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17/04/2015

Comment Einstein a changé le monde

 

Copie de la présentation sur Einstein faite le 14 avril 2015 au café-sciences du Sud Luberon


https://drive.google.com/file/d/0B7G7GnSPn3J4cW9uMTkyQXA0cW8/view?usp=sharing



Biblio

Comment Einstein a changé le monde, JC. Boudenot -EDP Sciences 2005
•Einstein aujourd’hui, Claude Cohen-Tannoudji & all -EDP Sciences / CNRS 2005
•Le grand roman de la physique quantique, Manjit Kumar - JC Lattès 2011
•Une histoire d’Albert Einstein, F. De Closets (Emission France Culture - Un autre jour est possible)
•Ne dites pas à Dieu ce qu’il doit faire, F. De Closets - Seuil 2004
•La géométrie et l’expérience, A. Einstein :
              
http://fr.wikisource.org/wiki/La_G%C3%A9om%C3%A9trie_et_l...
•Notes autobiographiques, A. Einstein :
               http://www.willeime.com/Einstein.htm
•Comment je vois le monde, A. Einstein - Champs Sciences 2009
•Archives Conseils Solvay :
               http://www.hilliontchernobyl.com/solvay.htm#solvay1911
•Le cas Eduard Einstein, Laurent Seksik - Flammarion 2013
•La déesse des petites victoires, Yannick Grannec - Anne Carrière 2013

10/05/2014

Qu'est-ce que la science ?

Présentation faite au Café-sciences du Sud Luberon en février 2014.

 

Pour accéder à la présentation, cliquer sur le lien suivant : Qu'est-ce que la science ?

 

 

10/04/2014

Darwin, de l’Origine des espèces à la question de l’Homme

Présentation faite au Café-Sciences du Sud Luberon en décembre 2012.

 

Pour accéder à la présentation cliquer sur :

https://docs.google.com/open?id=0B6b53iRTjxdEaFBSM1VIZGxO...


Quelques références bibliographiques :
https://docs.google.com/open?id=0B6b53iRTjxdEd2pCS181aFky...

11/01/2013

Et les tachyons, vous connaissez les tachyons ?

Les tachyons, cela ne vous dit rien ? Pourtant on en a parlé récemment à propos de l'expérience Opéra, dont l'équipe prétendait (à tort) avoir découvert des neutrinos allant plus vite que la vitesse de la lumière, et dont le principal résultat a été la démission de son directeur*


Consultons notre cher Wikipedia :

"En physique des particules, on nomme tachyon une particule (ou plutôt une classe de particules) satisfaisant aux équations de la relativité restreinte mais qui, si elle existait, se déplacerait à une vitesse supraluminique, c'est-à-dire supérieure à c, vitesse de la lumière dans le vide. Un tel type de particule n'a cependant pas de réalité physique avérée en 2013, et constitue donc plutôt une indication formelle d'une forme d'instabilité de la théorie (ce qui peut arriver pour toute théorie effective) qui prédit ce type de particule.

Le terme tachyon a été pour la première fois utilisé en 1964 par le physicien Gerald Feinberg. Il vient du grec ancien tachus signifiant en français rapide."

 

Mais écoutons plutôt la poésie du Tachyon :

Le Tachyon

Que ne suis-je un tachyon –
Ces particules qui ont
D’être en leur vertu première
Plus vites que la lumière ?
Si je partais un matin
De Rome ou Romorantin
Pour Romorantin ou Rome,
Nul besoin d’aérodrome :
J’arriverais (garanti)
Bien avant d’être parti
À mon but : quelle avancée !
Quant au jeu de la pensée,
On aurait, à peine lu
Son énoncé, résolu
Le plus délicat problème.
Enfin l’existence même,
Ses tourments et ses appeaux,
Ses déboires, quel repos :
Sans que l’on nous évacue
On l’aurait déjà vécue.
Mais où donc réside-t-il
Le tachyon si subtil
Que le savant le plus sage
N’a pas su le mettre en cage ?
A-t-il l’électricité,
Lui qui dans l’obscurité
Sans répit se dévergonde,
Couvrant à chaque seconde
Beaucoup plus que le trajet
Entre Terre et Lune ? J’ai
Le fort soupçon qu’il détale
Mû par une loi fatale
L’obligeant à battre encor
Et de nouveau ce record
Qui jamais ne l’exténue.
Une lumière inconnue
Brille-t-elle tout au bout
De son galop ? – un tabou
(Le grand Albert dans sa tombe
En frémirait) alors tombe,
Tout s’en trouve culbuté
Dans la relativité;
Le tachyon va trop vite
Pour ce monde qui gravite.
Cependant nous ballottons
Parmi d’indolents photons
Et nos jours en caravane,
Au soleil qui se pavane,
Repartant chaque matin
Pour Rome ou Romorantin
À l’allure coutumière
Dont nous berce la lumière.
Ses sources peuvent tarir :
Toujours elle caracole
Mais découvre à notre école
Que rien ne sert de courir.


Jacques Reda, La Physique amusante


* Extrait du Monde du 13/04/2012 "Neutrinos : retour sur une annonce trop rapide"

 

"L'expérience avait fait grand bruit à la fin de septembre: selon ses résultats, les neutrinos allaient plus vite que la lumière. La théorie de la relativité d'Einstein, qui fait de la lumière une limite infranchissable, semblait alors révolutionnée. Mais les conclusions de l'étude ont finalement été infirmées par une autre expérience.

 

Une motion a alors été présentée pour réclamer le départ de M. Antonio Ereditato, à la tête de la première expérience, l'expérience "Opera". Elle n'a pas été adoptée mais, selon des sources informées, les divisions qu'elle a provoquées entre les chercheurs a rendu la situation ingérable : le physicien italien a démissionné, a annoncé l'Institut italien de physique nucléaire, INFN, vendredi 30 mars.

 

 

 

"LE PHYSICIEN DU FLOP"

 

M. Ereditato, que leCorriere della Serasurnomme impitoyablement sur son site"le physicien du flop", n'a pas souhaité faire de commentaires. Le vice-président de l'INFN, Antonio Masiero, a pris acte dans un communiqué de la démission de M. Ereditato tout en confirmant que de nouvelles mesures sur la vitesse des neutrinos étaient prévues au printemps pour vérifier les résultats étonnants enregistrés par "Opera".

 

Ces mesures seront faites à partir d'un nouveau faisceau qui sera envoyé fin avril du CERN (Centre européen de recherches nucléaires), à Genève, vers le laboratoire souterrain du Gran Sasso, en Italie.

 

L'INFN"espère qu''Opera' retrouvera l'unité et un nouveau leadership pour poursuivre son principal objectif, celui d'observer l'apparition de neutrinos d'un nouveau type à partir de neutrinos de type mu provenant du CERN", pour illustrer un phénomène appelé"oscillation des neutrinos".

 

A la fin de février, des physiciens qui ont étudié le fonctionnement d'"Opera" ont émis l'hypothèse que ses résultats aient été faussés pa rune mauvaise connexion

 

entre un GPS et un ordinateur servant à la mesure, entraînant un léger décalage."

07/01/2013

Gravitons, gravitons

Je reviens sur le sujet des gravitons. Qu'est-ce, en effet qu'un graviton ? et quel est son rapport exact avec le fameux boson de Higgs.

A ma droite, le boson de Higgs, quantum d'excitation du champ de Higgs. A ma gauche, le quantum d'excitation du champ gravitationnel, j'ai nommé le graviton.
Le premier donne la masse aux particules. Le deuxième provient de la déformation de l'espace-temps sous l'influence des objets massifs.

Ces deux particules sont donc toutes les deux liées au concept de masse. Mais quel type de relation peut-on avoir entre ces particules, y a-t-il une interaction entre elles ?


Tout cela paraît très simple, mais d'abord qu'est-ce qu'un boson et qu'est-ce que le boson de Higgs ?

"Un boson est une particule de spin entier, il obéit à la statistique de Bose-Einstein. Les photons, les gluons, les W, le Z0 et le Higgs sont des bosons.

A une température proche du zéro absolu, les bosons peuvent se trouver dans le même état quantique, formant ainsi un gaz quantique parfait dans un phénomène appelé condensation de Bose-Einstein."

Le boson de Higgs est une particule associée au mécanisme de Brout-Englert-Higgs supposé être à l'origine des masses des quarks, des leptons et surtout des bosons W et Z du modèle électrofaible. Le 4 juillet 2012, leCern a annoncé avoir découvert un boson dont la masse est d'environ 126gigaélectronvolts (GeV), ressemblant beaucoup au boson de Higgs.

(d'après Futura-Sciences)


Et qu'est-ce qu'un graviton ?

"Le graviton est une particule élémentaire hypothétique qui transmettrait la gravité dans la plupart des systèmes de gravité quantique. Il serait donc le quantum de la force gravitationnelle" Ce serait aussi un boson, mais de Spin 2

(d'après Wikipedia)

 

 Bon, tout cela ne nous avance pas beaucoup et c'est même un peu indigeste.

 

Alors, si vous voulez en savoir plus :

Ecoutez donc cet énigmatique scientifique prénommé Gérard http://www.youtube.com/watch?v=lE_g3APGYfU

 

Plus sérieusement, je vous recommande ces quelques liens qui permettent de mieux comprendre tout cela en video et en image :

Etienne Klein, la masse des particules
http://www.universcience.tv/video-la-masse-des-particules-3101.html


Comprendre le boson de Higgs en trois minutes


BD de Lison Bernet sur le boson de Higgs :
Chasse au Bison de Higgs (1ère partie)
Chasse au Bison de Higgs (2e partie)
Les tribulations intestines des accélérateurs du LHC

 

A vos neurones ...

04/01/2013

2013 : du boson de Higgs aux gravitons

En2012,
Nous, êtres humains, avons découvert le boson de Higgs

 

Nous pourrions donc commencer 2013 par le chant des gravitons,

Nous, modestes gravitons,
Sans répit nous gigotons
Pour que ta planète évite
D’oublier qu’elle gravite
Autour de l’astre Soleil
Et qu’il demeure en éveil,
Guide et pivot de la ronde
Qu’avec tout son petit monde
(Terre, Jupiter, Vénus,
Pluton, Neptune, Uranus,
Saturne, Mars et Mercure)
À travers la nue obscure
Il mène, ainsi balançant
L’effet de cinquante, cent,
Mille, dix mille, innombrables
Autres systèmes semblables.
Cependant nous orchestrons,
Mieux que dans les synchrotrons
Occupés du minuscule,
Ce bal géant qui circule
En valsant par l’infini
Dancing. Ni le proton ni
Le gluon qui nous copie
(Sinon, le quark en charpie
Tomberait) ni l’électron
Quelque jour n’égaleront
Notre tâche en importance.
On dit que notre existence
Resterait à démontrer.
Ce sont propos d’illettré.
Tel autre, plus équivoque
Ou perfide, nous provoque :
« Qui vous meut, ô gravitons ?
— Mais vous, et vos dubitons ? »
Que ce railleur se rencogne
Sans troubler notre besogne,
Nous qui sommes le ciment
Éthéré du firmament,
le fil vibrant de la toile
Qui réunit chaque étoile
Aux autres, et les amas
entre eux, navires sans mâts
Qui vers l’inconnu font voile

 

Jacques Réda, La Physique amusante, Gallimard, 2009

05/11/2012

De l’influence de la pleine lune sur les accouchements

L’autre jour en sortant du café philo de Cucuron, nous sommes allés terminer la soirée au resto.

Je ne me souviens plus pourquoi, mais la conversation est partie sur la divination, puis sur l’influence de la pleine lune sur les accouchements ...

 

Et le scénario habituel s’est reproduit : je me suis trouvé désarmé face à des amis que j’estime, mais qui affirmaient de façon véhémente, des faits incontestables pour eux :

-          la capacité d’une femme d’origine hindoue de prédire l’avenir

-          l’influence réelle des astres sur notre vie quotidienne et notamment l’influence de la pleine lune sur le déclenchement des accouchements (« tu ne peux pas le nier, en période de pleine lune,  les maternités sont pleines ! »)

 

Le scénario habituel, disais-je, s’est reproduit. Il s’est déjà déroulé de nombreuses fois, à propos de sujets aussi divers que les sourciers, les ovnis, les devins, les magnétiseurs, les marabouts, l’homéopathie et autres médecines parallèles.

 

 

Croyant et incroyant

Ce scénario fait intervenir deux personnages, le croyant et l’incroyant et  se déroule à peu près de la façon suivante :

Le croyant : « j’ai été le témoin d’une expérience incroyable, je n’y croyais d’ailleurs pas au début, mais j’ai été obligé d’admettre la réalité. Et d’ailleurs tout le monde reconnaît que c’est vrai, et même de grands scientifiques ... »

L’incroyant : « Tout cela est du domaine de l’irrationnel, du non rationnel. Il n’y a aucune preuve que cela marche ou que cela soit vrai. Ce sont des croyances populaires .Tout cela n’a aucune base scientifique. Et d’ailleurs regarde sur Internet, toutes les expériences en « double aveugle » ont montré que[1] ...  Je n’y crois pas et je crois même que c’est faux. »

En général, chacun reste sur sa position et la conversation devient un peu tendue, voire s’envenime. Cela peut se terminer sur des échanges du type :

« Tu nies l’évidence, la science ne peut tout expliquer. Il y a des phénomènes vrais qu’on ne peut expliquer.  Tu ne croies à rien. C’est du nihilisme »

« Bien sûr que je crois à quelque chose, je crois à la démarche scientifique, je crois à la raison. En l’absence de preuve, la seule position raisonnable est le doute. Croire sans preuve est au mieux de la naïveté, au pire de l’obscurantisme, voire de la superstition. »

 

Pour tenter d’éviter de tomber dans ce piège de la conversation bloquée, n’est-il pas utile d’introduire une réflexion sur ce qu’est la croyance et d’admettre que dans les domaines où l’être humain n’a pas de preuve, il ne peut que s’en remettre à son degré de croyance ?

Dans ces domaines, n’est-il pas préférable de jeter un regard conscient sur l’origine de ses opinions et de s’affirmer comme croyant ou incroyant. Avoir le courage de dire « Je crois .. » ou « je ne crois pas ».

A partir du moment où je dis «  je crois en la divination » ou bien « je ne crois pas en la divination », tout est dit, personne ne peut trouver à y redire, c’est du domaine de l’irrationnel, c’est ma croyance ou mon incroyance personnelle, je n’ai à apporter aucune preuve, mais je n’ai pas non plus à tenter d’imposer ma croyance ou mon incroyance aux autres ...

 

 

Croyance et niveau de preuves

On voit bien, dans cette confrontation, apparaître deux dimensions : d’une part le niveau de croyance, d’autre part le niveau de preuve.

 Mais définissons d ‘abord ces termes :

 La croyance est le fait de tenir quelque chose pour vrai, et ceci indépendamment des preuves éventuelles de son existence, réalité, ou possibilité.

Une preuve est un fait ou un raisonnement propre à établir solidement la vérité.
- Les preuves basées sur la déduction qui ont un caractère absolu ou certain pour autant que l'on respecte leurs  hypothèses de départ.
- Les preuves basées sur l'induction qui ne sont vraies qu'avec une certaine probabilité dont l'estimation dépend des connaissances disponibles

La vérité,  c'est la conformité de l'idée avec son objet, conformité de ce que l'on dit ou pense avec ce qui est réel.

La réalité désigne le caractère de ce qui existe effectivement, par opposition à ce qui est imaginé, rêvé ou fictif.

 

Ainsi on pourra sans doute clarifier les positions en introduisant le schéma suivant :

 

croyance,preuve,vérité,réalité,dénialisme,pseudosciences,vérités révélées,religions,idéologies,négationnisme,créationnisme

 

Vous pouvez cliquer sur le schéma pour l'agrandir

Schéma qu’on peut détailler en tentant de positionner sur ce quadrant les divers courants de la pensée humaine : sciences exactes, sciences expérimentales, sciences humaines, religions, idéologies, pseudosciences,  ...

 

croyance,preuve,vérité,réalité,dénialisme,pseudosciences,vérités révélées,religions,idéologies,négationnisme,créationnisme

 


Vous pouvez cliquer sur le schéma pour l'agrandir

Evidemment, ce classement peut paraître arbitraire. Sans doute, mais se poser la question du placement de tel ou tel courant de pensée dans ces quadrants introduit un débat qui ne manque pas d’intérêt.

 

Quadrant 1 (en haut à droite)

C’est le quadrant de la raison, de la méthode, de la science.

 

Quadrant 2 (en haut à gauche)

Le « dénialisme » - est le domaine du déni du savoir scientifique, de la négation des théories ou des faits établis. C’est le domaine des négationnismes, du refus de la théorie de l’évolution,  des multiples révisionnismes mais aussi de l’Index Librorum Prohibitorum (liste des livres interdits par l’église catholique depuis l’inquisition). C’est aussi celui la censure et des autodafés.

 

Quadrant 3 (en bas à gauche)

C’est le domaine du doute, du scepticisme, de l’agnosticisme et de la pensée critique.

On peut résumer cette position par la maxime : Plutôt douter que de se tromper !

 

Quadrant 4 (en bas à droite)

C’est celui des vérités révélées, des mythes, des croyances intuitives ou  « populaires », c’est aussi le domaine sans fin de la cosmogonie, de la métaphysique et du surnaturel, mais aussi des pseudosciences et des idéologies.

 

Quelques questions et réflexions sur ce schéma :

Science et croyance ne sont-ils pas antinomiques ?

La science vise notamment à produire des connaissances à partir d'une démarche méthodique et détachée des dogmes. Les connaissances scientifiques se différencient donc fondamentalement des croyances par leur mode de production. La science est une production collective bâtie sur l'expérimentation, l'épistémologie, et constitue une unité, grâce à une liaison et à une confrontation permanentes avec la « réalité » empirique. La science se doit de remettre régulièrement en doute son contenu et entretient un réseau cohérent de connaissances, par la publication des travaux de recherche. L'adhésion aux théories scientifiques, par les scientifiques compétents, est basée sur la possession de moyens de vérification et de réfutation fournis par les publications. Il s'agit donc d'un mécanisme totalement différent de celui de l'adhésion aux croyances, dans la mesure où la position, certes idéale, du scientifique, n'est pas de croire en sa théorie mais au contraire de l'admettre en recherchant en permanence ses possibilités de fausseté. 

Cependant, pour le commun des mortels, l’adhésion aux théories et aux faits scientifiques relève bien de la croyance car les preuves sont hors de portée de la plupart. Cette adhésion se fait sur la base d’un consensus qui relève de la croyance. J’accepte la théorie de l’atome parce qu’elle est enseignée dans les programmes scolaires, qu’elle semble admise par tout le monde et que les preuves théoriques et pratiques sont disponibles, même si je ne les consulte pas ou n’ai pas le niveau scientifique pour les comprendre.

En ce qui concerne les scientifiques eux-mêmes, il suffit de les placer devant des négationnistes pour constater qu’ils croient réellement en leur théories et quelquefois jusqu’au bûcher (Giordano Bruno) ...  Galilée, condamné, n’aurait-il pas dit : « Et pourtant, elle tourne ! »

 

Où placer l’athéisme ?

S'il paraît évident que "ne pas croire en Dieu" n'est pas une croyance, le problème peut se poser si l'on reformule la question en "croire que Dieu n'existe pas [...]".

Il est important de noter où on place la négation ... Ce n’est pas la même chose de dire

« Je ne crois pas en l’existence de Dieu »
et
« Je crois que Dieu n’existe pas »

 

Il ne faut pas confondre incroyant et athée ! L’athée est un croyant si il fait de l’affirmation de la non existence de Dieu une cause à défendre.

Mais il s'agirait d'une croyance un peu particulière, la croyance en la non existence de quelque chose ! Or, pour le dictionnaire Larousse "croire", c'est tenir pour certain l'existence de quelqu'un, de quelque chose. Derrière croire, il ne peut y avoir qu'une formulation positive. L'expression "croire en la non existence de quelque chose" n'aurait donc pas de sens, ce serait même absurde. Au mieux, elle serait équivalente à "ne pas croire en Dieu", qui n'est pas une croyance. Etre athée, ne peut donc être, au sens propre, une croyance, ou même une foi. Ce serait une adhésion, une confiance une loyauté envers la non existence de quelque chose.

 

Dénialisme et idéologies

Le dénialisme est la plupart du temps promu par idéologie, par l’impossibilité d’accepter les évidences contraires à ses croyances. 

Le négationnisme de la théorie de l'évolution vient en soutien du créationnisme.

Les révisionnismes ont été produits par les idéologies totalitaires.

L’index a été mis en place pour lutter contre les hérésies et pensées contraires aux dogmes et aux vérités révélées du christianisme.

 

Les axes de pensée complémentaires

Il est intéressant de noter les deux grands axes de pensée complémentaires.

Axe 1-3 :  Le scepticisme est complémentaire de la démarche méthodique. Ne pas affirmer sans preuve conduit à douter en l’absence de preuve.

Axe 2-4 : Au contraire, le dénialisme s’appuie sur la pensée non rationnelle,  sur l’acceptation de vérités révélées et vient en soutien des idéologies, des religions, et des pseudosciences.

 

Les quadrants adjacents  s’opposent :

  • Science <--> Dénialisme
  • Science <--> Vérités révélées ou intuitives
  • Scepticisme <--> Dénialisme
  • Scepticisme <--> Vérités révélées ou intuitives

 

 

Concluons par un exemple : l’âge de la Terre et son mouvement

Hubert Krivine, physicien, ancien enseignant-chercheur au laboratoire de Physique nucléaire et des hautes énergie vient de publier un livre qui illustre bien les propos du présent post :

« La Terre du mythe au savoir »

Extraits de la 4eme de couverture :

 "Cet ouvrage relève de la philosophie des sciences, mais son thème a des résonances actuelles puisqu'il aborde la résurgence des fondamentalismes religieux.

A notre époque, le rejet de la vérité scientifique a deux sources. L'une est la lecture littéraliste des textes sacrés, l'autre est un relativisme en vogue chez certains spécialistes des sciences humaines, pour qui « la science est un mythe au même titre que les autres ».

Le philosophe Jacques Bouveresse résume ainsi le propos de l'ouvrage :

Un des objectifs principaux de ce travail était, par conséquent, de « réhabiliter la notion réputée naïve de vérité scientifique contre l'idée que la science ne serait qu'une opinion socialement construite ». Sur l'exemple qui y est traité avec une maîtrise et une autorité impressionnantes, le lecteur qui aurait pu en douter se convaincra, je l'espère, qu'il peut y avoir et qu'il y a eu réellement, dans certains cas, un passage progressif du mythe au savoir, ou de la croyance mythique à la connaissance scientifique, qui a entraîné l'éviction de la première par la seconde, pour des raisons qui n'ont rien d'arbitraire et ne relèvent pas simplement de la compétition pour le pouvoir et l'influence entre des conceptions qui, intrinsèquement, ne sont ni plus ni moins vraies les unes que les autres.

Hubert Krivine veut donc expliquer sur un exemple précis : la datation de l'origine de la Terre, et la compréhension de son mouvement, comment, à la différence des vérités révélées, s'est construite une vérité scientifique.

Ce livre a comme public privilégié les enseignants du primaire au supérieur, que des pressions venant de divers côtés amènent parfois à douter de la validité et de l'intérêt du savoir qu'ils dispensent. Des notions élémentaires d'astronomie et de physique sont expliquées pour le lecteur sans formation scientifique".

Huber Krivine parle de sa démarche dans l’émission Continent Sciences du 24 octobre 2011 :

http://www.franceculture.fr/emission-continent-sciences-c...

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4331891

 

 



[1] Pour ceux que l’influence de la pleine lune sur les accouchements intéresse particulièrement, cliquer sur le lien suivant : Recherche Google

05/02/2012

Nasa : la bactérie shootée à l'arsenic a du plomb dans l'aile !

Rappelez-vous, le 2 décembre 2010 tombait sur Internet un communiqué de la Nasa :

"Une découverte en astrobiologie qui aura un impact sur la recherche de preuve d'une vie extraterrestre. ne conférence de presse doit suivre."
http://www.nasa.gov/topics/universe/features/astrobiology...

 

La blogosphère s'enflammait, les Ufologues et autres fanas des ovnis exultaient ..., le Nouvel Obs titrait : "La Nasa découvre une nouvelle forme de vie extra-terrestre ".

 

Une certaine Felisa Wolfe-Simon, chercheuse en "astro-biologie", recrutée en 2010 par la NASA et pressée de se faire un nom avait en effet découvert en 2009 une souche de bactérie bizarre dans le lac Mono (Californie), quelle avait prénommée GFAJ. GFAJ, oui bien sûr comme " Get Felisa a Job ".

 

mono_lake01-09.jpg

 

Felisa avait ensuite eu l'idée de shooter cette bactérie à l’arsenic, pour voir comment elle réagissait. Et Felisa prétendait constater que le poison s'intégrait sans dommage au coeur même de la machinerie microbienne, y compris dans l'ADN et dans le carburant cellulaire, l'ATP. D’où le communiqué du 2 décembre 2010.

Après ce premier coup médiatique réussi, Felisa et son équipe réussisaient à faire publier un article dans la revue Science du mois de juin 2011 :

"Science 3 June 2011, Vol. 332 no. 6034 pp. 1163-1166
RESEARCH ARTICLE : A Bacterium That Can Grow by Using Arsenic Instead of Phosphorus

AUTHORS : Felisa Wolfe-Simon, Jodi Switzer Blum, Thomas R. Kulp, Gwyneth W. Gordon, Shelley E. Hoeft,Jennifer Pett-Ridge, John F. Stolz, Samuel M. Webb, Peter K. Weber, Paul C. W. Davies, Ariel D. Anbar, and Ronald S. Oremland

ABSTRACT : Life is mostly composed of the elements carbon, hydrogen, nitrogen, oxygen, sulfur, and phosphorus. Although these six elements make up nucleic acids, proteins, and lipids and thus the bulk of living matter, it is theoretically possible that some other elements in the periodic table could serve the same functions. Here, we describe a bacterium, strain GFAJ-1 of the Halomonadaceae, isolated from Mono Lake, California, that is able to substitute arsenic for phosphorus to sustain its growth. Our data show evidence for arsenate in macromolecules that normally contain phosphate, most notably nucleic acids and proteins. Exchange of one of the major bio-elements may have profound evolutionary and geochemical importance."

 

Où en sommes-nous un peu plus d'un an après ?

Comme pour l'affaire des "neutrinos qui vont plus vite que la lumière", le soufflé est retombé, au point que la quasi totalité de la presse, y compris scientifique n'en fait plus mention. Pourtant, très vite après le communiqué de la NASA, les spécialistes du domaine avaient pointé des insuffisances méthodologiques dans la démonstration de Felisa Wolfe-Simon et de son équipe.

"Rosie Redfield, microbiologiste à l'université de Colombie-Britannique, a vite pris la tête de la contestation. Sur son blog, elle a reproché à Science de n'avoir pas exigé ces vérifications avant de publier des résultats aussi spectaculaires. Comme d'autres sceptiques, elle a adressé à la revue un "commentaire" critique, qui a donné lieu comme il se doit à une réponse de l'équipe de Felisa Wolfe-Simon : celle-ci maintenait ses conclusions initiales.

La suite logique consistait donc à tenter de reproduire ses résultats, de façon indépendante. C'est une démarche en principe classique : elle permet de vérifier que les observations sont solides. Mais ce n'est pas toujours fait, car le temps passé risque de n'être guère productif, en termes de publications : les revues scientifiques veulent de l'inédit, pas la copie conforme de résultats publiés auparavant.

S'il existe une chance que le résultat initial soit invalidé, le risque mérite cependant d'être couru. Rosie Redfield a donc demandé des échantillons de GFAJ à Felisa Wolfe-Simon et s'est lancée dans la réplication de l'expérience. Mais elle l'a fait sous une forme inédite : elle a utilisé son blog pour faire partager au public et à la communauté des microbiologistes toutes les étapes de ce "remake".

Rosie Redfield est en effet une adepte de la "science ouverte", un mouvement qui souhaite, dans la lignée de l'open source en informatique, faire partager au plus grand nombre le processus de la production scientifique. Dans cette mouvance, certains vont jusqu'à mettre en ligne leur cahier de laboratoire, avec toutes les données brutes. Ce n'est pas le cas de Rosie Redfield, mais la lecture de son blog a offert pendant des mois un aperçu fascinant de la science en train de se faire.
http://rrresearch.fieldofscience.com/

Où en est-on ? Les ultimes vérifications menées par un étudiant de Princeton, en collaboration avec la chercheuse canadienne, ne montrent aucune trace d'arsenic dans l'ADN de GFAJ. La messe est-elle dite ? Interrogée par Nature, la rivale de Science, Felisa a répondu qu'elle "ne (comprenait) pas entièrement les résultats et les conditions d'expérience du site Web", et a dit espérer que ceux-ci seront publiés dans une revue à comité de lecture, "car c'est ainsi que la science progresse le mieux". Rosie a donc soumis, le 30 janvier, un manuscrit à Science. Celle-ci relèvera-t-elle le gant ?"

"La bactérie "Give Felisa a Job" sur le gril d'un blog", LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 03.02.12 |  

 

"La critique la plus brillante, extrêmement bien documentée et solide a été de Dr Rosie Redfield, microbiologiste à l’Université de British Columbia. Elle a dressé une longue liste de problèmes dans le papier et l’a qualifié de « beaucoup de charlataneries, mais très peu d’informations fiables ». Parmi les problèmes cités, remarquons  le phosphore présent dans des concentrations très élevées dans le milieu de culture des bactéries ainsi que le manque total de vérification que les bactéries ne l’absorbent pas, et une analyse incorrecte de l’ADN censé être composé d’arsenic.

Le même jour, Alex Bradley, un géochimiste et microbiologiste à l’Université de Harvard,soulevait une autre préoccupation, à savoir l’instabilité dans l’eau des composés contenant de l’arsenic. Il a également mentionné la mauvaise analyse de l’ADN et a rappelé que la spectrométrie de masse aurait dû être utilisée afin de clore le débat étant donné que cette technique est une façon très précise de déterminer quels sont les éléments contenus dans une molécule."

http://owni.fr/2011/01/12/intoxication-mediatique-a-larse...

 

La connaissance : "une croyance vraie justifiée par suffisamment de preuves"

Toute cette affaire pose le problème de la validité et de l'intégrité des publications scientifiques. Comme dans les domaines de la santé ou du climat, les enjeux financiers et le poids des lobbies sont tellement forts qu'ils aboutissent au non respect des principes de l'éthique scientifique en matière de publication.

Ces règles, après un débat approfondi au sein de la communauté scientifique ont fait l'objet d'une publication : La Déclaration de Singapour sur l'Intégrité en recherche

La Déclaration de Singapour résulte des travaux de la seconde conférence mondiale sur l'intégrité en recherche. Cette déclaration, qui énonce 4 principes et 14 responsabilités que les chercheurs du monde entier devraient suivre, concerne particulièrement les institutions de recherche alors que le public attend de plus en plus une conduite responsable des activités de recherche.

 

De Lyssenko à Jacques Benveniste, en passant par Fleischmann et Pons, la liste des promoteurs de pseudo-sciences est trop longue pour rester indifférent.

Il faut saluer les initiatives comme celle d'Alan Sokal en 1997 (Publication avec Jean Bricmont, du livre Impostures intellectuellesOdile Jacob(ISBN 2-253-94276-6)) et l'ouverture de blogs comme celui de Rosie Redfield aujourd'hui.

 

15/10/2011

La pomme, Steve JOBS et Alan TURING

steve jobs,apple,alan turing

La pomme à demi croquée, tout le monde connait, les pubs déjantées d'Apple, ... Symbole de jeunesse, de vitalité, créativité, musique, dance, mais au delà de cette image d'où vient donc cette pomme ? Quel en est le symbole et la signification ?

De quoi la pomme est elle le nom ?

 

 

 

 

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Steve Jobs, bien sûr, qui vient de nous tirer sa révérence, très élégamment, après avoir, le plus tard possible passé les rênes d’Apple. Steve Jobs à l’origine de la création d’Apple avec Steve Woniak et acteur de sa re-création.

  

Apple II, années 1980

J’ai une dette envers Steve Jobs, pour avoir construit aux débuts des années 1980 deux Apple II, dont les plans et le logiciel avaient été piratés ...

L’écran avait 40 colonnes, (j’ai dû acheter fort cher à l’époque une carte 80 colonnes), il y avait 48 K de RAM, pas de disque dur, un seul lecteur de disquette 5’’ ¼ (les grandes disquettes souples) et bien sûr pas de souris. Langage de commande et programmation en basic, Snakebyte, ... Premier programme développé : simulation des probabilté de gagner au Loto ...

Mais ce fut le support de la découverte de « l’informatique » par mes deux fils Thomas et Sébastien, qui sont devenus des cracks de la programmation, exercée sans relâche sur Apple II puis sur Atari et maintenant chez sur Catia (Dassault Systèmes).

 

steve jobs,apple,alan turingAtari ST, fin des années 1980

Mais, bien vite, en 1985, nous avons abandonné l’Apple pour l’Atari, plus ouvert grâce à son interface MIDI et plus orienté vers les jeux. A noter aussi le fameux Basic GFA avec son éditeur intégré et son compilateur ...

 

 

 

 

 

 

Mais j’ai un autre attachement vis à vis de Steve Jobs, c’est mon utilisation quotidienne de la chaîne Podcast/Itunes/Ipod qui me permet de m’abonner et d’écouter en toute tranquillité des Podcast gratuits, nombreux et variés (Ciel et espace, mes émissions préférées de France culture, politique, sciences, philosophie, cinéma, littérature).

Apple II, MacIntosh, puis dans la 2eme période iMac, iPod, iTunes, iPhone, iPad, et encore bien d’autres produits qui ont marqué leur époque ! Le modèle Apple, c’est celui de l’innovation continue dans des produits complets qui arrivent en avance sur tous les concurrents et qui crèe un nouveau marché. C’est aussi la qualité, le design, l’esthétique et une vraie valeur offerte aux utilisateurs.

Mais le prix à payer, c’est celui de la fermeture, de la non compatibilité.

Apple livre le Hardware et l’OS et les applications. Tout cela est très bien intégré, mais ne laisse que peu de place à des partenaires. Il faut « vivre Apple ».

Atari c’était le monde du jeu, de la musique, du graphique, des ados et des crackers, mais des bourses peu solvables qui n’achetaient que le minimum de hard et qui crackait un maximum de logiciel.

Windows et les PCs, c’est un autre modèle, « ouvert à sa manière». ce n'est pas bien sûr Posix ou l'OSF mais un OS portable sur tous les matériels au standard PC. Et un OS ouvert à tous les développeurs d’applications. Bill Gates, un autre génie du marketing, avait compris tout le potentiel stratégique de ce modèle qui fit de lui bientôt l’homme le plus riche du monde.

 

Les déboires de Steve Jobs

Steve Jobs n’était pas un technicien, mais un homme de marketing, comme Bill Gates. Mais il avait aussi le génie de la découverte des innovations capable de trouver un public, voire de créer un public. (Les vrais inventeurs étaient par exemple Steve Wosniak pour l’Apple II, les développeurs de Xerox Park pour Lisa et le macintosh).

Ce modèle a cependant trouvé ses limites au milieu des années 1980, face à une concurrence croissante sur le marché des entreprises, notamment de la part des PCs/Windows, qui en 1986,  représenteront déjà plus de la moitié des ordinateurs personnels vendus dans le monde

Le succès de l’Apple II ne faiblit pas mais cette machine se voit cantonnée au marché des particuliers et de l’éductaion.

Steve Jobs subit un premier échec personnel sur l’Apple III (1980-1984)  pour des raisons de mauvaise conception  technique puis un second avec Lisa (1983-1985), qui apporte pourtant souris et interface graphique mais qui est trop cher. C’est enfin la sortie du Macintosh, mais les ventes tardent à décoller alors que cellse d’Apple II se maintiennent à un niveau élevé.

Confronté à ces difficultés et pour gagner le marché des entreprises, Stece Jobs avait appelé à la rescousse, en 1983, John Sculley, ancien patron de Pepsi-Cola. Comme si les pommes se gérait comme des bulles ... Et ce fût ensuite la triste dégringolade : marginalisation de Steve Jobs causant son départ d’Apple en 1985, ventes en chute libre jusqu’au départ du même John Sculley en 1993.

Steve Jobs, lui, a fondé une nouvelle entreprise NeXt avec l'objectif de concevoir des ordinateurs pour les établissements scolaires et universitaires. Mais les ventes restent confidentielles et la fabrication du matériel est bientôt arrêtée, en 1993. Mais  l’OS NeXTstep et l’environnement Open step intéressent de nombreuses entreprises, Canon, Ross Perrot, mais aussi ... Apple.

 

Steve Jobs, le retour

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NeXT est finalement rachetée en 1996 pour 429 millions de dollars par Apple qui recherchait un nouveau système d’exploitation pour ses ordinateurs Macintosh, marquant le retour de Steve Jobs à la tête d’Apple.

En parallèle avec la création de NeXT, c’est dans un autre domaine, la création de films d’animation que Stev Jobs manifeste son génie de découvreur et d’accoucheur de nouvelles technologies. Il achète en effet Pixar en 1986,en devient le PDG et la repositionne[1] dans l’animation, pour la revendre à Walt Disney en 2006 à Disney avec de substantiels bénéfices.

Redevenu Patron d’Apple (pour un salaire de 1 dollar par an[2]), Steve Jobs y règne sans partage, en autocrate, impose l’équipe de NeXT aux postes clé et redresse rapidement l’entreprise. C’est le retour de l’innovation, le règne des designers, et la renaissance fulgurante d’Apple. Steve Jobs ne se pose plus trop de questions sue le marché qu'il vise : c'est le grand public, ce sont les jeunes, autour de produits qui favorisent le graphique, la facilité d'emploi, l'accès à la musique, au ludique. Le design  est plus que jamais soigné, la commercialisation se fait autour de communautés rassemblées dans les Applestores. Tout été dit sur cette saga et sur le caractère très controversé de Steve Jobs, donc je ne m’y attarderai pas. 

 

 Alan Turing

Mais la pomme ce n’est pas seulement Stev Jobs, c’est aussi Alan Turing.

Qui se souvient encore d'Alain Turing ?

steve jobs,apple,alan turing« Alan Mathison Turing, (23 juin 1912 - 7 juin 1954) est un mathématicien britannique, auteur de l'article fondateur de la science informatique1[3] qui allait donner le coup d'envoi à la création des calculateurs universels programmables (ordinateurs). Il y présente sa machine de Turing et les concepts modernes de programmation et de programme[4].

Il est également à l'origine de la formalisation des concepts d'algorithme et de calculabilité qui ont profondément marqué cette discipline. Son modèle a contribué à établir définitivement la thèse Church-Turing qui donne une définition mathématique au concept intuitif de fonction calculable.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il a dirigé les recherches sur les codes secrets générés par la machine Enigma utilisée par les nazis.

Après la guerre, il a travaillé sur un des tout premiers ordinateurs, puis a contribué de manière provocatrice au débat déjà houleux à cette période sur la capacité des machines à penser en établissant le test de Turing4[5].

Vers la fin de sa vie, il s'est intéressé à des modèles de morphogenèse du vivant conduisant aux « structures de Turing ».

Il a été persécuté pour son homosexualité. Pour éviter la prison, il est condamné à la castration chimique par prise d'œstrogènes, ce qui a pour effet secondaire de développer sa poitrine. Il meurt le 7 juin 1954 d'un empoisonnement au cyanure, un suicide selon l'enquête qui s'ensuivit, quoique sa mère ait défendu la thèse d'un empoisonnement accidentel.

L'homosexualité de Turing lui valut d'être persécuté et brisa sa carrière. En 1952, son compagnon aide un complice à cambrioler la maison de Turing, qui porte plainte auprès de la police. L'enquête de police finit par l'accuser d'« indécence manifeste et de perversion sexuelle » (d'après la loi britannique sur la sodomie). Il décide d'assumer son orientation et ne présente pas de défense, ce qui le fait inculper.

S'ensuit un procès très médiatisé, où lui est donné le choix entre l'incarcération et une castration chimique, réduisant sa libido. Il choisit ce dernier, d'une durée d'un an, avec des effets secondaires comme le grossissement de ses seins. Alors qu'il avait été consacré, en 1951, en devenant membre de la Royal Society, à partir de 1952, il sera écarté des plus grands projets scientifiques.

En 1954, il meurt d'un empoisonnement au cyanure. L'enquête qui s'ensuivit conclut au suicide, même si sa mère tenta d'écarter cette thèse pour soutenir celle de l'accident : elle affirma vigoureusement que l'ingestion du poison était accidentelle en raison de la propension de son fils à entreposer des produits chimiques de laboratoire sans aucune précaution. Il est vrai que le moyen d'ingestion du poison aurait été une pomme partiellement mangée retrouvée près du corps de Turing et qui aurait été imbibée de cyanure (même s'il n'existe pas de certitude à cet égard, la pomme n'ayant pas été analysée). Le biographe de Turing, Andrew Hodges, a émis l'hypothèse que Turing ait pu choisir ce mode d'ingestion précisément pour laisser à sa mère la possibilité de croire à un accident. Nombreux sont ceux qui ont souligné le lien entre sa méthode de suicide et le film Blanche-Neige et les Sept Nains, duquel il avait particulièrement apprécié la scène où la sorcière crée la pomme empoisonnée, au point de régulièrement chantonner les vers prononcés par la sorcière : « Plongeons la pomme dans le chaudron, pour qu'elle s'imprègne de poison »

Selon wikipedia

 

Certaines rumeurs disent qu’Apple aurait choisi son logo en souvenir d’Alan Turing. C’est probablement faux, mais rien ne nous interdit d’y croire pour célébrer la mémoire de cet autre génie, autrement plus humain, que fût Alan Turing.



[1] Pixar était à l’origine un fabricant de matériel informatique haut de gamme « Pixar Image computer », très peu vendu.

[2] Rassurez-vous Steve Jobs n’est pas à la rue : « Depuis 1997, date de son retour à la tête de la marque à la pomme, Steve Jobs se verse à titre de salaire un dollar symbolique. A côté d'autres dirigeants, comme Bill Gates, Steve Jobs fait bonne figure. Le fondateur de Microsoft a touché près d'un million de dollars de rémunération pour l'exercice 2005. Pour autant, Steve Jobs ne travaille pas gratuitement. Sa principale source de revenu provient des 120 000 stock options, attribuées en tant que directeur de la société. Le PDG d'Apple mène également un grand train de vie au frais de la société. Pour l'exercice 2006, il a été remboursé de ses déplacements d'affaires qu'il effectue avec son avion personnel, à hauteur de 202 000 dollars. Sa fortune estimée à 5,7 milliards de dollars d'après le magazine Forbes, ferait de lui le 132ème homme le plus riche au monde. Ce salaire d'un dollar s'apparente donc plus à une opération de communication en faveur d'Apple. » Selon un papier du Figaro du 15 oct 2007

 

[4]John C. Mitchell ,Concepts in programming languages, Cambridge University Press, 2003, p.14 [archive] «The fact that all standard programming languages express precisely the class of partial recursive functions is often summarized by the statement that all programming languages are Turing complete.»

Bruce J.MacLennan, Principles of Programming Languages, Introduction : What is a programming language?, Oxford University Press, 1999. «A programming language is a language that is intended for the expression of computer programs and that is capable of expressing any computer program. This is not a vague notion. There is a precice theorical way of determining whether a computer language can be used to express any program, namely, by showing that is equivalent to a universal Turing machine.»

[5] Ces questions sont discutées dans l'article « philosophie de la technique ».

05/04/2011

Calcul de probabilité d'accident en fonction de risques indépendants


Un enfant de cinq ans comprendrait cela !
Allez donc me chercher un enfant de cinq ans ! 

Groucho Marx

 

 

Problème du conducteur et de l'accident

On suppose connues, et indépendantes, les probabilités d’avoir un accident : 
• Si l’on roule sans permis = p1 
• Si l’on roule sur verglas = p2 
• Si l’on roule ayant trop bu = p3 

Toto, qui n’a pas son permis, ayant bu, emprunte la voiture de Papa un jour de verglas. 

Existe-t-il une formule donnant la probabilité P pour Toto d’avoir un accident en fonction de p1, p2, p3? 

 

Pour effectuer ce calcul, il faut se ramener à une situation de probabilités conditionnelles et indépendantes, ce qui permettra ensuite de multiplier les probabilités.

Ici on va raisonner sur les probabilité de ne pas avoir d'accident.
Proba de 0 accident si l’on roule sans permis : (1- p1)
Proba de 0 accident si l’on roule sur verglas : (1-p2)
P
roba de 0 accident si l’on roule ayant trop bu : (1-p3)

Pour obtenir la probabilité de 0 accident si l’on roule sans permis et sur verglas et ayant trop bu, il faut multiplier les proba liés à la conjonction des 3 situations :

(1-p1)(1-p2)(1-p3)

D'où la probabilité d'avoir au moins un accident en cumulant les 3 conditions :

P= 1-(1-p1)(1-p2)(1-p3)

 

 

 

Problème du nucléaire et de l'accident

Appliquée au calcul de risques d'accident nucléaire, il suffit de remplacer 

- risques si l’on roule sans permis par risques liés à la technique
-risques si l’on roule ayant trop bu par risques liés aux facteurs humains
-risques si l’on roule sur verglas par risques liés au catastrophe naturelles

 

Ce qui donne donc

Si 

·         Ptech = probabilité d’accident d’origine technique sur une année pour un réacteur

·         Phum = probabilité d’accident d’origine humaine sur une année pour un réacteur

·         Pnat = probabilité d’accident d’origine catastrophe naturelle sur une année pour un réacteur

 

Probabilité d'avoir au moins 1 accident sur 1 réacteur sur une période d' 1 an.

R(1,1) = 1 - (1 – Ptech)(1 – Phum)(1 – Pnat)

et

R(n, a) = probabilité d’au moins un accident majeur pour n réacteurs durant a années

R(n, a) = 1 - [(1 – Ptech)(1 – Phum)(1 – Pnat)]na

 

 

 

n = 430 réacteurs

 

a = 10 (on cherche le risque sur 10 ans)

 

Ptech = 5.10-5 
Pour un réacteur nucléaire à eau pressurisée, tels ceux exploités en Europe de l’Ouest, le risque de fusion du cœur est estimé à 5.10-5 par centrale et par an. Cf : wikipedia

 

Phum = 10-4 : 
Il y a eu 1 catastrophe majeure d'origine humaine sur un parc d'environ 500 réacteurs pendant 20 ans (évaluation un peu pifométrique sur la base d’accidents survenus jusqu’ à ce jour), ce qui donne une probabilité de : 1/500x20 = 10-4 accident par an et par réacteur

 

Pnat = 10-4 
Il y a eu 1 catastrophe d'origine naturelle  sur un parc d'environ  500 réacteurs pendant 20 ans (évaluation un peu pifométrique sur la base d’accidents survenus jusqu’ à ce jour), ce qui donne une probabilité de : 1/500x20 = 10-4 accident par an et par réacteur

 

 

 

R(430, 10) = 1 - (1 – 5. 10-5)4300. (1 – 10-4)4300. (1 – 10-4)4300 = 65,9%

 

 

 

Ce qui veut dire qu’il y a 2 « chances » sur 3 qu’il y ait un accident majeur dans les 10 ans qui viennent.

 

Cela fait réfléchir, non ?