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31/05/2010

"Le crépuscule d'une idole" de Michel Onfray

"Le crépuscule d'une idole, l'affabulation freudienne"

 

285.jpgCe qui nous pousse à n'accorder aux Philosophes, dans leur ensemble, qu'un regard où se mêlent méfiance et raillerie, ce n'est pas tant de découvrir à tout bout de champ combien ils sont innocents, combien de fois et avec quelle facilité ils se trompent et s'égarent, bref, quelle puérilité est la leur, quel enfantillage; c'est de voir avec quel manque de sincérité ils élèvent un concert unanime de vertueuses et bruyants protestations dès que l'on touche, même de loin, au problème de leur sincérité. Ils font tous comme s'ils avaient découvert et conquis leurs opinions propres par l'exercice spontané d'une dialectique pure, froide et divinement impassible (à la différence des mystiques de toute classe, qui, plus honnêtes et plus balourds, parlent de leur « inspiration » ), alors que le plus souvent c'est une affirmation arbitraire, une lubie, une « intuition », et plus souvent encore un vœu très cher mais quintessencié et soigneusement passé au tamis, qu'ils défendent par des raisons inventées après coup. Tous sont, quoi qu'ils en aient, les avocats et souvent même les astucieux défenseurs de leurs préjugés, baptisés par eux « vérités ».

NIETZSCHE, Par-delà le bien et le mal, 1ere partie, § 5.

 

 

C’est par cette citation que Michel Onfray ouvre cet essai sur Freud. Fidèle à sa méthode, il déclare son projet de se livrer à une "psychobiographie nietzschéenne" de l’homme Freud, ce qui le conduit à trois types de critiques :

 

 

1. Critiques envers l’homme

Freud récuse la philosophie. Il se veut scientifique, dans la filiation de Copernic et de Darwin, mais sa méthode procède de la pensée magique. Tout au long de sa vie, il a expérimenté puis abandonné tout un capharnaüm de techniques : injection de cocaïne, traitement galvanique, électrothérapie, psychophore, hypnose, il s’est même intéressé aux sciences occultes, spiritisme, transmission de pensée.

 

Freud est obsédé par la célébrité à laquelle il aspire, il a passé sa vie à sculpter sa propre statue, à bâtir sa légende. "La consigne ontologique demeure la suivante : Freud découvre tout à partir de son seul génie, il dispose de la grâce, rien ni personne ne saurait l'influencer."

Freud a beaucoup critiqué, a usé de l’insulte, d’agressivité et de mépris. La liste est longue de ses amis qu’il a reniés, voire « excommuniés », après s’être servis d’eux.

 

Freud est un affabulateur, un menteur, un falsificateur, un manipulateur qui a beaucoup lu, beaucoup emprunté sans le reconnaître. Freud a détruit ses journaux intimes et sa correspondance, il a pratiqué le déni et la réécriture du passé.

 

Cocaïnomane dépressif, victime d’une histoire familiale chargée, Freud était en fait atteint d’une psychonévrose grave. Dans sa « découverte » de la psychanalyse, il a théorisé sa propre histoire.

 

Si la psychanalyse s'applique sans doute à Freud et à ses névroses, elle ne saurait prétendre à l'universalité. Freud a donc pris son cas... pour une généralité. Thérapeute touche-à-tout, il n’a jamais guéri que sur le papier.

Enfin, Freud n’est pas un progressiste, c’est un conservateur qui a même un penchant pour les régimes autoritaires.

 

Tout cela paraît excessif ? Et bien pas tellement au vu des références nombreuses, car Freud n’a pas pu détruire toute sa correspondance (dont ses lettres, terribles pour lui, envoyées à Wilhelm Fliess)[1]

Et ce que dénonce Michel Onfray est dans la droite ligne de nombreuses études critiques qui ont été produites par des auteurs aussi différents que Gaston Bachelard, Albert Béguin, Théodore Caplow, Robert Castel, Jean Château, Pierre Debray-Ritzen,Gilbert Durand, Henri Ey, H. J. Eysenck, Michel Foucault, Pierre-P. Grassé, Ludwig Klages, Arthur Koestler, Stéphane Lupasco, Karl Popper, Theodor Roszack, Jean-Paul Sartre, Jacques Van Rillaer, Ludwig Wittgenstein, Clara Zetkin.

On peut aussi citer "Le livre noir de la psychanalyse" publié en 2004, sous la direction de Catherine Meyer.

 

Il faut cependant reconnaître à Michel Onfray son hommage à Freud en tant que philosophe et  la gratitude qu’il lui porte pour ses écrits sur la sexualité qui ont « illuminé » son adolescence.

 

 

 

2. Critiques envers la théorie

Partant donc de cette psychobiographie, Michel Onfray s’attaque à la théorie psychanalytique elle-même. Il présente cinq thèses, bien argumentées et étayées, n’en déplaise à Elisabeth Roudinesco, sur une solide  bibliographie et de nombreuses références.

Thèse n° 1 : La psychanalyse dénie la philosophie, mais elle est elle-même une philosophie

Thèse n° 2 : La psychanalyse ne relève pas de la science, mais d’une autobiographie philosophique

Thèse n° 3 : La psychanalyse n’est pas un continuum scientifique, mais un capharnaüm existentiel

Thèse n° 4 : La technique psychanalytique relève de la pensée magique

Thèse n° 5 : La psychanalyse n’est pas libérale, mais conservatrice

 

Oui, mais reste la question essentielle : pourquoi cela a-t-il marché ? Pourquoi Freud a-t-il réussi à tromper son monde et la psychanalyse à influencer durablement le 20eme siècle ? Il y a deux types d’explications : celle d’Onfray et celle donné par Henri F. Ellenberger dans son ouvrage principal, A la découverte de l'inconscient[2]

 

Michel Onfray donne cinq raisons à la réussite de Freud :
1. Freud a fait entrer le sexe dans la pensée occidentale et ce discours était attendu

2. Freud a mis en place une organisation militante très hiérarchisée

3. Freud a créé une religion et une église

4. Le 20eme siècle a été celui de la pulsion de mort en adéquation avec le nihilisme freudien

5. Après 68, Marcuse et le freudo-marxisme ont remis Feud au goût du jour.

 

Henri F. Ellenberger, lui avance l’hypothèse de la « maladie créatrice de Freud » :

De toute évidence, l'atmosphère de légende, qui marque les origines de la psychanalyse selon Ellenberger, justifie davantage les critiques actuelles du freudisme qu'elle n’explique son succès passé. « La psychanalyse, dès ses origines, s'est développée dans une atmosphère de légende, si bien qu'une appréciation objective ne sera guère possible avant que l'on ait su dégager les données authentiquement historiques de cette brume de légendes. […] Malheureusement, l'étude scientifique des légendes, de leur structure thématique, de leur développement, de leurs causes reste une des provinces les moins explorées de la science. [...] Un coup d'œil rapide sur la légende freudienne révèle deux traits essentiels. Le premier est le thème du héros solitaire, en butte à une armée d'ennemis, subissant, comme Hamlet, ''les coups d'un destin outrageant'' mais finissant par en triompher. La légende exagère considérablement la portée et le rôle de l'antisémitisme, de l'hostilité des milieux universitaires et des prétendus préjugés victoriens. En second lieu, la légende freudienne passe à peu près complètement sous silence le milieu scientifique et culturel dans lequel s'est développée la psychanalyse, d'où le thème de l'originalité absolue de ce qu'elle a apporté: on attribue ainsi au héros le mérite des contributions de ses prédécesseurs, de ses associés, de ses disciples, de ses rivaux et de ses contemporains en général.»

 

«Mais c'est surtout, croyons-nous, de la maladie créatrice de Freud que procèdent les principes essentiels de la psychanalyse: les notions de sexualité infantile, de libido avec ses étapes successives, ses fixations et sa transformation possible en angoisse, la situation œdipienne, le roman familial, la théorie des rêves, des actes manqués et des souvenirs-écrans, la conception des symptômes comme substituts des désirs, l'idée que les phantasmes jouent un rôle essentiel dans les névroses et dans la création poétique, et que les tout premiers phantasmes, comme les premières expériences sexuelles authentiques, exercent une influence primordiale sur la destinée des individus.»

 

 

3. Critique envers la pratique

Reste enfin, et c’est sans doute l’essentiel, la critique de la pratique c'est-à-dire de la « cure psychanalytique », telle qu’elle a été pratiquée puis théorisée par Freud et telle qu’elle est encore pratiquée de nos jours par les orthodoxes freudiens.

 

La cure coûte cher et est réservée aux riches. L’acte de payer (en liquide) fait partie de la cure.

Freud n’aimait pas soigner les pauvres et ne s’en est pas caché. Il considérait même qu’il y avait contre-indication. « Le névrosé pauvre ne peut que très difficilement se débarrasser de sa névrose. Ne lui rend-elle pas en effet dans sa lutte pour la vie de signalés services ? Le profit secondaire qu’il en tire est très considérable.  La pitié que les hommes refusaient à sa misère matérielle, il la revendique maintenant au nom de sa névrose  et se libère de l’obligation de lutter par le travail contre sa pauvreté » Freud, Le début du traitement.

 

Il n’existe pas d’indication précise sur le type de trouble que peut soigner une cure. Nombre d’analystes prétendent soigner des troubles qui ne relèvent pas de la névrose.

 

Le psychanalyste, dans son déni du corps, vit dans un monde de fiction, de concepts et d’idées, qu’il se soucie peu d’expliquer à l’analysant : libido, pulsions, instincts, Œdipe, horde primitive, meurtre du père, refoulement, sublimation, Moïse, névrose, psychopathologie, …

 

Les règles édictées par Freud concernant la cure ont souvent été violées, et en premier par lui-même

 

La cure sacralise la relation analyste-analysant (où l’analyste est tout puissant), refusant toute médiation extérieure, même ponctuelle.

 

L’analyste peut n’avoir jamais fait d’étude de médecine. Le seul critère pour devenir analyste est d’avoir été analysé. Et encore Freud ne respectera pas toujours cette règle. Confronté à la question de savoir comment débusquer un charlatan en psychanalyse, Freud répond dans « La question de l’analyse » que ce n’est pas une question de diplômes mais que le charlatan est  « celui qui entreprend un traitement sans posséder les connaissances et les capacités requises ».

 

La cure n’est pas efficace. Elle peut être sans fin, car sans objectif précis. Il n’existe pas de critère clair pour décider de la fin d’une cure.

 

 

Le salon des cartes postales freudiennes

Et pour conclure avec plus de légèreté, pourquoi ne pas se promener dans le salon des cartes freudiennes que Michel Onfray nous invite à déconstruire à l’aide de ses contre-cartes postales.

 

« Qu’est-ce qu’une carte postale en philosophie ? Un cliché obtenu par simplification outrancière, une icône apparentée à une image pieuse, une photographie simple, efficace, qui se propose de dire la vérité d’un lieu ou d’un moment à partie d’une mise en scène, d’un découpage, d’un cadrage arbitrairement effectué dans une totalité vivante mutilée. Une carte postale, c’est le fragment sec d’une réalité humide, une performance scénographique qui dissimula les coulisses, un morceau du monde lyophilisé et présenté sous les meilleurs atours, un animal empaillé, un faux-semblant. »

 

 

 

 

 


Carte postale n° 1 :

Freud a découvert l'inconscient tout seul à l'aide d'une autoanalyse extrêmement audacieuse et courageuse.

Contre-carte postale n°1

Freud a formulé son hypothèse de l’inconscient dans un bain historique dix-neuviémiste, suite à de nombreuses lectures, notamment philosophique (Schopenhauer et Nietzsche pour les plus importantes), mais également scientifiques.

Carte postale n° 2 :

Le lapsus, l'acte manqué, le mot d'esprit, l'oubli des noms propres, la méprise témoignent d'une psychopathologie par laquelle on accède à l'inconscient.

Contre-carte postale n° 2 :

Les différents accidents de la psychopathologie de la vie quotidienne font effectivement sens, mais aucunement dans la perspective d'un refoulement strictement libidinal et encore moins œdipien

Carte postale n° 3 :

Le rêve est interprétable : en tant qu'expression travestie d'un désir refoulé, il est la voie royale qui mène à l'inconscient.

Contre-carte postale n° 3 :

Le rêve a bien un sens, mais dans la même perspective que dans la proposition précédente: nullement dans une configuration spécifiquement libidinale ou œdipienne.

Carte postale n° 4 :

La psychanalyse procède d'observations cliniques : elle relève de la science.

Contre-carte postale n° 4 :

La psychanalyse est une discipline qui relève de la psy­chologie littéraire, elle procède de l'autobiographique de son inventeur et fonctionne à ravir pour le comprendre, lui et lui seul.

Carte postale n° 5 :

Freud a découvert une technique qui, via la cure et le divan, permet de soigner et de guérir les psychopathologies.

Contre-carte postale n° 5 :

La thérapie analytique illustre une branche de la pensée magique: elle soigne dans la stricte limite de l'effet placebo.

Carte postale n° 6 :

La conscientisation d'un refoulement obtenue lors de l'analyse entraîne la disparition du symptôme.

Contre-carte postale n° 6 :

La conscientisation d'un refoulement n'a jamais causé mécaniquement la disparition des symptômes, encore moins la guérison.

Carte postale n° 7 :

Le complexe d'Oedipe, en vertu duquel l'enfant désire sexuellement le parent du sexe opposé et considère le parent du sexe opposé comme un rival à tuer symboliquement, est universel

Contre-carte postale n° 7 :

Loin d'être universel, le complexe d'Œdipe manifeste le souhait infantile du seul Sigmund Freud.

Carte postale n°8
La résistance à la psychanalyse prouve l’existence d’une névrose chez le sujet

Contre-carte postale n° 8 :

Le refus de la pensée magique n'oblige nullement à remettre son destin entre les mains du sorcier.

Carte postale n°9

La psychanalyse est une discipline émancipatrice

Contre-carte postale n° 9 :

Sous couvert d’émancipation, la psychanalyse a déplacé les interdits constitutifs du psychologisme, cette religion séculaire d’après la religion

 

Carte postale n°10

Freud incarne la permanence de la rationalité critique emblématique de la philosophie des lumières

Contre-carte postale n° 10 :

Freud incarne ce qui, à l’époque des Lumières historiques, se nommait l’antiphilosophie – une formule philosophique de la négation de la philosophie rationaliste.

 

 



[1] Il reste encore sans doute beaucoup à découvrir dans les archives Freud à la bibliothèque du Congrès Américain, “sous scellés”, jusqu’en l’année 2057.

[2] A la découverte de l'inconscient, SIMEP, 1974, (ISBN 285334097X), réédité sous le titre Histoire de l'inconscient, Fayard, 2001, 975 pages, (ISBN 2213610908)

17/05/2010

Faut-il tuer le père (le jazz américain) ?

Café philo

 

Du 10 au 16 mai, a eu lieu à Apt, le 20eme festival LuberonJazz, et dans ce cadre, le café philo d’Apt avait décidé d’aborder le thème :

LE JAZZ EUROPEEN PEUT-IL TUER LE « PÈRE » ?


Café philo d’Apt animé par Philippe Mengue
Invités :
Armand Meignan - directeur-fondateur de l’Europajazz au Mans, président de l’Afijma (association des festivals innovants en jazz et musiques actuelles), directeur artistique des RDV de l’Erdre à Nantes
Jean-Alain Cayla - maire de Buoux
Philippe Porret – psychanalyste

« Il y a à peine vingt ans programmer du jazz européen dans un festival de jazz français paraissait d’une folle audace, en dehors des pionniers du genre (Europajazz Le Mans, Grenoble Jazz Festival puis Jazz à Mulhouse ou les Rencontres Internationales de Nevers…). Aujourd’hui c’est devenu presque banal, et la programmation des festivals hexagonaux (même les plus américanisés : Marciac, Vienne) s’enrichit de ces musiciens européens, nourris aux sources même de la musique afro-américaine, mais capables de produire un jazz créatif et métissé, très original, qui n’a plus de leçons à recevoir des Amériques ! Pourquoi ce changement majeur ? Est-ce que ce jazz européen, occupant désormais largement “les réseaux de diffusion” peut tuer le “Père” ? »

Armand Meignan ouvre le débat par une courte histoire du jazz, de ses origines (fin 19 eme) jusqu’à nos jours, en insistant sur quatre grandes phases : Classique, Be-bop, Free jazz et aujourd’hui Free music).

S’ensuit une discussion sur la nécessité de définir ce qu’est le jazz (thème du café philo de 2009) et à la conclusion que ce n’est pas évident de définir ce qu’est le jazz aujourd’hui.

Un accord se fait sur la définition suivante : le jazz se définit par
- Son origine
- son tempo : le swing
- un large recours à l’improvisation
- ses instruments et ses types de formation

django.jpgQuant à son histoire, elle est essentiellement américaine jusque dans les années 50. En Europe, à partir des années 30, c’est surtout Django Reinhardt et son alter ego, Stéphane Grapelli. Ce n’est qu’à partir des années 40 et l’après guerre que le jazz explose d’abord en France et les pays scandinaves puis dans toute l’Europe.

Plusieurs intervenants contestent l’idée d’opposer le jazz européens au « père » américain. Le jazz, dans ses diverses formes constitue une communauté où les musiciens se sont toujours rencontrés.

Jean-Alain Cayla insiste sur la richesse des variétés du jazz notamment dans la dernière période et il insiste sur ce qui fait vraiment le cœur du jazz : le swing.


Armand Meignan, en bon connaisseur du monde du jazz et de ses festivals a ensuite montré toute la richesse de son développement en Europe et la fait qu'il se développe aujourd'hui de façon autonome, le jazz américain étant devenu presque marginal dans la plupart des festivals.


Philippe Poret aborde alors la question de ce que signifie : Tuer le père ? Il dit avoir dans un premier temps rejeté cette formulation du thème du café philo, puis, dans un second temps l’avoir trouvée pertinente si on l’examine suivant ses deux modalités résumées à travers les deux exemples suivants :

1. Brutus tue César (son père adoptif) pour le renverser et prendre sa place. Mais il se substitue à lui dans son rôle sans rien y changer.

2. Dans Totem et Tabou, Freud, s'inspirant d'une conviction de Darwin, suppose à l'origine de l'humanité une horde primitive, groupement humain sous l'autorité d'un père tout-puissant qui possède seul l'accès aux femmes. Il présuppose alors que les fils du père, jaloux de ne pouvoir posséder les femmes, se rebellent un jour et le tue, pour le manger en un repas totémique. Ce meurtre du père est la base des liens sociaux et des nouvelles règles (interdiction de l’inceste et du parricide).

Un intervenant se demande si l’après-guerre n’a pas produit en Europe un stéréotype du jazz (symbole de libération festive, image du GI noir américain, …). Ce serait pour se libérer de ce stéréotype, que le jazz européen aurait remis en cause, à partir des années 60, la suprématie du jazz américain.

Armand Meignan précise que cette remise en cause a été contemporaine des mouvements de contestation plus politiques liés à la guerre du Vietnam et l'image dégradée des Etats-Unis en Europe dans les années 60.

Philippe Poret émet l'hypothèse que tout mouvement musical se développe sur un "capital douleur". Pour le jazz, ce fût le cri des esclaves noirs américains, (pour le rap c'est le cri des cités). Se poserait donc aujourd'hui la question du rapport du jazz moderne avec ses origines.

 

En conclusion, Philippe Mengue se pose la question de la pertinence du sujet compte tenu de la difficulté de cerner ce qu’est exactement le jazz. Mais que ce débat a en effet permis de progresser dans cette tentative.

Cela pouvait paraître singulier d'organiser un café-philo sur le Jazz, mais j'ai personnellement trouvé que c'était une bonne introduction à ce festival.

 

 

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Quelques liens

Sur l’histoire du Jazz

http://www.ambfrance.fr/article.php?ida=265

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jazz

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_jazz


Sur LuberonJazz
www.luberonjazz.net

http://www.myspace.com/luberonjazz1


Sur le Café philo d’Apt
www.cafe-philo.fr