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12/05/2011

Violences faites aux femmes en République Démocratique du Congo

Mise à jour du 12 mai 2011

 

Malheureusement rien ne semble avoir changé en République Démocratique du Congo concernant le viol des femmes. C'est à désespérer car la situation tend à se banaliser.

Loin du printemps arabe, la situation des femmes dans une bonne partie de l'Afrique est oubliée de tous, ou presque. Toute réforme du code de la famille, toute loi permettant aux femmes de faire valoir un minimum de droit est renvoyée aux calendes grecques, l'ONU et L'unesco restent silencieuses, ... Circulez, il n'y a rien à voir.

Seule voix dans ce désert médiatique, le journal américain de la santé publique, relayé par RFI, rapelle que plus de 1 100 femmes sont victimes de viol chaque jour en République démocratique du Congo ...

http://www.rfi.fr/afrique/20110512-1-100-victimes-viol-ch...

 

Post du 19/09/ 2010

Une fois de plus, malheureusement, ce sujet revient au devant de l’actualité. Il s’agit cette fois des innombrables viols en RDC (ex Congo Belge), dans la région de Goma et Bukavu (Est RDC). J’allais écrire à la une de l’actualité mais ce n’est décidément pas à la une mais souvent en nième page, sans grande visibilité).

 

RDC.jpgL’ONU estime à 200 000 le nombre d’agressions sexuelles perpétrées en 15 ans dans la région. Ce fut d’abord le fait des « bandes armées rebelles » et de « l’armée officielle » de la RDC, c’est maintenant une pratique qui se répand dans la société civile.

 

 

La société gangrenée par le viol, c’est le jugement de nombreuses ONG, qui tentent de réagir dans cet état de non droit qu’est l’Est de la RDC depuis une vingtaine d’années pour ne pas dire depuis l’indépendance du Zaïre (ex-congo belge).

 

 

 

 

Ces ONG tentent de venir en aide aux femmes et aux filles des villages agressés et à leurs familles quand elles résistent à cette épreuve insupportable.  « Les viols se produisent souvent sous les yeux des maris. Le but, c’est de détruire mentalement la population » (Safiatou Kané Unicef Goma).

 

MAL_RDC_Goma_Affiche_2010_20.jpgMAL_RDC_Goma_Affiche_2010_26.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soutien psychologique aux filles et aux femmes traumatisées, prise en charge des femmes abandonnées pour éviter qu’elles ne tombent dans la prostitution, mais surtout lutte contre l’impunité, ce sont les actions que mènent ces ONG (168 procès 30 jugements obtenus). Mais la guerre contre le viol ne fait que commencer dans un pays où l’état de droit n’existe pas et où règne la loi du plus fort ou du plus malin.

 

Il faut ajouter que, constatant la très forte augmentation en ce moment des viols commis par les civils (on parle d'épidémie !), le ministre provincial de la Justice du Nord-Kivu, François Tuyihimbaze Rucogoza, avait récemment insisté sur le fait que le problème ne pouvait pas être résolu seulement par le système judiciaire : « Nous devons voir comment éduquer nos populations. Il ne s’agit pas seulement d’un problème judiciaire mais d’un problème social. Nous devons faire savoir à nos populations que le viol est un crime ». Oui mais avec quels moyens ? Le temps presse, il est urgent de prendre des mesures efficaces et de développer des campagnes dans cette direction.

 

 

L’ONU est présente dans cette région depuis des années d'abord à travers la MONUC renommée MONUSCO en jun 2010.
Pour rappel, la MONUSCO dont le mandat s’étend du 1er juillet 2010 au 30 juin 2011, a comme mandat principalement la protection des civils, la stabilisation et la consolidation de la paix. La MONUSCO est l’une des plus importantes missions de l’Onu dans le monde, avec un budget annuel de 1,35 milliard USD

 

Alors que pouvons nous faire ?

 

S’informer, informer, dénoncer chaque fois que c’est possible. Demander une prise de position claire de nos élus et de notre diplomatie et des faiseurs d’opinions (presse, partis politiques, églises, …)

 

Mais surtout soutenir l’action des ONG qui se battent sur le terrain, Notamment :

 

Human Right Watch, qui a dénoncé cette situation depuis des années,

http://www.hrw.org/fr

 

Marche Mondiale des Femmes qui organise justement à Bukavu, en RDC, entre le 13 et le 17 octobre 2010, une marche de 1000 femmes à l’occasion de la clôture de sa Troisième Action Internationale

http://www.mmm2010.info/

 

 

CHILDREN'S VOICE, Goma (Rd Congo)

http://children-voice.org/

 

Solidarités International

http://www.solidarites.org/missions/RDC/action-humanitair...

 

 

L’UNICEF

 

Bien sûr, tout n’est pas rose dans le domaine des ONG, mais globalement leur action dans un état de non droit est nécessaire et positive. Voir à ce sujet l’étude de Juristes Solidarités

http://base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-7166.html

 

 

 

 

 

Les mutilations rituelles en Afrique

 

Mais il est un autre sujet dont il faut nécessairement parler quand on évoque le droit des femmes et des filles africaines, c’est celui de l’excision et plus généralement des mutilations génitale féminine (MGF).

 

Maintenue par tradition et favorisée par les religions (notamment animistes et musulmanes, les religions chrétiennes restant silencieuses), ces « coutumes » sont l’objet d’une grande hypocrisie. Les hommes s’en lavent les mains en disant que c’est une histoire de femmes. Les femmes s’en remettent aux « Grandes sœurs » et aux exciseuses, piliers du maintien des traditions. Les gouvernements condamnent en principe mais ne font pas grand chose pour faire cesser ces crimes.

 

Car il s’agit bien de crimes.

 

« On estime à 130 millions le nombre de fillettes et de femmes, à travers le monde, qui ont subi MGF et qu’au moins 2 millions de fillettes par an risquent de subir la procédure sous une forme ou une autre. Actuellement, les MGF sont pratiquées dans 28 pays africains de la région sub-saharienne ainsi que dans la partie nord-est de l’Afrique. Des rapports indiquent également la pratique sporadique des MGF dans certains pays du Moyen-Orient et dans quelques groupes ethniques de l’Inde et du Sri Lanka. Des communautés immigrées originaires de pays où les MGF ont cours, se livrent également à cette pratique.

 

Ce problème "africain", apparemment lointain, est devenu, avec l'immigration, une réalité en Europe : aujourd'hui à Paris, Rome, Stockholm, Amsterdam, Manchester Londres ou Berlin, l'excision est pratiquée illégalement. Et pas seulement dans la pénombre de chambres miteuses, mais aussi dans des cabinets de médecins. Par peur de sanctions, beaucoup de familles préfèrent faire exciser leurs petites filles pendant les vacances scolaires dans leur pays africain d'origine.

L’excision est considérée comme une mutilation grave et injuste dans les pays occidentaux, mais aussi par des organisations internationales telles que l’ONU, l’OMS et l’Unicef. Dans la plupart des pays occidentaux, elle est poursuivie et punie comme un crime grave. Il subsiste quelques régions du monde, notamment dans certains pays d'Afrique, où cette pratique reste tolérée au nom de la tradition.

La mutilation de l'appareil génital féminin est un rite millénaire. On ignore cependant où et pourquoi il s'est développé. L'excision représente actuellement pour les fillettes, avec le mariage, la cérémonie la plus importante de leur vie : ce n'est qu'après s'être soumises au rite de l'excision qu'elles deviennent de jeunes femmes et qu'elles sont pleinement acceptées et reconnues dans la communauté. L'excision est un sujet tabou et les petites filles ne savent pas exactement ce qui les attend.

 

Beaucoup pensent à tort que l'Islam prescrit l'excision. Les femmes non excisées sont considérées comme impures et incapables de maîtriser leurs pulsions sexuelles. Les hommes refusent d'épouser des femmes non excisées. Beaucoup d'entre eux croient que les femmes non excisées sont toujours adultères, que le clitoris retient le pénis prisonnier lors d'un rapport sexuel et que la pénétration est impossible chez les femmes non excisées.


L'excision est un sujet tabou, quiconque en parle se couvre de honte et jette l'opprobre sur toute sa famille. C'est pourquoi cette tradition n'est que rarement remise en question. La pression sociale et le risque de se faire exclure par la communauté sont tels qu'il est quasiment impossible pour les femmes de se rebeller contre les traditions. Durant toute leur vie, les femmes sont conditionnées pour servir la communauté et réprimer leurs envies. »

 

En Afrique, on recense 28 pays où les mutilations sexuelles féminines sont pratiquées. La proportion de femmes excisées varie selon les pays.
Trois groupes peuvent être distingués (chiffres au début des années 2000 -source Afrik.com) :

les pays où la grande majorité des femmes sont excisées soit plus de 85 % : Djibouti, Égypte, Éthiopie, Érythrée, Guinée, Mali, Sierra Leone, Somalie, Soudan.

les pays où seules certaines fractions de la population étant touchées et où 25 à 85 % des femmes sont excisées, proportion variant selon l’ethnie, la catégorie sociale et la génération : Burkina Faso, Centrafrique, Côte d'Ivoire, Gambie, Guinée-Bissau, Kenya, Liberia, Mauritanie, Sénégal, Tchad.

les pays où seules quelques minorités ethniques sont concernées et où la proportion d’excisées est inférieure à 25 % : Bénin, Cameroun, Ghana, Niger, Nigeria, Ouganda, République démocratique du Congo, Tanzanie, Togo.

Selon l’UNICEF, seuls 13 pays africains disposent de lois réprimant les mutilations sexuelles féminines et autres types de violences faites aux femmes.

Pour s’informer :

Le dossier d'Arte : La chaîne Arte avait consacré à l'occasion du procès Hawa Greou, en 1999, un dossier à l'excision: ses conséquences, le poids de la tradition, une bibliographie...Toujours d'actualité...http://www.arte-tv.com/science/excision/ftext/00.htm

L'Unicef

http://www.unicef.org/french/protection/files/Mutilations...
http://www.unicef.org/french/pon00/battles.htm

Droits de l'enfant.com : Un site consacré aux droits de l'enfant. http://droitsenfant.com/excision.htm

Le site du droit des jeunes
http://www.droitsdesjeunes.gouv.fr/
Ce site gouvernemental répond aux interrogations des jeunes sur l'emploi, la santé, le logement, le service national, le droit des femmes. Il aborde la question de l'excision avec des questions simples: qu'est-ce que l'excision? qu'est ce que l'infibulation? est-ce légal? qui est responsable?

 

Oxfam Québec ; Dossier sur les violences faites aux femme en Afrique de l'Ouest

http://www.fss.ulaval.ca/universitefeministedete/Oxfam.pdf

 

Les associations

A.M.E Association contre la mutilation des enfants
http://www.enfant.org/
Cette association effectue des recherches sur les différentes mutilations d'enfants et publie les résultats.

G.A.M.S. (Groupe femmes pour l'abolition des mutilations sexuelles et autres pratiques affectant la santé des femmes et des enfants)
http://perso.wanadoo.fr/..associationgams/pages/presgams....
Le G.A.M.S. est une association Loi 1901, constituée de femmes africaines et françaises ayant des compétences dans les domaines de la santé, du social, de l'éducation, et une longue expérience dans la prévention des mutilations génitales féminines. Il regroupe 26 comités nationaux qui travaillent sur les pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants.

Sentinelle
http://www.sentinelles.org/
Cette ONG suisse s'occupe d'enfants malades, d'enfants esclaves et de l'abolition des pratiques de mutilations sexuelles.

 

 

 

25/04/2010

"Les Yeux dans les arbres" de Barbara Kingsolver

C'est de loin le meilleur et le plus construit des livres de Barbara Kingsolver. C'est un livre aux dimensions multiples. Dimensions humaine, historique, religieuse, ethnique, culturelle, politique.

C'est un hymne à l'Afrique. C'est une critique acerbe du fanatisme religieux. C'est le témoignge de l'absurdité des interventions des pays occidentaux dans la triste sortie de la colonisation. C'est aussi la dénonciation des crimes des "grandes démocraties" (meurtre de Patrice Lumumba) pendant la période de la guerre froide. Et qui pourrait encore prétendre en Occident se poser en donneur de leçons vis à vis des pays émergents et même de la Chine ?

Kilanga, un village perdu dans l'est du Congo belge en voie de décomposition. Des villageois pauvres luttant avec beaucoup de sagesse, de courage et de philosophie, pour survivre aux maladies, à la sécheresse, à la malnutrition et aux animaux parfois hostiles sous la forme de serpents, crocodiles, et lions.

Survient Nathan Price, pasteur baptiste américain qui vit au rythme des versets de la bible et a pour obsession de sauver par le baptème tous les habitants du village. Heureusement son incompréhension totale du monde africain va dresser un obstacle infranchissable dans ses velléités de changer le village (il ne parle et ne pense que par la bible et la culture américaine).

Mais les premières victimes de ce pasteur fanatique sont sa femme et ses quatre filles qui devront aller jusqu'à la révolte et la fuite pour survivre. Elles trouveront chacune leur voie et ce sont elles qui auront finalement le mieux compris ce monde africain mystérieux.

Le chef du village, Tata Ndu, Mama Tataba, la cuisinière, Mama Mwenza la voisine handicapée des Price sont profondément humains et généreux dans leur volonté discrète d'aider cette famille blanche à survivre dans une Afrique d'autant plus hostile qu'on méconnait ses coutûmes.

Seul personnage négatif, le sorcier, Tata Kuvudundu, autre exemple du fanatisme religieux.

Sur le plan du rythme, ce livre est aussi remarquable. Il est écrit comme comme un choral à 5 voix, la mère faisant l'ouverture et chacune des 4 filles répondant à leur tour.

Et ce choral accompagne les 5 thèmes que vit la famille Price tout au long de son histoire africaine :
Les choses que nous avons apportées
Les choses que nous avons apprises
Les choses que nous ignorons
Les choses que nous avons perdues
Les choses que nous avons rapportées

 

Les Yeux dans les arbres est composé de 7 livres :

I La Genèse
II La Révélation
III Les Juges
IV Bel et le serpent
V L'Exode
VI Cantique des trois enfants
VII Les Yeux dans les arbres