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11/01/2013

La fin du monde, croyance ou déraison ?

En introduction au thème de la fin du monde, ce texte de Kant, qui reste d’une actualité étonnante !

 

La fin de toutes choses, Emmanuel KANT, 1794

« Pourquoi les hommes s’attendent-ils au juste, à une fin du Monde ?Et, celle-ci étant admise, pourquoi, précisément, à une fin dans la terreur, pour la plus grande partie de l’humanité ?

La première de ces attente semble s’expliquer par le fait que la raison leur dit que le monde ne mérite de durer, que dans la mesure où les êtres raisonnables qui le peuplent, sont conformes au but final de leur existence.

 

Dès l’instant que ce but risque de ne pas être atteint, la création elle-même leur paraît sans objet, comme une pièce de théâtre dépourvue de tout dénouement et qui ne permet pas de reconnaître une intention rationnelle.

 

La seconde se fonde sur l’idée de la corruption de l’espèce humaine, trop profonde pour laisser place à l’espoir, si bien que la seule mesure digne de la sagesse et de la justice suprême, à l’égard de la plus grande partie de l’humanité, serait d’y mettre fin, et une fin qui fût terrible. C’est pourquoi les signes annonciateurs du dernier jour, …, sont tous du genre terrifiant.

 

Certains les reconnaissent dans le triomphe de l’injustice, dans l’oppression des pauvres, sous la débauche insolente des riches et dans la disparition générale de la loyauté et de la confiance, ou encore dans les guerres sanglantes déchaînées, à tous les coins du monde, et cætera , bref, … dans la dissolution morale et la montée rapide de tous les vices avec leur cortège de calamités, choses inconnues, à ce qui leur semble, des époques précédentes.

 

D’autres les voient dans les changements inhabituels de la nature, comme des tremblements de terre, des tempêtes, des inondations, des comètes et des météores. »

 

 

Le mythe de la fin du Monde

Pour Kant, la notion de fin du monde est inhérente au rapport de l’homme au monde.

Explorer le mythe de la fin du Monde, c’est se questionner sur les grands mystères de la vie, sur le sens de l’Histoire, la direction du temps, le mystère de la mort et les rapports de l’Homme avec Dieu. La fin du monde est annoncée depuis la nuit des temps, c’est l’annonce de la fin du temps.

 

Dans « Monde », il y a les choses et il y a l’Homme. Le monde est plus que la nature, un monde c’est au moins la nature + l’homme.  Le Monde = réel + sens.

 

Crainte et Espoir. Ce mythe est inhérent à l’histoire de l’Humanité. Prévoir le cataclysme final est lié à l’angoisse latente face aux tourments du temps présent. Loin de le craindre, les devins, les voyants, le souhaitent. La fin du Monde est ici envisagée libératrice et salvatrice.

 D’après Michael Foëssel, la fin du monde est la version fantasmatique d’expériences quotidiennes de «pertes en monde». Expérience psychiques ou sociales de « Perte en Monde », moments sensibles où s’impose l’idée que rien n’est possible, que le réel ne répond plus à aucune de nos attentes - et que nous sommes dépossédés du réel. A l’image des troubles de Claire dans le film Melancholia de Lars von Trier.

La fin du Monde est aussi pour certains, liée au Jugement dernier, lequel est le préambule à l’avènement d’un monde meilleur.

Cette fin, pour Kant, n’a de sens que dans le cadre de la morale. Mal, péché, souffrance.

 

Mais aussi l’extinction de l’Humanité présuppose l’existence d’un dieu transcendant au dessus du Monde. Créateur de l’Univers, il en serait aussi le destructeur.

 

L’apocalypse finale est un thème récurrent des religions monothéistes, elle est inextricablement liée au châtiment divin. À chaque fléau ou à chaque guerre, des voix s’élèvent pour dénoncer la folie et le péché des hommes en annonçant que la colère de Dieu va bientôt s’abattre sur le Monde … Il s’agit de démolir un monde impie et souillé par le péché des hommes pour mieux le reconstruire sur des bases plus saines. C’est l’annonce de l’avenue du royaume de Dieu, le devenir de l’Humanité.

 

Mais tous les prophètes ne croient pas en la fin du monde

"Certains faux gourous en répandant ce genre de prophétie cataclysmique ont envie de manipuler les foules en maintenant les gens dans la peur. Le fait que les Mayas aient arrêté leur calendrier au 21 décembre 2012 n’annonce pas l’apocalypse, mais l’entrée dans une nouvelle ère.
Cette nouvelle période est pleine d’espoir. J’espère qu’elle nous permettra d'accéder à des facultés nouvelles, de répondre à des questions que nous nous posons depuis longtemps et à progresser dans nos relations avec les autres. J'encourage chacun à co-créer un monde meilleur où nous pourront marcher main dans la main. Au contraire des faux gourous, je préfère libérer les gens, leur montrer qu'ils peuvent construire ensemble leur vie et leur liberté."

On peut bien sûr considérer au nom de la raison, que ces 2 discours sont exotiques, délirants voire absurdes.

 

Les Croyances sont-elles déraison ?
Analysés du seul point de vue de la rationalité, les croyances sont fondées sur la crédulité et la naïveté, exploitant des facteurs psychologiques reposant sur l’affectif, le désir, la peur, et non sur la raison. Elle peuvent conduire à la superstition et au fanatisme qu’il soit politique, moral ou religieux.

Selon cette approche, les opinions et croyances populaires, voire même les religions seraient la marque de l’archaïque, de l’ancestral et qu’après le siècle des lumières,  l’heure serait venue de la raison et des sciences.

« La religion serait l’opium du peuple » et ce serait l’homme qui aurait créé Dieu et non l’inverse.

 

 Ecoutons Gustave Lebon (anthropologue, sociologie du début du 20e) dans , « Les Opinions et les Croyances »

« Les lois régissant la psychologie de la croyance ne s'appliquent pas seulement aux grandes convictions fondamentales laissant une marque indélébile sur la trame de l'histoire. Elles sont applicables aussi à la plupart de nos opinions journalières sur les êtres et les choses qui nous entourent.

L'observation montre facilement que la majorité de ces opinions n'ont pas pour soutien des éléments rationnels, mais des éléments affectifs ou mystiques, généralement d'origine inconsciente.»

 

 Nietzsche : Le Gai savoir, III, 108

« Après que Bouddha fut mort, on montra encore des siècles durant son ombre dans une caverne - ombre formidable et effrayante. Dieu est mort : mais telle est la nature des hommes que des millénaires durant peut-être, il y aura des cavernes où l’on montrera encore son ombre. Et quant à nous - il nous faut vaincre son ombre aussi ! »

Son Ombre, ce sont les raisons de croire …

 

Gustave Lebon , « Les Opinions et les Croyances »

« Ce serait donc une erreur de croire qu'on sort du champ de la croyance en renonçant à des convictions ancestrales. »

« Sans doute, la foi en un dogme quelconque n'est généralement qu'une illusion. Il ne faut pas la dédaigner pourtant. Grâce à sa magique puissance, l'irréel devient plus fort que le réel. Une croyance acceptée donne à un peuple une communauté de pensée génératrice de son unité et de sa force. »

 

Parlons donc des croyances, au pluriel d’abord
Vu de l’extérieur ce sont des « croyances populaires, ancestrales » avec un jugement péjoratif.

Mais vu par le croyant, c’est la réalité même.

 

Le sens premier du mot lui est donc conféré par le jugement condescendant de la raison critique ou du point de vue descriptif, de l’ethnologie. Les croyances sont des représentations qui habitent l’imaginaire individuel et collectif. Leur rôle social est réel : elles scellent le lien communautaire, elles organisent les rites, rythment le temps, structurent l’espace. Mais  leur visée cognitive est quasi-nulle ; elles apparaissent le plus souvent exotiques, voire absurdes à ceux qui les examinent hors contexte

 

Si l’on veut sauver les croyances du point de vue rationnel, il est possible de leur attribuer une fonction herméneutique : elles permettent de donner un sens au donné.

 Toutefois, même sous l’angle de l’interprétation, les croyances ont un caractère primitif ou archaïque : pour donner sens à un donné quelconque, il n’est pas nécessaire de croire au principe par lequel le sens advient. Le mythe, par exemple, qui joue ce rôle herméneutique, peut parfaitement ordonner, par la narration, le fait brut sans qu’il soit nécessaire de croire à la réalité de ce qu’il raconte.

 En résumé, les croyances, c’est ce qui permet de donner un sens à notre présence dans ce monde, qui sans elles, serait incompréhensible, voire insupportable.

 

 Au singulier, la croyance : le « Tenir pour vrai »

1 : le tenir- pour-vrai. C’est ce qui constitue le noyau de la croyance. Croire, c’est toujours pour l’esprit donner son adhésion, accorder sa confiance à une proposition ou à un énoncé qui revêt pour lui valeur de vérité.

 2 : le tenir pour vrai sans raisons contraignantes. L’absence de preuves constitue un critère de différenciation capital permettant de distinguer la croyance d’autres attitudes mentales.  Voilà pourquoi la croyance a quelque chose d’incantatoire.

 3 : L’acte mental que constitue la croyance est indissociable d’un acte de langage. Il est lié à une certaine forme de représentation du monde partagée entre les sujets qui partagent la même croyance. Il se structure comme un  langage, comme une représentation du monde.

 

Croyance – Vérité

Difficile de définir la vérité !

« Ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle. La vérité ne se possède pas, elle se cherche. »

Albert Jacquard

 

Vérité

Est vrai ce qui est conforme à la réalité = Théorie de la vérité-correspondance.

La vérité,  c'est la conformité de l'idée avec son objet, conformité de ce que l'on dit ou pense avec ce qui est réel.  L’autorité est la nature.

 

Est vrai ce qui est la conclusion d'une inférence valide = Théorie de la vérité-cohérence

Critère de la vérité = la non contradiction (vérité formelle). L’autorité est la logique.

 

Est vrai ce qui est efficace = Théorie pragmatiste de la vérité. Une théorie est vraie si elle est féconde sur le plan pratique. L’autorité est la pratique.

 

 Est vrai ce que tout le monde croit = Théorie conformiste de la vérité

Critère de vérité = unanimité ou majorité. L’autorité est la société humaine.

 

 Croyance- Raison

Faut-il oppose croyance et connaissance ?

La Connaissance est une croyance, réfutable mais non réfutée, justifiée par suffisamment de preuves.

 

On aurait une croyance rationnelle (la connaissance) et une croyance non rationnelle (Le tenir pour vrai)

 

Gustave Lebon , « Les Opinions et les Croyances »

« Dégagée de plus en plus de la croyance, la science en demeure cependant très imprégnée encore. Elle lui est soumise dans tous les sujets mal connus, les mystères de la vie ou de l'origine des espèces par exemple. Les théories qu'on y accepte sont de simples articles de foi, n'ayant pour eux que l'autorité des maîtres qui les formulèrent. »

 

La croyance rationnelle s’adresse aux objets. Le savoir, les sciences impliquent une croyance en l’intelligence de l’homme en vue d’une action sur les objets.


La croyance non rationnelle, le tenir pour vrai, implique une croyance de type spirituelle, (Croyance dans les Esprits, croyance en Dieu, croyance dans les Idées et les Mythes), en vue d’une action sur les sujets.

 

 

Croyance – Désir

Désir : de la passion à l’idéal en passant par l’intérêt, la croyance est toujours liée à la tension vers un manque : elle est un moyen essentiel de satisfaction ; elle est ce par quoi la vie s’éprouve et se donne les moyens de surmonter ce qui s’oppose à elle.

 

Le « tenir pour vrai » est donc pris dans le jeu du désir  : il est suscité par le désir ; il est capable de le susciter en retour. Il est inscrit aussi dans les méandres de la crainte : produit par l’ignorance des causes, il substitue l’effroi à la raison.

 

Croyance –Action

Les degrés de la croyance concernent aussi bien son aspect subjectif que son aspect objectif. L’aspect subjectif concerne les degrés d’engagement du sujet dans sa croyance, de même que les degrés de certitude de la conscience. L’aspect objectif concerne le degré de réalité s’attachant à l’objet de la croyance,

 

D’une certaine manière, la croyance est la vie en acte. Il faut agir, et pour cela il faut croire, faire confiance.

« On ne peut croire en soi que si on croit en l’homme » écrit Alain. Sartre lui-même, qui critique pourtant avec sévérité l’humanisme classique, revendiquera fermement dans sa conférence L’existentialisme est un humanisme une telle croyance en l’homme,


Conclusion

L’homme ne peut se passe de Croyance, du « Tenir pour vrai ».

C’est sur la Croyance que se construisent le sens et le ciment des sociétés humaines.

 

Mais les croyances du 21eme siècle ne peuvent être celles du passé. L’Humanité a vécu 4 ruptures (Copernic, Darwin, Freud, Physique quantique) qui ont profondément changé sa représentation du monde. Sa Croyance, ses croyances doivent se renouveler.

 

Gustave Lebon , « Les Opinions et les Croyances »

« Les seules vraies révolutions sont celles qui renouvellent les croyances fondamentales d'un peuple. Elles ont toujours été fort rares. Seul, ordinairement, le nom des convictions se transforme. La foi change d'objet, mais ne meurt jamais. 

Elle ne pourrait mourir, car le besoin de croire constitue un élément psychologique aussi irréductible que le plaisir ou la douleur. L'âme humaine a horreur du doute et de l’incertitude. L'homme traverse parfois des phases de scepticisme, mais n'y séjourne jamais. Il a besoin d'être guidé par un credo religieux, politique ou moral qui le domine et lui évite l'effort de penser. Les dogmes détruits sont toujours remplacés. Sur ces nécessités indestructibles, la raison est sans prise.»

Mais afin d’éviter de retomber dans l’esclavage des dogmes et dans l'illusion de l'ésotérisme, ce renouvellement du sens par les croyances ne doit-il pas se faire que sous l’œil critique de la raison, sous la critique de la philosophie ?

 

05/11/2012

De l’influence de la pleine lune sur les accouchements

L’autre jour en sortant du café philo de Cucuron, nous sommes allés terminer la soirée au resto.

Je ne me souviens plus pourquoi, mais la conversation est partie sur la divination, puis sur l’influence de la pleine lune sur les accouchements ...

 

Et le scénario habituel s’est reproduit : je me suis trouvé désarmé face à des amis que j’estime, mais qui affirmaient de façon véhémente, des faits incontestables pour eux :

-          la capacité d’une femme d’origine hindoue de prédire l’avenir

-          l’influence réelle des astres sur notre vie quotidienne et notamment l’influence de la pleine lune sur le déclenchement des accouchements (« tu ne peux pas le nier, en période de pleine lune,  les maternités sont pleines ! »)

 

Le scénario habituel, disais-je, s’est reproduit. Il s’est déjà déroulé de nombreuses fois, à propos de sujets aussi divers que les sourciers, les ovnis, les devins, les magnétiseurs, les marabouts, l’homéopathie et autres médecines parallèles.

 

 

Croyant et incroyant

Ce scénario fait intervenir deux personnages, le croyant et l’incroyant et  se déroule à peu près de la façon suivante :

Le croyant : « j’ai été le témoin d’une expérience incroyable, je n’y croyais d’ailleurs pas au début, mais j’ai été obligé d’admettre la réalité. Et d’ailleurs tout le monde reconnaît que c’est vrai, et même de grands scientifiques ... »

L’incroyant : « Tout cela est du domaine de l’irrationnel, du non rationnel. Il n’y a aucune preuve que cela marche ou que cela soit vrai. Ce sont des croyances populaires .Tout cela n’a aucune base scientifique. Et d’ailleurs regarde sur Internet, toutes les expériences en « double aveugle » ont montré que[1] ...  Je n’y crois pas et je crois même que c’est faux. »

En général, chacun reste sur sa position et la conversation devient un peu tendue, voire s’envenime. Cela peut se terminer sur des échanges du type :

« Tu nies l’évidence, la science ne peut tout expliquer. Il y a des phénomènes vrais qu’on ne peut expliquer.  Tu ne croies à rien. C’est du nihilisme »

« Bien sûr que je crois à quelque chose, je crois à la démarche scientifique, je crois à la raison. En l’absence de preuve, la seule position raisonnable est le doute. Croire sans preuve est au mieux de la naïveté, au pire de l’obscurantisme, voire de la superstition. »

 

Pour tenter d’éviter de tomber dans ce piège de la conversation bloquée, n’est-il pas utile d’introduire une réflexion sur ce qu’est la croyance et d’admettre que dans les domaines où l’être humain n’a pas de preuve, il ne peut que s’en remettre à son degré de croyance ?

Dans ces domaines, n’est-il pas préférable de jeter un regard conscient sur l’origine de ses opinions et de s’affirmer comme croyant ou incroyant. Avoir le courage de dire « Je crois .. » ou « je ne crois pas ».

A partir du moment où je dis «  je crois en la divination » ou bien « je ne crois pas en la divination », tout est dit, personne ne peut trouver à y redire, c’est du domaine de l’irrationnel, c’est ma croyance ou mon incroyance personnelle, je n’ai à apporter aucune preuve, mais je n’ai pas non plus à tenter d’imposer ma croyance ou mon incroyance aux autres ...

 

 

Croyance et niveau de preuves

On voit bien, dans cette confrontation, apparaître deux dimensions : d’une part le niveau de croyance, d’autre part le niveau de preuve.

 Mais définissons d ‘abord ces termes :

 La croyance est le fait de tenir quelque chose pour vrai, et ceci indépendamment des preuves éventuelles de son existence, réalité, ou possibilité.

Une preuve est un fait ou un raisonnement propre à établir solidement la vérité.
- Les preuves basées sur la déduction qui ont un caractère absolu ou certain pour autant que l'on respecte leurs  hypothèses de départ.
- Les preuves basées sur l'induction qui ne sont vraies qu'avec une certaine probabilité dont l'estimation dépend des connaissances disponibles

La vérité,  c'est la conformité de l'idée avec son objet, conformité de ce que l'on dit ou pense avec ce qui est réel.

La réalité désigne le caractère de ce qui existe effectivement, par opposition à ce qui est imaginé, rêvé ou fictif.

 

Ainsi on pourra sans doute clarifier les positions en introduisant le schéma suivant :

 

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Vous pouvez cliquer sur le schéma pour l'agrandir

Schéma qu’on peut détailler en tentant de positionner sur ce quadrant les divers courants de la pensée humaine : sciences exactes, sciences expérimentales, sciences humaines, religions, idéologies, pseudosciences,  ...

 

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Vous pouvez cliquer sur le schéma pour l'agrandir

Evidemment, ce classement peut paraître arbitraire. Sans doute, mais se poser la question du placement de tel ou tel courant de pensée dans ces quadrants introduit un débat qui ne manque pas d’intérêt.

 

Quadrant 1 (en haut à droite)

C’est le quadrant de la raison, de la méthode, de la science.

 

Quadrant 2 (en haut à gauche)

Le « dénialisme » - est le domaine du déni du savoir scientifique, de la négation des théories ou des faits établis. C’est le domaine des négationnismes, du refus de la théorie de l’évolution,  des multiples révisionnismes mais aussi de l’Index Librorum Prohibitorum (liste des livres interdits par l’église catholique depuis l’inquisition). C’est aussi celui la censure et des autodafés.

 

Quadrant 3 (en bas à gauche)

C’est le domaine du doute, du scepticisme, de l’agnosticisme et de la pensée critique.

On peut résumer cette position par la maxime : Plutôt douter que de se tromper !

 

Quadrant 4 (en bas à droite)

C’est celui des vérités révélées, des mythes, des croyances intuitives ou  « populaires », c’est aussi le domaine sans fin de la cosmogonie, de la métaphysique et du surnaturel, mais aussi des pseudosciences et des idéologies.

 

Quelques questions et réflexions sur ce schéma :

Science et croyance ne sont-ils pas antinomiques ?

La science vise notamment à produire des connaissances à partir d'une démarche méthodique et détachée des dogmes. Les connaissances scientifiques se différencient donc fondamentalement des croyances par leur mode de production. La science est une production collective bâtie sur l'expérimentation, l'épistémologie, et constitue une unité, grâce à une liaison et à une confrontation permanentes avec la « réalité » empirique. La science se doit de remettre régulièrement en doute son contenu et entretient un réseau cohérent de connaissances, par la publication des travaux de recherche. L'adhésion aux théories scientifiques, par les scientifiques compétents, est basée sur la possession de moyens de vérification et de réfutation fournis par les publications. Il s'agit donc d'un mécanisme totalement différent de celui de l'adhésion aux croyances, dans la mesure où la position, certes idéale, du scientifique, n'est pas de croire en sa théorie mais au contraire de l'admettre en recherchant en permanence ses possibilités de fausseté. 

Cependant, pour le commun des mortels, l’adhésion aux théories et aux faits scientifiques relève bien de la croyance car les preuves sont hors de portée de la plupart. Cette adhésion se fait sur la base d’un consensus qui relève de la croyance. J’accepte la théorie de l’atome parce qu’elle est enseignée dans les programmes scolaires, qu’elle semble admise par tout le monde et que les preuves théoriques et pratiques sont disponibles, même si je ne les consulte pas ou n’ai pas le niveau scientifique pour les comprendre.

En ce qui concerne les scientifiques eux-mêmes, il suffit de les placer devant des négationnistes pour constater qu’ils croient réellement en leur théories et quelquefois jusqu’au bûcher (Giordano Bruno) ...  Galilée, condamné, n’aurait-il pas dit : « Et pourtant, elle tourne ! »

 

Où placer l’athéisme ?

S'il paraît évident que "ne pas croire en Dieu" n'est pas une croyance, le problème peut se poser si l'on reformule la question en "croire que Dieu n'existe pas [...]".

Il est important de noter où on place la négation ... Ce n’est pas la même chose de dire

« Je ne crois pas en l’existence de Dieu »
et
« Je crois que Dieu n’existe pas »

 

Il ne faut pas confondre incroyant et athée ! L’athée est un croyant si il fait de l’affirmation de la non existence de Dieu une cause à défendre.

Mais il s'agirait d'une croyance un peu particulière, la croyance en la non existence de quelque chose ! Or, pour le dictionnaire Larousse "croire", c'est tenir pour certain l'existence de quelqu'un, de quelque chose. Derrière croire, il ne peut y avoir qu'une formulation positive. L'expression "croire en la non existence de quelque chose" n'aurait donc pas de sens, ce serait même absurde. Au mieux, elle serait équivalente à "ne pas croire en Dieu", qui n'est pas une croyance. Etre athée, ne peut donc être, au sens propre, une croyance, ou même une foi. Ce serait une adhésion, une confiance une loyauté envers la non existence de quelque chose.

 

Dénialisme et idéologies

Le dénialisme est la plupart du temps promu par idéologie, par l’impossibilité d’accepter les évidences contraires à ses croyances. 

Le négationnisme de la théorie de l'évolution vient en soutien du créationnisme.

Les révisionnismes ont été produits par les idéologies totalitaires.

L’index a été mis en place pour lutter contre les hérésies et pensées contraires aux dogmes et aux vérités révélées du christianisme.

 

Les axes de pensée complémentaires

Il est intéressant de noter les deux grands axes de pensée complémentaires.

Axe 1-3 :  Le scepticisme est complémentaire de la démarche méthodique. Ne pas affirmer sans preuve conduit à douter en l’absence de preuve.

Axe 2-4 : Au contraire, le dénialisme s’appuie sur la pensée non rationnelle,  sur l’acceptation de vérités révélées et vient en soutien des idéologies, des religions, et des pseudosciences.

 

Les quadrants adjacents  s’opposent :

  • Science <--> Dénialisme
  • Science <--> Vérités révélées ou intuitives
  • Scepticisme <--> Dénialisme
  • Scepticisme <--> Vérités révélées ou intuitives

 

 

Concluons par un exemple : l’âge de la Terre et son mouvement

Hubert Krivine, physicien, ancien enseignant-chercheur au laboratoire de Physique nucléaire et des hautes énergie vient de publier un livre qui illustre bien les propos du présent post :

« La Terre du mythe au savoir »

Extraits de la 4eme de couverture :

 "Cet ouvrage relève de la philosophie des sciences, mais son thème a des résonances actuelles puisqu'il aborde la résurgence des fondamentalismes religieux.

A notre époque, le rejet de la vérité scientifique a deux sources. L'une est la lecture littéraliste des textes sacrés, l'autre est un relativisme en vogue chez certains spécialistes des sciences humaines, pour qui « la science est un mythe au même titre que les autres ».

Le philosophe Jacques Bouveresse résume ainsi le propos de l'ouvrage :

Un des objectifs principaux de ce travail était, par conséquent, de « réhabiliter la notion réputée naïve de vérité scientifique contre l'idée que la science ne serait qu'une opinion socialement construite ». Sur l'exemple qui y est traité avec une maîtrise et une autorité impressionnantes, le lecteur qui aurait pu en douter se convaincra, je l'espère, qu'il peut y avoir et qu'il y a eu réellement, dans certains cas, un passage progressif du mythe au savoir, ou de la croyance mythique à la connaissance scientifique, qui a entraîné l'éviction de la première par la seconde, pour des raisons qui n'ont rien d'arbitraire et ne relèvent pas simplement de la compétition pour le pouvoir et l'influence entre des conceptions qui, intrinsèquement, ne sont ni plus ni moins vraies les unes que les autres.

Hubert Krivine veut donc expliquer sur un exemple précis : la datation de l'origine de la Terre, et la compréhension de son mouvement, comment, à la différence des vérités révélées, s'est construite une vérité scientifique.

Ce livre a comme public privilégié les enseignants du primaire au supérieur, que des pressions venant de divers côtés amènent parfois à douter de la validité et de l'intérêt du savoir qu'ils dispensent. Des notions élémentaires d'astronomie et de physique sont expliquées pour le lecteur sans formation scientifique".

Huber Krivine parle de sa démarche dans l’émission Continent Sciences du 24 octobre 2011 :

http://www.franceculture.fr/emission-continent-sciences-c...

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4331891

 

 



[1] Pour ceux que l’influence de la pleine lune sur les accouchements intéresse particulièrement, cliquer sur le lien suivant : Recherche Google

Science et réalité : sortir de la caverne

« L'allégorie de la caverne est une allégorie renommée, exposée par Platon dans le Livre VII de La République. Elle met en scène des hommes enchaînés et immobilisés dans une demeure souterraine qui tournent le dos à l'entrée et ne voient que leurs ombres et celles projetées d'objets au loin derrière eux. Elle expose en termes imagés l'accession des hommes à la connaissance de la réalité, ainsi que la non moins difficile transmission de cette connaissance. »

Source : Article Allégorie de la caverne de Wikipédia en français (auteurs)

 


Connaissance et réalité

Comme on l’a vu dans un post précédent « Science et réalité : objet et sujet », la réalité est une catégorie ontologique, qui concerne l'être. Le premier débat sur la réalité a  donc  porté sur l’existence des objets de cette réalité et des sujets qui les observent, ainsi que sur  la nature des relations entre ces objets et ces sujets.

 

C’est l’Ontologie qui permet de traiter la question de l’existence des objets du réel.
La Métaphysique traite des causes premières et de « l’être en tant qu’être ».
La Cosmologie traite, quant à elle, de la question : « Qu’est-ce que le monde, d’où vient-il ? »

 

Dans ce présent post, nous allons nous intéresser à la question de la connaissance et des sciences.

 L’ Epistémologie traite de la question : « Que pouvons-nous connaître ? par quels moyens ? ». La Philosophie et la Science permettent, quant à elles,  d’aborder la question de l’organisation des connaissances.

 La Philosophie permet d’organiser les concepts, elle n’a pas d’objet privilégié, pas de conclusion définitive. La Philosophie travaille sur les Concepts, qui sont des classes, ou abstraction d’objets, définis par extension ou par compréhension. Aborder un problème philosophique est une activité réflexive et critique, avec une multiplicité de réponses, et qui comprend une composante historique -un problème philosophique n’échappe pas à son passé -

 Les Sciences ont pour but d’expliquer les faits, les relations entre les objets, avec des champs bien définis. Un problème scientifique n’admet qu’une seule réponse, une seule solution , qui, une fois démontrée, est considérée comme acquise. Acquise au moins jusqu’à ce qu’elle soit réfutée.

  

 

1.     Qu’est-ce que la connaissance ?

Vieille question puisque Platon y avait déjà répondu dans le Théétète, où  la connaissance est définie comme une "Opinion droite pourvue de raison", c’est-à-dire si on utilise le langage d’aujourd’hui une

« Croyance vraie justifiée ».

« Justified True Belief » JLT, comme disent les anglophones, cette théorie a fait couler beaucoup d’encre. En effet elle repose sur les concepts de Croyance, de Vérité et de Justification qu’il s’agit d’expliciter.

 

 

2.     Croyance

« Croyance vraie justifiée »

 

Analysons donc le premier terme de l’expression.

La croyance est le fait de tenir quelque chose pour vrai, et ceci indépendamment des preuves éventuelles de son existence, réalité, ou possibilité.

La croyance, la Doxa pour les grecs, c’est toutes les opinions ce que nous avons dans la tête, c’est notre vue sur le monde, c’est la représentation que nous avons du monde. Mais qu’est-ce que « le monde » ? Sur quoi porte la croyance ? La croyance est-elle objective ou bien subjective ?

Le monde, d’après le Tractatus logico-philosophicus de Ludwig Wittgenstein, n’est pas constitué d’objets, mais de faits, c’est à dire de relations entre objets.

 Est objectif ce qui se rapporte à l'objet de la connaissance. Un jugement est objectif s'il est conforme à son objet. (Accord de la pensée avec le réel).
Est objectif ce qui ne dépend pas de moi et est valable pour tous.  Un jugement est objectif s'il est universel. (Accord des esprits entre eux)

Est subjectif ce qui se rapporte au sujet de la connaissance. Un jugement est subjectif s'il appartient à la conscience.
Est subjectif ce qui dépend de moi ou d'un point de vue particulier.  Un jugement est subjectif s'il reflète les passions, les préjugés et les choix personnels d'un sujet. Synonyme de partialité. »

En ce sens, on peut dire que la croyance est largement subjective, car elle est profondément personnelle. Elle dépend plus de celui qui croit, que de l’objet de la croyance. Elle est du domaine de l’intuition, elle n’est pas le résultat d’un accord de la pensée avec le réel ou bien d’un accord des esprits entre eux.

 

 

3.     Croyance, connaissance et science

La croyance est une simple opinion, la doxa. La connaissance est un savoir vrai.

C'est le point de vue de Platon et Aristote par exemple. Chez Descartes, la croyance est un assentiment envers une proposition plus ou moins fondée en raison, alors que la connaissance est une représentation indubitable (dont on ne peut douter). Ils s'opposent. Mais avec Hume, la situation est inversée. La connaissance n'est plus qu'une sorte particulière de croyance: croyance dans les vérités mathématiques ou dans les vérités de l'expérience.

À côté de ces formes de croyances rationnellement justifiées, on trouve aussi les propositions du sens commun, qui, sans être pleinement justifiées, ont pour elles le sens pratique et les succès de l'action. Puis toutes ces autres croyances douteuses, comme les propositions métaphysiques ou religieuses. La croyance devient affaire d'habitudes et de traditions culturelles. La croyance se différencie donc par degrés de certitude, alors que le doute est toujours présent. Il réhabilite donc une forme modérée de scepticisme.

Kant pour sa part distingue la simple croyance de la conviction: la simple croyance est subjective (je crois qu'un jugement est vrai), alors que la conviction est objective. Plus précisément, Kant distingue trois degrés de la croyance:

1.  l'opinion est une croyance insuffisante

2.  la foi est une croyance satisfaite d'elle-même, mais objectivement insuffisante

3.  la science est une croyance vraie. La science comporte deux aspects: la conviction (pour l'individu) et la certitude (pour tous). Mais loin de régler le problème, ces distinctions introduisent une autre difficulté: celle de savoir quand je peux être justifié d'avoir la conviction. Par exemple, dans le domaine de la morale, Kant n'ira pas plus loin que la foi rationnellement justifiée. Pour la raison pure, il établira des limites au delà desquelles elle ne saurait être tout à fait crédible. À l'inverse, il réaffirmera les privilèges critiques de la raison contre la foi.

 

 

4.     Vérité

« Croyance vraie justifiée »

Analysons donc le deuxième terme de l’expression.

Vraie renvoie à vérité ; qu’est-ce donc que la vérité ? Il existe de nombreuses théories de la vérité :

La vérité est une catégorie logique et gnoséologique (qui concerne le langage et la connaissance). Les choses sont réelles ou non; ce que l'on en dit est vrai ou faux.

Le lien entre la réalité et la vérité est que ce que l’on dit de la réalité est vrai ou faux en fonction de ce qui existe ou n’existe pas. Autrement dit, la réalité est un critère de vérité. On tiendra pour vraie la pensée ou la proposition dans laquelle les choses et leurs relations sont représentées telles qu'elles sont dans la réalité.


Est vrai ce qui est conforme à la réalité = Théorie de la vérité-correspondance.

La vérité,  c'est la conformité de l'idée avec son objet, conformité de ce que l'on dit ou pense avec ce qui est réel. Ce critère est important pour les sciences expérimentales (physique, chimie, biologie...).

D'où la définition de Saint Thomas d'Aquin: "veritas est adæquatio intellectus et rei", la vérité est l'adéquation de la pensée et des choses . C'est ce que l'on appelle la théorie de la vérité-correspondance.

Mais que faut-il entendre par "correspondance"?  Une proposition qui représente la réalité doit, pour être vraie, en être la représentation fidèle. Mais comment en juger? La réalité ne nous étant accessible que par l'intermédiaire des représentations que nous nous en faisons, pouvons-nous comparer nos représentations à autre chose que d'autres représentations?

 

Est vrai ce qui est la conclusion d'une inférence valide = Théorie de la vérité-cohérence

Critère de la vérité = la non contradiction (vérité formelle). Cette conception de la vérité réduit la vérité d’une proposition à la validité du raisonnement qui y conduit. C’est le critère des sciences formelles (logique, mathématiques). Mais cela peut conduire à des fictions.

 

Est vrai ce qui est efficace = Théorie pragmatiste de la vérité. Une théorie est vraie si elle est féconde sur le plan pratique. Ainsi, la preuve que la physique quantique est exacte, c'est que l'on a pu construire des lasers ou des ordinateurs, même si les lois de la physique quantique nous paraissent étranges (paradoxe du chat de Schrödinger).

 

 Est vrai ce qui est évident = Théorie rationaliste de la vérité

Critère de vérité = évidence intellectuelle, c’est le critère de Descartes : le "bon sens" ou Raison reconnaît immédiatement la vérité des idées claires et distinctes.

 

 Est vrai ce que tout le monde croit = Théorie conformiste de la vérité

Critère de vérité = unanimité ou majorité

Le réalisme critique considère que la réalité n'est pas donnée: vérité et réalité se construisent dialectiquement. Mais alors, ce qui est tenu pour réel à un moment donné du temps dépend en partie des croyances collectives du moment:

 


5.     Croyance justifiée : le problème de la preuve

« Croyance vraie justifiée »

Comment justifier une croyance ? Par des preuves, par suffisamment de preuves. Une preuve est un fait ou un raisonnement propre à établir solidement la vraisemblance, ou si possible la vérité d’une proposition
- Les preuves basées sur la déduction ont un caractère absolu ou certain pour autant que l'on respecte leurs hypothèses de départ.
- Les preuves basées sur l'induction ne sont vraies qu'avec une certaine probabilité dont l'estimation dépend des connaissances disponibles.

 

Le problème de l’induction

La démarche méthodique d’un raisonnement inductif est la suivante :

1-Point de départ : collection, par l’observation, de tous les faits
2-ensuite, généralisation des faits observés, obtenue par induction

Exemple : On chauffe à de multiples reprises du métal, et on constate qu’à chaque fois, il se dilate ; on en conclut que le métal chauffé se dilate.


Le passage des prémisses à la conclusion est rendu légitime par trois conditions :

1- le nombre de constatations formant la base de la généralisation doit être élevé (les faits doivent être collectés en grand nombre).

2- les observations doivent être répétées dans une grande variété de conditions. Il faut, pour que la généralisation soit légitime, que les conditions de l’observation soient différentes. Il faut chauffer des métaux différents, des barres de fer longues ou courtes, etc., à haute et basse pression, haute et basse température. La généralisation ne sera légitime que si le métal se dilate dans toutes ces conditions

3- aucun énoncé d’observation ne doit entrer en conflit avec la loi universelle qui en est tirée

 

Mais l’induction en tant que méthode de raisonnement pose problème :

La généralisation ne permet pas d’atteindre la certitude : l'observation est toujours insuffisante pour déduire la théorie. La théorie fondée sur la généralisation affirme toujours plus que ce que la simple observation montre. On dit que la théorie est sous-déterminée par l'observation.

Par exemple, nous avons observé que le soleil, jusqu'ici, se lève le matin. Mais rien ne semble justifier notre croyance au fait qu'il se lèvera encore demain. Ce problème avait été jugé insoluble par Hume, pour lequel notre croyance relevait de l'habitude consistant à voir telle cause susciter tel effet, ce qui ne présume pas que ce soit le cas dans la réalité. Cette position non réaliste fut critiquée par Kant et Popper pensant possible d'atteindre une certaine objectivité dans les théories empiriques.

Ces problèmes ont fait le jeu des sceptiques et des relativistes

Les sceptiques, avec David Hume affirment que les inférences inductives sont indispensables, mais injustifiables.

Le scepticisme de Hume repose sur l'idée suivante : puisque
- l'induction est non valide du point de vue rationnel
- et que dans les faits nous fions pour nos actions (et donc pour nos croyances) à l'existence d'une certaine réalité qui n'est pas complètement chaotique, il en découle
- que cette confiance est totalement irrationnelle
- et que donc la nature humaine est par essence irrationnelle.

 

Le relativisme affirme qu’il n’y a pas de vérité, les faits ne sont que le produit de notre langage. « L’avantage de cette nouvelle notion de fait, c’est qu’on n’a jamais tort » : la vérité n’est plus qu’affaire de croyance qui n’a pas à chercher à se confronter au réel.

Le subjectivisme rejoint le relativisme pour affirmer qu’il n'y a pas d'objectivité possible. "A chacun sa vérité". Le subjectivisme débouche sur le relativisme universel de Protagoras:
"L'homme est la mesure de toute chose. Telles les choses m'apparaissent, telles elles sont. Telles les choses t'apparaissent, telles elles sont."

 

Mais alors, comment sauver le rationalisme et les sciences ?

Nombres de philosophes s’y sont essayés :

Dans sa quête de la certitude, Descartes a tenté d’élaborer un modèle mathématique de la connaissance avec une visée rationaliste, fondationaliste, infaillibiliste. Mais l’entreprise s’est soldée par un échec.

D’une part les Sciences formelles, fondées sur l’intuition et la déduction répondent bien aux critères de certitude mais sans rapport au réel. D’autre part, les sciences physiques fondées sur l’expérience, l’induction, l’abduction, l’analogie n’offrent aucun degré de certitude.

Descartes a fini par le reconnaitre. La quête de la certitude, dès lors que l’on veut élaborer une connaissance portant sur le réel semble bien du domaine de l’utopie.


La position de Kant
Hume a eu une grande influence sur Kant et est à l’origine de « sa révolution copernicienne »

Kant pense que les inférences inductives sont indispensables et qu’elles sont justifiables grâce aux structures a priori de la pensée. La solution de l’apriorisme kantien consiste à placer le sujet au centre du processus de connaissance : les structure a priori de son esprit transforment les matériaux empiriques en monde organisé à partir des fameux principes a priori de Kant : ceux-ci correspondent aux principes que l’on retrouve dans la mécanique newtonienne : conservation de la matière, déterminisme physique, etc. … qui deviennent chez Kant les principes de permanence de la substance, de causalité, de simultanéité.

Mais l’évolution de la physique du 20eme siècle, relativisant le cadre de référence newtonien a remis en cause le cadre kantien des structures a priori qui ne peuvent plus être considérées comme un cadre universel de la pensée connaissante.

 

La position probabiliste
Le courant empiriste du 20e siècle (cercle de Vienne) reconnait le caractère faillible de toute proposition se rapportant à des faits. On se contente d’une probabilité extrêmement élevée.

 

La position de Popper
Popper rejette fermement l’induction. Il veut tester les hypothèses théoriques, en éliminant celles qui ne résistent pas à l’épreuve des faits : c’est le réfutationisme. Une théorie n’est jamais vraie, elle peut seulement être corroborée.  

Pour Popper,
– Les théories ne sont pas tirées de l'expérience
– Les théories sont inventées indépendamment de l'expérience (inspirées par l'expérience, ou par des convictions métaphysiques: par l’intuition ou par le hasard, ...)

Une fois la théorie formulée, elle est confirmée si:
– 1) elle est falsifiable
– 2) elle n'est pas falsifiée (infirmée).

 


6.     Connaissance et objectivité

Le problème philosophique de l'objectivité est de déterminer les critères et le fondement de l'objectivité de la connaissance.

Pour la philosophie antique, l'objet de la connaissance est la réalité elle-même, telle qu'elle existe indépendamment du sujet. La connaissance est pour eux la contemplation de la vérité qui se confond avec l'être lui-même : la réalité.

Kant critique la théorie de la vérité "correspondance à la réalité" et pose de façon moderne le paradoxe de l'objectivité: nous ne sortons jamais de nous-mêmes, nous n'avons jamais affaire qu'à nos propres représentations. Comment, dans ces conditions, prétendre connaître des vérités nécessaires et universelles ? 
La solution kantienne s'appuie sur la distinction entre les noumènes (chose en soi) indépendants de nous mais inconnaissables et les phénomènes (choses pour nous) dépendants de nous mais connaissables.

La question moderne de l'objectivité est liée au développement de la mécanique newtonienne. L'objet de la science moderne est bien une réalité indépendante du sujet individuel, mais c'est une réalité saisie au travers de représentations construites par l'activité scientifique elle-même, et en particulier grâce aux outils mathématiques utilisés pour les modéliser. Ainsi, on ne sort jamais du monde des représentations, et pourtant certaines de ces représentations peuvent êtres dites objectives alors que les autres sont simplement subjectives. Comment alors faire la part de l'objectif et du subjectif?

Pour atteindre l'objectivité, le sujet doit être neutralisé sans être supprimé. La conformité à l'objet, donc l'objectivité, dépend de la démarche : c'est la méthode qui garantit l'objectivité. La réflexion sur l'objectivité passe donc par l'étude de l'activité scientifique. Les conditions de l'objectivité ne sont pas données une fois pour toute de toute éternité. Chaque science déterminerait au cours de son histoire ses objets et la forme d'objectivité qui lui est propre.

 


Conclusion

Au terme de périple, avons-nous progressé vers la sortie de la caverne ?  Nous avons établi une définition plus précise de la connaissance :

  Connaissance = Croyance, réfutable mais non réfutée, justifiée par suffisamment de preuves.

 Nous avons aussi compris que la science n’est pas infaillible, que la science ne conduit pas à la vérité mais à la vraisemblance. Mais aussi que la science est la discipline qui décrit le mieux la réalité du monde car elle repose sur la méthode et la raison.

 

La méthode scientifique
Les sciences se distinguent des autres disciplines -- comme les études littéraires ou la philosophie -- et des pseudosciences -- comme l'astrologie ou l'homéopathie -- par la manière dont elles établissent la vraisemblance de leurs théories, c'est-à-dire par leur méthode. C'est justement en raison de cette méthode que les résultats scientifiques sont aussi impressionnants et que la science a un tel prestige. Non que les résultats scientifiques soient infaillibles, ils ne le sont pas, mais parce qu'ils sont aussi fiables que possibles. Quels sont les principaux éléments de cette méthode?

1- La science est systématique.
Les observations ne sont jamais faites au hasard, mais suivant un protocole précis. Tous les faits disponibles doivent être considérés. Toutes les hypothèses doivent être envisagées.

2- La science cherche à être objective.
L'observateur tente de corriger les biais dont il pourrait faire preuve: il prend toute une série de précautions pour que ses résultats ne soient pas influencés par ses désirs. Par exemple, il applique le principe du double-aveugle. Il fait vérifier ses données par des chercheurs indépendants. Il soumet son travail à la critique de ses pairs.

3- Les termes et les observations sont établis de manière rigoureuse.
Les termes scientifiques sont des concepts débarrassés de toute ambiguïté. Ces concepts s'emboîtent ou se distinguent d'une manière précise. Les observations sont obtenues à l'aide d'instruments éprouvés: elles doivent être systématiques et diversifiées.

4- La science fonctionne avec des hypothèses qui doivent être testables et testées par des chercheurs indépendants les uns des autres.
La science ne considère jamais une idée ou une théorie comme définitivement vraie. Elle formule les idées de manière à ce qu'elles soient testables, puis elle les teste de multiples fois avant de la considérer comme vérifiée, et cela jusqu'à ce qu'on la prenne en défaut. Une théorie scientifique est considérée comme établie lorsqu'elle est l'explication la plus simple et la plus probable des faits observés.

5- Les théories scientifiques doivent être cohérentes entre elles.
À moins qu'il s'agisse d'une théorie révolutionnaire qui remette une précédente théorie en question, une nouvelle théorie scientifique doit généralement être en accord avec les autres théories considérées comme vraies. De la même façon, les sciences entre elles se complètent plutôt qu'elles ne se contredisent, et forment ensemble une vaste encyclopédie ouverte de nos connaissances objectives.


 

 Sources :

Raphaël VIDECOQ : Epistémologie
http://philog.over-blog.com/article-2365893.html

Site Philosophie Grenoble
http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/

Encéphi - Syllabus - Montréal
http://www.cvm.qc.ca/encephi/CONTENU/ARTICLES/CROYANCE.HTM

Popper et la connaissance objective
denis.collin.pagesperso-orange.fr/popper.htm

La raison et le Réel
Catherine ALLAMEL-RAFFIN, Jean-Luc GANGLOFF, Ellipse

02/06/2011

Ame et Croyance

Qu'est-ce que l'âme?
Pourquoi l'être humain a-t-il besoin de croire ?

 

L’âme

Ethymologie

Etym : « Le terme âme apparaît d'abord au Xe siècle, dérivé du latin anima qui définit la part immatérielle d'un individu, son principe spirituel de vie, son âme. Puis, deux siècles plus tard, se construit animal, celui qui est animé par ce souffle, cette âme. L'homme est un être animé, et il partage cette particularité lexicale avec tous les animaux."

Animisme : toute doctrine ou religion qui attribue aux choses une âme.

 

Définitions

Eglise Catholique de France

L'âme est le principe de vie et de pensée de l'homme. Dans l'Ecriture Sainte le terme âme désigne la vie humaine mais aussi ce qu'il y a de plus intime en l'homme (Mt 26,38) et de plus grand et de plus profond en lui (Mt 10, 28). Créée à l'image de Dieu, la personne humaine est un être à la fois corporel et spirituel. Elément spirituel de l'être, l'âme est immortelle. »

 

 

Wikipedia

« L'âme, selon certains courants religieux et philosophiques , est le principe vital, immanent ou transcendant, de toute entité douée de vie, pour autant que ce principe puisse être distingué de la vie-même …/…

 La notion d’âme joue un grand rôle dans la croyance religieuse. Avec ce concept vitaliste, la mort devient moins mystérieuse : lorsqu’une personne meurt, son âme la quitte, raison pour laquelle son corps devient inerte ; cette âme pourrait alors revenir sous forme de fantôme, ou aller vers un au-delà (un paradis ou un enfer). Concentrant la fonction vitale essentielle, l’âme est alors porteuse d'un espoir de vie éternelle et rien ne s'oppose même à sa réincarnation.

Le concept d’âme, tacitement associé à celui d’immortalité, reste, selon les modernes, imputé à Platon. Pour l’esprit contemporain, pour qui « l’existence précède l’essence » (voir L'Être et le Néant de Jean-Paul Sartre) l’âme reste un mythe que le matérialisme récuse totalement. »

 

 

Athéisme réfléchi et éclairé (  http://dilaurus.org/Atheisme/)

« Un des aspects les plus étranges de la foi religieuse est l'affirmation de l'existence de l'âme humaine. Certains hommes sont arrivés à ne plus pouvoir supporter l'idée de leur condition et de leur nature de simple créature biologique, d'animal. Aussi, se sont-ils inventé une âme d'origine mystique qui leur aurait été donnée par Dieu. Ils ne sont plus des animaux avec leurs instincts et leurs pulsions hormonales basiques, mais des créatures douées d'intelligence, de raison et d'une âme d'origine divine. Une âme éternelle, naturellement.
     

Pour les athées, il n'y a pas d'âme. Une intelligence et une raison, oui. Mais pour le reste, nous sommes des animaux de la classification des mammifères anthropoïdes et rien de plus. Et nous acceptons tout naturellement cet état. Pour nous, athées, lorsque nous observons le merveilleux spectacle de la nature et de l'évolution, nous vibrons à cette beauté et nous n'avons pas besoin d'une âme ni d'un dieu pour en apprécier les merveilles. Quant à l'idée de la mort qui angoisse tous les hommes, y compris les croyants, nous l'acceptons comme une inéluctabilité naturelle, comme notre naissance. La vie a un début et une fin.   La sagesse est de l'accepter et de regarder les choses telles qu'elles sont. La certitude de l'échéance ultime est plus rassurante que le doute de l'incertitude de la survie éventuelle de l'âme. »

 

 

La croyance

 

Athéisme, L'homme debout

« Croyance : (du latin credere, croire, avoir confiance) La croyance est le fait de tenir pour réel l'existence de quelqu'un ou de quelque chose qui n'est pas perceptible par l'expérience ou prévu par la science. La croyance résulte d'interactions entre des individus ou avec des textes dogmatiques. La croyance est une façon de penser qui permet d'affirmer, sans esprit critique, des vérités ou l'existence de choses ou d'êtres sans avoir à en fournir la preuve, et donc sans qu'il soit possible de prouver qu'elles sont fausses.
Exemples de croyances : l'âme, les fantômes, la réincarnation, le paradis, Dieu …

La particularité d'une croyance est de ne pas être "testée" par l'individu qui y adhère, car elle est d'emblée considérée comme vraie et en adéquation avec la réalité ultime. La science, par contre, est bâtie sur l'expérience, le respect de la méthode scientifique, et constitue une unité grâce à une liaison et à une confrontation permanente de ses éléments. La science remet constamment en jeu son contenu et entretient un réseau cohérent de connaissances. Les théories scientifiques se constituent donc par un mécanisme totalement opposé aux croyances. La science peut s'opposer radicalement à telle ou telle croyance particulière, comme elle l'a fait par exemple en montrant que la terre tournait autour du soleil, alors que la croyance en cours disait l'inverse. »

 

 

Julia Kristeva

Dans son livre « Cet incroyable besoin de croire », Julia Kristeva, en s’appuyant sur Freud, sur sa propre expérience de psychanalyste, sa connaissance de la langue et de la littérature, étudie le « besoin de croire » dans son émergence individuelle avant l’apparition des formes organisées de la religion.

Elle donne cette définition du « croire » :

« Que j’adhère à une religion, que je sois agnostique ou athée, je dis « je crois » pour faire entendre que « je tiens pour vrai ». De quelle vérité s’agit-il ? Pas de celle qui se démontre logiquement, qui se prouve scientifiquement, qui se calcule. Il s’agit d’une vérité « qui me tombe dessus », à laquelle je ne peux pas ne pas adhérer, qui me subjugue totalement, fatalement, que je tiens pour vitale, absolue, indiscutable : credo quia absurdum. Une vérité qui me tient, qui me fait être. Plutôt qu’une idée, une chose, une situation, serait-ce une expérience ? - p26 »

 

 

 

 

 

 

Pourquoi l'homme a-t-il besoin de croire ?

 

Pour garder l’espoir

Espérer une vie meilleure après la vie terrestre.
Retrouver des êtres disparus.
Accéder au paradis et au salut éternel.
Accepter les souffrances terrestres

 

Pour juguler ses peurs

Pour chasser le mystère de la mort, la peur de la mort, de l’angoisse de vivre.
Par peur de l'enfer promis à ceux qui ne seraient pas de bons croyants.
Par refus d’affronter son ignorance : croire à l’intervention divine permet d’apaiser l’inquiétude générée par les questions sans réponses.


Par paresse intellectuelle et endoctrinement précoce

Par conformisme avec son milieu familial ou social: "si tout le monde croit autour de moi, ce que dit la religion doit être vrai". Descartes choisit la religion « de son roi et de sa nourrice ».

Par besoin d’absolu, besoin d’un système tout fait pour expliquer l'univers, la vie, l'homme.
par besoin de valeurs morales présentées comme existant a priori et ayant un caractère universel et absolu. Pour Kant, il n’existe pas de preuve de l’existence de Dieu, mais il faut postuler son existence pour que la vie ait un sens.


Pour valoriser l’homme

L’âme permet à l’homme de se situer au dessus du monde animal dont il fait pourtant partie. C’est une justification de sa domination du monde.

Dans la bible, Dieu dit : « faisons un Adam à notre image comme notre ressemblance, pour commander au poisson de la mer, à l’oiseau du ciel, aux bêtes et à toute la terre, à toutes les petites bêtes ras du sol. »

 

 

Par besoin de communautés

Leur pouvoir apaisant par rapport aux angoisses existentielles, à la peur du néant. L’homme, animal grégaire, se sent bien dans la communauté religieuse à laquelle il appartient. Il recherche les émotions procurées par les rituels en groupe (même communauté spirituelle).


Pour des raisons inconscientes

Dieu est la projection de l'image du père (Sigmund Freud).
Dieu est le symbole de la collectivité (Emile Durkheim). Conséquence : Les rites religieux organisent la vie sociale.
Les concepts religieux ont la particularité de pouvoir se transmettre très facilement de génération en génération, sans être modifiés, car ils sont parfaitement adaptés aux processus cognitifs de l'homme (Pascal Boyer).

 

A cause de son cerveau ancestral

Depuis quelques années, des chercheurs ont entrepris d’aller fouiller dans les méandres du cerveau pour y déceler des mécanismes mentaux archaïques qui pousseraient aux diverses formes de croyances.

« Il semble qu'au cours de l'évolution le "cerveau émotionnel" (limbique), débordé par les angoisses, ait favorisé un nouveau mécanisme de défense du "cerveau rationnel" (néocortex), qui perturbe l'acquisition du sens critique : l'imagination d'un dieu protecteur… en particulier si cette option a été inculquée dès la plus tendre enfance. »

Voir la revue de presse : Pourquoi avons-nous besoin de croire ?

http://atheisme.free.fr/Revue_presse/Science-ca-m-interes... 

22/12/2010

RAS-LE-BOL des HOAX !

 

HOAX – HOAX- HOAX - HOAX – HOAX- HOAX- HOAX – HOAX- HOAX- HOAX-


« Un de mes amis m'a envoyé ce mail. Je ne sais pas si cela peut vous aider mais c'est quelqu'un de sérieux.

Bon dimanche à vous.


XXXXX


Chers amis, je crois qu'il faut en tenir compte !!! Pour ton ordinateur et le mien, fais
circuler cet avis à tes amis, famille, contacts!!  
 

 

 Dans les prochains jours sois attentif: n'ouvre aucun message avec une archive annexe appelée:  Actualisation de Windows live, indépendamment de la personne qui te l'envoie. C'est un virus qui brûle tout le disque dur. Ce virus viendra d'une personne connue que tu as dans ta liste d'adresses. C'est pour cela que tu dois envoyer ce message à tous tes contacts. 

 

Si tu reçois le message appelé : Actualisation de Windows live, même si c'est envoyé par un ami, ne l'ouvre pas et arrête immédiatement ton ordinateur. C'est le pire virus annoncé par CNN. Il a été classé par Microsoft comme le virus le plus destructeur qui ait existé. Ce
virus fut découvert hier après midi par Mc Afee, et il n'y a pas de possibilité de dépannage pour ce genre de virus. il détruit simplement le Secteur Zéro du Disque dur.
 

Souviens-toi : si tu l'envoie à tous tes contacts cela bénéficie à nous tous » 


 

Le phénomène des Hoax est étonnant ! Il est intéressant de passer 5 minutes à analyser l'Hoax type :

 

1. un danger menace la communauté. ("tes amis, ta famille")

2. il est annoncé par des autorités compétentes (CNN, MacAffee, Microsoft, "C'est quelqu'un de sérieux" !!!)

3. c'est le mal absolu : "le virus le plus destructeur qui ait existé"

4. cette menace se situe dans un contexte techno-scientifique très flou ou carrément délirant.  («C'est un virus qui brûle tout le disque dur »"il n'y a pas de possibilité de dépannage pour ce genre de virus. il détruit simplement le Secteur Zéro du Disque dur" ). Peu importe, il s'adresse à une communauté de croyants qui ne se situe pas dans le monde rationnel.

5. le message est comminatoire, tu dois sauver la communauté, c'est impératif pour le bénéfice de tous : "c'est pour cela que tu dois envoyer ce message à tous tes contacts", "souviens-toi : si tu l'envoies à tes connaissances cela bénéficie à nous tous".

 

 

La simple lecture de ces messages, qui ont tous en gros la même structure, devrait alerter celui qui le reçoit. Mais apparemment il est difficile de résister au besoin de prendre la posture du bon samaritain ou du sauveur face à un danger qui menace la communauté, et tout cela un quelques clics.



Hoax signifie « canular » en anglais. Les principaux types d'HOAX sont les faux virus, les chaines de solidarité bidon, les fausses informations, les arnaques, 


Pour ne pas tomber dans le piège des hoax, il suffit souvent de les lire et de faire preuve de sens critique. Puis de rompre la chaîne de la désinformation et de s'informer.  Par exemple en consultant les sites qui répertorient  les principaux HOAX :

a) http://www.hoaxbuster.com - est un site qui a pour but de chasser les hoax. A visiter donc en cas de doute, ainsi que pour sa documentation sur les hoax

b) http://www.hoaxkiller.fr - est un site qui a pour but de chasser les hoax. A visiter donc en cas de doute, ainsi que pour sa documentation sur les hoax.

c) http://www.secuser.com/hoax - dénombre les faux virus les plus actifs en France.

 

A bientôt au prochain HOAX !

 

13/03/2010

"La schizophrénie en bandoulière"

Très décapant, ce billet de Michel Onfray dans Le Monde du 20.02.10

http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offr...

"Notre époque est réjouissante ! Nous avons un PCF qui ne défend plus la dictature du prolétariat, un PS qui célèbre le marché, des chrétiens qui ne croient pas dans la résurrection de la chair, des philosophes qui occupent le devant de la scène en commentant des livres qu'ils n'ont pas lus, un président de la République fasciné par Georges Bush qui ne voit que par Jaurès et Guy Môquet, quand ça n'est pas Albert Camus, un gouvernement de droite avec des ministres de gauche, des journalistes qui citent à tout bout de champ Guy Debord, des sportifs transformés en intellectuels, et autres joyeusetés de nos temps nihilistes !

A ce défilé de mode digne d'une cour des miracles, il nous faut désormais ajouter des féministes qui estiment que la maternité est le destin de toute femme, que la prostitution relève de l'exercice libre, sinon libéral, de son propre corps, que l'allaitement procure des sensations qui dispensent d'en chercher ailleurs - merci, chère Elisabeth Badinter, de résister à ce « féminisme »-là !

Désormais, il nous faudra également compter avec une femme voilée, laïque et féministe, qui défend l'avortement et la cause homosexuelle ! Cherchez l'erreur... Car le voile signifie la soumission à une religion dont la première qualité n'est pas la séparation du théologique et du politique, mais leur confusion."


Au delà de la dénonciation des contorsions du Nouveau Parti Anticapitaliste à propos de sa candidate portant le foulard dans le Vaucluse, ce qui intéressant dans l'article de Michel Onfray, c'est son analyse de l'utilisation des symboles en "régime médiatique".


A rappocher des critiques de Régis Debray sur la "télécratie" dans son dernier essai "Dégagements".

Ses flèches, Régis Debray les réserve à la société de fric et de frime où nous évoluons, et qu'il déteste. Après l'ère de la parole, puis celle de l'écrit, nous vivons dans celle de l'image. "En vidéosphère, le bougisme est un must, et l'urgentiste, notre héros préféré." La méritocratie y a été remplacée par la télécratie. Le dessus du panier, la véritable élite, ce sont "les people", ceux qu'on voit à la télé et dans les magazines. Leur prestige, ils ne le tiennent ni de leur naissance ni de leurs diplômes, mais de leur audience. "Vous voulez devenir quelque chose ? Faites-vous d'abord une gueule, le nom suivra." Si vous avez réussi dans la chanson, on viendra vous interroger sur l'Afghanistan ou la peine de mort. "Je suis, donc je pense."


Et pour en revenir au NPA, n'est-ce pas sous cet angle qu'il faut comprendre le passage de relai de Krivine à Besancenot et le remplacement de la faucille et du marteau par le mégaphone ?

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