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10/12/2010

Facebook, Diaspora et La Boétie (1)

Farouche opposant à la commercialisation des données privées, je m'étais rapidement désinscrit de Facebook. Eh oui, j'y étais arrivé (à me désinscrire) à la troisième tentative, après quelques heures de galère.

C'est pourquoi je pense que l'arrivée de Diaspora est une très bonne nouvelle.


Diaspora c'est l'anti-Facebook. Conçu et mis en place par la communauté Open Source (Logiciels ouverts et libres), c'est un outil de réseau social non commercial, qui rend à l’utilisateur le contrôle de sa vie privée.

 

"Diaspora se veut en quelque sorte l'antithèse de Facebook : décentralisé, non commercial et en promettant aux utilisateurs un meilleur respect de la vie privée ainsi que le contrôle de leurs données. Il ressemble à ce stade beaucoup à un Facebook qui aurait subi une drastique cure d’amaigrissement. Vraiment minimaliste, le service – encore en version alpha – ne montre que les informations indispensables et ne s’embarrasse pas de fioritures. Une fois connecté, on accède, comme sur Facebook, au fil d’actualité constitué des mises à jour de vos amis et des éventuels commentaires qui les accompagnent."

http://www.01net.com/editorial/524581/premiers-pas-sur-di...

 

"Imaginé par des étudiants en informatique de la New York University, le projet Diaspora veut remplacer le web social centralisé d’aujourd’hui (entendez «Facebook») par un système décentralisé, tout en offrant un service pratique et facile à utiliser pour tous."

http://fr.readwriteweb.com/2010/05/06/a-la-une/projet-dia...

 

 

Notre pouvoir en tant que consommateurs libres

Le succès de cette initiative dépend essentiellement de nous, c'est à dire de la volonté des utilisateurs de quitter Big Brother/Facebook pour Diaspora.

 

Pourquoi ne pas relire, à cette occasion tout ou partie du "Discours de la servitude volontaire" de La Boétie, où il écrit notamment à propos du tyran, du maître qui vous dépouille :

"Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre."

http://www.livres-et-ebooks.fr/ebooks/Discours_de_la_serv...

 

 

Libres de ne plus servir

A rapprocher de la dernière initiative de Cantona. Cela pourrait nous donner des idées sur notre pouvoir en tant que consommateurs, vis à vis des banques, des grands distributeurs, et pourquoi pas vis à vis des fameux "marchés". Je ne résiste pas au plaisir de citer tout le chapitre qui est toujours d'une étonnante actualité sur la symbolique du maître :

"Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir.

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre."

La Boétie, Discours de la servitude volontaire