitair...

 

 

L’UNICEF

 

Bien sûr, tout n’est pas rose dans le domaine des ONG, mais globalement leur action dans un état de non droit est nécessaire et positive. Voir à ce sujet l’étude de Juristes Solidarités

http://base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-7166.html

 

 

 

 

 

Les mutilations rituelles en Afrique

 

Mais il est un autre sujet dont il faut nécessairement parler quand on évoque le droit des femmes et des filles africaines, c’est celui de l’excision et plus généralement des mutilations génitale féminine (MGF).

 

Maintenue par tradition et favorisée par les religions (notamment animistes et musulmanes, les religions chrétiennes restant silencieuses), ces « coutumes » sont l’objet d’une grande hypocrisie. Les hommes s’en lavent les mains en disant que c’est une histoire de femmes. Les femmes s’en remettent aux « Grandes sœurs » et aux exciseuses, piliers du maintien des traditions. Les gouvernements condamnent en principe mais ne font pas grand chose pour faire cesser ces crimes.

 

Car il s’agit bien de crimes.

 

« On estime à 130 millions le nombre de fillettes et de femmes, à travers le monde, qui ont subi MGF et qu’au moins 2 millions de fillettes par an risquent de subir la procédure sous une forme ou une autre. Actuellement, les MGF sont pratiquées dans 28 pays africains de la région sub-saharienne ainsi que dans la partie nord-est de l’Afrique. Des rapports indiquent également la pratique sporadique des MGF dans certains pays du Moyen-Orient et dans quelques groupes ethniques de l’Inde et du Sri Lanka. Des communautés immigrées originaires de pays où les MGF ont cours, se livrent également à cette pratique.

 

Ce problème "africain", apparemment lointain, est devenu, avec l'immigration, une réalité en Europe : aujourd'hui à Paris, Rome, Stockholm, Amsterdam, Manchester Londres ou Berlin, l'excision est pratiquée illégalement. Et pas seulement dans la pénombre de chambres miteuses, mais aussi dans des cabinets de médecins. Par peur de sanctions, beaucoup de familles préfèrent faire exciser leurs petites filles pendant les vacances scolaires dans leur pays africain d'origine.

L’excision est considérée comme une mutilation grave et injuste dans les pays occidentaux, mais aussi par des organisations internationales telles que l’ONU, l’OMS et l’Unicef. Dans la plupart des pays occidentaux, elle est poursuivie et punie comme un crime grave. Il subsiste quelques régions du monde, notamment dans certains pays d'Afrique, où cette pratique reste tolérée au nom de la tradition.

La mutilation de l'appareil génital féminin est un rite millénaire. On ignore cependant où et pourquoi il s'est développé. L'excision représente actuellement pour les fillettes, avec le mariage, la cérémonie la plus importante de leur vie : ce n'est qu'après s'être soumises au rite de l'excision qu'elles deviennent de jeunes femmes et qu'elles sont pleinement acceptées et reconnues dans la communauté. L'excision est un sujet tabou et les petites filles ne savent pas exactement ce qui les attend.

 

Beaucoup pensent à tort que l'Islam prescrit l'excision. Les femmes non excisées sont considérées comme impures et incapables de maîtriser leurs pulsions sexuelles. Les hommes refusent d'épouser des femmes non excisées. Beaucoup d'entre eux croient que les femmes non excisées sont toujours adultères, que le clitoris retient le pénis prisonnier lors d'un rapport sexuel et que la pénétration est impossible chez les femmes non excisées.


L'excision est un sujet tabou, quiconque en parle se couvre de honte et jette l'opprobre sur toute sa famille. C'est pourquoi cette tradition n'est que rarement remise en question. La pression sociale et le risque de se faire exclure par la communauté sont tels qu'il est quasiment impossible pour les femmes de se rebeller contre les traditions. Durant toute leur vie, les femmes sont conditionnées pour servir la communauté et réprimer leurs envies. »

 

En Afrique, on recense 28 pays où les mutilations sexuelles féminines sont pratiquées. La proportion de femmes excisées varie selon les pays.
Trois groupes peuvent être distingués (chiffres au début des années 2000 -source Afrik.com) :

les pays où la grande majorité des femmes sont excisées soit plus de 85 % : Djibouti, Égypte, Éthiopie, Érythrée, Guinée, Mali, Sierra Leone, Somalie, Soudan.

les pays où seules certaines fractions de la population étant touchées et où 25 à 85 % des femmes sont excisées, proportion variant selon l’ethnie, la catégorie sociale et la génération : Burkina Faso, Centrafrique, Côte d'Ivoire, Gambie, Guinée-Bissau, Kenya, Liberia, Mauritanie, Sénégal, Tchad.

les pays où seules quelques minorités ethniques sont concernées et où la proportion d’excisées est inférieure à 25 % : Bénin, Cameroun, Ghana, Niger, Nigeria, Ouganda, République démocratique du Congo, Tanzanie, Togo.

Selon l’UNICEF, seuls 13 pays africains disposent de lois réprimant les mutilations sexuelles féminines et autres types de violences faites aux femmes.

Pour s’informer :

Le dossier d'Arte : La chaîne Arte avait consacré à l'occasion du procès Hawa Greou, en 1999, un dossier à l'excision: ses conséquences, le poids de la tradition, une bibliographie...Toujours d'actualité...http://www.arte-tv.com/science/excision/ftext/00.htm

L'Unicef

http://www.unicef.org/french/protection/files/Mutilations...
http://www.unicef.org/french/pon00/battles.htm

Droits de l'enfant.com : Un site consacré aux droits de l'enfant. http://droitsenfant.com/excision.htm

Le site du droit des jeunes
http://www.droitsdesjeunes.gouv.fr/
Ce site gouvernemental répond aux interrogations des jeunes sur l'emploi, la santé, le logement, le service national, le droit des femmes. Il aborde la question de l'excision avec des questions simples: qu'est-ce que l'excision? qu'est ce que l'infibulation? est-ce légal? qui est responsable?

 

Oxfam Québec ; Dossier sur les violences faites aux femme en Afrique de l'Ouest

http://www.fss.ulaval.ca/universitefeministedete/Oxfam.pdf

 

Les associations

A.M.E Association contre la mutilation des enfants
http://www.enfant.org/
Cette association effectue des recherches sur les différentes mutilations d'enfants et publie les résultats.

G.A.M.S. (Groupe femmes pour l'abolition des mutilations sexuelles et autres pratiques affectant la santé des femmes et des enfants)
http://perso.wanadoo.fr/..associationgams/pages/presgams....
Le G.A.M.S. est une association Loi 1901, constituée de femmes africaines et françaises ayant des compétences dans les domaines de la santé, du social, de l'éducation, et une longue expérience dans la prévention des mutilations génitales féminines. Il regroupe 26 comités nationaux qui travaillent sur les pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants.

Sentinelle
http://www.sentinelles.org/
Cette ONG suisse s'occupe d'enfants malades, d'enfants esclaves et de l'abolition des pratiques de mutilations sexuelles.

 

 

 

07/05/2011

Nos amies les bêtes : les chiens de Bucarest

A qui appartient la planète Terre ? Y a-t-il encore de la place pour les espèces animales sauvages ? Les animaux domestiques sont-ils esclaves ou objets de consommation ? Que reste-t-il de l'animalité ?

 

Cet article du Monde me paraît bien intéressant.

 

LEMONDE | 02.04.11

 

"Une guerre sourde est menée depuis une dizaine d'années entre les partisans de l'euthanasie des chiens errants, qui ont pris en otage la capitale roumaine, et leurs défenseurs. Environ 50 000 quadrupèdes se promènent en liberté dans les rues de Bucarest et les dégâts qu'ils commettent sont préoccupants. Selon les autorités locales, en 2010, 13 200 personnes ont été mordues, dont 2 500 enfants, et une femme est morte. Les responsables locaux ont annoncé le démarrage, en mars, d'une vaste opération destinée à capturer ces chiens errants pour les mettre dans des chenils. Ceux qui ne seront pas stérilisés devraient être euthanasiés. "Entre 2006 et 2009, l'Etat a dépensé 1,3 million d'euros pour soigner les personnes mordues, a déclaré le préfet de Bucarest, Mihai Atanasoaei. Cette somme aurait pu servir à construire des abris pour tous les chiens. Ils ne devraient pas être dans les rues. La solution ultime sera l'euthanasie."

Les associations de défense des animaux se sont une nouvelle fois mobilisées à Bucarest et dans d'autres grandes villes du pays en proie au même phénomène. Le 1er mars, alors que la mairie discutait du sort des chiens abandonnés, quelques centaines de Bucarestois étaient réunis devant l'ancienne Maison du peuple, un mastodonte bâti par Nicolae Ceausescu devenu le siège du Parlement. "Non à l'euthanasie !", ont-ils crié dans un froid glacial. Le préfet de la capitale s'est vu traiter de "Hitler des chiens".


UN SENTIMENT D'ABANDON

"Les autorités sont criminelles, a lancé Anca Pura, militante d'une association pour la défense des chiens. On nous a réduit les salaires et les retraites, maintenant on s'apprête à couper la tête de ces chiens qui souffrent autant que nous."

Le sentiment d'abandon par un Etat corrompu, ressenti par la majorité des Roumains depuis la chute de la dictature communiste il y a vingt et un ans, les pousse à s'identifier à ces chiens errants, victimes eux aussi de la dictature et de la transition qu'a connue la Roumanie dans les années 1990. Sous la férule de Ceausescu, la moitié de la capitale a été rasée pour faire place aux HLM socialistes. Du jour au lendemain, les Bucarestois ont dû abandonner leurs maisons, et leurs chiens se sont retrouvés dans la rue où ils se sont multipliés sans aucun contrôle.

En 2000, Bucarest comptait 200 000 chiens errants, et la mairie avait décidé de les euthanasier. Mais en 2008, un an après l'adhésion du pays à l'Union européenne, une nouvelle loi a interdit cette pratique. Le 1er mars, la Chambre des députés a décidé de donner de nouveau le feu vert pour y recourir. "Jusqu'en mars 2012, nous allons alléger Bucarest d'environ 20 000 chiens", assure Robert Lorentz, chargé de ce dossier à la mairie.

Les associations roumaines ont, elles, promis de mener une véritable guerre."

 

Voir aussi :

Animalité - Humanité

Animaux domestiques - Animaux dénaturés

Le nouvel ordre écologique

 

 

 

03/05/2011

Nucléaire : le patronat japonais sans pudeur

LEMONDE.FR avec AFP | 02.05.11 | 20h35 • Mis à jour le 02.05.11 | 21h26

Fukushima : le patronat japonais souhaite que l'Etat indemnise les riverains

Selon M. Hiromasa, "le gouvernement doit continuer à aider Tepco et doit aussi indemniser ces habitants".AFP/ERIC PIERMONT

Se montrant extrêmement critique vis-à-vis de son gouvernement, le chef du patronat japonais, Yonekura Hiromasa, a estimé, lundi 2 mai, qu'il revenait à l'Etat, et non à l'opérateur de Fukushima, d'indemniser les riverains de la centrale nucléaire accidentée lors du séisme et du tsunami du 11 mars.

"Le gouvernement se défausse pour n'assumer aucune responsabilité", a dénoncé le président de la fédération Keidanren dans un entretien accordé à l'AFP, prenant la défense de la société Tokyo Electric Power (Tepco), critiquée pour sa gestion de l'accident nucléaire. "Je critique ouvertement le gouvernement au sujet des indemnisations", a-t-il ajouté.
Selon M. Hiromasa, "le gouvernement doit continuer à aider Tepco et doit aussi indemniser ces habitants". "Ils ont toujours dit que Tepco était responsable de ces indemnisations, mais ce n'est pas vrai au regard de la loi", a-t-il insisté."

Le patronat japonais a le mérite de parler clair, à savoir que les salaires mirobolants et les profits sont pour les patrons et les détenteurs du capital, tandis que les risques, les coûts non prévus doivent être supportés par "le gouvernement", doux euphémisme pour désigner le contribuable, c'est à dire le peuple japonais et les salariés exploités par ces mêmes patrons.

Et dans le même temps les conséquences de Tchernobyl sont aussi assumées dans leurs corps par les peuples ukrainines, russes et bielorusses. Cela n'empêche pas de dormir les experts du Forum Tchernobyl

qui nient toutes conséquences sur la santé de ces populations. 

Et c'est autour d'autres contribuables de payer pour financer le deuxième "sarcophage" qui doit permettre (pour combien de temps ?) de refermer la boite de pandore.

Donc, après la crise financière et maintenant les catastrophes nucléaires,  c'est devenu la règle : le sauvetage des entreprises privées ou publiques ou bien le nettoyage des écuries d'Augias, sont du domaine public et leur coût doit être assuré par le contribuable.

Conseillons à l'Institut Montaigne (le machin de BéBéar, ancien patron d'AXA qui déshonore le nom de Montaigne) d'intégrer cette nouvelle donne dans leur croisade contre l'éolien (et pour le nucléaire), dont l'argument principal est le faible coût du nucléaire par rapport aux énergie renouvelables.

http://www.institutmontaigne.org/eoliennes-2885.html

 

Marx et Keynes, au secours, revenez vite, ils sont devenus fous !

 

28/04/2011

Mais pourquoi tant de saints ?

Après la béatification de Jean-Paul II, on peut se poser la question : Mais pourquoi tant de saints ?

A quoi servent les saints au 21 eme siècle dans un monde où les dogmes de la religion catholique sont de plus en plus méconnus et donc en rapide perte d'influence ?

Il y aurait 7 500 saints, selon les calculs du site français Nominis. Jean-Paul II lui-même n'est pas étrangers à cette inflation qui, durant son pontificat (1978-2005), a fait marcher la fabrique des saints à plein régime : 1 342 bienheureux ont été proclamés et 483 autres ont accédé à la sainteté.

" Ils sont la projection de l'image que l'Eglise veut se donner d'elle-même à un certain moment de son histoire. Chaque béatification est donc à ce titre un acte politique ", explique l'historien italien Roberto Rusconi, auteur de Santo Padre (Viella, 2010, non traduit). Tout commence vraiment à la fin du Moyen Age. Les béatifications et les canonisations, qui étaient jusqu'alors du ressort des évêques, passent peu à peu sous le contrôle de Rome. Au XIIIe siècle, les papes s'accordent définitivement le dernier mot dans les procès en canonisation. " A partir de là, on peut, assure l'historien, parler d'une véritable politique ecclésiale de la sainteté. "

Le Monde du 28 avril 2011

 

C'est dans ce contexte qu'il faut analyser la poursuite du procès en béatification de Pie XII.

Lire à ce propos la voix discordante de Golias, (Cathos de gauche), bien seule à mettre en exergue la signification de ces canonisations.

http://www.golias.fr/article2393.html

http://www.golias-editions.fr/article4922.html

 

 

Et pourquoi ne pas relire le post que j'avais publié l'année dernière :

Rendons aux papes ce qui leur appartient