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04/01/2016

Calculer son bilan carbone ou son empreinte écologique

Savez-vous combien d'énergie, combien d'eau vous consommez par an ? Ou par jour ?
Combien de Km vous parcourez par an, en voiture, en train, en avion ?
Et combien cela génère de Kg équivalent carbone ?
Et combien de planètes il faudrait pour produire ce que vous consommez x 7 milliards (population terrestre) ?

Pas évident de trouver un site permettant de calculer intelligemment son bilan carbone ou son empreinte écologique.

En effet beaucoup de sites vous proposent des questionnaires plutôt naïfs ou culpabilisants, qui placent sur le même plan l'eau qu'on laisse couler en se lavant les dents et l'arrosage de son jardin, l'utilisation de lampes basses consommation et la température de son logement ...

L'important, me semble-t-il, c'est de bien caractériser le type d'impact que nous pouvons avoir sur l'environnement et de hiérarchiser le niveau de ces impacts.

 

Mais d'abord que calculer ?

1. Notre bilan Carbone : C'est sans doute le sujet le plus urgent, car il s'agit du réchauffement climatique avec des impacts dans les quelques décennies à venir.

Je vous recommande le site  http://www.bilancarbonepersonnel.org/ 

Ses qualités:
- mode d'emploi simple
- catégories bien définies : Logement-Transport-Alimentation-Consommation
- très clair dans les périmètres pris en compte dans les calculs
- très souple : on peut ajouter un véhicule, un logement, un vol, ...
- permet de rentrer ses consommations de façon quantitatives (kWh, Km, kg) ou qualitatives
- présente une vision synthétique du questionnaire, permettant à tout moment de revenir sur un point particulier
- offre la possibilité d'archiver chaque bilan, ce qui permet les comparaisons dans le temps
- incite à archiver nos différents types de consommation (électricité, gaz, déplacements, équipements...), ce qui permet de mieux les suivre donc de mieux les contrôler

- les résultats sont particulièrement intéressants. Le site vous fournit vos émissions par poste en Kg equ.Carbone ou en Kg equ CO2. Preuve de sérieux, les calculs sont affectés d'incertitudes qui sont indiquées dans les histogrammes et les diverses tables.
- une barre horizontale rouge représente la hauteur moyenne que les barres des histogrammes devraient ne pas dépasser pour que notre mode de vie puisse être qualifié de durable du point de vue des émissions de gaz à effet de serre.
 

2. Notre bilan Eau : près d'un milliard d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau potable. Et le problème de l'eau risque de devenir de plus en plus critique du fait des pollutions et du réchauffement climatique. Raison de plus de réfléchir sur la façon dont nous utilisons cette ressource vitale.

Deux moyens simples de calculer notre consommation :

- Archiver ses factures annuelles qui nous donne la consommation en M3
- utiliser ce site qui permet d'évaluer rapidement sa consommation annuelle d'eau. 
https://www.service-client.veoliaeau.fr/files/live/sites/...

 

3. Notre empreinte écologique (surface nécessaire pour produire ce que l'on consomme et traiter nos déchets)
Le site de WWF est assez naïf pour le calcul mais simple et comportant une partie recommandations assez utile : 
http://calculators.ecolife.be/fr/calculator/calculez-votr...

 

Il est aussi très intéressant de consulter les statistiques mondiales d'émissions de CO2 et d'empreinte écologique par pays : http://www.statistiques-mondiales.com/empreinte_ecologiqu...

Il ne s"agit pas de revenir à l'époque des diligences, mais de prendre conscience de ce que nous consommons, de tirer le meilleur de chaque ressource et d'agir dans la durée pour réduire notre consommation globale qui n'est pas supportable par la planète.

 

29/01/2012

Espèce humaine, espèce nuisible ?

De l'Homo sapiens à l' Homo faber

En philosophie, la notion d'Homo faber fait référence à l'homme en tant qu'être susceptible de fabriquer des outils.

Ces outils, signe de l’intelligence d’Homo Sapiens, associés à sa capacité de langage ont permis à l’Homo faber de prendre le contrôle de l’ensemble des activités terrestres et de dominer toutes les autres espèces.

Evidemment l’espèce Homo a été confortée dans cette prise de pouvoir par un soutien moral de poids : celui de Dieu, du moins celui de la Bible !

Lisons en effet la Genèse : par deux fois Dieu a donné à Homo Sapiens la totale disposition de la création terrestre : 

A l’intention des premiers hommes, Dieu dit : « faisons un adam à notre image comme notre ressemblance, pour commander au poisson de la mer, à l’oiseau du ciel, aux bêtes et à toute la terre, à toutes les petites bêtes ras du sol. » Genèse 1, 26-31

Plus tard, après l’épisode du déluge, « Dieu bénit Noé et ses fils, et leur dit : Soyez féconds, multipliez, et remplissez la terre. Vous serez un sujet de crainte et d'effroi pour tout animal de la terre, pour tout oiseau du ciel, pour tout ce qui se meut sur la terre, et pour tous les poissons de la mer: ils sont livrés entre vos mains. Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture: je vous donne tout cela comme l'herbe verte. »Genèse 9,1-10,32

 

Evidemment, il fallait bien un coup de main pour repeupler la Terre, car toute l’humanité, à l’exception de Noé et sa famille venait d’être anéantie par L’Eternel :

« L'Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur coeur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. L'Éternel se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre, et il fut affligé en son coeur. Et l'Éternel dit : J'exterminerai de la face de la terre l'homme que j'ai créé, depuis l'homme jusqu'au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits. Mais Noé trouva grâce aux yeux de l'Éternel. " Genèse 6:5-8:22

 

 

De l'Homo faber à l'Homo nocibilis

L'espèce humaine a donc prospéré, a établi son emprise sur tout l'écosystème terrestre et ses outils sont devenus de plus en plus puissants, au point de pouvoir porter gravement atteinte à l'équilibre de la planète elle-même et donc à la vie qui s'y est développée, grâce à une période de stabilité de quelque 4 milliards d'années.

L'espèce humaine serait-elle devenue une espèce nuisible ?

Après Homo faber et Homo economicus, faudrait-il dénoncer l’advenue d’Homo nocibilis ?

 

 

Mais qu’est-ce qu’une espèce nuisible ?

Un organisme nuisible est un organisme dont l'activité est considérée comme négative pour l'homme ou ses activités. Il peut s'agir de plantes, d'animaux, de virus, de bactéries, de mycoplasmes ou autres agents pathogènes.

Plus généralement, une espèce devient nuisible lorsqu'elle est susceptible de causer des dégâts importants à la flore et la faune, aux activités agricoles, forestières, d'élevages et aquacoles ou pouvant porter atteinte à la santé ou à la sécurité publique.

Le problème de ces définitions est qu'elles n'envisagent le caractère nuisible que par rapport à l'espèce humaine. Après avoir cru qu'il était le centre du monde, Homo sapiens croit toujours qu'il est le centre de la terre.

D'ailleurs la notion d'animal nuisible n'est pas utilisée en écologie, tous les êtres vivants jouant un rôle dans leur écosystème. Le problème ne se poserait que pour les animaux introduits artificiellement ou ceux dont le milieu a été modifié par l'homme (par l'élimination de prédateurs par exemple).

Homo sapiens reste un animal, mais il est plus qu'un animal.

Par l'advenue de sa conscience, par son langage, par ses outils, il est sorti du règne animal. Il est sorti du cadre de l'évolution décrite par Darwin. Homo sapiens sait maitriser sa reproduction, sait modifier le génome des espèces vivantes ; Homo sapiens peut transformer, a commencé à transformer son environnement en un gigantesque artefact.

Dans ce sens on peut retenir pour Homo faber, la notion d'espèce nuisible, ou dangereuse car il a la capacité de modifier artificiellement et de façon massive son environnement ainsi que celui des autres espèces.

 

 

Et une espèce nuisible pour qui ?

Intéressante question qui délimite d'ailleurs trois types d’écologie :

- face au danger pour l'espèce humaine elle-même, s'est développée une écologie humaniste ou anthropocentriste (centrée sur l’homme) qui vise à protéger l’environnement au bénéfice de l’espèce humaine.
- face au danger pour les autres espèces, s'est développé une écologie « utilitariste » centrée sur protection du règne animal
- face au danger pour la planète en général, s'est développé une écologie plus radicale qui voudrait prendre en compte les droits de la "nature" y compris du règne végétal, voire minéral.

Mais bien sur, toutes ces entreprises écologiques sont le fait de l'espèce humaine !

 

 

Homo faber : les mythes

Mais revenons à Homo faber : il a fait l’objet de nombreux mythes, aussi bien chez les grecs que chez les judéo-chrétiens : 

Extraits de Wikipedia : Prométhée

« En philosophie, le mythe de Prométhée est admis comme métaphore de l'apport de la  connaissance aux hommes. C'est un des mythes récurrents dans le monde proto indo-européen (mais on le retrouve également chez d'autres peuples):

§  Il rapporte comment ce messager divin ose se rebeller, pour voler -contre l'avis des dieux- le Feu sacré de l'Olympe (invention divine symbole de la connaissance) afin de l'offrir aux humains et leur permettre de s'instruire .

§  Il est aussi évocateur de l’hybris -la force démesurée-, la folle tentation de l'homme de se mesurer aux dieux et ainsi de s'élever au-dessus de sa condition.

 

Selon certaines versions grecques ou latines, Prométhée fut puni de son audace et enchaîné sur un rocher (ou crucifié selon d'autres). Ce mythe peut également être mis en parallèle avec le récit biblique d'Adam et Ève, chassés du Paradis pour avoir goûté le fruit de l'arbre de la connaissance du Bien et du Mal.

On le trouve la trace de ce mythe chez de nombreux auteurs qui en font des extrapolations diverses:

§  Chez Platon : le sophiste Protagoras en fait le récit dans son dialogue avec  Socrate pour défendre l'idée que la vertu peut s'enseigner.

§  Sous le nom de « complexe de Prométhée »,  Gaston Bachelard définit « toutes les tendances qui nous poussent à savoir autant que nos pères, plus que nos pères, autant que nos maîtres, plus que nos maîtres. » Selon ses termes, « le complexe de Prométhée est le complexe d'Œdipe de la vie intellectuelle7. »

§  Le philosophe de la technique, Günther Anders, forge le concept de "honte prométhéenne" exprimant ainsi la honte qu'a l'homme vis-à-vis de sa finitude au regard de la perfection des machines.

§  le philosophe Hans Jonas le reprend dans le Principe responsabilité (1979), pour faire allusion aux risques inconsidérés liés aux conséquences de certains comportements humains et de certains choix techniques, par rapport à l'équilibre écologique, social, et économique de la planète.

Certains voient dans le mythe prométhéen, une partie des fondements de ce qui devient ensuite le christianisme. Selon cette optique, Lucifer ( en latin : le porteur de lumière ), descend du Ciel pour sauver l'Humanité. Au départ ange favori de Dieu, le fait d'apporter aux hommes «lumière et instruction» explique que Lucifer, personnification du « Mauvais » reçoive en retour une éternelle rancune céleste. Par la suite, le Christ aurait été le « Bon Lucifer », le « Bon porteur de lumière », le porteur du véritable message divin aux hommes et aurait remplacé l'ange déchu. »

 

 

Dans son article, « Énergie : réenchaîner Prométhée ? Une approche conceptuelle », Fabrice Flipo constate la polarisation du débat contemporain sur la technique autour du mythe de Prométhée. Il y a d’une part ceux qui veulent laisser Prométhée agir librement, de manière à ce que les Hommes disposent de pouvoirs aussi grands que possible pour agir sur la nature, et d’autre part ceux qui voudraient plutôt " ré enchaîner " Prométhée, jugeant que ces pouvoirs sont devenus trop grands.  

Mais il fait remarquer que l'essentiel du mythe est dans sa seconde partie souvent oubliée : le désordre provoqué par le trop grand pouvoir des Hommes sur la nature, conduisit Zeus à envoyer Hermès pour remettre Dikè, la justice, entre leurs mains, ce qui permit de ramener la paix.

La question n’est donc pas de savoir s'il faut libérer ou enchaîner Prométhée mais de tirer parti des leçons de ce mythe pour analyser la géopolitique de l'énergie contemporaine. A la suite des analyses d'Ivan Illich, Fabrice Flipo entend montrer que la sobriété, ou juste mesure, par opposition à l'hybris, l'illimité, est l'une des conditions nécessaires de tout projet global ayant la paix pour objectif. Ce qui est mis en jeu avec le débat sur l'énergie n'est autre que la question de la répartition du pouvoir.  


« Il y a trois leçons à retenir de ce mythe, à notre sens.

La première est que l'être humain peut être si fasciné par le pouvoir immédiat des techniques qu’il en vient à oublier les conséquences de ses actions. Et cela n’a jamais été aussi vrai qu’aujourd’hui : nous parvenons à modifier la planète à des échelles sans précédent, mais nous ne maîtrisons pas les conséquences de l’usage de ce pouvoir.

La seconde leçon à retenir est que le pouvoir n'est pas le pouvoir de tous au seul motif que les quelques-uns qui le détiennent affirment le mettre au service de tous, ou promettent de le faire dans un proche avenir. Ainsi, affirmer que l’homme pourrait un jour coloniser l’espace oublie de dire qu’en l’état actuel des lois élémentaires de la physique et des ressources naturelles, cela ne pourra jamais concerner qu’une extrême minorité de l’humanité, puisque nous ne sommes même pas certains qu’il y ait assez de place dans la biosphère pour que tout le monde ait ne serait-ce qu’une mobylette. 

L’absence de participation aux décisions collectives qui déterminent l’espace quotidien des personnes est très exactement ce qu’on appelle l’exclusion, qu’elle soit énergétique, numérique ou autre. L’exclusion génère de la division et de l’affrontement.

La troisième leçon est que, contrairement à ce que Hans Jonas affirme (Jonas, 1979), ce n'est pas seulement d'éthique dont la civilisation technologique a besoin mais d'une justice, parce qu'il ne s'agit pas d'un problème soluble à l'échelle personnelle. Une éthique s’adresse seulement au comportement individuel, alors qu’une justice suppose de considérer l’ordre social dans son entier. La justice demande que l’on respecte ce qui est dû à chacun, actuel ou à venir, au Nord ou au Sud. L’approche économique orthodoxe fait très largement l’impasse sur ces questions. Elle n’a pas de vision de l’avenir au-delà d’une décennie, sinon sous la forme d’une promesse d’abondance qu’elle ne se presse pas d’étayer, alors que pourtant les signes de rareté et de croissance des inégalités, y compris au sein des pays industrialisés, se multiplient.

L’hybris, la démesure, la course sans fin au pouvoir, était un danger bien connu des Grecs. C’est pour cette raison qu’ils faisaient de l’arêtê, la juste mesure, l’équilibre, la vertu suprême du politique. Le système actuel est basé sur un raisonnement inverse : au lieu de faire de la juste mesure une question centrale, il postule qu’un supplément de pouvoir, un supplément d’appropriation, permettra d’éviter de poser le débat proprement politique de la répartition du pouvoir. Nous assistons donc à une fuite en avant généralisée

La théorie de la croissance infinie ne repose donc pas sur un projet conscient, scientifique ou rationnel, mais sur une conception de la nature, et en particulier de la nature humaine. Elle repose sur un ensemble de croyances non démontrables sur la nature ultime du monde, et ces croyances sont tenues pour vraies. Elles affirment que l’homme est homo faber et que son milieu est analogue à un entrepôt inerte et inépuisable de matériaux mis à sa disposition. Les ressources et les environnements sont inépuisables, soit qu’ils puissent être remplacés les uns après les autres, soit qu’ils soient effectivement inépuisables. Si l’homme continue à suivre les normes mises en évidence par l’économie, la nature sera « remise à l’endroit » et nous connaîtront l’abondance et la fin de l’histoire.

L’espace écologique (Flipo, 2002) global n’est pas plus infini que l’espace sur une chaussée : il faut choisir, et les choix qui sont faits actuellement sont lourds de sens. D’aucuns craignent un apartheid global, un néo-colonialisme écologique (Agarwal et al. , 1999) : une minorité industrialisée continuant à utiliser les ressources en empêchant le reste du monde de consommer afin de ne pas remettre en cause son mode de vie. 

Fabrice Flipo, Extraits de Énergie : réenchaîner Prométhée ? Une approche conceptuelle 

 

 

Contingence, relativité et subjectivité d’Homo Sapiens

 Protagoras, Nietzsche, Jacques Monod nous rappellent, chacun à sa manière, la contingence, la relativité et la subjectivité de l’intelligence humaine :


 Protagoras, Veme siècle avant JC, extrait de Traité des Dieux

« De toutes les choses, la mesure est l’Homme : de celles qui sont, du fait qu’elles sont ; de celles qui ne sont pas du fait qu’elles ne sont pas. »

 

Nietzsche, 1873, extrait de Vérité et mensonge au sens extra-moral,

« Dans un recoin éloigné de l’univers répandu en un scintillement d’innombrables systèmes solaires, il y eut une fois un astre où des animaux intelligents inventèrent la connaissance. Ce fût la minute la plus arrogante et la plus mensongère de l’« histoire du monde » : mais une seule minute. La nature frémit encore de quelques respirations puis l’astre se figea et ce fut la mort de ces animaux intelligents. – Telle est la fable que quelqu’un pourrait inventer mais qui ne pourrait néanmoins suffisamment illustrer la façon misérable, fantomatique et éphémère, insensée et fortuite, dont se comporte l’intellect humain au sein de la nature ; il y a eu des éternités où il ne fut pas ; quand il aura de nouveau disparu, il ne se sera rien passé. Car, pour ce fameux intellect, il n’existe pas de mission allant au-delà de la vie humaine. Il n’est qu’humain, et seul celui qui le possède et l’engendre le considère avec pathos, comme s’il contenait l’axe sur lequel tourne le monde. Mais si nous pouvions comprendre le moustique, nous saurions que lui aussi volette dans les airs avec le même pathos, se sentant porteur du centre volant de ce monde ».

 

J. Monod, 1970, extrait de Le hasard et la nécessité

« Nous nous voulons nécessaires, inévitables, ordonnés de tout temps. Toutes les religions, presque toutes les philosophies, une partie même de la science, témoignent de l'inlassable, héroïque effort de l'humanité niant désespérément sa propre contingence ».

 

Depuis Darwin, l’Homme n’est plus un être supranaturel. L’espèce Homo Sapiens n’est plus le centre du Monde, ni même le centre de la Terre. Elle est une émanation de la nature, tout comme le sont les végétaux et les animaux. Son intelligence est le fruit d’une évolution et non d’un souffle divin. Dieu est mort, son supposé rôle dans la création humaine n’a plus cours.

Le jeune Nietzsche se passionne pour ce nouveau paradigme mais ne s’arrête pas là. Il s’interroge sur les conséquences de ce nouveau rapport défini avec le réel que la science attribue à l’homme. Celui-ci a-t-il gagné à se représenter seul face à lui-même ? La connaissance, dont la révélation est désormais exclue, peut-elle prétendre atteindre une vérité objective ? Autrement dit, l’homme n’est-il pas définitivement enfermé dans la subjectivité ?

Mais surtout, ces trois auteurs insistent sur l’absolue contingence de l’Homme. Non seulement l’espèce humaine n'a pas décidé de venir au monde, mais elle aurait très bien pu ne pas émerger. L’espèce humaine n’est le résultat d’aucun dessein, elle est le résultat du hasard.

La contingence est l'absence de nécessité, c'est-à-dire le fait qu'une chose, qu’une espèce puisse ne pas être. Homo Sapiens est, mais sa présence sur Terre n'est rendue nécessaire par aucune essence préalable. Son existence n'a pas de raison absolue d'être, et son émergence n’étant pas de son fait, ni de celui d'un dieu qui aurait auparavant déterminé son essence – aurait pu ne pas avoir eu lieu.




17/11/2011

Les chocards du Parmelan

Parmelan, Massif de Glières, La Blonière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah le Parmelan,  c'est mon Solutré. C'est magnifique, c'est grandiose. 

Mais cela se mérite. il faut aller le chercher.

Lorsque l'on parcourt la route d'Annecy à Thones, on voit apparaitre sur la gauche une impressionnante Balme, la Balme de Thuy. C'est le contrefort du massif des Glières, haut lieu de la résistance à l'occupant nazi.

Perdu au bout de la vallée de Dingy-St-Clair, on l'aperçoit peu à peu surgir et grandir jusqu'au point de départ, au fond de la combe de la Blonière.

Parmelan, Massif des Glières, La Blonière

Parmelan, Massif de Glières, La Blonière

 

 

 

 

 

 

 

 

La vallée vers les dents de Lanfon est encore dans les nuages, mais ici, l'atmosphère est légère.

  

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J'y accède de préférence par le Grand Montoir, un peu aérien, mais bien équipé

 

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Parmelan, Massif des Glières, La Blonière

Parmelan, Massif des Glières, La Blonière

 

 

 

 

 

 

 

 

On arrive bientôt en haut du Grand Montoir et là c'est l'émerveillement

parmelan,massif des glières,la blonière

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Un panorama à 360° : Les Alpes (et bien sur le Mont Blanc), le massif des Bornes, 2 petits bouts du lac d'Annecy

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une vue magnifique sur le plateau des Glières

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et les chocards !

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les chocards à bec jaune [Pyrrhocorax graculus] de la tête du Parmelan.

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Ils sont toujours là ; ils s'élancent, se laissent tomber le long de de la falaise ou bien viennent quasiment manger les miettes de pain dans votre main.

parmelan,massif des glières,la blonière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On peut rester des heures, on ne se lasse pas d'observer leur vol acrobatique, symbole d'une liberté exceptionnelle.

Le Parmelan, je vous conseille de le parcourir au moins une fois par an. Cela remet les idées en place !

 

Pour en savoir plus : 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chocard_%C3%A0_bec_jaune

http://fr.wikipedia.org/wiki/Plateau_des_Gli%C3%A8res

 

 

10/07/2011

Animaux domestiques et impact carbone : "Faut-il manger son chien quand on est écolo ?"

On peut être ecolo, on peut avoir des animaux domestiques, mais difficile de concilier les deux.

Lisez plutôt :

"Un chien de taille moyenne aurait une empreinte écologique deux fois supérieure à celle d’un véhicule 4X4 : c’est ce qu’affirment en effet Robert et Brenda Vale, deux architectes spécialisés dans le mode de vie durable à l’université Victoria de Wellington, en Nouvelle Zélande. Ils ont publié fin 2009 un livre intitulé Time to Eat the Dog : The real guide to sustainable living (Editions Thames and Hudson), un ouvrage dont il n’existe pas encore de version française, mais dont le titre pourrait être traduit par « Il est temps de manger le chien : le vrai guide du mode de vie durable.

Manger son chien, voilà une idée qui fait frémir en Europe ! Pourquoi un titre aussi provocateur ? Parce que les auteurs ont calculé et comparé l’empreinte écologique de nos animaux domestiques à celle d’autres choix de mode de vie, et qu’ils estiment que cette empreinte est tellement importante que si on veut vraiment un animal domestique, on devrait en choisir un qui ait un double emploi… Un animal qui pourrait être mangé par exemple. Voilà évidemment qui fait bondir ceux qui pensent que le chien est le meilleur ami de l’homme !

Comment le couple Vale a-t-il a mesuré l’ impact écologique de nos amis à poils, à pattes et à nageoires ?  En analysant les ingrédients des marques les plus célèbres de nourriture pour animaux. Par exemple, ils ont estimé qu’un chien de taille moyenne consomme 90 grammes de viande et 156 grammes de céréales par jour dans sa ration recommandée de 300 grammes de nourriture déshydratée pour chien. Or, avant dessèchement, cette quantité équivaut à 450 grammes de viande fraîche et à 260 grammes de céréales. Sur un an, notre gentil toutou mange donc environ 164 kilogrammes de viande et 95 kilogrammes de céréales. Robert et Brenda Vale ont ensuite calculé qu’il faut 43,3 mètres carrés de terre pour produire 1 kilo de poulet par an et 13,4 mètres carrés pour produire un kilo de céréales. Au final, ils évaluent l’empreinte écologique de ce chien à 0,84 hectares. Et cet impact est encore supérieur si la nourriture est faite à base de viande de bœuf ou d’agneau, ou s’il s’agit d’ un gros chien : pour un berger allemand, l’impact estimé est de plus d’un hectare.

 Est-ce vraiment plus que ce que consomme la fabrication et l’utilisation d’un gros véhicule 4X4 ? Selon les auteurs, oui. Ils ont comparé l’empreinte écologique d’un chien de taille moyenne avec celle d’un Toyota Land Cruiser avec moteur 4,6 litres qui parcourrait 10,000 kilomètres par an. Leurs calculs comprennent les consommations du véhicule et l’énergie nécessaire à le construire et à le ravitailler, soit 55,1 gigajoules. Étant donné qu’un hectare de terre peut produire approximativement 135 gigajoules d’énergie par an, l’impact écologique du véhicule serait d’environ 0,41 hectares – moins de la moitié de celle d’un chien de taille moyenne !

Voilà une comparaison inattendue, qui a dû faire bondir les adversaires des véhicules les plus polluants autant que les défenseurs des animaux… Les Vale ont estimé aussi l’impact écologique des chats à 0,15 hectares (soit légèrement moins qu’une Volkswagen Golf selon eux). Selon eux toujours, l’impact du hamster atteindrait 0,014 hectares, et en acheter deux équivaudrait à une télé plasma. Les canaris consommeraient  deux fois moins de ressources. Mais même un poisson rouge aurait besoin de 3,4 mètres carrés de terrain pour subsister, ce qui lui donnerait un impact équivalent à deux téléphones portables. Il suffit de faire un petit tour sur internet pour s’en rendre compte : ces affirmations ont suscité de nombreuses réactions. Sur la pertinence de ces comparaisons d’abord, et sur la façon dont ces calculs ont été élaborés aussi. Il est probable en effet que le couple Vale ait un peu forcé le trait pour jeter le pavé dans la mare : difficile en effet de comparer le bilan écologique d’êtres vivants avec celui d’objets. Ce bilan ne tient pas compte par exemple des métaux précieux nécessaires à l’électronique dont les nouvelles voitures sont truffées. Leur extraction est extrêmement polluante."

 

Mais ce n'est pas tout, parlons un peu bio-diversité :

"Certains scientifiques évoquent aussi l’impact des animaux domestiques sur la biodiversité… En 2007, Peter Banks et Jessica Bryant de l’université du New South Wales à Sydney, en Australie, ont démontré que la faune ailée des zones fréquentées par les chiens, même lorsqu’ils sont tenus en laisse, présentait 35% de diversité en moins et une diminution globale de 41 pour cent du nombre d’oiseaux. D’autres études menées au Royaume-Uni indiquent que les chiens jouent un rôle dans le déclin de certaines espèces rares d’oiseaux, comme l’engoulevent d’Europe. En 2002, on a découvert que les loutres de mer le long de la côte californienne mouraient d’une affection du cerveau causée par le Toxoplasma gondii, un parasite, que l’on trouve dans les déjections des chats… Bref, les scientifiques semblent d’accord pour le dire : il est temps de prendre conscience du fait qu’adopter un animal n’est pas un acte anodin…"

 

"On oublie parfois aussi que certaines mesures de savoir-vivre  peuvent avoir un impact écologique: voilà qui nous amène au délicat sujet des excréments ! Lorsque vous sortez Médor en ville, baladez-vous avec un sachet biodégradable pour jouer les démineurs si nécessaire. Vous pouvez jeter les déjections animales aux toilettes, pour éviter une contamination des eaux souterraines. Il n’est pas conseillé de mettre ces petits cadeaux au compost destiné au potager, pour éviter la transmission à l’homme de maladies comme la toxoplasmose… Enfin, pour sortir de cette partie malodorante du sujet, parlons promenade :  ne faites pas sortir votre chat la nuit, c’est un vrai prédateur nocturne pour la faune sauvage.  Et puis promenez votre chien en laisse, et évitez les zones où la faune sauvage est préservée. Laissez-vous guider, en conclusion, par la déclaration universelle des droits des animaux proclamée à l’Unesco en 1978, et selon laquelle « le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux »."

 

 

Il faut aussi garder en mémoire les chiffres suivants, extraits de la "Dépèche Vétérinaire (N° 991 du 31 mai au 6 juin 200)

 

chien,chat,animaux domestiques,impact carbone,manger son chien

 

 

 

 

 

Alors ce hot dog, quand est-ce qu'on se le fait ?

 

 

 

 

 

 

 


02/07/2011

Animalité - Humanité

 

Mise à jour du 2/7/2011

 

 

Nous avons à Cucuron un Café Philo qui se réunit tous les mois.

Notre thème de janvier 2010 était : "Animal - Etre humain : continuité ou rupture ?"


En guise d'introduction

Quelle meilleure introduction que le fameux livre de Vercors : « Les animaux dénaturés » ?

"En Nouvelle-Guinée, une équipe de savants auxquels s'est joint le journaliste Douglas Templemore cherche le fameux " chaînon manquant ", l’ancêtre commun au singe et à l'homme. En fait de fossile, ils trouvent une colonie, bien vivante, de quadrumanes, donc de singes, qu'ils nomment "Tropis". Mais a-t-on jamais vu des singes troglodytes et enterrant leurs morts ? Tandis que les hommes de science s'interrogent sur la nature de leurs " Tropis ", un homme d'affaires voit en eux une potentielle main-d'oeuvre à bon marché. La seule parade à ses noirs desseins est de prouver l'humanité des Tropis. Pour obtenir la preuve nécessaire, Doug risquera sa tête pour notre plus vif divertissement et notre édification. Sous le rire de cette satire allègre se pose la grave question de ce que nous sommes, nous les " personnes humaines ", animaux dénaturés.

Ni les anthropologues, ni les psychologues ni les autorités juridiques et religieuses ne parviennent à définir les critères qui permettraient de différencier de façon claire l'homme de l'animal."

La proposition de Vercors.

"Pour interroger, il faut être deux : celui qui interroge, celui qu'on interroge. Confondu avec la nature, l'animal ne peut interroger. (...) L'animal fait un avec la nature. L'homme fait deux. Pour passer de l'inconscience passive à la conscience interrogative, il a fallu ce schisme, ce divorce. N'est-ce pas la frontière, précisément? Animal avant l'arrachement, homme après lui? Des animaux dénaturés, voilà ce que nous sommes."
Or, une des conséquences de cette dénature, mise en évidence par Vercors, est la création de la surnature, son obsédante présence et ses manifestations : "L'animal n'a pas besoin de fables, ni d'amulettes : il ignore sa propre ignorance. Tandis que l'esprit de l'homme, arraché, isolé de la nature, comment ne serait-il pas à l'instant plongé dans la nuit et dans l'épouvante? (...) Comment n'inventerait-il pas aussitôt des mythes : des dieux ou des esprits en réponse à cette ignorance, des fétiches et des gris-gris en réponse à cette impuissance?"


Quelques questions

Qu’est-ce qui différencie l’humain de l’animal ? Le langage, la conscience, l’intelligence, l’âme, l’essence divine, la culture ?

Les animaux sont ils des machines, des objets à la disposition des hommes ?

Ou bien des êtres vivants sensibles, sujets à la souffrance ? Voire même conscients de leur souffrance?

Les animaux ont-ils une âme?

S’ils sont sensibles à ce qui leur fait du bien ou du mal, jusqu’où va leur capacité à remonter jusqu'aux idées de bien et de mal ?

Quelles sont les places respectives de l’humain et de l’animal dans le cosmos ? Quels sont leurs droits ? Sont-ils objets ou bien sujets de droit ? Quels sont leurs rapports avec la nature ?

Jusqu’où peut aller la domination de l’humain sur l’animal ?




Définitions, Etymologie

Animal :

Par opposition aux règnes végétal et minéral : Être vivant, organisé, élémentaire ou complexe, doué de sensibilité et de mobilité : l'homme est un animal.

Du lat. animal, animalis « être vivant »

Etym : « Le terme âme apparaît d'abord au Xe siècle, dérivé du latin anima qui définit la part immatérielle d'un individu, son principe spirituel de vie, son âme. Puis, deux siècles plus tard, se construit animal, celui qui est animé par ce souffle, cette âme. L'homme est un être animé, et il partage cette particularité lexicale avec tous les animaux."

Animisme : toute doctrine ou religion qui attribue aux choses une âme.


Ëtre humain : Le plus complexes des êtres vivants, appartenant à la famille des homini­dés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage »). Traditionnellement défini comme « animal doué de raison ».

Du lat. class. homĭnem, acc. de hŏmo « être humain »



Les religions et les philosophies

Le Boudhisme

Il faut respecter les animaux car se sont des êtres sensibles soumis aux mêmes lois que les humains. Le bouddhisme recommande d'être végétarien, mais sans en faire une obligation.

L’Hindouisme

Dans le védisme, la forme la plus ancienne de la religion hindoue, on sacrifiait parfois des animaux, mais ils passaient auparavant par un processus de divinisation et on considérait que leur âtman ("leur âme") rejoignait directement l'Absolu ou Brahman. Cela rejoint certains sacrifices pratiqués dans les religions animistes.

L'Hindouisme recommande la non-violence et le respect pour toute vie, humaine et animale, et même végétale.

D'après certaines estimations, 85 % de la population hindou suit un régime végétarien

La croyance en la métempsychose (réincarnation dans un autre corps, humain, aniamal ou végétal) est fondamentale dans le bouddhisme le jaïnisme et dans l'hindouisme : nous avons été, nous sommes et nous serons (peut-être) tous des animaux au cours de nos innombrables vies.


La Bible

Dieu dit : « faisons un adam à notre image comme notre ressemblance, pour commander au poisson de la mer, à l’oiseau du ciel, aux bêtes et à toute la terre, à toutes les petites bêtes ras du sol. »


Dieu dit à Noé et ses fils : « A vous d’être féconds et multiples, de remplir la terre. Vous êtes la peur, vous êtes l’épouvante, de tous les animaux de la terre, de tout ce qui vole dans le ciel, et de tout être animé sur le sol, de tous les poissons de la mer. Tout est entre vos mains.  La moindre petite bête vivante, comme le vert végétal, vous appartient pour vous nourrir. Je vous donne tout. »

Ainsi la Bible à la fois reflète et instaure ladomination de l’humain sur l’animal.


Aristote

« L’homme est le seul des animaux à se tenir droit car sa nature et son essence sont divines ».

L'homme est selon Aristote, un « animal politique ». Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage.

La conception d’Aristote, mais aussi des Stoïciens, a sa racine dans une conception de l’homme comme d’une âme unie à un corps ; l’âme étant supérieure, le corps lui doit obéissance. L’animal obéit à l’homme tout comme la partie animale de l’homme (ses instincts) doivent obéissance à sa partie rationnelle, l’intellect et l’âme. Puisque les animaux sont dépourvus de raison, c’est à la raison de l’homme qu’ils obéiront, qui supplante la raison qui leur manque.

La soumission de l’animal à l’homme est donc à la fois divine et naturelle, à la fois classique et judéo-chrétiene.


Les Cyniques

Le modèle du cynisme est l'animal. La société est perçue comme corruptrice et changeante, là où la nature est vertueuse et universelle.

Le terme « cynisme » provient du grec ancien κύων / kuôn, qui signifie « chien », en référence à l'attitude d'Antisthène, l'inspirateur du cynisme, puis de celle de Diogène de Sinope, qu'on peut considérer comme étant le premier véritable cynique et qui souhaitait être enterré « comme un chien »


Plutarque

Dans la tradition pythagoricienne, Plutarque prônait le végétarisme. Il a écrit quatre traités sur les animaux. Son oeuvre eut une influence considérable, de Montaigne (végétarien) à Rousseau (végétarien) et à la Révolution Française.

Plutarque reconnaît implicitement que les animaux sont dotés de raison. La différence entre l'homme et l'animal est seulement de degré, à savoir de quantité et non pas de qualité. La souffrance animale doit susciter des sentiments de bienveillance de notre part.

"Qui donc a le premier transformé en viande un animal, un être animé, vivant, et en a honteusement rajouté jusqu'à convertir son sang en jus, voire en sauce ?"


Les Epicuriens

Les animaux privés de la parole et les bêtes sauvages
Par des cris différents et variés signifient
La crainte ou la douleur ou le plaisir.

[Lucrèce, V, 1058-1060]


Montaigne

MONTAIGNE - Essais - Livre II, Chapitre XII, Apologie de Raimond Sebond

« C’est par la vanité de cette pensée que l’homme s’égale à Dieu, qu’il s’attribue des qualités divines, qu’il se considère lui-même comme distinct de la foule des autres créatures, et découpe les parts qui reviennent à ses confrères et compagnons, les animaux, leur attribuant comme bon lui semble telle portion de facultés ou de forces. Comment peut-il connaître, par le moyen de son intelligence, les mouvements intérieurs et secrets des animaux ? Par quelle comparaison entre eux et nous conclut-il à la stupidité qu’il leur attribue ? ».

« Ce défaut qui empêche la communication entre les animaux et nous, pourquoi ne viendrait-il pas aussi bien de nous que d’eux ? Reste à deviner à qui revient la faute de ne pas pouvoir nous comprendre : car nous ne les comprenons pas plus qu’ils ne nous comprennent. Et c’est pourquoi ils peuvent nous estimer bêtes, comme nous le faisons pour eux. »


Descartes

Il a créé la théorie de l'animal-machine : théorie réduisant l'être animé à un mécanisme matériel ; pour DESCARTES, le corps humain, comme celui des bêtes, est une machine, mais l'homme possède en outre une âme.

Privés d’âme, les animaux sont incapables de souffrance, de plaisir ou d’aucune pensée que ce soit.


Rousseau

« La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L'homme éprouve la même impression, mais il se reconnaît libre d'acquiescer, ou de résister; et c'est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme. »

Second discours


La Fontaine

L'animal est doué d'une forme d'âme, qui certes ne lui permet pas le raisonnement abstrait, l'argumentation, réservée à l'homme doté du langage ; mais il pourrait sentir, juger, dans une certaine mesure, inventer. Cette âme "animale" serait commune à tous les vivants, hommes et animaux. L'autre âme, immortelle celle-là et réservée aux hommes, n'apparaîtrait que par l'éducation.


Kant

Pour Kant, si la Nature prend soin de l’animal, elle laisse l’homme prendre soin de lui-même. Il n’y a pas de dualité réelle entre nature et culture. Le développement de la culture poursuit et achève celui de la Nature


Nietzsche

Les hommes, selon Nietzsche, sont d’abord des animaux et, comme tous les animaux, ils se distinguent entre eux entre forts et faibles, dominants et dominés, c’est là une loi de la vie et de la nature (sélection naturelle).

« L'homme, écrit Nietzsche dans la Deuxième considération intempestive, dit "Je me souviens" et il envie l'animal qui oublie aussitôt et voit chaque instant mourir véritablement, retomber dans la brume et dans la nuit, et s'éteindre à jamais. »

Nietzsche appelait l'âme la«bête divine»: « (l'homme moderne) a anéanti et perdu son instinct, il ne peut plus lâcher la bride à la «bête divine» avec confiance, quand sa raison vacille et que son chemin le mène à travers les déserts.»


Darwin

Darwin pense que l'homme n'est pas tant éloigné des animaux, et que la différence est surtout due à des différences d'avancées culturelles entre civilisations plutôt qu'à des différences d’espèces.

Darwin publie son dernier travail important, L'Expression des émotions chez l'homme et les animaux, consacré à l'évolution de la psychologie humaine et sa proximité avec le comportement des animaux. Il développe ses idées selon lesquelles chez l'homme l'esprit et les cultures sont élaborés par la sélection naturelle et sexuelle, conception qui a connu une nouvelle jeunesse au cours des trois dernières décennies avec l'émergence de la psychologie évolutionniste. Comme il conclue dans La Filiation de l'Homme, Darwin estime qu'en dépit de toutes les « qualités nobles » de l'humanité, et des « pouvoirs qu'elle avait développés », « L'homme porte toujours dans sa constitution physique le sceau ineffaçable de son humble origine »


L’utilitarisme

Ainsi, à partir du 18 eme siècle, l’éthique du monde occidental a évolué sous l’influence des théories de Darwin, mais aussi des philosophes utilitaristes.

L’ enseignement du juriste anglais Bentham et de son disciple John Stuart Mill stipule que tout être capable de souffrance et de plaisir a des intérêts et que la morale consiste à défendre ces intérêts de manière à toujours maximiser les plaisirs et minimiser la souffrance et cela de tous les êtres susceptibles d’en bénéficier. Autrement dit, une action est bonne quand elle tend à la plus grande somme de bonheur pour le plus grand nombre possible de personnes concernées par cette action.

Cette position a été reprise et développée par le philosophe australien Peter Singer à la défense des animaux. Un animal est capable d’expériences positives, il joue, il se baigne, il veut courir par-ci, par-là, faire son nid, avoir ses petits. Tout comme l’homme l’animal veut persévérer dans son être, se reproduire, éviter les dangers, trouver où se reposer. Autrement dit, il y a continuité entre l’expérience animale et l’expérience humaine, les deux cherchent –consciemment ou non – à maximiser les plaisirs et à minimiser les douleurs.


L’anti spécisme

Les différences spécifiques invoquées par Descartes, Aristote et toute une tradition de pensée judéo chrétienne pour valoriser l’humain au détriment de l’animal (raison, langage, conscience, ...) ne sont pas pertinentes.

En effet, d’un côté nous considérons comme moralement scandaleux de maltraiter un être humain auquel manquent justement ces facultés : le nourrisson, le vieillard sénile, la personne mentalement handicapée, et nous nous assurons que lois et institutions les protègent. De l’autre côté nous nous excluons les animaux de cette même protection sous prétexte que ces facultés leur manquent. Or si nous protégeons les humains démunis, n’est-ce pas précisément pour leur épargner la souffrance ? Singer appelle cette attitude le spécisme qui est défini comme une forme de discrimination concernant l'espèce.

Le mouvement anti-spéciste affirme que le critère de l'espèce à laquelle appartient un être n'est pas, en soi, moralement pertinent pour décider de la manière dont on doit le traiter, du respect qu'on lui doit, des droits qu'on doit lui accorder, etc. Il s'ensuit en pratique que l'antispécisme s'oppose à toute forme d'exploitation et de maltraitance des individus d'autres espèces animales de la part des humains.


Freud

Freud s’inscrit dans la pensée évolutionniste. Au cours de son évolution culturelle, l'homme s'érigea en maître de ses co-créatures animales. Mais non content de cette hégémonie, il se mit à creuser un fossé entre leur essence et la sienne. Il leur dénia la raison et s'attribua une âme immortelle, allégua une origine divine élevée, qui permit de rompre le lien de communauté avec le monde animal. Il est remarquable que cette outrecuidance soit encore étrangère au petit enfant de même qu'à l'homme primitif et préhistorique. Elle est le résultat d'une évolution ultérieure prétentieuse. Au stade du totémisme, le primitif ne trouvait pas choquant de faire descendre sa lignée d'un ancêtre animal. Le mythe, qui renferme la cristallisation de cet antique mode de pensée, fait endosser aux dieux la forme d'animaux, et l'art des premiers temps façonne les dieux avec des têtes d'animaux.


Le droit

La Déclaration Universelle des Droits de l'Animal a été proclamée solennellement à Paris, le 15 octobre 1978, à la Maison de l'Unesco. Son texte révisé par la Ligue Internationale des Droits de l'Animal en 1989, a été rendu public en 1990.

Ainsi notre attitude et approche aux animaux ont considérablement évolué en ce dernier quart de siècle et ce progrès n’a pas cessé. On pourrait parler de deux Occidents, un Occident traditionnel toujours sous l’influence de Descartes et des textes chrétiens ; un autre occident inspiré par le mouvement de la libération animale.


La détention d’animaux sauvages en captivité est régie par le code de l’environnement.

Toute personne détenant un animal d’espèce non domestique à titre individuel ou professionnel doit être en conformité avec la réglementation en vigueur.

Cette réglementation poursuit 4 objectifs  :

- préserver la biodiversité et prévenir les risques écologiques pour la faune et la flore,
- rendre compatible la détention d’animaux sauvages avec la sécurité et la santé des personnes,
- mener des actions de protection animale,
- promouvoir la qualité des établissements et la technicité des éleveurs.


Actualité de la question Animal - Humain

Ce sujet fait l’objet de nombreux colloques et séminaires. Le dossier de Philosophie Magazine de Décembre-Janvier 2010 y était consacré.

Suite aux découvertes de Lucy, Ardi, Orrorin et Toumaï, Paléontologues, Ethologues, Philosophes prennent en compte une nouvelle complication de l’Humain : l’Homme n’est plus cet être exceptionnel qui s’arrache à l’animalité en se dressant debout.

L’ancêtre commun des Grands Singes (Paninés) et des Homos (Homininés) serait beaucoup plus anciens (7MA) qu’on ne le pensait et il serait déjà bipède.

La bipédie reste une compétence décisive, car en se redressant les hominidés auraient vu se délier leur mains (outil), leur langue (langage) et grossir la taille de leur cerveau.

Pour les paléoanthropologues et les préhistoriens les frontières entre animalité et humanité sont plus floues que jamais et ils font appel au philosophe pour éclairer la question.


Les bouleversements récents :

1. Homo n’est pas une espèce mais un genre : une dizaine d’espèces lui ont appartenu.

2. La culture (Outils) n’est pas seulement un propre de l’espèce Sapiens, mais un propre de la famille Homo (2MA), voire d’espèces antérieurs (début d'une fabrication d'outils chez les australopithèques)

3. La parfaite bipédie d’un mammifère à deux mains n’entraîne pas nécessairement l’hominisation, c'est-à-dire la culture.

4. Non seulement la parfaite bipédie peut ne pas conduire vers l’apparition de la culture, mais elle pourrait être à l’origine d’une forme de quadrumanie.


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Animalité, Humanité

Revenons aux définitions : le terme « animal » s’emploie en un sens large, où il désigne tout ce qui dans l’ensemble du vivant s’oppose au règne végétal, et en un sens restreint, où il désigne tout ce qui appartient au règne animal à l’exception de l’espèce humaine.

Ce double sens est révélateur de l’ambiguïté qui caractérise les rapports de l’homme et de l’animal : l’homme peut être compris comme une sous-classe de la classe plus large « animal », ou comme un ensemble opposé à un autre ensemble constitué par les animaux.

« Rupture » peut donc signifier opposer l’humanité à l’animalité, et « Continuité » accorder à l’homme une place particulière au sein du monde animal.

De la manière dont on conçoit ce rapport dépend alors la conception et la définition de l’humanité. Qu’est ce qui peut rendre légitime que l’espèce humaine se définisse contre son appartenance au règne animal, que cette définition repose sur ce qui est le propre de l’homme à l’exclusion de toute autre espèce ? Cette démarche n’est-elle pas le fruit d’une prétention qui coupe l’homme de son origine et de son appartenance biologiques ?



 

Bibliographie

Vercors : « Les animaux dénaturés », Editeur : Le Livre de Poche, Publication : 1/5/1975

L. Ferry, Le nouvel ordre écologique (Le Livre de Poche) Présentation critique des mouvements de libération animale, et de l'écologie profonde

Georges Chapouthier et Jean-Claude Nouët, Les droits de l'animal aujourd'hui, Panoramiques Arléa-Corlet) Recueil de textes

Georges Chapouthier, Les droits de l'animal (Que sais-je ? n° 2670)

Peter Singer, La libération animale (Grasset, 1993) Ouvrage fondateur

Florence Burgat, La protection de l'animal (Que sais-je?)

Elisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes, la philosophie à l'épreuve de l'animalité (Fayard 1999) La perception de l'animalité au cours des âges en Europe continentale (pose la question du statut ontologique de l'animal)

Alberto Bondolfi, L'homme et l'animal, Dimensions éthiques de leur relation (Ed. Universitaires de Fribourg, 1995) Recueil de textes consacré à l'animal en philosophie. Les documents présentés vont des grands penseurs historiques aux contributions les plus récentes (Aristote, Descartes, Kant, Bentham, Schopenhaueur, Singer, Regan, Frankena...)

Descartes, Discours de la méthode

Descartes, Lettre à Newcastle : pourquoi les animaux ne parlent pas

Montaigne, Les Essais, II, xii : les animaux ont un langage

 

23/06/2011

A Vaucuron, nous avons des chasseurs, des écolos et des blaireaux

 

A Vaucuron (Petit village du Luberon, que vous pouvez découvrir dans La chronique de Vaucuron), nous avons des chasseurs, des écolos et des blaireaux.

 

Mais d’abord, comme le débat peut susciter des controverses, voire des polémiques, commençons avec méthode par la définition des termes :

1.     Qu’est-ce qu’un chasseur, un mauvais chasseur, un bon chasseur ? Bon, là c’est facile, la référence s’impose à nous en toute clarté : http://www.youtube.com/watch?v=Gef9wvuA2Wo


2.     Plus difficile qu’est-ce qu’un écolo, un écolo pessimiste, un écolo optimiste ?
http://www.curiosphere.tv/video-documentaire/0-toutes-les...

3.     Et qu’est-ce qu’un écolo benêt ? http://www.passerellesud.org/Qu-est-ce-qu-un-ecologiste-b...

4.     Et un blaireau, qu’est-ce que c’est ? Et quel rapport avec les questions précédentes ? Vaste question …Voici quelques pistes :
http://blaireau.canalblog.com/archives/2006/08/22/2516827...

http://ligueantiblaireau.blogspot.com/2007/09/mais-quest-...

http://home.nordnet.fr/~mvanseveren/bitume/blaireaux.htm


 

La suite de ce post tente modestement de contribuer à cette étude difficile.
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Norbert, paysan de Vaucuron a des soucis …

 

En effet, comme c'est un perfectionniste, il aime avoir un jardin bien propre, un gazon bien net, des plantes bien soignées, tout bien en ordre, quoi.

 

Or ne voilà-t-il pas que des hôtes indélicats viennent semer le Bronx dans cette oasis de tranquillité.

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D’abord les taupes ont envahi son jardin. Mais après une lutte acharnée, Norbert en est sorti vainqueur. On peut estimer qu’une taupe ne peut séjourner plus d’une demi-journée dans ce terrain de chasse avant d’être impitoyablement éliminée par des méthodes barbares les moyens les plus appropriés et tout à fait écolo !

 

 

 

 Voyez plutôt :

 taupe_europe[1].jpg 

 

Avant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Après

 

 

 

 

 

 

  

 

 Norbert est donc devenu un expert dans les pièges les plus divers. Il excelle dans la traque, la capture et l’élimination de nos amies les bêtes, des rongeurs nuisibles et autres mammifères insectivores, ennemis de nos jardins et des vers de terre qu’il entend protéger.

 

D’ailleurs Norbert aime les bêtes, enfin certaines bêtes, il faut bien faire un choix. Norbert a un chat. Cette  saloperie de chat  adorable petite bête  pisse dans tous les coins est très bien élevée, très propre. Le seul petit problème est son instinct de chasse (qui a écrit ce post immonde « Animaux domestique, animaux dénaturés ») ?

Donc cette saloperie de chat  adorable petite bête  a pris l’habitude cruelle bien utile de chasser de gentils petits lapereaux de vilains rongeurs particulièrement nuisibles, qu’il rapporte et cache dans la maison jusqu’à ce que l’odeur en signale la présence. Mais quand on aime les bêtes …

  

 

Mais il y a plus gros : dernièrement Norbert a découvert un beau matin sa pelouse dévastée, voyez plutôt :

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Quel était ce nouvel intrus ? N’écoutant que son courage et sa créativité bricolistique, Norbert a aussitôt fabriqué un piège redoutable : un collet auto-coinceur en câble renforcé. Et quelle n’a pas été sa surprise de constater quelques jours plus tard qu’il avait pris du gros : voyez plutôt :

 

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396249919.jpgQuelques mots sur les blaireaux

- Taille du corps : 70 cm.
- Poids : 10 à 20 kg.
- Classification : mammifère.
- Famille : mustélidés.
- Comportement : nocturne.
- Longévité : 4 ans en moyenne. Jusqu'à 15 ans.
- Nourriture : essentiellement des vers et végétaux (fruits, céréales, tubercules, champignons). Taupes, petits rongeurs et insectes. Parfois œufs et oisillons.
- Habitation : dans un terrier.

 

 

C’est surtout la nuit qu’il est possible d’observer le blaireau émerger de son terrier. Le blaireau fait partie de la famille des Mustélidés (Mustelidae) au même titre que le putois, la loutre, le ratel, le glouton ou la belette.

Les blaireaux sont puissamment bâtis. Le corps est robuste et ramassé, porté par de courtes pattes griffues, ce qui confère à l’animal un dandinement caractéristique dans sa démarche et des mouvements parfois gauches.

Néanmoins, quand il le faut, le blaireau est capable de réelles performances. Il peut galoper à  25 km/h.

Les premiers accouplements s’effectuent en avril mais parfois dès février. En principe, le mâle dominant est prioritaire maispour éviter toute consanguinité, femelles et mâles indépendants s’accouplent.

Les accouplements déclenchent l’ovulation mais la gestation proprement dite ne débute qu’en décembre. L’ovule fécondé reste dans l’utérus sans s’implanter dans la paroi utérine pour entamer sa croissance.


Si la gestation ne dure que 7 semaines, elle est différée de 7 à 8 mois et les naissances ont lieu au mois de février.

 

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Et cette dernière photo d'un jeune blaireau ne fait-elle pas réfléchir ? Quand on pense que c'est cette jolie petite bête  cet animal cruel vis à vis des insectes que Norbert  a massacré éliminé. C'est vraiment brute sanguinaire  un bon chasseur !

 

 

 

 

 

La morale de cette histoire ? Vous vous posez encore la question ? Mais elle est très simple …

Norbert  aime les bêtes, mais il a fait un choix : il défend les petits contre les gros. Ses amis préférés sont les lombrics et autres vers de terre. C’est pourquoi il vient de créer la LPDVT : la ligue de protection des vers de terre.

Ses ennemis sont donc tous les prédateurs des vers de terre et en premier lieu :
- la taupe qui mange entre 10 et 15 kg de vers par an !
- mais surtout le blaireau qui en mange près de 100 kg

 

Sale temps pour les blaireaux !

 

PS1 : Norbert s’intéresse aussi à la protection du moucheron et réfléchit aux moyens d’éliminer les hirondelles et autres martinets grands prédateurs de ces derniers. Si vous avez des idées, n'hésitez pas ...

PS2 : Ce post est au moins au 2eme degré. Merci d’en tenir compte dans vos commentaires …

PS3 : Sur l'écologie , vous pouvez aussi consulter http://seulsdanslecosmos.hautetfort.com/archive/2010/03/0...

PS4 : Sur le rapport de l'être humain avec l'animal : http://seulsdanslecosmos.hautetfort.com/archive/2010/03/0...

et http://seulsdanslecosmos.hautetfort.com/archive/2010/05/0...

 

 

19/06/2011

Plus sur les blaireaux

Suite au commentaire de Nico sur le dernier post, j'ai consulté Internet pour en savoir plus sur la chasse au blaireau.

 

Commentaire de Nico :

"Bon... pour le blaireau ... il faut un permis de chasse. Il peut en prendre un à la préfecture du Vaucluse http://pref-vaucluse.demarchesenligne.fr/droits-et-demarc...

 Sinon pour les hirondelles, je lui conseille le filet, genre attrapage de drones Boeing/Textron : http://www.youtube.com/watch?v=vK59QZBDMN4 Bises, Nico."

 

Et voilà ce que j'ai trouvé sur Internet  :

La pratique du déterrage, ou bien de la "vénerie sous terre" est quand même du genre barbare et sanguinaire, lisez plutôt :

"Le déterrage, ou vénerie sous terre, est une pratique de chasse extrêmement cruelle.

Les déterreurs insèrent des chiens dans le terrier et bouchent les entrées. Les chiens doivent acculer l'animal au fond du terrier le temps que les déterreurs creusent un trou. Ensuite, les animaux sauvages (blaireau, renard, ragondin) seront « arrachés » de leur terrier avec des pinces en fer, puis généralement tués à la dague !

L’animal souffre énormément : Morsures par les chiens (et combats violents), éventuels coups de pelles et pioches, capture brutale avec la pince métallique et mise à mort douloureuse à la dague !

http://www.jackrussellofficiel.com/chasse/blaireau.asp

http://www.abolition-deterrage.com/le_deterrage.htm

 

Les déterreurs créent même des championnats de déterrage !"

http://www.youtube.com/watch?v=XYCxa9cll9A&NR=1

 

Mais la prise au collet (ou au bellistre :prise par la patte) n'est pas trsite non plus !

http://www.youtube.com/watch?v=I2MF_AVzQfg

 

Signalons à au président de la ligue de protection des vers de terre (LPVDT) que le collet sans arrêtoir est INTERDIT en France, car il n'est pas sélectif.

Il existe des collets autorisés en France, ils sont munis d'un arrêtoir empêchant en théorie tout étranglement, ils doivent être agrées par arrêté ministériel après avis du conseil national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Ils sont réservés à l'usage des seuls piégeurs agréés, dans un cadre réglementaire très encadré, et ne sont pas autorisés pour la chasse. Cette technique avec arrêtoir est quant à elle un peu plus sélective mais il arrive fréquemment que des animaux non piègeables s'y prennent (par exemple, de nombreux blaireaux laissent leur vie dans des collets).

http://www.chasse.eu/piege-belisle-selectif-inox-xml-228_...

 

A bon entendeur salut !

 

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Porquoi ne pas lire ou relire à cette occasion le post :

http://seulsdanslecosmos.hautetfort.com/archive/2010/03/0...

qui pose notamment quelques questions :

Qu’est-ce qui différencie l’humain de l’animal ? Le langage, la conscience, l’intelligence, l’âme, l’essence divine, la culture ?

Les animaux sont ils des machines, des objets à la disposition des hommes ?

Ou bien des êtres vivants sensibles, sujets à la souffrance ? Voire même conscients de leur souffrance?

Les animaux ont-ils une âme?

S’ils sont sensibles à ce qui leur fait du bien ou du mal, jusqu’où va leur capacité à remonter jusqu'aux idées de bien et de mal ?

Quelles sont les places respectives de l’humain et de l’animal ? Quels sont leurs droits ? Sont-ils objets ou bien sujets de droit ? Quels sont leurs rapports avec la nature ?

Jusqu’où peut aller la domination de l’être humain sur l’animal ?

 

07/05/2011

Nos amies les bêtes : les chiens de Bucarest

A qui appartient la planète Terre ? Y a-t-il encore de la place pour les espèces animales sauvages ? Les animaux domestiques sont-ils esclaves ou objets de consommation ? Que reste-t-il de l'animalité ?

 

Cet article du Monde me paraît bien intéressant.

 

LEMONDE | 02.04.11

 

"Une guerre sourde est menée depuis une dizaine d'années entre les partisans de l'euthanasie des chiens errants, qui ont pris en otage la capitale roumaine, et leurs défenseurs. Environ 50 000 quadrupèdes se promènent en liberté dans les rues de Bucarest et les dégâts qu'ils commettent sont préoccupants. Selon les autorités locales, en 2010, 13 200 personnes ont été mordues, dont 2 500 enfants, et une femme est morte. Les responsables locaux ont annoncé le démarrage, en mars, d'une vaste opération destinée à capturer ces chiens errants pour les mettre dans des chenils. Ceux qui ne seront pas stérilisés devraient être euthanasiés. "Entre 2006 et 2009, l'Etat a dépensé 1,3 million d'euros pour soigner les personnes mordues, a déclaré le préfet de Bucarest, Mihai Atanasoaei. Cette somme aurait pu servir à construire des abris pour tous les chiens. Ils ne devraient pas être dans les rues. La solution ultime sera l'euthanasie."

Les associations de défense des animaux se sont une nouvelle fois mobilisées à Bucarest et dans d'autres grandes villes du pays en proie au même phénomène. Le 1er mars, alors que la mairie discutait du sort des chiens abandonnés, quelques centaines de Bucarestois étaient réunis devant l'ancienne Maison du peuple, un mastodonte bâti par Nicolae Ceausescu devenu le siège du Parlement. "Non à l'euthanasie !", ont-ils crié dans un froid glacial. Le préfet de la capitale s'est vu traiter de "Hitler des chiens".


UN SENTIMENT D'ABANDON

"Les autorités sont criminelles, a lancé Anca Pura, militante d'une association pour la défense des chiens. On nous a réduit les salaires et les retraites, maintenant on s'apprête à couper la tête de ces chiens qui souffrent autant que nous."

Le sentiment d'abandon par un Etat corrompu, ressenti par la majorité des Roumains depuis la chute de la dictature communiste il y a vingt et un ans, les pousse à s'identifier à ces chiens errants, victimes eux aussi de la dictature et de la transition qu'a connue la Roumanie dans les années 1990. Sous la férule de Ceausescu, la moitié de la capitale a été rasée pour faire place aux HLM socialistes. Du jour au lendemain, les Bucarestois ont dû abandonner leurs maisons, et leurs chiens se sont retrouvés dans la rue où ils se sont multipliés sans aucun contrôle.

En 2000, Bucarest comptait 200 000 chiens errants, et la mairie avait décidé de les euthanasier. Mais en 2008, un an après l'adhésion du pays à l'Union européenne, une nouvelle loi a interdit cette pratique. Le 1er mars, la Chambre des députés a décidé de donner de nouveau le feu vert pour y recourir. "Jusqu'en mars 2012, nous allons alléger Bucarest d'environ 20 000 chiens", assure Robert Lorentz, chargé de ce dossier à la mairie.

Les associations roumaines ont, elles, promis de mener une véritable guerre."

 

Voir aussi :

Animalité - Humanité

Animaux domestiques - Animaux dénaturés

Le nouvel ordre écologique

 

 

 

03/05/2011

Nucléaire : le patronat japonais sans pudeur

LEMONDE.FR avec AFP | 02.05.11 | 20h35 • Mis à jour le 02.05.11 | 21h26

Fukushima : le patronat japonais souhaite que l'Etat indemnise les riverains

Selon M. Hiromasa, "le gouvernement doit continuer à aider Tepco et doit aussi indemniser ces habitants".AFP/ERIC PIERMONT

Se montrant extrêmement critique vis-à-vis de son gouvernement, le chef du patronat japonais, Yonekura Hiromasa, a estimé, lundi 2 mai, qu'il revenait à l'Etat, et non à l'opérateur de Fukushima, d'indemniser les riverains de la centrale nucléaire accidentée lors du séisme et du tsunami du 11 mars.

"Le gouvernement se défausse pour n'assumer aucune responsabilité", a dénoncé le président de la fédération Keidanren dans un entretien accordé à l'AFP, prenant la défense de la société Tokyo Electric Power (Tepco), critiquée pour sa gestion de l'accident nucléaire. "Je critique ouvertement le gouvernement au sujet des indemnisations", a-t-il ajouté.
Selon M. Hiromasa, "le gouvernement doit continuer à aider Tepco et doit aussi indemniser ces habitants". "Ils ont toujours dit que Tepco était responsable de ces indemnisations, mais ce n'est pas vrai au regard de la loi", a-t-il insisté."

Le patronat japonais a le mérite de parler clair, à savoir que les salaires mirobolants et les profits sont pour les patrons et les détenteurs du capital, tandis que les risques, les coûts non prévus doivent être supportés par "le gouvernement", doux euphémisme pour désigner le contribuable, c'est à dire le peuple japonais et les salariés exploités par ces mêmes patrons.

Et dans le même temps les conséquences de Tchernobyl sont aussi assumées dans leurs corps par les peuples ukrainines, russes et bielorusses. Cela n'empêche pas de dormir les experts du Forum Tchernobyl

qui nient toutes conséquences sur la santé de ces populations. 

Et c'est autour d'autres contribuables de payer pour financer le deuxième "sarcophage" qui doit permettre (pour combien de temps ?) de refermer la boite de pandore.

Donc, après la crise financière et maintenant les catastrophes nucléaires,  c'est devenu la règle : le sauvetage des entreprises privées ou publiques ou bien le nettoyage des écuries d'Augias, sont du domaine public et leur coût doit être assuré par le contribuable.

Conseillons à l'Institut Montaigne (le machin de BéBéar, ancien patron d'AXA qui déshonore le nom de Montaigne) d'intégrer cette nouvelle donne dans leur croisade contre l'éolien (et pour le nucléaire), dont l'argument principal est le faible coût du nucléaire par rapport aux énergie renouvelables.

http://www.institutmontaigne.org/eoliennes-2885.html

 

Marx et Keynes, au secours, revenez vite, ils sont devenus fous !

 

05/04/2011

Calcul de probabilité d'accident en fonction de risques indépendants


Un enfant de cinq ans comprendrait cela !
Allez donc me chercher un enfant de cinq ans ! 

Groucho Marx

 

 

Problème du conducteur et de l'accident

On suppose connues, et indépendantes, les probabilités d’avoir un accident : 
• Si l’on roule sans permis = p1 
• Si l’on roule sur verglas = p2 
• Si l’on roule ayant trop bu = p3 

Toto, qui n’a pas son permis, ayant bu, emprunte la voiture de Papa un jour de verglas. 

Existe-t-il une formule donnant la probabilité P pour Toto d’avoir un accident en fonction de p1, p2, p3? 

 

Pour effectuer ce calcul, il faut se ramener à une situation de probabilités conditionnelles et indépendantes, ce qui permettra ensuite de multiplier les probabilités.

Ici on va raisonner sur les probabilité de ne pas avoir d'accident.
Proba de 0 accident si l’on roule sans permis : (1- p1)
Proba de 0 accident si l’on roule sur verglas : (1-p2)
P
roba de 0 accident si l’on roule ayant trop bu : (1-p3)

Pour obtenir la probabilité de 0 accident si l’on roule sans permis et sur verglas et ayant trop bu, il faut multiplier les proba liés à la conjonction des 3 situations :

(1-p1)(1-p2)(1-p3)

D'où la probabilité d'avoir au moins un accident en cumulant les 3 conditions :

P= 1-(1-p1)(1-p2)(1-p3)

 

 

 

Problème du nucléaire et de l'accident

Appliquée au calcul de risques d'accident nucléaire, il suffit de remplacer 

- risques si l’on roule sans permis par risques liés à la technique
-risques si l’on roule ayant trop bu par risques liés aux facteurs humains
-risques si l’on roule sur verglas par risques liés au catastrophe naturelles

 

Ce qui donne donc

Si 

·         Ptech = probabilité d’accident d’origine technique sur une année pour un réacteur

·         Phum = probabilité d’accident d’origine humaine sur une année pour un réacteur

·         Pnat = probabilité d’accident d’origine catastrophe naturelle sur une année pour un réacteur

 

Probabilité d'avoir au moins 1 accident sur 1 réacteur sur une période d' 1 an.

R(1,1) = 1 - (1 – Ptech)(1 – Phum)(1 – Pnat)

et

R(n, a) = probabilité d’au moins un accident majeur pour n réacteurs durant a années

R(n, a) = 1 - [(1 – Ptech)(1 – Phum)(1 – Pnat)]na

 

 

 

n = 430 réacteurs

 

a = 10 (on cherche le risque sur 10 ans)

 

Ptech = 5.10-5 
Pour un réacteur nucléaire à eau pressurisée, tels ceux exploités en Europe de l’Ouest, le risque de fusion du cœur est estimé à 5.10-5 par centrale et par an. Cf : wikipedia

 

Phum = 10-4 : 
Il y a eu 1 catastrophe majeure d'origine humaine sur un parc d'environ 500 réacteurs pendant 20 ans (évaluation un peu pifométrique sur la base d’accidents survenus jusqu’ à ce jour), ce qui donne une probabilité de : 1/500x20 = 10-4 accident par an et par réacteur

 

Pnat = 10-4 
Il y a eu 1 catastrophe d'origine naturelle  sur un parc d'environ  500 réacteurs pendant 20 ans (évaluation un peu pifométrique sur la base d’accidents survenus jusqu’ à ce jour), ce qui donne une probabilité de : 1/500x20 = 10-4 accident par an et par réacteur

 

 

 

R(430, 10) = 1 - (1 – 5. 10-5)4300. (1 – 10-4)4300. (1 – 10-4)4300 = 65,9%

 

 

 

Ce qui veut dire qu’il y a 2 « chances » sur 3 qu’il y ait un accident majeur dans les 10 ans qui viennent.

 

Cela fait réfléchir, non ?