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21/08/2010

Le tour de l'île d'Yeu en Catamaran en solo

 

Hier le vent se prêtait bien à un tour de l'île. L'île étant orientée Nord-Ouest Sud-Est, les meilleurs vents pour le tour de l'île sont soit Sud-Ouest, soit Nord-Est.

 

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Donc un petit vent de Ouest-Sud-Ouest, force 2+ m'incite à tenter l'aventure. Dans quel sens ? Etant donné le vent et les courants, j'ai préféré le sens des aiguilles d'une montre, (portant jusqu'au Corbeau, un grand bord au près puis au travers sur la côte sauvage, passage de la pointe du But au portant, puis grand largue et travers depuis les Grands Champs jusqu'au Marais Salé).


 

Départ : Le Marais Salé, il est 15 h 30. Je pars en solo, avec un appareil photo et une ligne de traine ...

 

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Petit vent, ciel nuageux

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On passe devant les cabanes de pêcheurs du Marais Salé.

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On longe les Conches et les bouées de l'élevage de moules

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On aperçoit bientôt la balise des Corbeaux

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que je passe à 15 h 47, ainsi que la pointe de l'île le phare et le port des Corbeaux

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Voici la côte sauvage, que je commence à longer au près sérré

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Petite pose pour remonter un maquereau

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On passe les plages de Vieilles et des Sauts puis la pointe de la Tranche, il est 16 h 47

 

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On aperçoit bientôt la chapelle de La Meule et puis l'entrée du port

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Prochaine étape : la pointe du Chatelet. Le vent est un peu mou et un petit clapot me font un peu trainer. Mais voici quand même le vieux chateau et la plage des Sabias ainsi que quelques magnifiques falaises.

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Je passe la pointe du Chatelet à 17 h 13 et voici au loin la balise des Chiens Perrins

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Sue la droite le Grand Phare et bientôt, la construction bizarre de la pointe du but

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Passage de la bouée Ouest à 17 h 40

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Passage entre les Grands et les Petits Champs : surprise un vieux gréments apparaît à l'horizon. Vite rattrapé, c'est le Belote et Ré des Sables d'Olonne. Magifique grément !

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On accélère et voici bientôt Port Joinville qu'on passe à 18 h 05, et nouvelle surprise : le Belem est mouillé devant le Port

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retour rapide verxs la Marais Salé, en laissant ç gauche la Sablaire et à droite l'école de voile et la plage des Sapins

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Arrivée au Marais salé à 18 h 30, 3 heures pour boucler le tour par force 2, c'est quand même rapide un cata !

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11/08/2010

Halte au travail des enfants !

CIMG6145.JPGLe travail des enfants en dessous de 2 ans devrait être strictement interdit !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19:04 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0)

05/08/2010

Mon catamaran : le KL 17 Power

Bon, vous l’aviez sans doute compris, je suis parti en vacances, et mon Blog aussi. En fait je suis à l’île d’Yeu pour les trois mois d’été …


Trop occupé par mes passions telles que la voile, divers autres sports nautiques et par les aspects pratiques de la dure vie d’insulaire et de l’entretien d’une grande maison..


Mais, sur la suggestion de raf, je vais ouvrir quelques nouvelles rubriques plus en ligne avec mes activités d’été : « Le coin brico », « Voile », « Objets de vacances insolites »



IMG_7247.JPGUn de mes passe-temps favori, l’été, c’est le catamaran. C’est un bon compromis entre les plaisirs de la voile et de la glisse. La planche, c’est bien, surtout quand on est dans les foot-straps, mais c’est assez technique et plutôt physique quand on sort par 15 à 25 nœuds de vent.


Surtout à l’île d’Yeu, où on est quand même en mer à 18 km de la côte de St Jean de Monts. De plus, sur la côte Nord-Est, il y a un courant de Nord Ouest de près de 2 nœuds en direction de la pointe des Corbeaux. Comme le vent dominant en été est aussi de Nord Ouest, on galère souvent à tenter de se maintenir au niveau de la plage du Marais Salé.


IMG_7384.JPGLe cata permet plus de liberté, c’est peut-être la même différence qu’entre le delta et le parapente. Faire le tour de l’île d’Yeu en cata, c’est un vrai plaisir, alors qu’en planche cela relève de l’exploit.


Donc après une quinzaine d’années de planche, j’ai acheté un KL 17 d’occasion sur l’île.


Qui est à l’origine du KL 17 ?

Surnommé "Monsieur Catamaran", médaillé d'or aux J.O de Barcelone en 1992, Yves Loday est un architecte prolifique et innovateur. Son palmares comme architecte est aussi éloquent que ses victoires en compétition.

Depuis 1996, il a créé de nombreux catamarans et dériveurs dont le KL17, le KL 15.5 (classe nationale pour les jeunes), le Hawk F18, le Dart 16, le Laser eps, la Goélette Mercator, leFunboat et une vingtaine d'autres modèles.


IMG_7249.JPGMais bien sûr, le KL 17 est une série limitée, je dirais même confidentielle et les problèmes de maintenance et de pièce détachée s’avèrent ardus, surtout sur une petite île comme l’île d’Yeu.


Deux solutions : Internet pour la recherche de pièces détachées et le bricolage maison lorsque la pièce n’existe plus.


Depuis l’acquisition, voici les principales interventions que j’ai du faire :

Le trampoline

Les haubans

La grand voile

Le foc

Les coques

23/06/2010

Rognons d'agneau

Recette de famille

 

Attention, ici on atteint le summum !

Comme je l'ai dit dans une précédente recette, des rognons d'agneau accompagnés de riz au poivron, c'est à se rouler par terre.

Ingrédients
- 2 rognons par personne
- de la crème fraiche
- sel et poivre

Recette
- fendre chaque rognon en deux, enlever les tissu neveux, puis découper chaque moitié en trois. Donc cela fait 6 morceaux par rognon.
- les jeter dans une poële à feu très vif avec un minimum de matière grasse (huile d'arachide). Le but est de saisir les rognons, de les faire rissoler et brunir et d'éviter qu'ils ne baignent dans leur jus
- les laisser rissoler 4 mn de chaque côté
- ajouter une cuiller de crème fraiche par personne, et faire mijoter à feu doux pendant 5 mn en mélangeant doucement la crème et le jus rendu par les rognons

Servir donc avec un petit riz au poivron, vous m'en donnerez des nouvelles ...

21/06/2010

Le Riz au poivron pour les nuls

Recette de famille

 

A Marie

 

A la demande expresse de Marie qui m’a appelé au secours, je publie donc bien volontiers cette recette de riz au poivron. Elle n’est pas bien compliquée, mais une fois encore, quelques petits trucs peuvent transformer un simple plat d’accompagnement en  vrai plaisir gustatif

 

Ingrédients pour 4 :

- 300 g de riz (compter 75 g de riz par personne). On peut prendre du riz long étuvé ou bien du riz Thai ou basmati (qui donneront un riz plus collant).

- 1 ou 2 poivrons (peu importe la couleur mais j’ai un faible pour le rouge ou le jaune qui donnera un plat plus coloré

- éventuellement 1 oignon (personnellement je n’en mets pas)

- une portion d’extrait de bouillon de poule

- une cuiller à soupe d’huile, ou mieux une cuiller à soupe de graisse de canard

- de l’eau (1,5 fois le volume de riz)

 

 

Le plus simple est de le faire en autocuiseur

- couper les poivrons en morceaux pas trop fins

- placer l’huile ou la graisse de canard dans la cocotte avec le riz à feu vif

- après 2 ou 3 mn, ajouter les poivrons

- après 5 mn, ajouter l’eau et l’extrait de bouillon de poule

- fermer l’autocuiseur et laisser à feu vif jusqu’à rotation de la soupape ( émission de la vapeur)

- réduire à feu doux et compter de 15 à 20 mn de cuisson.

 

Accompagne très bien les grillades ou les volailles.

Je le recommande pour accompagner des rognons d’agneau à la crème. C’est tout simplement le bonheur des papilles …

 

10/06/2010

« Aucun Dieu en vue » d'Altaf TYREWALA

aucun dieu en vue.jpgNé en 1977 à Mumbay (Bombay), où il a toujours vécu et étudié, Altaf Tyrewala a passé plusieurs années aux Etats-Unis pour des études de marketing et publicité. Il habite aujourd’hui dans sa ville natale où il se consacre à l’écriture. Altaf Tyrewala a exercé toutes sortes de métier pour vivre, caissier, vendeur par téléphone, employé de bureau et auteurs de livres éducatifs.

« Aucun dieu en vue » est son premier roman, écrit en anglais.

Kaléidoscope, fondu enchainé de personnages qui témoignent à la première personne des petites ou grandes misères de leur vie dans un quartier musulman de Mumbay (Bombay).

Quarante-sept éclats de vie qui dessinent le portrait d’une Inde qui en entrant dans la modernité à tourné le dos à Dieu et à la spiritualité.

Chacun d’entre eux porte en lui une blessure, une frustration, une vocation manquée, chacun d’eux, du mendiant au riche homme d’affaires, de l’avorteur au tueur de poulets, de la mère de famille à la jeune épouse, souffre du même mal : « l’angoisse de sa propre insignifiance ».

C’est un monde urbain, entre l’occident et les traditions de l’Inde profonde qui témoigne de la perte de sens, du trouble profond de l’Inde qui délaissant ses dieux anciens se retrouve sans « Aucun Dieu en vue ».

Mais laissons le mot de la fin à Altaf Tyrewala :

"Let readers -- atheists, nihilists, Hindus, Muslims, Christians, Buddhists -- make what they will of the novel."

31/05/2010

"Le crépuscule d'une idole" de Michel Onfray

"Le crépuscule d'une idole, l'affabulation freudienne"

 

285.jpgCe qui nous pousse à n'accorder aux Philosophes, dans leur ensemble, qu'un regard où se mêlent méfiance et raillerie, ce n'est pas tant de découvrir à tout bout de champ combien ils sont innocents, combien de fois et avec quelle facilité ils se trompent et s'égarent, bref, quelle puérilité est la leur, quel enfantillage; c'est de voir avec quel manque de sincérité ils élèvent un concert unanime de vertueuses et bruyants protestations dès que l'on touche, même de loin, au problème de leur sincérité. Ils font tous comme s'ils avaient découvert et conquis leurs opinions propres par l'exercice spontané d'une dialectique pure, froide et divinement impassible (à la différence des mystiques de toute classe, qui, plus honnêtes et plus balourds, parlent de leur « inspiration » ), alors que le plus souvent c'est une affirmation arbitraire, une lubie, une « intuition », et plus souvent encore un vœu très cher mais quintessencié et soigneusement passé au tamis, qu'ils défendent par des raisons inventées après coup. Tous sont, quoi qu'ils en aient, les avocats et souvent même les astucieux défenseurs de leurs préjugés, baptisés par eux « vérités ».

NIETZSCHE, Par-delà le bien et le mal, 1ere partie, § 5.

 

 

C’est par cette citation que Michel Onfray ouvre cet essai sur Freud. Fidèle à sa méthode, il déclare son projet de se livrer à une "psychobiographie nietzschéenne" de l’homme Freud, ce qui le conduit à trois types de critiques :

 

 

1. Critiques envers l’homme

Freud récuse la philosophie. Il se veut scientifique, dans la filiation de Copernic et de Darwin, mais sa méthode procède de la pensée magique. Tout au long de sa vie, il a expérimenté puis abandonné tout un capharnaüm de techniques : injection de cocaïne, traitement galvanique, électrothérapie, psychophore, hypnose, il s’est même intéressé aux sciences occultes, spiritisme, transmission de pensée.

 

Freud est obsédé par la célébrité à laquelle il aspire, il a passé sa vie à sculpter sa propre statue, à bâtir sa légende. "La consigne ontologique demeure la suivante : Freud découvre tout à partir de son seul génie, il dispose de la grâce, rien ni personne ne saurait l'influencer."

Freud a beaucoup critiqué, a usé de l’insulte, d’agressivité et de mépris. La liste est longue de ses amis qu’il a reniés, voire « excommuniés », après s’être servis d’eux.

 

Freud est un affabulateur, un menteur, un falsificateur, un manipulateur qui a beaucoup lu, beaucoup emprunté sans le reconnaître. Freud a détruit ses journaux intimes et sa correspondance, il a pratiqué le déni et la réécriture du passé.

 

Cocaïnomane dépressif, victime d’une histoire familiale chargée, Freud était en fait atteint d’une psychonévrose grave. Dans sa « découverte » de la psychanalyse, il a théorisé sa propre histoire.

 

Si la psychanalyse s'applique sans doute à Freud et à ses névroses, elle ne saurait prétendre à l'universalité. Freud a donc pris son cas... pour une généralité. Thérapeute touche-à-tout, il n’a jamais guéri que sur le papier.

Enfin, Freud n’est pas un progressiste, c’est un conservateur qui a même un penchant pour les régimes autoritaires.

 

Tout cela paraît excessif ? Et bien pas tellement au vu des références nombreuses, car Freud n’a pas pu détruire toute sa correspondance (dont ses lettres, terribles pour lui, envoyées à Wilhelm Fliess)[1]

Et ce que dénonce Michel Onfray est dans la droite ligne de nombreuses études critiques qui ont été produites par des auteurs aussi différents que Gaston Bachelard, Albert Béguin, Théodore Caplow, Robert Castel, Jean Château, Pierre Debray-Ritzen,Gilbert Durand, Henri Ey, H. J. Eysenck, Michel Foucault, Pierre-P. Grassé, Ludwig Klages, Arthur Koestler, Stéphane Lupasco, Karl Popper, Theodor Roszack, Jean-Paul Sartre, Jacques Van Rillaer, Ludwig Wittgenstein, Clara Zetkin.

On peut aussi citer "Le livre noir de la psychanalyse" publié en 2004, sous la direction de Catherine Meyer.

 

Il faut cependant reconnaître à Michel Onfray son hommage à Freud en tant que philosophe et  la gratitude qu’il lui porte pour ses écrits sur la sexualité qui ont « illuminé » son adolescence.

 

 

 

2. Critiques envers la théorie

Partant donc de cette psychobiographie, Michel Onfray s’attaque à la théorie psychanalytique elle-même. Il présente cinq thèses, bien argumentées et étayées, n’en déplaise à Elisabeth Roudinesco, sur une solide  bibliographie et de nombreuses références.

Thèse n° 1 : La psychanalyse dénie la philosophie, mais elle est elle-même une philosophie

Thèse n° 2 : La psychanalyse ne relève pas de la science, mais d’une autobiographie philosophique

Thèse n° 3 : La psychanalyse n’est pas un continuum scientifique, mais un capharnaüm existentiel

Thèse n° 4 : La technique psychanalytique relève de la pensée magique

Thèse n° 5 : La psychanalyse n’est pas libérale, mais conservatrice

 

Oui, mais reste la question essentielle : pourquoi cela a-t-il marché ? Pourquoi Freud a-t-il réussi à tromper son monde et la psychanalyse à influencer durablement le 20eme siècle ? Il y a deux types d’explications : celle d’Onfray et celle donné par Henri F. Ellenberger dans son ouvrage principal, A la découverte de l'inconscient[2]

 

Michel Onfray donne cinq raisons à la réussite de Freud :
1. Freud a fait entrer le sexe dans la pensée occidentale et ce discours était attendu

2. Freud a mis en place une organisation militante très hiérarchisée

3. Freud a créé une religion et une église

4. Le 20eme siècle a été celui de la pulsion de mort en adéquation avec le nihilisme freudien

5. Après 68, Marcuse et le freudo-marxisme ont remis Feud au goût du jour.

 

Henri F. Ellenberger, lui avance l’hypothèse de la « maladie créatrice de Freud » :

De toute évidence, l'atmosphère de légende, qui marque les origines de la psychanalyse selon Ellenberger, justifie davantage les critiques actuelles du freudisme qu'elle n’explique son succès passé. « La psychanalyse, dès ses origines, s'est développée dans une atmosphère de légende, si bien qu'une appréciation objective ne sera guère possible avant que l'on ait su dégager les données authentiquement historiques de cette brume de légendes. […] Malheureusement, l'étude scientifique des légendes, de leur structure thématique, de leur développement, de leurs causes reste une des provinces les moins explorées de la science. [...] Un coup d'œil rapide sur la légende freudienne révèle deux traits essentiels. Le premier est le thème du héros solitaire, en butte à une armée d'ennemis, subissant, comme Hamlet, ''les coups d'un destin outrageant'' mais finissant par en triompher. La légende exagère considérablement la portée et le rôle de l'antisémitisme, de l'hostilité des milieux universitaires et des prétendus préjugés victoriens. En second lieu, la légende freudienne passe à peu près complètement sous silence le milieu scientifique et culturel dans lequel s'est développée la psychanalyse, d'où le thème de l'originalité absolue de ce qu'elle a apporté: on attribue ainsi au héros le mérite des contributions de ses prédécesseurs, de ses associés, de ses disciples, de ses rivaux et de ses contemporains en général.»

 

«Mais c'est surtout, croyons-nous, de la maladie créatrice de Freud que procèdent les principes essentiels de la psychanalyse: les notions de sexualité infantile, de libido avec ses étapes successives, ses fixations et sa transformation possible en angoisse, la situation œdipienne, le roman familial, la théorie des rêves, des actes manqués et des souvenirs-écrans, la conception des symptômes comme substituts des désirs, l'idée que les phantasmes jouent un rôle essentiel dans les névroses et dans la création poétique, et que les tout premiers phantasmes, comme les premières expériences sexuelles authentiques, exercent une influence primordiale sur la destinée des individus.»

 

 

3. Critique envers la pratique

Reste enfin, et c’est sans doute l’essentiel, la critique de la pratique c'est-à-dire de la « cure psychanalytique », telle qu’elle a été pratiquée puis théorisée par Freud et telle qu’elle est encore pratiquée de nos jours par les orthodoxes freudiens.

 

La cure coûte cher et est réservée aux riches. L’acte de payer (en liquide) fait partie de la cure.

Freud n’aimait pas soigner les pauvres et ne s’en est pas caché. Il considérait même qu’il y avait contre-indication. « Le névrosé pauvre ne peut que très difficilement se débarrasser de sa névrose. Ne lui rend-elle pas en effet dans sa lutte pour la vie de signalés services ? Le profit secondaire qu’il en tire est très considérable.  La pitié que les hommes refusaient à sa misère matérielle, il la revendique maintenant au nom de sa névrose  et se libère de l’obligation de lutter par le travail contre sa pauvreté » Freud, Le début du traitement.

 

Il n’existe pas d’indication précise sur le type de trouble que peut soigner une cure. Nombre d’analystes prétendent soigner des troubles qui ne relèvent pas de la névrose.

 

Le psychanalyste, dans son déni du corps, vit dans un monde de fiction, de concepts et d’idées, qu’il se soucie peu d’expliquer à l’analysant : libido, pulsions, instincts, Œdipe, horde primitive, meurtre du père, refoulement, sublimation, Moïse, névrose, psychopathologie, …

 

Les règles édictées par Freud concernant la cure ont souvent été violées, et en premier par lui-même

 

La cure sacralise la relation analyste-analysant (où l’analyste est tout puissant), refusant toute médiation extérieure, même ponctuelle.

 

L’analyste peut n’avoir jamais fait d’étude de médecine. Le seul critère pour devenir analyste est d’avoir été analysé. Et encore Freud ne respectera pas toujours cette règle. Confronté à la question de savoir comment débusquer un charlatan en psychanalyse, Freud répond dans « La question de l’analyse » que ce n’est pas une question de diplômes mais que le charlatan est  « celui qui entreprend un traitement sans posséder les connaissances et les capacités requises ».

 

La cure n’est pas efficace. Elle peut être sans fin, car sans objectif précis. Il n’existe pas de critère clair pour décider de la fin d’une cure.

 

 

Le salon des cartes postales freudiennes

Et pour conclure avec plus de légèreté, pourquoi ne pas se promener dans le salon des cartes freudiennes que Michel Onfray nous invite à déconstruire à l’aide de ses contre-cartes postales.

 

« Qu’est-ce qu’une carte postale en philosophie ? Un cliché obtenu par simplification outrancière, une icône apparentée à une image pieuse, une photographie simple, efficace, qui se propose de dire la vérité d’un lieu ou d’un moment à partie d’une mise en scène, d’un découpage, d’un cadrage arbitrairement effectué dans une totalité vivante mutilée. Une carte postale, c’est le fragment sec d’une réalité humide, une performance scénographique qui dissimula les coulisses, un morceau du monde lyophilisé et présenté sous les meilleurs atours, un animal empaillé, un faux-semblant. »

 

 

 

 

 


Carte postale n° 1 :

Freud a découvert l'inconscient tout seul à l'aide d'une autoanalyse extrêmement audacieuse et courageuse.

Contre-carte postale n°1

Freud a formulé son hypothèse de l’inconscient dans un bain historique dix-neuviémiste, suite à de nombreuses lectures, notamment philosophique (Schopenhauer et Nietzsche pour les plus importantes), mais également scientifiques.

Carte postale n° 2 :

Le lapsus, l'acte manqué, le mot d'esprit, l'oubli des noms propres, la méprise témoignent d'une psychopathologie par laquelle on accède à l'inconscient.

Contre-carte postale n° 2 :

Les différents accidents de la psychopathologie de la vie quotidienne font effectivement sens, mais aucunement dans la perspective d'un refoulement strictement libidinal et encore moins œdipien

Carte postale n° 3 :

Le rêve est interprétable : en tant qu'expression travestie d'un désir refoulé, il est la voie royale qui mène à l'inconscient.

Contre-carte postale n° 3 :

Le rêve a bien un sens, mais dans la même perspective que dans la proposition précédente: nullement dans une configuration spécifiquement libidinale ou œdipienne.

Carte postale n° 4 :

La psychanalyse procède d'observations cliniques : elle relève de la science.

Contre-carte postale n° 4 :

La psychanalyse est une discipline qui relève de la psy­chologie littéraire, elle procède de l'autobiographique de son inventeur et fonctionne à ravir pour le comprendre, lui et lui seul.

Carte postale n° 5 :

Freud a découvert une technique qui, via la cure et le divan, permet de soigner et de guérir les psychopathologies.

Contre-carte postale n° 5 :

La thérapie analytique illustre une branche de la pensée magique: elle soigne dans la stricte limite de l'effet placebo.

Carte postale n° 6 :

La conscientisation d'un refoulement obtenue lors de l'analyse entraîne la disparition du symptôme.

Contre-carte postale n° 6 :

La conscientisation d'un refoulement n'a jamais causé mécaniquement la disparition des symptômes, encore moins la guérison.

Carte postale n° 7 :

Le complexe d'Oedipe, en vertu duquel l'enfant désire sexuellement le parent du sexe opposé et considère le parent du sexe opposé comme un rival à tuer symboliquement, est universel

Contre-carte postale n° 7 :

Loin d'être universel, le complexe d'Œdipe manifeste le souhait infantile du seul Sigmund Freud.

Carte postale n°8
La résistance à la psychanalyse prouve l’existence d’une névrose chez le sujet

Contre-carte postale n° 8 :

Le refus de la pensée magique n'oblige nullement à remettre son destin entre les mains du sorcier.

Carte postale n°9

La psychanalyse est une discipline émancipatrice

Contre-carte postale n° 9 :

Sous couvert d’émancipation, la psychanalyse a déplacé les interdits constitutifs du psychologisme, cette religion séculaire d’après la religion

 

Carte postale n°10

Freud incarne la permanence de la rationalité critique emblématique de la philosophie des lumières

Contre-carte postale n° 10 :

Freud incarne ce qui, à l’époque des Lumières historiques, se nommait l’antiphilosophie – une formule philosophique de la négation de la philosophie rationaliste.

 

 



[1] Il reste encore sans doute beaucoup à découvrir dans les archives Freud à la bibliothèque du Congrès Américain, “sous scellés”, jusqu’en l’année 2057.

[2] A la découverte de l'inconscient, SIMEP, 1974, (ISBN 285334097X), réédité sous le titre Histoire de l'inconscient, Fayard, 2001, 975 pages, (ISBN 2213610908)

28/05/2010

En finir avec la pauvreté : Une utopie ?


Hier soir projection à Cucuron du film : « La fin de la pauvreté ? » et débat avec Philippe Diaz.

 

Attention, démarche originale !

 

Faire du cinéma une arme de combat. Créer aux Etat-Unis une société de production indépendante   Libre cinéma studio destinée à promouvoir 'des films qui peuvent changer les choses'.

Cela ne paraît pas évident.  C’est pourtant ce qu’a fait Philippe Diaz, philosophe de formation, cinéphile et militant alter-mondialiste.

 

Voyez plutôt :

En 1999, il signe 'Nouvel ordre mondial, quelque part en Afrique', premier long métrage documentaire qui confronte famine et troubles politiques en Sierra Leone.

En 2006 il récidive avec 'The Empire in Africa', coproduit par l'ONG Action contre la faim et de nouveau centré sur la guerre civile en Sierra Leone'

Il revient aujourd'hui avec 'La Fin de la pauvreté'.

 

21280.jpg« A partir d’une question simple - “avec tant de richesses dans le monde, pourquoi y a-t-il encore tant de pauvreté ?” -, il dresse un réquisitoire percutant contre le neo-libéralisme . A la fois didactique et corrosif, le film déploie un argumentaire solide, essentiellement fondé sur une collecte rigoureuse de l’information. Historiens, économistes, professeurs et autres “tueurs économiques” repentis se succèdent et font écho aux témoignages de victimes de la pauvreté. En seulement trois chapitres - origines, conséquences et solutions au déséquilibre économique Nord/Sud - il dresse un raisonnement aussi original que convaincant. Selon la thèse de l’économiste Jeffrey David Sachs, à laquelle le film doit son titre, “le capitalisme ne peut fonctionner sans pauvreté”.  Si Philippe Diaz condamne en premier lieu l’esclavagisme et le colonialisme, responsables de l’asphyxie économique des pays en développement, il tire à boulets rouges sur ses acteurs contemporains, Fonds monétaire international et Banque mondiale en tête. Politiquement très incorrect, il déterre coups d’Etats géostratégiques et fustige logiques de privatisation exacerbées. Au même titre que ‘We Feed the World[1]’ en 2005, ‘La Fin de la pauvreté ?’ incite par exemple à repenser les ressources naturelles telles que l’eau en biens communs et non en produits marchands. A contre-courant du néolibéralisme actuel, Philippe Diaz invite chacun à faire marche arrière, plaidant la décroissance comme seule issue de secours. Un documentaire frontal, honnête et lucide, un puissant contre-pouvoir citoyen. »

 

Si le constat est bien étayé en ce qui concerne L’Afrique et l’Amérique de Sud on reste un peu sur sa faim concernant le mode de développement de l’Inde et surtout sur celui de la Chine.

 

Le documentaire conclut sur l’impossibilité d’en finir avec la pauvreté sans passer par la décroissance des pays riches dont l’emprunte écologique est démesurée et donc le modèle non généralisable.

 

Il faut donc saluer ce réquisitoire salutaire et le diffuser le plus possible comme élément de prise de conscience de l’absurdité du système économique qui met en coupe réglée notre planète.

 

On attend maintenant le prochain épisode qui pourrait aborder la question suivante : comment s’opposer efficacement au néolibéralisme et l’idéologie répandue par ses armées d’experts et d’économistes,  thuriféraires de tous poils qui ne croient que dans la religion de la croissance.  Et surtout comment mettre au pas le capitalisme financier et ses fameux marchés, qui spéculent sur tout et de plus en plus sur la pauvreté.

 

 

 

La fin de la pauvreté ?

Documentaire écrit et réalisé par Philippe Diaz

Avec la voix de:
Charles Berling (version française)
Martin Sheen (version internationale)

Participants : SUSAN GEORGE Présidente d’Honneur de ATTAC France ; Présidente du Conseil du Transnational Institute
JOHN PERKINS Auteur du best-seller « Confessions d’un tueur à gages économique »
AMARTYA SEN Prix Nobel d’Économie (1998)
JOSEPH STIGLITZ Prix Nobel d’Économie (2001) et ancien économiste en chef de la Banque Mondiale
ERIC TOUSSAINT Président du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde….

 

http://www.cinemalibrestudio.com/company.html



[1] We Feed the World - le marché de la faim, de Erwin Wagenhofer (2005)