Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/05/2011

2001, l’odyssée de l’espace

Mise à jour du 16 mai 2011

A ne pas manquer : l'expo Kubrick à la cinémathèque, jusqu'au 31 juillet 2011 :

http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/kubrick/

 

 

2001 : A Space Odyssey

Compte tenu des thèmes abordés, je ne pouvais pas ne pas parler de 2001. Tout y est : animalité, évolution, outils, machines, espace, devenir de l'homme, communication, mystère de l'extra-terrestre.

 

2001_A_Space_odyssey-b6750.gif

« 40 ans après sa sortie, regarder 2001 reste une expérience hors du commun. Ce film reste unique dans l’histoire du cinéma et c’est sans doute avec le recul que l’on mesure le mieux sa force, sa personnalité, son audace.

Ces longs plans presque oniriques seraient inconcevables aujourd’hui, même pour Kubrick, mais en cette fin des années 60 où l’homme partait à la conquête de la lune, ces images avaient un effet d’électrochoc.

Nul besoin de parler de la force du scénario (basé sur une nouvelle d’Arthur C. Clarke “La sentinelle”), l’homme en quête de ses origines, l’interprétation de la fin restant libre, toujours ouverte. “2001″ est un film très méticuleux, où Stanley Kubrick a soigné tous les détails dans le but de créer une vision réaliste du futur de la technologie.

La symbiose qu’il parvient à créer entre les images et la musique est particulièrement remarquable, une harmonie assez rare au cinéma. Le lever de soleil du début du film et la vision de la station orbitale sur fond de musique de Strauss font partie des plus beaux plans du cinéma, et des plus magiques.

La lenteur du film pourra surprendre les spectateurs habitués aux films modernes de science-fiction. Pour l’apprécier, il suffit de se laisser submerger, de s’immerger dans ces images fabuleuses. 2001 est avant tout un film pour rêver. »

Extraits de http://films.blog.lemonde.fr/2007/02/06/2001-odyssee-espa...

 

 

 

2001grand.jpg

"J'ai essayé de créer une expérience visuelle, qui contourne l'entendement et ses constructions verbales, pour pénétrer directement l'inconscient avec son contenu émotionnel et philosophique. J'ai voulu que le film soit une expérience intensément subjective qui atteigne le spectateur à un niveau profond de conscience, juste comme la musique ; "expliquer" une symphonie de Beethoven, ce serait l'émasculer en érigeant une barrière artificielle entre la conception et l'appréciation. Vous êtes libre de spéculer à votre gré sur la signification philosophique et allégorique du film, mais je ne veux pas établir une carte routière verbale pour 2001 que tout spectateur se sentirait obligé de suivre sous peine de passer à côté de l'essentiel", Stanley Kubrick.

 

 


A sa sortie et même de nos jours, le film ne fait pas l'unanimité : certains le trouvent prétentieux et incompréhensible. L'histoire peut en effet en décontenancer plus d'un : le "trip" final dans lequel le dernier astronaute voyage dans l'espace aux couleurs psychédéliques, entre dans une chambre à coucher du XVIIIe siècle de style français, revit son existence avant de se retrouver à l'état de vieillard et meurt... pour se transformer en fœtus, à de quoi surprendre! Le film est une pure merveille visuelle et a pour principale qualité d'innover totalement : l'espace est filmé dans un silence mystique. Peu de scènes comportent des dialogues. Il ne s'agit donc pas d'une histoire linéaire, mais aucun de ces détracteurs ne peut nier l'influence sur toutes les histoires spatiales qui ont suivi dans les films de science-fiction.

C’est un film de rupture : ellipse des millions d’années qui séparent un os tournoyant dans le ciel d’un vaisseau spatial en rotation. C’est un film de symboles qui tournent autour de la vie, de l’intelligence, de la communication, de l’évolution, de l'ensemencement. La gamète monolithe vient féconder la Terre. Même symbole dans la rencontre Vaisseau - satellite.

C’est un film de réflexion sur les diverses formes d'intelligence et sur la communication ou l’incommunication entre ces diverses formes d’intelligences (Parano de HAL, inexistence de la communication avec l’intelligence extra-terrestre).

C’est une expérience esthétique, à la fois une fresque qui concerne l’humanité dans son ensemble, un documentaire scientifique sur la vie de l’homme dans l’espace et un poème visuel

 

 

Le film est divisé en quatre parties distinctes racontant chacune une étape bien précise de l'évolution de l'homme et de ses liens avec l'outil / la machine.
- L’aube de l’humanité
- La sentinellle sur la lune

- Mission Jupiter

- Au-delà de Jupiter (de l’infini)

 

singe-monolithe.pngLa première partie du film se situe à "l'Aube du temps : une bande d’Homo Sapiens lutte pour l’eau et la nourriture. Leur contact avec un monolithe d’origine extra-terrestre va ensemencer leur intelligence et démarrer leur évolution. C'est l'apprentissage de l'outil.

 

 

 

2001_space_station_02.jpgLa deuxième partie du film se situe en l'an 2000. L'homme est alors civilisé et moderne et  tente d'apprivoser la vie dans l'espace. Une anomalie dans le champ magnétique de la Lune, l'amène à découvrir le 2eme monolithe qui pointe mystérieusement vers un satellite de Jupiter. C'est l'apprentissage de l'espace.

 

 

2001_a_space_odyssey_hello_dave.jpgLa troisième partie se passe en 2001 et problématise l'importance de la machine dans la vie de l'homme. En effet, deux astronautes, Bowman et Poole, et trois scientifiques tenus en hibernation par l'ordinateur ultra puissant Hall 9000, partent en mission vers Jupiter. Mais HAL manifeste sa volonté de puissance (il s'estime seul capable de mener à bien la mission) et sa paranoïa (il se débarasse de tout obstacle à son dessein).
La bataille de la machine contre l'homme a commencé, l'homme vient en quelque sorte de symboliquement mettre fin à son évolution. Il doit donc faire face à sa propre mort. C'est l'apprentissage de la mort.

 

 

 

 

 

2001-foetus.jpgLa quatrième et dernière partie du film est beaucoup plus difficile à interpréter. Il faut lire 2001 : A Space Odyssey, 1968, le roman écrit en 1968 par Arthur C. Clarke pour comprendre qu’est décrit lans cette dernière partie le voyage de Bowman dans l’espace-temps et sa dématérialisation progressive pour rejoindre l’état de pur esprit qui caractérise le monde extra-terrestre qui veille sur le cosmos. C'est en quelque sorte une re-naissance (symbolisée par la scène du foetus). C'est l'apprentissage de l'abandon du corps.

 


La force de 20001 est de confronter notre civilisation à une autre en préservant le mystère de cette rencontre. La structure en quatre parties est clairement scénarisée. Quatre apparitions du monolithe, quatre héros (primate, savant, ordinateur, fœtus en voie de transformation extra-terrestre) mais surtout les mêmes leitmotivs qui assurent la continuité de l'évolution humaine, la permanence sous les variations de la civilisation :

2001_space_odyssey_fg2b.jpg- Animalité primitive
- naissance de l’homme
- mort de l'homme
- émergence du surhomme, qui, au moins dans le livre de Clarke, est destiné à rejoindre la communauté des extraterrestres.

 

 

 

Scénario
Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick, d’après une nouvelle d’A. C. Clarke

Directeur de la photographie
Geoffrey Unsworth (Cinérama, super pana-vision)

Montage
Ray Lovejoy

Musique
Richard Strauss : ouverture de Ainsi parlait ZarathoustraJohann
Strauss fils : Le Beau Danube bleu
György Ligeti : extraits de Requiem, Lux Aeterna, Atmosphères et Adventures
Aram Khatchaturian : extrait de la suite de ballet Gayane

Production
Metro-Goldwyn-Mayer, Stanley Kubrick, Polaris

Avec
Keir Dullea (Bowman), Gary Lockwood (Franck Poole), William Sylvester (Dr Floyd)

 

 

Bibliographie
2001 : A Space Odyssey, 1968 (2001, l’Odyssée de l’espace), est un roman de science-fiction écrit en 1968 par Arthur C. Clarke parallèlement au tournage du film de Stanley Kubrick, 2001, l'Odyssée de l'espace. L'histoire est basée sur plusieurs nouvelles d'Arthur C. Clarke (notamment La Sentinelle - 1951).

2010 : Odyssey Two, 1982 (2010, Odyssée deux). Le livre eut une suite en 1982, intitulée

2010 : Odyssée deux (adaptée au cinéma en 1984 sous le titre 2010 : L'Année du premier contact, qui donne une réponse à certaines des interrogations que le film pouvait laisser, suivie de

2061 : Odyssée trois (1988) et de

3001 : L'Odyssée finale (1997).

Kubrick de Michel Ciment, Calman-Levy, 1980

 

     

 

28/05/2010

En finir avec la pauvreté : Une utopie ?


Hier soir projection à Cucuron du film : « La fin de la pauvreté ? » et débat avec Philippe Diaz.

 

Attention, démarche originale !

 

Faire du cinéma une arme de combat. Créer aux Etat-Unis une société de production indépendante   Libre cinéma studio destinée à promouvoir 'des films qui peuvent changer les choses'.

Cela ne paraît pas évident.  C’est pourtant ce qu’a fait Philippe Diaz, philosophe de formation, cinéphile et militant alter-mondialiste.

 

Voyez plutôt :

En 1999, il signe 'Nouvel ordre mondial, quelque part en Afrique', premier long métrage documentaire qui confronte famine et troubles politiques en Sierra Leone.

En 2006 il récidive avec 'The Empire in Africa', coproduit par l'ONG Action contre la faim et de nouveau centré sur la guerre civile en Sierra Leone'

Il revient aujourd'hui avec 'La Fin de la pauvreté'.

 

21280.jpg« A partir d’une question simple - “avec tant de richesses dans le monde, pourquoi y a-t-il encore tant de pauvreté ?” -, il dresse un réquisitoire percutant contre le neo-libéralisme . A la fois didactique et corrosif, le film déploie un argumentaire solide, essentiellement fondé sur une collecte rigoureuse de l’information. Historiens, économistes, professeurs et autres “tueurs économiques” repentis se succèdent et font écho aux témoignages de victimes de la pauvreté. En seulement trois chapitres - origines, conséquences et solutions au déséquilibre économique Nord/Sud - il dresse un raisonnement aussi original que convaincant. Selon la thèse de l’économiste Jeffrey David Sachs, à laquelle le film doit son titre, “le capitalisme ne peut fonctionner sans pauvreté”.  Si Philippe Diaz condamne en premier lieu l’esclavagisme et le colonialisme, responsables de l’asphyxie économique des pays en développement, il tire à boulets rouges sur ses acteurs contemporains, Fonds monétaire international et Banque mondiale en tête. Politiquement très incorrect, il déterre coups d’Etats géostratégiques et fustige logiques de privatisation exacerbées. Au même titre que ‘We Feed the World[1]’ en 2005, ‘La Fin de la pauvreté ?’ incite par exemple à repenser les ressources naturelles telles que l’eau en biens communs et non en produits marchands. A contre-courant du néolibéralisme actuel, Philippe Diaz invite chacun à faire marche arrière, plaidant la décroissance comme seule issue de secours. Un documentaire frontal, honnête et lucide, un puissant contre-pouvoir citoyen. »

 

Si le constat est bien étayé en ce qui concerne L’Afrique et l’Amérique de Sud on reste un peu sur sa faim concernant le mode de développement de l’Inde et surtout sur celui de la Chine.

 

Le documentaire conclut sur l’impossibilité d’en finir avec la pauvreté sans passer par la décroissance des pays riches dont l’emprunte écologique est démesurée et donc le modèle non généralisable.

 

Il faut donc saluer ce réquisitoire salutaire et le diffuser le plus possible comme élément de prise de conscience de l’absurdité du système économique qui met en coupe réglée notre planète.

 

On attend maintenant le prochain épisode qui pourrait aborder la question suivante : comment s’opposer efficacement au néolibéralisme et l’idéologie répandue par ses armées d’experts et d’économistes,  thuriféraires de tous poils qui ne croient que dans la religion de la croissance.  Et surtout comment mettre au pas le capitalisme financier et ses fameux marchés, qui spéculent sur tout et de plus en plus sur la pauvreté.

 

 

 

La fin de la pauvreté ?

Documentaire écrit et réalisé par Philippe Diaz

Avec la voix de:
Charles Berling (version française)
Martin Sheen (version internationale)

Participants : SUSAN GEORGE Présidente d’Honneur de ATTAC France ; Présidente du Conseil du Transnational Institute
JOHN PERKINS Auteur du best-seller « Confessions d’un tueur à gages économique »
AMARTYA SEN Prix Nobel d’Économie (1998)
JOSEPH STIGLITZ Prix Nobel d’Économie (2001) et ancien économiste en chef de la Banque Mondiale
ERIC TOUSSAINT Président du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde….

 

http://www.cinemalibrestudio.com/company.html



[1] We Feed the World - le marché de la faim, de Erwin Wagenhofer (2005)

08/03/2010

"Agora" de Alejandro Amenábar

agora.jpgIntéressant, ce peplum philosophique, par les deux personnages principaux qu'il met en scène à Alexandrie au 4eme siècle après JC.

D'un côté Hypathie, femme philosophe et astronome, tente de préserver les richesses de la bibliothèque. Elle est belle (très belle interprétation de Rachel Weisz!), païenne, c'est à dire non monothéiste et anime un petit cercle de fidèles auxquels elle dispense son enseigenement dans la tradition platonicienne. Elle tient sous influence le pâle Oreste, préfet romain qui, sans elle, aurait disparu dans les poubelles de l'histoire.

De l'autre côté Cyrille, évèque d'Alexandrie qui va lâcher ses hordes de chrétiens fanatiques pour faire la chasse aux hérésies,  anéantir les juifs de la cité et lapider cette pauvre Hypathie.

Vénéré comme saint aussi bien en Orient qu'en Occident, saint Cyrille fut proclamé docteur de l'Eglise en 1882 par le Pape Léon XIII, et a fait l'objet d'un vibrant hommage par le pape Benoît XVI dans une audience du 3 octobre 2007, pour son importante contribution au culte marial.

 

Malgré ses côtés grand spectacle, ce film permet une saine réflexion sur le fondamentalisme et le fanatisme religieux !